
Par Adrien Moreno, chauffeur VTC à Bordeaux (EVTC #03322012101, SIRET 924 992 605 00015). Article publié en mai 2026, dernière mise à jour le 14 mai 2026.
Sarlat-la-Canéda est la capitale du Périgord Noir, en Dordogne, située à 208 km et 2h24 de Bordeaux. Sa vieille ville médiévale et Renaissance est secteur sauvegardé sur 11 hectares — l'un des plus grands de France — et concentre le record français de 74 monuments historiques protégés au mètre carré. Sarlat doit son existence touristique moderne à la loi Malraux du 4 août 1962, dont elle fut la première ville pilote ; 25 années de restaurations méthodiques ont suivi. Avec 10 000 habitants à l'année et plus d'1 million de visiteurs annuels, c'est la 2ᵉ destination du Périgord après Lascaux. La Place du Marché aux Oies (sculptures bronze de François-Xavier Lalanne, 1992) en est l'icône. Combinée à Beynac, Domme, La Roque-Gageac (12 km), Lascaux IV (26 km) et Rocamadour (60 km), elle forme le cœur de la plus forte concentration de "Plus Beaux Villages de France" de l'Hexagone. Ce guide rassemble histoire, patrimoine, gastronomie (foie gras, truffe noire, noix AOP, vins de Bergerac), villages, préhistoire et conseils pratiques.

À 7h30 du matin, fin septembre. Le brouillard léger n'a pas encore quitté les toits de lauze — cette pierre plate caractéristique des couvertures du Périgord, posée sans mortier, qui donne aux maisons sarladaises leur silhouette si particulière. Vous descendez la rue des Consuls, encore déserte. Le bois des volets craque sous l'humidité. À la Place du Marché aux Oies, les trois oies de bronze de Lalanne sont seules au centre de la place, telles que l'artiste les avait imaginées — discrètes, à taille presque réelle, en troupeau silencieux.
À 8h, le marché commence à s'installer Place de la Liberté. À 9h, les premiers visiteurs arrivent. Vers 11h, Sarlat sera bondée. Mais cette heure précédente, ce moment où la ville s'éveille, c'est probablement le meilleur moment pour la comprendre. Sarlat est une ville qui se mérite — qui se déambule lentement, qui se découvre dans les courtines couvertes (ces passages médiévaux entre les maisons), dans les ruelles pavées qui montent vers les hôtels particuliers Renaissance.
Sarlat n'est pas une jolie ville. C'est un cas à part en France, peut-être en Europe. Ratio de monuments historiques au mètre carré le plus élevé de France. Première ville pilote de la loi Malraux. Lieu de tournage récurrent du cinéma français. Capitale gastronomique du Sud-Ouest. Avec ses 10 000 habitants et son million de visiteurs annuels, c'est une ville-musée qui n'a pas oublié qu'elle est aussi un lieu de vie.
Ce guide est conçu pour comprendre tout ça avant de venir. Pour le côté pratique (comment y aller, à quel prix, avec quel service), voir notre page VTC Bordeaux ↔ Sarlat.
Sarlat est née autour d'une abbaye bénédictine fondée à l'époque carolingienne. Les premières traces écrites de l'abbaye remontent au IXᵉ siècle, mais le développement véritable de la ville commence au XIIᵉ siècle, quand la communauté monastique attire artisans et marchands, et que se forme un bourg organisé autour de l'église abbatiale.
1318 : l'abbatiale devient cathédrale quand le pape Jean XXII crée l'évêché de Sarlat. La ville bascule alors d'une économie monastique à une économie urbaine — juristes, marchands, notaires, bourgeoisie de robe. C'est ce changement social qui explique la densité d'hôtels particuliers Renaissance que l'on voit encore aujourd'hui.
La guerre de Cent Ans entre France et Angleterre marque profondément le Périgord. Sarlat reste française mais subit le siège, la peste, les disettes. Le traité de Brétigny en 1360 cède une partie de la région aux Anglais, qui occupent le Périgord jusqu'à la reconquête définitive en 1453.
