Blanzac-Porcheresse, joyau roman du sud-Charente
Une collégiale romane classée aux fresques longtemps cachées, une chapelle de Templiers devenue temple protestant et deux bourgs séparés par une rivière. Au cœur du Blanzacais, à environ 1 h 32 de Bordeaux, Blanzac-Porcheresse condense mille ans d'histoire charentaise entre vignes de cognac et pierre claire.
Blanzac-Porcheresse en un coup d'œil
Blanzac-Porcheresse est un ancien bourg du sud de la Charente, en Nouvelle-Aquitaine, blotti dans le pays de vignes du Blanzacais à une petite heure et quart de Bordeaux. Depuis le 1er janvier 2017, ce n'est plus une commune à part entière mais une commune déléguée de la commune nouvelle de Coteaux-du-Blanzacais, née de son union avec Cressac-Saint-Genis, puis Saint-Léger en 2019. Son joyau est la collégiale romane et gothique Saint-Arthémy, classée monument historique dès 1890, dont on a redécouvert dans les années 1990 des fresques longtemps cachées, à commencer par un saint Christophe de près de trois mètres. Le territoire abrite aussi une ancienne chapelle de Templiers devenue temple protestant, deux anciens bourgs séparés par la rivière le Né, et des vignes classées en cru Fins Bois de l'appellation Cognac. On y vient pour la pierre claire, l'histoire dense et le calme des coteaux.
| Repère | Détail |
|---|---|
| Département / région | Charente (16) · Nouvelle-Aquitaine |
| Statut | Commune déléguée de Coteaux-du-Blanzacais (depuis le 1er janvier 2017) |
| Rattachement | Arrondissement de Cognac · Communauté de communes des 4B Sud-Charente |
| Population | Coteaux-du-Blanzacais ~1 013 hab. (2023) · ancien Blanzac-Porcheresse ~774 hab. |
| Code INSEE / postal | 16046 · 16250 |
| Gentilé | Blanzacais, Blanzacaises |
| Incontournables | Collégiale Saint-Arthémy · chapelle des Templiers du Dognon · pays du cognac |
| Depuis Bordeaux | 100 km · 1 h 32 · dès 183 € |
Il y a des villages qui se donnent d'un coup d'œil et d'autres qui demandent qu'on s'y attarde. Blanzac-Porcheresse appartient à la seconde catégorie. Sous une apparence tranquille de bourg charentais, avec ses maisons de calcaire blond et sa place herbeuse, se cache une accumulation d'histoires qui traversent presque mille ans : une collégiale à deux âges de pierre, une commanderie de Templiers passée au culte protestant, un château rasé au XIXe siècle dont il ne reste qu'une tour, et une géographie curieuse où deux anciens bourgs ne se rejoignent qu'en un seul point, au bord d'une rivière. Le tout niché dans un océan de vignes destinées à la distillation du cognac.
Avant d'entrer dans le détail, une précision de vocabulaire s'impose, car elle conditionne tout le reste. On lit encore souvent « la commune de Blanzac-Porcheresse ». Ce n'est plus exact au présent : depuis le 1er janvier 2017, Blanzac-Porcheresse a fusionné avec sa voisine Cressac-Saint-Genis pour former la commune nouvelle de Coteaux-du-Blanzacais, dont elle est le chef-lieu. En 2019, la petite commune de Saint-Léger les a rejointes. Blanzac-Porcheresse conserve donc son nom et son identité, mais sous le statut administratif de commune déléguée. C'est cette entité que nous décrivons ici, sans oublier que le territoire d'aujourd'hui déborde largement l'ancien périmètre du bourg.
Où se trouve Blanzac-Porcheresse ?
Blanzac-Porcheresse se trouve dans le sud du département de la Charente, en région Nouvelle-Aquitaine, au cœur d'une petite région naturelle que l'on appelle le Blanzacais. Administrativement, l'ancien bourg relève de l'arrondissement de Cognac et de la communauté de communes des 4B Sud-Charente. On le situe généralement « à 22 kilomètres au sud-ouest d'Angoulême », mais cette distance est prise à vol d'oiseau : par la route, il faut plutôt compter une trentaine de kilomètres et une demi-heure de trajet pour rejoindre la préfecture. C'est une nuance qui compte quand on prépare une journée de visite, car les petites routes du sud-Charente serpentent entre coteaux et vallons.
Le paysage est celui d'une Charente intérieure et agricole, à mi-chemin entre la vallée de la Charente au nord et les confins de la Petite Champagne au sud. L'ancienne commune couvrait 10,84 kilomètres carrés, avec une altitude comprise entre 62 et 160 mètres ; la commune nouvelle de Coteaux-du-Blanzacais, plus étendue, atteint désormais 23,83 kilomètres carrés. On est ici dans un pays de vignes et de champs de terre claire, ponctué de logis charentais, de haies et de bosquets de chênes. Rien de spectaculaire au sens touristique du terme : la beauté du Blanzacais tient à sa mesure, à sa lumière et à la densité de son patrimoine bâti.
L'une des particularités de Blanzac-Porcheresse tient à sa formation même. Le nom composé n'est pas un caprice : il rappelle que le bourg est né de la réunion de deux entités distinctes, Blanzac et Porcheresse, longtemps séparées par la rivière le Né. Fait géographique amusant, les deux anciens bourgs ne se rejoignent qu'en un unique point, un quadripoint situé au pont de la route de Brossac. Sur le terrain, on passe donc d'un cœur ancien à l'autre en franchissant la rivière, comme si le village gardait la trace de sa double origine.
À quelle distance de Bordeaux ?