La position de Sarlat à l'écart des grands cours d'eau a paradoxalement été un atout : moins exposée aux attaques par voie navigable, la ville a préservé son tissu urbain médiéval mieux que beaucoup d'autres. Sarlat redevient définitivement française en 1459, et entame une renaissance prospère au XVIᵉ siècle.
Le XVIᵉ siècle est l'âge d'or de Sarlat. La ville se couvre d'hôtels particuliers Renaissance bâtis par les familles de juristes, magistrats et marchands enrichis. C'est la période où naissent les édifices les plus remarquables : Hôtel Plamon, Hôtel de Maleville, Maison de La Boétie (où naît Étienne de La Boétie en 1530, futur auteur du Discours de la servitude volontaire et ami intime de Montaigne).
Les guerres de religion ravagent ensuite la région à la fin du XVIᵉ siècle, mais Sarlat traverse cette période sans subir de destructions majeures.
Sarlat endormie pendant deux siècles. La Révolution française abolit l'évêché. La ville reste à l'écart des grandes voies de communication (pas de chemin de fer principal, pas de fleuve navigable). Cette mise à l'écart sera, paradoxalement, la chance patrimoniale de Sarlat : pas de modernisation brutale, pas d'éventrement haussmannien, pas de démolitions massives.
Au début du XXᵉ siècle, Sarlat est une bourgade pauvre du Sud-Ouest, dont les magnifiques hôtels Renaissance tombent en ruines.
L'événement fondateur de la Sarlat moderne. En 1962, le ministre de la Culture André Malraux fait voter la loi sur les secteurs sauvegardés, qui crée un dispositif inédit en France : protéger non plus seulement des monuments isolés mais des quartiers anciens entiers dans leur cohérence urbaine.
Sarlat est désignée première ville pilote du dispositif. Pendant 25 ans, les restaurations se succèdent : façades nettoyées, toitures en lauze restaurées, ruelles repavées, façades remises en valeur. Le résultat est saisissant — Sarlat devient l'une des villes médiévales les mieux conservées d'Europe.
Aujourd'hui :
Sarlat doit son existence touristique à Malraux. Sans la loi de 1962, la ville aurait probablement perdu une partie de son patrimoine — comme tant d'autres bourgades du Sud-Ouest.
Sarlat se visite à pied. C'est même la seule façon de la comprendre. Voici les incontournables, organisés en une déambulation logique.
Le point de départ historique de la ville. La cathédrale actuelle est largement reconstruite aux XVIᵉ-XVIIᵉ siècles, mais son clocher roman date du XIIᵉ siècle et témoigne de l'ancienne abbatiale bénédictine. À l'intérieur, buffet d'orgue du XVIIIᵉ siècle, chapelles latérales, vestiges médiévaux.
Juste derrière la cathédrale, le jardin des Enfeus (ancien cimetière des abbés) abrite la fameuse Lanterne des Morts — une tour cylindrique du XIIᵉ siècle, l'une des mieux conservées de France. Sa fonction exacte est débattue : tour funéraire ? Beffroi religieux ? Édifice commémoratif ? Le mystère persiste, mais l'élégance de l'édifice est saisissante.
L'une des places les plus emblématiques de Sarlat. Au centre : les Trois Oies en bronze de François-Xavier Lalanne (1927-2008), sculpteur français de renommée mondiale (créateur des fameux "moutons" en bronze qui se vendent à prix d'or aux enchères).
Les Trois Oies de Sarlat ont été commandées par la ville et installées le 3 juillet 1992. Lalanne a choisi délibérément un groupe à taille quasi réelle, plutôt qu'un monument imposant : "Cette place ne demandait pas un monument plus important. Trop de bronze à cet endroit aurait nui non seulement à la place, mais aussi à l'œuvre", expliquait l'artiste. Symbole de la gastronomie périgourdine (l'oie, le foie gras), elles sont devenues l'icône photographique de Sarlat.