Depuis Bordeaux, Blanzac-Porcheresse se situe à 100 kilomètres, soit environ 1 h 32 de route. On quitte la métropole girondine par les grands axes qui filent vers le nord, la N10 en direction d'Angoulême, avant de bifurquer vers l'ouest sur les routes du sud-Charente. Cette proximité relative fait de Blanzac une escapade tout à fait raisonnable pour une journée : on peut y consacrer la matinée, déjeuner dans le secteur, visiter une maison de cognac l'après-midi et rentrer le soir sans avoir l'impression d'avoir passé sa vie sur la route. Le tableau ci-dessous récapitule les distances routières depuis les points de repère les plus utiles.
| Depuis | Distance routière | Temps approximatif |
|---|---|---|
| Barbezieux-Saint-Hilaire | ~14–17 km | ~18 min |
| Angoulême | ~30 km | ~30 min |
| Cognac | ~45 km | ~48 min |
| Bordeaux | 100 km | 1 h 32 |
Ce positionnement de confins n'est pas anodin. Le Blanzacais fait partie de ces petites régions naturelles qui, en Charente, échappent aux grandes routes touristiques et gardent de ce fait un caractère authentique. On n'y vient pas par hasard : il faut choisir de quitter les axes rapides pour s'enfoncer dans un pays de coteaux modestes, où l'horizon est barré par des rangs de vigne et des bosquets. Cette relative discrétion est précisément ce qui séduit ceux qui recherchent une Charente hors des sentiers battus, loin de l'affluence de la vallée de la Charente ou du littoral saintongeais. Le calme y est la règle, et le patrimoine, dense, s'y découvre sans foule.
Un mot, enfin, sur le nom du lieu. Les toponymistes rattachent « Blanzac » à un anthroponyme gallo-romain, Blandius, suivi du suffixe -acum qui désigne un domaine : Blanzac serait donc, étymologiquement, le « domaine de Blandius », comme tant d'autres villages du Sud-Ouest en -ac. Le nom est attesté dès le XIe siècle. Cette hypothèse savante, courante pour les toponymes de la région, rappelle l'ancienneté du peuplement de ces coteaux, occupés bien avant que ne s'y dressent la collégiale ou le château médiéval. Le suffixe -acum, hérité du latin, a donné en français cette terminaison en -ac si caractéristique des noms de lieux du Sud-Ouest, et l'on retrouve la même logique de nommage dans une multitude de villages charentais voisins.
La collégiale Saint-Arthémy
S'il ne fallait retenir qu'un monument, ce serait celui-ci. La collégiale Saint-Arthémy domine le bourg de Blanzac de sa masse de calcaire clair, clocher carré et façade rythmée d'arcatures. C'est l'un des édifices religieux les plus intéressants du sud de la Charente, à la fois pour son architecture et pour les peintures murales qu'il a livrées à la fin du XXe siècle. Notons d'emblée une subtilité d'appellation : la notice officielle du ministère de la Culture la désigne comme « église Saint-Barthélémy ou Saint-Arthémy », et l'usage local, relayé par l'office de tourisme, a retenu Saint-Arthémy. C'est ce vocable que nous employons ici, en signalant la variante. En revanche, la forme « Saint-Arnould », que l'on croise parfois, est erronée et ne correspond à aucun saint associé à l'édifice.
Le patronyme lui-même renvoie à saint Arthémy, présenté par la tradition comme un évêque des Arvernes et martyr du IVe siècle. Il s'agit là d'un élément hagiographique, c'est-à-dire relevant du récit de sainteté plus que de l'histoire documentée : à prendre comme tel, sans confondre la légende dorée avec la chronique. Ce qui est en revanche parfaitement établi, c'est le statut de l'édifice : la collégiale Saint-Arthémy est classée au titre des monuments historiques par arrêté du 16 mars 1890, sous la référence Mérimée PA00104249. La notice POP du ministère de la Culture, mise à jour le 4 juin 2026, confirme ce classement. Une reconnaissance ancienne, qui témoigne de l'intérêt qu'on lui portait déjà à la fin du XIXe siècle.
Roman et gothique réunis
L'intérêt majeur de la collégiale tient à ce qu'elle réunit, en un seul édifice, deux âges de la pierre. La partie la plus ancienne relève de l'art roman : la coupole et le clocher remontent au début du XIIe siècle, tandis que le chœur et l'abside sont datés de la fin du même siècle. Puis le chantier s'est poursuivi à l'époque gothique : le transept date du XIIIe siècle, et la nef comme la façade ont été édifiées entre le milieu et la fin de ce même XIIIe siècle. On lit donc, en parcourant l'édifice, le passage d'une esthétique à l'autre, du plein cintre roman à l'arc brisé gothique, comme une leçon d'architecture grandeur nature.
Cette superposition des styles n'a rien d'exceptionnel dans une région où les églises se sont construites lentement, au gré des moyens et des ambitions de chaque génération. Mais à Blanzac, la transition est particulièrement lisible et bien conservée, ce qui explique l'attention des historiens de l'art. La façade, notamment, avec ses arcatures et sa pierre calcaire caractéristique du sud-Charente, offre un exemple typique de l'architecture religieuse régionale, à la croisée des influences saintongeaises et angoumoises.
| Période | Éléments romans | Éléments gothiques |
|---|---|---|
| Début XIIe s. | Coupole, clocher | — |
| Fin XIIe s. | Chœur, abside | — |
| XIIIe s. | — | Transept, puis nef et façade (milieu-fin) |
| Statut | Classée monument historique par arrêté du 16 mars 1890 (PA00104249) |
La fresque de saint Christophe
Le véritable trésor de la collégiale est resté longtemps invisible. Lors de la campagne de restauration menée dans les années 1990 — les sources divergent quant à l'année exacte, 1994 selon un dossier, 1998 selon un autre —, on redécouvrit sous les enduits un ensemble de peintures murales échelonnées du XIIe au XVIe siècle. Elles racontent, par strates, l'histoire de la décoration de l'édifice : une ébauche du XIIe siècle, un faux appareil peint du XIVe, un Baptême du Christ du XVe, et surtout un grand saint Christophe du début du XVIe siècle. Cette accumulation fait de la collégiale un livre d'images médiéval, où chaque époque a laissé sa trace. La page patrimoniale de la commune, consultée le 24 juillet 2026, documente les peintures découvertes en 1998 et leurs différentes périodes.
La plus spectaculaire de ces fresques est ce saint Christophe de près de trois mètres de hauteur, placé face à l'entrée. Le choix de l'emplacement n'est pas anodin. Selon une croyance très répandue au Moyen Âge, contempler l'image de saint Christophe, patron des voyageurs et porteur du Christ enfant, protégeait pour la journée de la « mort subite sans confession », l'une des grandes angoisses de l'homme médiéval. On plaçait donc souvent ces figures monumentales près des portes, pour que le fidèle les voie en entrant. Que cette peinture soit restée cachée pendant des siècles avant de resurgir intacte ajoute au charme du lieu : on entre dans la collégiale un peu comme on ouvre un coffre oublié.