La place elle-même est entourée de magnifiques hôtels particuliers des XVᵉ et XVIᵉ siècles. Le Manoir de Gisson (XVᵉ siècle, monument historique classé) domine l'ensemble, aujourd'hui musée privé qui plonge dans l'univers de la bourgeoisie sarladaise (mobilier d'époque, fenêtres à meneaux, toits de lauze, cabinet de curiosités). À côté, l'Hôtel Plamon et l'Hôtel de Vassal (qui abrite le Musée de la Truffe) complètent l'ensemble.
Chaque samedi de mars à décembre, la place s'anime du marché traditionnel. Une fois par an, en début mars, la Fest'Oie transforme la place en théâtre vivant : défilés d'oies vivantes, dégustations de foie gras, démonstrations culinaires.
L'axe principal du vieux Sarlat, qui aligne les plus beaux hôtels particuliers de la ville :
Le cœur battant de Sarlat. C'est ici que se tient le grand marché des mercredi et samedi matin, et que se concentrent les terrasses de café. La mairie (hôtel de ville Renaissance) veille sur l'ensemble depuis ses arcades. C'est aussi sur cette place que Gérard Auliac, sculpteur local mort en 2009, a installé "Le Badaud" — sculpture en bronze d'un personnage immobile qui semble contempler éternellement la vieille ville.
L'ancienne église Sainte-Marie est l'un des projets les plus audacieux de la restauration de Sarlat. Édifiée au XIVᵉ siècle, désaffectée à la Révolution, elle a été réaménagée par l'architecte Jean Nouvel (lui-même Périgourdin, né à Fumel à 30 km) au début des années 2000 (1996-2001).
Aujourd'hui, l'édifice abrite :
L'aménagement Nouvel divise — certains habitants regrettent l'audace contemporaine —, mais le panorama vaut largement le détour.
Spécificité méconnue de l'architecture sarladaise : les courtines, ces passages couverts entre les maisons, qui forment un réseau de ruelles secondaires souvent obscures, parfois voûtées, où l'on découvre une dimension plus intime de la ville. À explorer sans plan, au gré des déambulations.

La lauze est une pierre plate calcaire ou schisteuse, posée sans mortier par chevauchement, qui forme les toitures caractéristiques de l'architecture périgourdine. Un toit de lauze peut peser plus de 600 kg/m² — il faut une charpente massive pour le supporter, et un savoir-faire spécifique pour le poser. Seuls quelques artisans en France maîtrisent encore cette technique.
Sarlat compte plusieurs centaines de toits de lauze restaurés ou conservés — c'est ce qui donne à la ville sa silhouette unique vue d'en haut.
Détail souvent ignoré des visiteurs : Sarlat est l'un des lieux de tournage récurrents du cinéma français, notamment pour les films d'époque ou historiques. La ville a accueilli au fil des décennies :
Pour les visiteurs cinéphiles, l'office de tourisme propose parfois des visites thématiques sur les lieux de tournage. C'est aussi un angle pop culture qui rend la déambulation plus ludique pour les enfants ou les adolescents.
| Spécialité | Saison | Où acheter | Marqueur |
|---|---|---|---|
| Foie gras | Toute l'année | Marché aux gras (sam. matin) | IGP Périgord |
| Truffe noire (mélanosporum) | Décembre - mars | Marché aux truffes (mer. & sam. matin) | 700-1500 €/kg |
| Noix | Septembre - novembre | Marchés et fermes | AOC Noix du Périgord |
| Confit de canard | Toute l'année | Marché aux gras, restaurants | Conserves artisanales |
| Vin de Domme & Bergerac | Toute l'année | Cavistes et tables | Rouges, blancs liquoreux |
| Cabécou | Toute l'année | Fromagers locaux | Fromage de chèvre AOP |
La gastronomie périgourdine repose sur quatre piliers reconnaissables sur tous les marchés de Sarlat : le foie gras (canard majoritaire avec IGP Sud-Ouest, oie historique plus rare), la truffe noire Tuber melanosporum (800 à 1 500 € le kilo, récolte décembre à mars), la noix du Périgord (AOP depuis 2002, variétés Marbot, Corne, Grandjean, Franquette) et les vins de Bergerac à 75 km (Pécharmant rouge, Monbazillac liquoreux, Bergerac sec). Ces produits convergent sur trois marchés sarladais : le marché traditionnel mercredi et samedi matin (Place de la Liberté), le marché au gras hebdomadaire samedi matin de fin novembre à mi-mars, le marché aux truffes mercredi et samedi de décembre à mars. La Fête de la Truffe mi-janvier et la Fest'Oie début mars font de l'hiver la saison gastronomique de référence. Budget : 50-120 € par personne en table gastronomique, 25-45 € en bistrot, 12-18 € en marché nocturne d'été.