L'ensemble peint de la collégiale n'est pas réductible à ce seul saint Christophe. Les couches successives mises au jour racontent la vie décorative d'une église sur plusieurs siècles : une ébauche du XIIe siècle, un décor de faux appareil imitant l'assemblage régulier des pierres au XIVe, un Baptême du Christ au XVe, avant le grand saint Christophe du début du XVIe. Cette stratigraphie fait de l'édifice un cas d'école pour qui s'intéresse à l'art mural médiéval, car il est rare de pouvoir lire ainsi, sur les mêmes parois, plusieurs campagnes de peinture. On mesure là tout le prix de la restauration menée dans les années 1990, qui a rendu visible un patrimoine que les enduits avaient longtemps dérobé aux regards. La collégiale illustre à elle seule combien le patrimoine du Blanzacais gagne à être regardé de près, à la lumière et sans se presser.
La chapelle des Templiers du Dognon
Le sud-Charente est une terre de Templiers, et Blanzac en garde un témoin discret mais fascinant. Attention toutefois à ne pas confondre deux édifices que l'on regroupe souvent, à tort, sous la même appellation de « chapelle des Templiers ». Le premier se trouve à Blanzac même : c'est la chapelle de la commanderie du Dognon. Le second, bien plus célèbre pour ses fresques de bataille, se situe à Cressac, commune voisine aujourd'hui rattachée elle aussi à Coteaux-du-Blanzacais. Ce sont deux lieux distincts, avec deux histoires différentes, qu'il faut soigneusement séparer pour ne pas les mélanger.
La commanderie du Dognon, des Templiers aux protestants
La chapelle de la commanderie du Dognon, à Blanzac, remonte aux environs de 1150. C'est un édifice sobre, d'une grande nef unique sans abside, dont la simplicité trahit une inspiration cistercienne, cette esthétique du dépouillement qui convenait bien aux ordres militaires et religieux du XIIe siècle. Là où d'autres églises multiplient les ornements, la chapelle du Dognon mise sur la pureté du volume et la qualité de la pierre. Elle appartenait aux Templiers, cet ordre à la fois monastique et guerrier qui géra un vaste réseau de commanderies avant d'être brutalement dissous au début du XIVe siècle. La présentation officielle de la commune, consultée le 24 juillet 2026, retrace l'histoire de la commanderie et de la chapelle.
La suite de son histoire est le vrai motif d'étonnement. À la Révolution française, la chapelle, comme bien d'autres biens ecclésiastiques, est vendue comme bien national et perd sa fonction religieuse : elle sert un temps de grange. Puis, en 1902, elle est rachetée par la communauté protestante de Barbezieux, qui la restaure et lui rend un usage cultuel. Voilà donc un même édifice qui a traversé les siècles en passant de l'ordre du Temple au culte réformé — un raccourci saisissant de l'histoire religieuse du sud-Charente, où la présence protestante fut, on le verra, particulièrement forte. Peu de chapelles peuvent se targuer d'un tel parcours.
Ce destin résume à lui seul les bouleversements qu'ont connus les édifices religieux de la région. Dissolution de l'ordre du Temple au début du XIVe siècle, saisie des biens de l'Église à la Révolution, reconversion en bâtiment agricole, puis renaissance sous l'égide d'une autre confession : chaque étape correspond à un grand tournant de l'histoire de France, lu à hauteur d'un modeste sanctuaire charentais. Que ce soit précisément la communauté protestante de Barbezieux, ville voisine et bastion réformé de longue date, qui ait sauvé la chapelle du Dognon n'a rien d'un hasard : cela dit la vitalité du protestantisme dans ce coin de Charente, qui affleure aussi dans l'histoire mouvementée de Blanzac aux guerres de Religion.
Cressac et ses fresques de croisade
À quelques kilomètres, sur le territoire de l'ancienne commune de Cressac-Saint-Genis, se dresse l'autre chapelle des Templiers, celle qui a fait la réputation du secteur bien au-delà de la Charente. La chapelle de Cressac, édifiée elle aussi vers 1150-1160, est classée monument historique depuis le 9 mai 1914 (notice PA00104351), sous la référence Mérimée PA00104351. Elle est célèbre pour ses peintures murales romanes, parmi les plus remarquables de la région, qui ornent l'intérieur de l'édifice.
La lecture traditionnelle de ces fresques y voit des scènes de bataille de croisade : des chevaliers francs affrontant des cavaliers sarrasins, une évocation qui renverrait aux combats de la Terre sainte, voire à une victoire remportée en 1163. Cette interprétation, séduisante, reste toutefois une lecture patrimoniale : elle doit être présentée au conditionnel, comme une hypothèse d'historiens plus que comme un fait scientifiquement établi. Ce qui est certain, en revanche, c'est l'existence de ces peintures du XIIe siècle et le rattachement du lieu à une commanderie templière. Une chose est sûre : il faut attribuer ces fresques de bataille à Cressac, et non au bourg de Blanzac, où l'on ne trouve que la chapelle du Dognon. Pour le visiteur, la proximité des deux sites est une aubaine : on peut, dans la même journée, découvrir deux chapelles templières aux destinées bien distinctes.
Blanzac et Porcheresse, deux bourgs une commune
L'histoire administrative de Blanzac-Porcheresse ressemble à un jeu de poupées russes. Le nom lui-même est le fruit d'une première fusion : en 1972, deux paroisses voisines, Blanzac et Porcheresse, s'unissent pour former une seule commune, Blanzac-Porcheresse. Chacune apportait dans la corbeille son église et son passé. Blanzac, la plus connue, offrait sa collégiale Saint-Arthémy ; Porcheresse, plus modeste, apportait son église Saint-Cybard, elle aussi classée au titre des monuments historiques, en 1913. Deux clochers, donc, pour une seule commune, chacun héritier d'une communauté distincte.
Une géographie en quadripoint
Puis, en 2017, cette commune de 1972 a fondu à son tour dans un ensemble plus vaste, Coteaux-du-Blanzacais, comme une poupée qui en rejoint une plus grande. Blanzac-Porcheresse est ainsi devenue commune déléguée, tout en restant le chef-lieu de la nouvelle entité. Cette imbrication successive, courante dans la France rurale des dernières décennies, explique la difficulté à nommer correctement le lieu : selon l'échelle où l'on se place, on parle de Porcheresse, de Blanzac, de Blanzac-Porcheresse ou de Coteaux-du-Blanzacais, et toutes ces appellations désignent des réalités emboîtées.
La curiosité géographique du lieu prolonge cette étrangeté administrative. Les deux anciens bourgs de Blanzac et de Porcheresse, on l'a dit, sont séparés par la rivière le Né et ne se touchent qu'en un unique point, un quadripoint situé au pont de la route de Brossac. Autrement dit, le territoire communal a longtemps eu la forme de deux entités qui se frôlent sans se rejoindre vraiment, réunies par un simple pont sur l'eau. Cette configuration insolite fait tout le sel d'une promenade sur place : en passant d'un bourg à l'autre, on franchit non seulement une rivière, mais aussi la frontière invisible entre deux histoires paroissiales. L'église Saint-Cybard de Porcheresse, second monument classé du territoire aux côtés de la collégiale, mérite à ce titre le petit détour qui la sépare du cœur de Blanzac.
Pour le visiteur, il y a quelque chose de plaisant dans cette dualité. Porcheresse, plus discrète, offre le contrepoint modeste de la collégiale de Blanzac : son église Saint-Cybard, placée sous le vocable d'un saint charentais très populaire, rappelle que le territoire s'est construit autour de deux communautés paroissiales aux histoires parallèles. Franchir le Né pour passer de l'une à l'autre, c'est prendre la mesure concrète de cette géographie particulière, où l'eau a longtemps tenu lieu de frontière avant que les hommes ne décident, en 1972 puis en 2017, de rassembler ce que la rivière séparait. Le nom composé de Blanzac-Porcheresse porte, à sa manière, la trace de cette réconciliation.
Blanzac au fil des siècles
Sous ses airs de paisible bourg viticole, Blanzac cache un passé mouvementé de place forte médiévale. Au XIIe siècle, une branche de la puissante famille des La Rochefoucauld y fait édifier un château. La position n'est pas anodine : nous sommes alors dans un Angoumois disputé, à l'époque où les rois d'Angleterre, par le jeu des mariages et des héritages, contrôlent une grande partie du sud-ouest de la France. Blanzac se trouve ainsi au cœur des tensions entre pouvoirs féodaux, et son château en fait un enjeu.
1182 : Richard Cœur de Lion assiège Blanzac
En 1182, le château de Blanzac est assiégé par Richard Cœur de Lion, alors duc d'Aquitaine avant de devenir roi d'Angleterre. L'épisode ne fut pas tendre pour la ville : selon les récits, elle fut pillée, incendiée, et ses murailles détruites. Cet assaut illustre la brutalité des guerres féodales dans une région qui servait de terrain d'affrontement entre les grands seigneurs et la couronne Plantagenêt. Blanzac s'est relevée de cette épreuve, mais l'événement est resté dans la mémoire locale comme l'un des grands faits d'armes du Moyen Âge charentais.
Le château, quant à lui, a connu une fin bien plus tardive et bien plus prosaïque. Reconstruit et remanié au fil des siècles, il fut finalement démoli en 1881. Il faut donc être clair sur ce point, car la confusion est fréquente : il n'y a pas de château médiéval à visiter à Blanzac. Il n'en subsiste qu'une tour ronde, aujourd'hui accolée aux bâtiments de l'école et du collège du village. Le visiteur en quête de forteresse devra donc chercher ailleurs — du côté de Barbezieux, notamment, dont le château, bien conservé, est un tout autre édifice qu'il ne faut pas confondre avec la modeste tour de Blanzac.
Blanzac, place protestante des guerres de Religion
Le XVIe siècle voit Blanzac jouer un rôle notable dans une autre page dramatique de l'histoire de France : les guerres de Religion. La ville figurait alors parmi les principales localités de l'Angoumois et devint un foyer protestant actif. Les seigneuries de Blanzac, de Montmoreau et de Barbezieux constituaient un bastion de la Réforme dans le sud du comté, et leurs hommes combattirent aux côtés des calvinistes lors de la bataille de Jarnac, en 1569, l'un des affrontements majeurs de ces guerres civiles. Cette empreinte protestante n'a rien d'anecdotique pour comprendre le territoire : elle éclaire, par exemple, le rachat en 1902 de la chapelle du Dognon par la communauté protestante de Barbezieux, dont il a été question plus haut. Le sud-Charente est resté, jusqu'à aujourd'hui, une terre où le protestantisme a laissé des traces durables.
Ainsi lue, l'histoire de Blanzac se déploie comme une succession de couches, à l'image des fresques de sa collégiale. Un domaine gallo-romain au départ, puis une place forte médiévale disputée entre pouvoirs féodaux, un foyer de la Réforme au temps des guerres de Religion, et enfin un bourg agricole tourné vers la vigne et le cognac. Chaque époque a laissé sa marque, plus ou moins visible : la tour du château pour le Moyen Âge, la chapelle du Dognon et la mémoire protestante pour la Renaissance troublée, les logis charentais et les chais pour les siècles plus paisibles. C'est cette épaisseur historique, condensée dans un petit territoire, qui donne à Blanzac-Porcheresse une densité de sens rare pour un bourg de cette taille.
| Date | Événement |
|---|---|
| XIIe s. | Édification du château par une branche des La Rochefoucauld |
| 1182 | Siège du château par Richard Cœur de Lion ; ville pillée et incendiée |
| 1569 | Blanzac, foyer protestant, aux côtés des calvinistes à la bataille de Jarnac |
| 1881 | Démolition du château ; seule subsiste une tour ronde |
| 1972 | Fusion de Blanzac et Porcheresse en une seule commune |
| 2017 | Création de la commune nouvelle de Coteaux-du-Blanzacais |
Le Né et la nature du Blanzacais
La rivière qui traverse le territoire et qui a façonné sa géographie s'appelle le Né. C'est un affluent de rive gauche de la Charente, d'une longueur de 66,1 kilomètres. Contrairement à une idée reçue, le Né ne prend pas sa source à Blanzac : il naît sur la commune voisine de Bécheresse, près de Voulgézac, à environ 160 mètres d'altitude, avant de descendre vers l'ouest et de rejoindre la Charente à Salignac-sur-Charente. Sur son parcours, il traverse notamment Coteaux-du-Blanzacais et Barbezieux-Saint-Hilaire, arrosant tout un pan du sud-Charente viticole.