L'identité gastronomique du Périgord. Deux variantes :
Foie gras de canard : majoritaire dans la production locale. Plus puissant, plus rustique, plus accessible en prix. Cherchez l'IGP Canard à Foie Gras du Sud-Ouest sur le marché : garantie d'origine et de qualité.
Foie gras d'oie : plus rare, plus délicat, plus fondant. Production locale historique mais désormais limitée. Compter 30 à 50 % plus cher que le foie gras de canard à qualité équivalente.
Comment l'acheter à Sarlat :
Visites de producteurs : de nombreuses fermes autour de Sarlat proposent visites et vente directe. Maison Pèlegris (Les Farges, près de Lascaux) officie sur le marché de Sarlat depuis 1890 — une des références historiques.
Le "diamant noir". Récoltée de décembre à mars dans les chênaies du Périgord. Prix qui varient selon la saison et la qualité, mais en gros : 800 € à 1 500 € le kilo pour de la truffe fraîche de premier choix (les prix peuvent grimper plus haut lors des années de production faible).
Le Marché aux Truffes se tient à Sarlat les mercredis et samedis matin de décembre à mars, sur la place de la Mairie. Le marché est contrôlé : chaque truffe vendue est expertisée, ce qui garantit même au néophyte d'acheter à juste prix et juste qualité.
La Fête de la Truffe (mi-janvier) est l'événement gastronomique majeur de l'hiver à Sarlat. Au programme : marché aux truffes, ateliers de cuisine, démonstrations de cavage (recherche de truffes avec chiens truffiers), conférences. Les fameux "croustous" (tapas périgourdins à la truffe et au foie gras) y sont servis par milliers.
La noix du Périgord bénéficie d'une AOP (Appellation d'Origine Protégée) depuis 2002. Variétés principales : Marbot, Corne, Grandjean, Franquette. On la retrouve sous toutes les formes : cerneaux frais en automne, huile de noix (à utiliser crue, jamais en cuisson — sa finesse fait perdre tout intérêt à la cuisson), gâteaux, liqueurs.
L'huile de noix du Périgord est l'un des produits les plus raffinés de la région. À découvrir en vinaigrette sur une salade de chèvre chaud ou en accompagnement d'un fromage de chèvre frais.
À 75 km de Sarlat, le vignoble de Bergerac produit rouges, blancs, rosés et liquoreux qui s'accordent parfaitement avec la cuisine du Périgord. Quelques appellations à connaître :
Tables gastronomiques : les restaurants étoilés ou bien notés se concentrent autour de la Place de la Liberté et de la rue des Consuls. Réservation impérative en saison, surtout les samedis (jour de marché). Budget repas : 50-120 € par personne.
Bistrots et tables traditionnelles : les meilleures adresses sont souvent en dehors du périmètre touristique immédiat. Cherchez les ruelles autour de la place Boissarie, ou les villages voisins (La Roque-Gageac, Beynac, Castelnaud). Budget : 25-45 €.
Budget serré : les marchés nocturnes d'été dans les villages alentour (juillet-août) permettent de manger local pour 12-18 € par personne — assiettes de produits du terroir, ambiance festive, musique en plein air.