Une rivière qui structure le paysage
C'est le Né qui sépare les deux anciens bourgs de Blanzac et de Porcheresse, et lui encore qui donne au Blanzacais une bonne part de son charme. Le long de son cours s'étendent des prairies humides bordées de saules, ponctuées de vieux logis charentais et dominées par des coteaux plantés de vignes. Le contraste est plaisant : d'un côté la fraîcheur du fond de vallée, de l'autre la pierre chaude des maisons et le vert vif des rangs de vigne sur les hauteurs. Pour qui aime marcher, les abords du Né offrent de belles occasions de promenade tranquille, à l'écart des grands axes, dans une nature discrète mais soignée, typique de cette Charente intérieure encore préservée du tourisme de masse.
La rivière irrigue un paysage agricole équilibré, où la vigne côtoie les cultures et les prairies. Le Né, en descendant vers la Charente qu'il rejoint à Salignac-sur-Charente, a modelé au fil du temps une vallée douce, propice à l'implantation des hommes et des villages. On comprend en la suivant pourquoi les deux bourgs se sont fixés là, de part et d'autre de l'eau : la rivière apportait la ressource, l'humidité des fonds nourrissait les prairies, et les coteaux bien exposés recevaient la vigne. Cette organisation ancienne du terroir, encore lisible aujourd'hui, fait du Blanzacais un condensé de la Charente rurale, où la géographie explique une bonne part de l'histoire.
Le terroir : cognac Fins Bois
Impossible de comprendre le Blanzacais sans parler de cognac. Les vignes qui couvrent ses coteaux ne produisent pas un vin de table mais un vin blanc destiné à la distillation, transformé en eau-de-vie puis vieilli en fût de chêne pour donner le cognac. Le vignoble de l'appellation Cognac est découpé en six crus, dont la réputation varie selon la nature des sols. Une précision s'impose ici, car la confusion est fréquente : Blanzac n'est pas en Petite Champagne, comme on le lit parfois, mais en cru Fins Bois. La Petite Champagne, deuxième cru derrière la Grande Champagne, est centrée plus au sud, autour de Barbezieux, Archiac et Jonzac.
Comprendre les six crus du cognac
Les six crus du cognac se distinguent par la composition de leurs sols, et notamment par leur teneur en calcaire, qui influe sur le caractère des eaux-de-vie. La Grande Champagne et la Petite Champagne, aux sols crayeux, produisent des eaux-de-vie fines, réputées pour leur aptitude au long vieillissement. Viennent ensuite les Borderies, petit cru au nord de Cognac, puis les Fins Bois, les Bons Bois et les Bois ordinaires, aux terroirs plus argileux ou sablonneux. Les Fins Bois, où se situe le Blanzacais, forment le plus vaste des crus et donnent des eaux-de-vie rondes, souples, qui mûrissent plus rapidement — des qualités appréciées dans l'assemblage des cognacs.
| Cru | Situation |
|---|---|
| Grande Champagne | 1er cru, sols crayeux, sud de Cognac |
| Petite Champagne | 2e cru, autour de Barbezieux, Archiac, Jonzac |
| Borderies | Petit cru au nord de Cognac |
| Fins Bois | Le plus vaste cru — c'est ici qu'est le Blanzacais |
| Bons Bois / Bois ordinaires | Crus périphériques, sols plus légers |
Le Blanzacais joue ainsi sur une frontière intéressante. Si ses vignes relèvent des Fins Bois, la Petite Champagne n'est qu'à une quinzaine de kilomètres, du côté de Barbezieux. On dit parfois de cette dernière qu'elle est la « capitale de la Petite Champagne », mais il s'agit d'un surnom marketing plus que d'un statut officiel. Cette proximité de deux crus qui se frôlent donne son sens à un assemblage réputé, la « Fine Champagne », qui associe eaux-de-vie de Grande et de Petite Champagne, avec un minimum de moitié de Grande Champagne. Pour le visiteur, la leçon est simple : le secteur permet de goûter, à quelques kilomètres de distance, des cognacs de terroirs différents. Plusieurs domaines et maisons du secteur, notamment autour de Barbezieux, proposent des dégustations de cognac et de Pineau des Charentes, ce vin de liqueur charentais obtenu par mutage de moût de raisin à l'eau-de-vie.
Comprendre le cognac, c'est aussi comprendre un mode de vie qui structure tout le sud-Charente. Le raisin, ici, ne finit pas dans un verre de vin mais dans un alambic : le vin blanc, acide et peu alcoolisé, est distillé selon la méthode charentaise en deux chauffes, puis vieilli patiemment en fût de chêne, où il gagne sa couleur et ses arômes. Ce cycle lent imprègne le calendrier des campagnes, des vendanges d'automne à la distillation hivernale. Le Blanzacais, avec ses vignes de Fins Bois, participe pleinement de cette économie, même s'il n'a pas la notoriété des crus de Champagne. Pour le voyageur curieux, c'est une invitation à pousser la porte d'un producteur, à écouter parler d'assemblage et de vieillissement, et à repartir avec une idée plus juste de ce que recouvre le mot cognac, appellation dont le rayonnement dépasse largement les frontières de la Charente.
Que faire à Blanzac-Porcheresse ?
À Blanzac-Porcheresse, on peut composer une belle journée de découverte sans jamais courir. Le cœur de la visite reste la collégiale Saint-Arthémy et ses fresques redécouvertes, à commencer par le saint Christophe géant qui fait face à l'entrée. On complète avec la chapelle des Templiers du Dognon, dont l'histoire, du Temple au temple protestant, intrigue toujours. À quelques kilomètres, la chapelle de Cressac et ses fameuses peintures de croisade valent le détour pour qui s'intéresse aux Templiers. L'église Saint-Cybard de Porcheresse, second monument classé du territoire, ajoute un clocher à l'itinéraire. Le reste de la journée se prête aux plaisirs plus lents : une dégustation de cognac Fins Bois ou de Pineau chez un producteur du secteur, une flânerie le long du Né, ou une halte sur le marché du village. Pour les horaires précis et l'agenda des animations, mieux vaut se renseigner auprès de l'office de tourisme Sud Charente, seul à jour sur ces informations qui changent au fil des saisons.
- Visiter la collégiale Saint-Arthémy et ses fresques du XIIe au XVIe siècle, dont le saint Christophe de près de trois mètres
- Découvrir la chapelle des Templiers du Dognon, passée de l'ordre du Temple au culte protestant
- Pousser jusqu'à la chapelle de Cressac, sur la commune voisine, pour ses peintures romanes de bataille de croisade
- S'arrêter à l'église Saint-Cybard de Porcheresse, classée monument historique en 1913
- Profiter du marché de Blanzac le samedi matin, qui devient une foire le 3e vendredi du mois
- Déguster un cognac Fins Bois ou un Pineau des Charentes chez un producteur du secteur
- Se promener le long du Né et parmi les logis charentais du Blanzacais
Le marché et la foire de Blanzac
Parmi les rendez-vous du bourg, le marché mérite qu'on cale son emploi du temps dessus. Il se tient le samedi matin et fait vivre le centre de Blanzac au rythme des producteurs et commerçants locaux. Une fois par mois, le troisième vendredi, il prend une autre ampleur et se transforme en foire : des marchands supplémentaires s'installent, et l'animation gagne le village entier. C'est l'occasion idéale de goûter aux produits du terroir charentais et de sentir battre le cœur d'un bourg rural encore bien vivant. Le tableau ci-dessous récapitule les principales activités et leur nature.
| Activité | Nature | Bon à savoir |
|---|---|---|
| Collégiale Saint-Arthémy | Monument classé | Fresques dont le saint Christophe géant |
| Chapelle des Templiers du Dognon | Patrimoine | Ancienne commanderie devenue temple protestant |
| Chapelle de Cressac | Monument classé (1914) | Commune voisine ; fresques de croisade |
| Église Saint-Cybard de Porcheresse | Monument classé (1913) | Second clocher du territoire |
| Marché / foire | Vie locale | Samedi matin ; foire le 3e vendredi du mois |
| Dégustations de cognac | Terroir | Fins Bois et Pineau, dans le secteur |
Autour de Blanzac : Barbezieux et le sud-Charente
Blanzac-Porcheresse gagne à être visitée dans le cadre plus large du sud-Charente, une région dense en patrimoine et en terroir. À une quinzaine de kilomètres, Barbezieux-Saint-Hilaire est l'étape la plus évidente. La ville possède un château autrement plus imposant que la modeste tour de Blanzac : édifié en 1453 par Marguerite de La Rochefoucauld, bien conservé et classé monument historique depuis 1913, il domine la Petite Champagne. C'est ce château, avec ses tours coiffées de toits coniques, qu'évoque l'image ci-dessous — à ne surtout pas confondre avec le château disparu de Blanzac. Barbezieux, que l'on surnomme volontiers la « capitale de la Petite Champagne », constitue un excellent complément viticole à la découverte du Blanzacais.
Des escapades dans un rayon d'une heure
Au-delà de Barbezieux, plusieurs destinations complètent avantageusement la journée. Vers le sud, Brossac séduit par son étang Vallier, base de loisirs prisée l'été, et ses domaines de cognac. En remontant vers le nord-ouest, Cognac, chef-lieu de l'arrondissement dont dépend Blanzac, réunit à une cinquantaine de minutes de route les grandes maisons et leurs chais où mûrit l'eau-de-vie. Jarnac, toute proche de Cognac, associe le cognac au souvenir de François Mitterrand, qui y est né et y repose. Enfin, Angoulême, à une trentaine de minutes, séduit les amateurs de bande dessinée avec sa cité internationale et son festival mondialement connu. Autant de haltes qui font du Blanzacais un point de départ idéal pour rayonner dans la Charente.
Le rattachement de Blanzac à l'arrondissement de Cognac n'est pas qu'une donnée administrative : il dessine une cohérence de territoire. En reliant Blanzac à Barbezieux, puis à Cognac et Jarnac, on suit en réalité le fil du cognac, de ses crus et de ses maisons, du plus modeste producteur de Fins Bois aux grandes signatures internationales. Une même journée peut ainsi mêler patrimoine roman, châteaux et dégustations, en enchaînant des étapes distantes de quelques dizaines de kilomètres seulement. C'est tout l'intérêt de faire de Blanzac non pas une visite isolée, mais le maillon d'un itinéraire plus vaste à travers un sud-Charente qui gagne à être exploré sans hâte, au gré des chapelles, des vignes et des rivières.
| Destination | Distance depuis Blanzac | Intérêt |
|---|---|---|
| Barbezieux-Saint-Hilaire | ~14–17 km | Château de 1453, Petite Champagne |
| Brossac | sud du Blanzacais | Étang Vallier, cognac |
| Angoulême | ~30 km | Cité de la BD, préfecture |
| Cognac | ~45 km | Grandes maisons, chais |
| Jarnac | près de Cognac | Cognac et souvenir de Mitterrand |
Rejoindre Blanzac depuis Bordeaux
Blanzac-Porcheresse se situe à 100 km de Bordeaux, soit environ 1 h 32 par la N10 puis les routes du Sud-Charente. Le transfert privé démarre à 183 € en journée pour 1 à 3 passagers, tarif baké vérifié le 24 juillet 2026. Le porte-à-porte évite les correspondances et facilite l'accès aux sites dispersés.
Le Blanzacais n'étant pas desservi directement par le train, la voiture reste le moyen le plus commode d'y accéder. Un transfert au départ de Bordeaux évite les contraintes de la gare la plus proche et celles du stationnement dans les villages.
Combien coûte le trajet ?