Conseil pratique : évitez les restaurants directement sur la Place de la Liberté en juillet-août. Prix touristiques élevés, qualité variable. Les meilleures adresses se cachent dans les ruelles secondaires ou les villages voisins.

| Village | Distance Sarlat | À voir absolument | Idéal pour |
|---|---|---|---|
| La Roque-Gageac | 10 km | Village troglodyte sur la Dordogne, gabares | Photo, balade en bateau |
| Beynac-et-Cazenac | 11 km | Château médiéval perché, plus beaux villages | Histoire médiévale |
| Domme | 12 km | Bastide royale en surplomb, panorama Dordogne | Couché de soleil |
| Castelnaud-la-Chapelle | 10 km | Château et musée de la guerre médiévale | Familles, enfants |
| Marqueyssac | 9 km | Jardins suspendus aux 150 000 buis taillés | Promenade, photo |
| Lascaux IV (Montignac) | 27 km | Réplique grotte préhistorique mondialement célèbre | Préhistoire, culture |
La richesse du Périgord Noir tient autant à Sarlat qu'à la constellation de villages médiévaux qui l'entourent. Dans un rayon de 30 km, on trouve probablement la plus forte concentration de villages classés "Plus Beaux Villages de France" de l'Hexagone.
Village troglodyte niché contre une falaise calcaire de plus de 100 mètres, au bord de la Dordogne. Classé Plus Beaux Villages de France depuis 1982. Ne manquez pas :

Bastide royale fondée en 1281, perchée à 150 mètres au-dessus de la vallée. Le panorama depuis la "Barre de Domme" est l'un des plus beaux du Périgord Noir — vue panoramique sur la vallée de la Dordogne, les châteaux de Castelnaud et Beynac visibles au loin.
Sous les halles du village, des grottes naturelles servaient de refuge aux habitants au Moyen Âge. Visite guidée possible.
L'un des châteaux médiévaux les mieux conservés de France. Perché sur une falaise vertigineuse dominant la Dordogne, le château fort du XIIᵉ siècle a traversé cinq siècles d'histoire — de Richard Cœur de Lion (au XIIᵉ siècle) à la guerre de Cent Ans. La montée jusqu'au château est raide mais la vue sur la "vallée des cinq châteaux" est inoubliable.
Beynac fait face à son rival historique : le château de Castelnaud (à 5 km), camp anglais pendant la guerre de Cent Ans. Les deux châteaux se sont guettés et combattus pendant des siècles.

Le château de Castelnaud abrite aujourd'hui un musée de la guerre au Moyen Âge — l'un des plus pédagogiques de France. Reproductions grandeur nature de trébuchets, mangonneaux, balistes et autres engins de siège médiévaux. Démonstrations de tir en saison.
Capitale mondiale de la Préhistoire. C'est ici que se trouve le Musée National de Préhistoire, installé dans un château médiéval surplombant le village, qui abrite l'une des collections paléolithiques les plus riches d'Europe.
À proximité immédiate : la grotte de Font-de-Gaume et l'Abri du Cap Blanc (voir section Préhistoire ci-dessous).
Le village qui abrite Lascaux IV, Centre International de l'Art Pariétal. Bourg charmant au bord de la Vézère.
Techniquement dans le Lot (et non en Dordogne), mais s'intègre naturellement dans un séjour Périgord. Cité sanctuaire accrochée à une falaise de 150 mètres, l'un des sites de pèlerinage chrétien les plus importants de France depuis le Moyen Âge. Les 216 marches de l'escalier des Pèlerins se montent à genoux par les fidèles les plus dévots.
Village médiéval moins connu, plus authentique, moins fréquenté que ses voisins. Marché du dimanche matin réputé.
La vallée de la Vézère, à quelques kilomètres au nord de Sarlat, est le berceau de l'art préhistorique européen. Quinze sites majeurs y sont classés au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1979.
Histoire : le 12 septembre 1940, quatre adolescents de Montignac — Marcel Ravidat et ses amis — découvrent une cavité à la suite de leur chien tombé dans un trou. Ils explorent et tombent sur l'une des plus grandes découvertes archéologiques du XXᵉ siècle.
Les fresques originales datent de 17 000 à 18 000 ans et représentent environ 2 000 figures, dont environ 600 animaux identifiables (chevaux, taureaux, cerfs, bisons, félins) et des signes mystérieux. La grotte originale a accueilli le public de 1948 à 1963, soit 1 million de visiteurs, avant d'être fermée définitivement : le CO₂ et l'humidité dégagés par les visiteurs détérioraient irrémédiablement les peintures.
Lascaux IV, ouvert en décembre 2016, est la reproduction quasi intégrale de la grotte originale. Bâtiment contemporain de 8 500 m² (coût total : 57 millions d'euros), divisé en 6 espaces :
Infos pratiques :
Le site préhistorique le plus précieux du Périgord — et l'un des plus rares au monde. Font-de-Gaume est la dernière grotte ornée de peintures polychromes préhistoriques encore ouverte au public en France. Lascaux, Altamira (Espagne), Chauvet et d'autres ont dû fermer définitivement à cause du CO₂.

Inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1979, la grotte abrite plus de 230 figurations datant d'environ 14 000 à 17 000 ans : bisons, chevaux, mammouths, rennes. La célèbre scène des "rennes affrontés", où un renne semble lécher le front d'un autre, est l'une des représentations préhistoriques les plus émouvantes connues.
Infos pratiques :
À 2 km de Font-de-Gaume, l'Abri du Cap Blanc présente une frise sculptée unique au monde : des chevaux, bisons et cervidés grandeur nature taillés directement dans la roche calcaire, il y a environ 14 000 ans. La sculpture préhistorique monumentale n'a pas d'équivalent ailleurs.
Réservation également obligatoire.
Aux Eyzies, ce centre d'interprétation gratuit offre une introduction parfaite à la Préhistoire avant de visiter les grottes. Idéal pour les familles et les premières découvertes.
| Saison | Période | Avantages | Inconvénients | Événements |
|---|---|---|---|---|
| Printemps | Avril-juin | Foule modérée, nature verdoyante, températures agréables | Quelques sites encore en montée de saison | Festival des Jeux du Théâtre (juin) |
| Été | Juillet-août | Marchés nocturnes, animations, longues soirées | Très fréquenté, parkings saturés, prix élevés | Marchés nocturnes des villages |
| Automne | Septembre-octobre | Meilleure période : couleurs, moins de monde, premières truffes blanches d'été | Jours qui raccourcissent | Festival du Film fin octobre, début saison truffes |
| Hiver | Novembre-mars | Authenticité maximale, marchés aux truffes et au gras, Noël médiéval | Certains restaurants fermés, météo variable | Fête de la Truffe (mi-janvier), Fest'Oie (début mars) |
Notre recommandation : septembre-octobre. La lumière dorée de l'automne sur les pierres blondes du Périgord est incomparable. Les touristes sont partis. Les restaurants retrouvent leur sérénité. Les premières truffes apparaissent sur les marchés. Et les villages perchés (Beynac, Domme, La Roque-Gageac) reprennent leur calme.
L'hiver a ses propres charmes. Le marché au gras (samedi matin, fin novembre à mi-mars), le marché aux truffes (mercredi et samedi matin, décembre à mars), la Fête de la Truffe mi-janvier, et le Fest'Oie début mars font de l'hiver une saison gastronomique exceptionnelle. Sarlat sous la neige (rare mais possible) est un spectacle inoubliable.
Évitez le 14 juillet au 15 août si vous n'aimez pas la foule. La ville est envahie, les prix s'envolent, les parkings sont un cauchemar dès 9h du matin, et les villages alentour (Beynac, La Roque-Gageac) subissent des bouchons importants en milieu de journée.
| Mode | Durée Bordeaux → Sarlat | Coût (2 pers) | Verdict |
|---|---|---|---|
| Voiture personnelle/location | ~2h24 (208 km via A89) | 30-50 €/jour + carburant + péages | Liberté, mais conduite après dégustations |
| TER + correspondance | ~3h05-3h30 (Bergerac/Périgueux) | ~50 € A/R | 5 trains/jour, pas pratique sans voiture sur place |
| VTC privé Bordeaux | ~2h24 porte-à-porte | Dès 395 € forfait | Confort, châteaux et villages réservés, anglophone |
| Car (Flixbus, BlaBlaCar Bus) | Variable | ~20-40 € | Horaires limités, peu pratique pour les villages |
Itinéraire principal : A89 via Périgueux, puis D6089 / D704 vers Sarlat. Comptez environ 208 km et 2h24 hors trafic. Péages.
Itinéraire alternatif : A20 via Brive-la-Gaillarde, puis D703 le long de la Dordogne. Plus long (220 km, 2h30) mais le tronçon final longe la rivière et passe par des paysages spectaculaires. À privilégier si vous avez le temps.
Parking à Sarlat : la vieille ville est en grande partie piétonne. Principaux parkings :
En juillet-août, tous les parkings centraux sont saturés dès 10h du matin. Arrivez tôt ou utilisez les parkings périphériques.
Bordeaux Saint-Jean → Sarlat en environ 3h05 à 3h30 avec une correspondance à Bergerac ou Périgueux. 5 trains par jour environ. Le premier départ de Bordeaux est tôt le matin, le dernier vers 17h-18h.
Le train reste peu pratique pour explorer les villages du Périgord : sans voiture sur place, vous êtes limité à Sarlat et à quelques liaisons bus locales. Envisagez la location de vélo ou de voiture à l'arrivée.
L'option la plus confortable pour les voyageurs qui veulent profiter pleinement de la région sans contrainte logistique : pas de stress de parking, liberté de s'arrêter dans les villages, et possibilité de déguster les vins locaux sans se soucier du volant.
C'est aussi la meilleure option pour les groupes, les familles avec enfants et les voyageurs qui veulent combiner Sarlat + Lascaux ou Sarlat + plusieurs villages dans la même journée.
Pour les détails (formules, tarifs, réservation) : voir notre page VTC Bordeaux ↔ Sarlat.
Quelques liaisons existent, horaires limités et correspondances peu pratiques pour explorer la campagne périgourdine. Option valable uniquement pour un séjour centré sur Sarlat ville, sans visite des villages.
Dans la vieille ville de Sarlat : hôtels de charme et chambres d'hôtes dans des bâtisses historiques. Comptez 120 à 280 € la nuit en haute saison. Expérience unique, places limitées. Réservation 3-6 mois à l'avance pour juillet-août.
En périphérie : gîtes, châteaux et domaines à 10-20 km de Sarlat. Souvent plus spacieux, avec piscine, et moins chers. Idéal pour les familles.
Campings : nombreux dans la vallée de la Dordogne. Certains 4-5 étoiles haut de gamme avec piscines, restaurants, spa.
| Profil | Budget/jour | Hébergement | Restauration |
|---|---|---|---|
| Backpacker | 60-80 € | Camping ou auberge | Marchés et épiceries |
| Famille | 120-180 € | Gîte en périphérie | Bistrots et pique-niques |
| Couple | 150-280 € | Hôtel de charme | Restaurants gastronomiques |
| Premium | 300 € et plus | Château ou domaine | Tables étoilées |
La vieille ville est en grande partie pavée et pentue, ce qui la rend difficile pour les personnes à mobilité réduite. Points accessibles : Place de la Liberté, marché couvert (entrée de plain-pied), certains tronçons de la rue de la République. L'ascenseur panoramique de l'église Sainte-Marie est accessible.
Oui, sans hésiter. Sarlat est à 2h24 de Bordeaux et offre une expérience médiévale-Renaissance authentique que peu de villes en France peuvent égaler. Avec ses 74 monuments protégés sur 11 hectares, c'est le record français de densité de monuments historiques par mètre carré. Ajoutez la gastronomie, les villages de la vallée et Lascaux, et vous avez l'une des destinations les plus riches du pays.