Un transfert privé depuis Bordeaux vers Blanzac-Porcheresse démarre à 209 € en journée, pour une berline accueillant de une à trois personnes. Ce tarif est fixe et confirmé par écrit avant le départ : pas de compteur, pas de surprise à l'arrivée. Des suppléments s'appliquent la nuit, le week-end et les jours fériés, et un van reste disponible pour les groupes plus nombreux. Pour une visite qui combine plusieurs sites, une formule à la journée, avec attente et étapes multiples, se calcule sur devis. Le tableau ci-dessous donne les principaux repères tarifaires.
| Trajet | Distance / durée | Tarif |
|---|---|---|
| Bordeaux → Blanzac-Porcheresse | 100 km · 1 h 32 | dès 183 € |
| Aéroport de Bordeaux-Mérignac → Blanzac | sur devis | sur devis |
| Boucle Blanzac + Barbezieux + Cognac | journée sur mesure | sur devis |
Pourquoi un chauffeur privé ?
Le principal atout d'un chauffeur privé, ici, tient à la nature même de la visite. Le patrimoine du Blanzacais est éclaté entre Blanzac, Porcheresse et Cressac, sans compter les escapades vers Barbezieux ou Cognac : disposer d'un véhicule et d'un conducteur permet d'enchaîner les étapes sans se soucier de l'itinéraire ni du stationnement. L'argument vaut plus encore quand le programme inclut des dégustations de cognac : on savoure les eaux-de-vie du secteur en toute quiétude, sans avoir à reprendre le volant. C'est, au fond, la promesse d'une journée sereine dans un coin de Charente que l'on découvre à son rythme, loin de l'agitation — une alternative confortable pour qui veut profiter pleinement du Blanzacais.
Cette formule prend tout son sens pour une découverte à la carte, sans horaires imposés ni contraintes de correspondance. On peut consacrer autant de temps qu'on le souhaite à la collégiale et à ses fresques, s'attarder devant la chapelle du Dognon, pousser jusqu'à Cressac, puis terminer par une maison de cognac, selon l'envie du moment. Le retour vers Bordeaux se fait dans le même confort, en fin de journée, une fois les visites bouclées et les éventuels achats de bouteilles rangés dans le coffre. Pour une escapade patrimoniale de ce type, où les sites sont dispersés et les petites routes nombreuses, la souplesse d'un trajet organisé de porte à porte change beaucoup l'expérience, et permet de garder de la journée un souvenir de plaisir plutôt que de logistique.
Questions fréquentes
Combien coûte un trajet de Bordeaux à Blanzac-Porcheresse et
combien de temps dure-t-il ?
Un transfert privé depuis Bordeaux vers Blanzac-Porcheresse démarre à 209 € en journée pour une berline de 1 à 3 personnes. Le trajet couvre 100 km et dure environ 1 h 32, principalement par la N10 puis les routes du Sud-Charente. Tarif, distance et durée sont alignés sur la route commerciale bakée, vérifiée le 24 juillet 2026.
Où se trouve exactement Blanzac-Porcheresse ?
Blanzac-Porcheresse se situe dans le sud du département de la Charente, en région Nouvelle-Aquitaine, au cœur du Blanzacais. Le bourg relève de l'arrondissement de Cognac et de la communauté de communes des 4B Sud-Charente. Par la route, il se trouve à une trentaine de kilomètres au sud-ouest d'Angoulême, à environ une quinzaine de kilomètres de Barbezieux et à 100 kilomètres de Bordeaux. Attention : la distance souvent citée de 22 kilomètres depuis Angoulême est mesurée à vol d'oiseau ; par la route, comptez plutôt une trentaine de kilomètres et une demi-heure de trajet.
Blanzac-Porcheresse est-elle encore une commune ?
Non, plus au sens strict. Depuis le 1er janvier 2017, Blanzac-Porcheresse est une commune déléguée de la commune nouvelle de Coteaux-du-Blanzacais, née de sa fusion avec Cressac-Saint-Genis ; la commune de Saint-Léger les a rejointes en 2019. Blanzac-Porcheresse en reste le chef-lieu et conserve son nom, mais son statut administratif est désormais celui de commune déléguée. La commune nouvelle comptait environ 1 013 habitants en 2023. Source : INSEE, code 16046. Le code INSEE 16046, hérité de l'ancien Blanzac, désigne aujourd'hui aussi bien l'ancienne commune que la nouvelle entité.
Quel est le monument phare de Blanzac-Porcheresse ?
C'est la collégiale Saint-Arthémy, classée monument historique par arrêté du 16 mars 1890. Cet édifice remarquable réunit en un seul bâtiment deux âges de la pierre : une partie romane, avec sa coupole et son clocher du début du XIIe siècle, et une partie gothique, avec son transept, sa nef et sa façade du XIIIe siècle. On y a redécouvert, lors d'une restauration menée dans les années 1990, des peintures murales échelonnées du XIIe au XVIe siècle. La plus spectaculaire est un saint Christophe de près de trois mètres, placé face à l'entrée.
Que voir et que faire à Blanzac-Porcheresse ?
La visite s'organise autour de la collégiale Saint-Arthémy et de ses fresques, dont le saint Christophe géant. On complète avec la chapelle des Templiers du Dognon, passée de l'ordre du Temple au culte protestant, et l'église Saint-Cybard de Porcheresse, elle aussi classée. À quelques kilomètres, la chapelle de Cressac et ses peintures de croisade valent le détour. Le reste de la journée se prête à une dégustation de cognac Fins Bois ou de Pineau chez un producteur du secteur, à une promenade le long du Né, ou à une halte sur le marché du samedi matin.
La chapelle des Templiers aux fresques de croisade est-elle à
Blanzac ?
Non, et c'est une confusion fréquente. La chapelle aux célèbres fresques de bataille de croisade se trouve à Cressac, sur l'ancienne commune de Cressac-Saint-Genis, voisine de Blanzac et aujourd'hui rattachée comme elle à Coteaux-du-Blanzacais. Elle est classée monument historique depuis 1914. À Blanzac même se trouve une autre chapelle templière, celle de la commanderie du Dognon, d'inspiration cistercienne, rachetée en 1902 par la communauté protestante de Barbezieux. Ce sont deux édifices distincts qu'il ne faut pas confondre : les fresques de croisade sont bien à Cressac.