Une demi-journée pour la vieille ville seule. Une journée complète si vous incluez le marché du samedi et les environs immédiats. 2 à 3 jours pour Sarlat et les villages de la vallée (La Roque-Gageac, Beynac, Domme). 4 à 5 jours pour tout le Périgord Noir avec Lascaux et Les Eyzies.
Septembre-octobre est idéal : moins de monde, lumière magnifique, premières truffes. L'hiver (novembre-mars) est excellent pour les amateurs de gastronomie avec les marchés aux truffes et au gras. Évitez juillet-août si vous êtes sensible à la foule.
Oui, c'est faisable. Lascaux IV est à 26 km de Sarlat (30 minutes). Une journée bien organisée peut inclure le marché du matin à Sarlat, la visite de la vieille ville en début d'après-midi, et Lascaux IV en fin d'après-midi. Réservez Lascaux IV à l'avance sur lascaux.fr, les créneaux du matin partent vite.
Le marché traditionnel en plein air se tient les mercredis et samedis matin de 8h à 13h. Le marché couvert dans l'église Sainte-Marie (aménagement Jean Nouvel) est ouvert tous les jours. En hiver, le marché aux truffes a lieu les mercredis et samedis, et le marché au gras chaque samedi matin de fin novembre à mi-mars.
Oui, très bien. Les ruelles médiévales fascinent les enfants, le marché est ludique, et les environs offrent de nombreuses activités : balade en gabarre sur la Dordogne, Lascaux IV avec ses technologies immersives, démonstrations d'engins de siège médiévaux à Castelnaud, canoë sur la Dordogne en saison. Attention : la vieille ville pavée est difficile avec des poussettes.
François-Xavier Lalanne (1927-2008), sculpteur français de renommée internationale, célèbre pour ses sculptures animalières (notamment ses "Moutons" qui s'arrachent aux enchères). Les Trois Oies de Sarlat ont été commandées par la ville et installées le 3 juillet 1992. Symbole de la gastronomie locale, elles sont devenues l'icône photographique de Sarlat.
L'origine reste débattue. Certains la rattachent au gaulois sarra (rocher, hauteur), d'autres à un nom de personne. La forme latine Sarlatum apparaît dans les chartes médiévales dès le IXᵉ siècle.
Trois raisons. (1) Géographie : Sarlat à l'écart des grands axes (pas de chemin de fer principal, pas de fleuve navigable). (2) Histoire : la ville est restée endormie économiquement pendant les XVIIIᵉ-XIXᵉ siècles, échappant aux destructions de la modernisation industrielle. (3) Politique : la loi Malraux de 1962 sur les secteurs sauvegardés a fait de Sarlat la première ville pilote du dispositif, avec 25 ans de restaurations méthodiques.
Plusieurs options : les marchés nocturnes d'été dans les villages alentour (repas complet pour 12-18 €), les boulangeries et épiceries fines de la vieille ville pour un pique-nique de qualité, et les bistrots en dehors du périmètre touristique immédiat (ruelles autour de la place Boissarie). Évitez les restaurants directement sur la Place de la Liberté si vous avez un budget serré.
C'est le principal défi de la région. Les transports en commun sont très limités entre les villages. Les options : location de vélo (la vallée de la Dordogne est relativement plate, avec belles pistes cyclables), location de voiture à Sarlat, ou VTC privé depuis Bordeaux sur formule mise à disposition. En été, quelques navettes touristiques relient les sites les plus fréquentés.
Oui, c'est l'un des lieux de tournage récurrents du cinéma français. Parmi les films tournés en partie à Sarlat : Jeanne d'Arc (Luc Besson, 1999), Le Pacte des Loups (2001), Da Vinci Code (2006), Les Visiteurs (1993), Manon des Sources (Claude Berri), plusieurs séries TV (Versailles, Tudors). L'office de tourisme propose parfois des visites thématiques sur ces lieux.
Article mis à jour en mai 2026. Données et informations vérifiées à cette date.
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