Peut-on visiter un château à Blanzac ?
Non, il n'y a pas de château médiéval à visiter à Blanzac. Un château y fut bien édifié au XIIe siècle par une branche des La Rochefoucauld, puis assiégé en 1182 par Richard Cœur de Lion, qui fit piller et incendier la ville. Mais cet édifice a été démoli en 1881 ; il n'en subsiste qu'une tour ronde, aujourd'hui accolée à l'école et au collège du village. Le château que l'on visite dans le secteur est celui de Barbezieux, à une quinzaine de kilomètres, un tout autre bâtiment de 1453, bien conservé.
Quel cognac produit-on autour de Blanzac ?
Les vignes du Blanzacais sont classées en cru Fins Bois, l'un des six crus de l'appellation Cognac, et non en Petite Champagne comme on le lit parfois. Les Fins Bois forment le plus vaste des crus et donnent des eaux-de-vie rondes et souples, qui mûrissent assez vite. La Petite Champagne, deuxième cru derrière la Grande Champagne, est centrée plus au sud, autour de Barbezieux, Archiac et Jonzac. Cette proximité de deux crus explique l'assemblage réputé de « Fine Champagne ». Plusieurs producteurs du secteur proposent des dégustations de cognac et de Pineau des Charentes.
Pourquoi Blanzac-Porcheresse porte-t-elle un nom double ?
Parce que le bourg est né, en 1972, de la fusion de deux paroisses voisines : Blanzac, qui abrite la collégiale Saint-Arthémy, et Porcheresse, dont l'église Saint-Cybard est classée monument historique depuis 1913. Les deux anciens bourgs sont séparés par la rivière le Né et ne se rejoignent qu'en un unique point, un quadripoint au pont de la route de Brossac. Le nom composé garde donc la mémoire de cette double origine. Depuis 2017, l'ensemble a lui-même fondu dans la commune nouvelle de Coteaux-du-Blanzacais, comme une poupée russe administrative.
Le village est-il accessible et facile à visiter ?
Blanzac-Porcheresse est un bourg rural de plain-pied, tranquille et sans grande difficulté d'accès pour flâner dans ses rues et rejoindre la collégiale. Le patrimoine étant toutefois dispersé entre Blanzac, Porcheresse et la commune voisine de Cressac, un véhicule est nécessaire pour tout voir dans la journée. Les édifices religieux, monuments anciens, peuvent présenter marches et seuils ; pour connaître les conditions d'ouverture et d'accès de la collégiale ou des chapelles, mieux vaut se renseigner auprès de l'office de tourisme Sud Charente, qui tient l'agenda et les horaires à jour au fil des saisons.
Quand a lieu le marché de Blanzac ?
Le marché de Blanzac se tient le samedi matin et anime le centre du bourg avec les producteurs et commerçants locaux. Une fois par mois, le troisième vendredi, il prend de l'ampleur et se transforme en foire : des marchands supplémentaires s'installent et l'animation gagne le village. C'est un bon moment pour découvrir les produits du terroir charentais et sentir la vie d'un bourg rural encore actif. Les dates et l'organisation pouvant évoluer, il est prudent de vérifier auprès de l'office de tourisme Sud Charente avant de se déplacer.
Que voir autour de Blanzac-Porcheresse ?
Les environs sont riches. À une quinzaine de kilomètres, Barbezieux-Saint-Hilaire possède un château de 1453 bien conservé et se trouve en Petite Champagne. Vers le sud, Brossac séduit avec son étang Vallier et ses domaines de cognac. Plus loin, Cognac, chef-lieu de l'arrondissement, réunit les grandes maisons et leurs chais à une cinquantaine de minutes de route, tandis que Jarnac associe le cognac au souvenir de François Mitterrand. Enfin, Angoulême, à une trentaine de minutes, ravit les amateurs de bande dessinée avec sa cité internationale. Le Blanzacais est un excellent point de départ pour rayonner en Charente.
Y a-t-il un intérêt à passer par un chauffeur privé pour visiter
le Blanzacais ?
Oui, surtout parce que le patrimoine est éclaté entre Blanzac, Porcheresse, Cressac et les villes voisines comme Barbezieux ou Cognac. Disposer d'un véhicule et d'un conducteur permet d'enchaîner les étapes sans se soucier de l'itinéraire ni du stationnement dans les villages. L'avantage est plus net encore si le programme inclut des dégustations de cognac : on profite des eaux-de-vie du secteur sans avoir à reprendre le volant. Un transfert depuis Bordeaux démarre à 183 €, avec un tarif fixe confirmé par écrit, pour une journée de découverte sereine à son propre rythme.
Pour aller plus loin
- Cap au sud du Blanzacais : voir le Guide de Brossac (l'étang Vallier, le cognac et la villa romaine, à quelques kilomètres de Blanzac).
- Capitale de l'eau-de-vie : voir le Guide de Cognac (4 maisons, méthode charentaise et les 6 crus, dont les Fins Bois du Blanzacais).
- Cognac et mémoire : voir le Guide de Jarnac (le cognac, la Charente et le souvenir de François Mitterrand).
- Patrimoine aux portes d'Angoulême : découvrir l'abbaye et le patrimoine papetier de La Couronne.
Sources et références
- POP Mérimée — collégiale Saint-Arthémy — classement du 16 mars 1890
- POP Mérimée — chapelle de Cressac — classement du 9 mai 1914
- Commune de Coteaux-du-Blanzacais — collégiale, chapelle du Dognon, Porcheresse, histoire
- Sud Charente Tourisme / Office de tourisme — fresques, marché, Barbezieux, cognac
- INSEE — Coteaux-du-Blanzacais (16046) — démographie, commune nouvelle
- BNIC — Bureau National Interprofessionnel du Cognac — crus Fins Bois et Petite Champagne
Article mis à jour en juillet 2026.
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Transfert direct depuis Bordeaux (1 h 32) vers Blanzac-Porcheresse, sa collégiale romane et le pays du cognac. Devis fixe par écrit, sans engagement.



