Brantôme, la Venise du Périgord

Une île de 300 mètres cernée par la Dronne, une abbaye fondée par Charlemagne et creusée dans la falaise, le plus vieux campanile de France et un abbé qui sauva son monastère… par un festin. Tout comprendre avant de venir, à ~2h de Bordeaux.

5,0 · 40 avis Google~147 km · 2h de Bordeaux27 min de lecture
En bref

Brantôme en bref

  • Brantôme en Périgord (3 763 habitants) est la « Venise du Périgord » : son centre-ville tient sur une île d'environ 300 mètres de diamètre, entièrement enserrée par la Dronne. Le surnom a un acte de naissance : le président Raymond Poincaré, le 15 septembre 1913.
  • Son abbaye aurait été fondée en 769 par Charlemagne, qui y déposa selon la tradition les reliques de saint Sicaire ; les moines ont vécu en troglodytes dans la falaise dès la fin du VIIIᵉ siècle.
  • Le clocher campanile du XIᵉ siècle, bâti non sur l'église mais sur le surplomb rocheux de 12 m qui la domine, est considéré comme le plus ancien campanile de France.
  • Derrière l'abbaye, la grotte du Jugement dernier et son « Triomphe de la Mort » sculpté dans la roche attirent 45 000 visiteurs par an — 2ᵉ site le plus visité du Périgord vert, proposé à la visite selon le calendrier officiel vérifié en juillet 2026.
  • L'abbé le plus célèbre fut Pierre de Bourdeille, dit Brantôme, chroniqueur des Dames galantes — il sauva deux fois l'abbaye du pillage pendant les guerres de Religion… dont une fois par un festin.
  • Sur l'eau : canoë Brantôme → Bourdeilles (12 km, 3h-3h30), croisière commentée en bateau électrique, et même une plage surveillée sur la Dronne en été.
  • Autour, le Périgord vert aligne Bourdeilles (9 km), le château de Puyguilhem (14,5 km), la grotte de Villars (17 km) et Saint-Jean-de-Côle (20,5 km), l'un des Plus Beaux Villages de France.
  • Depuis Bordeaux par la route : ~147 km, environ 2h — dès 254 € en Eco, porte-à-porte.

Avant de partir

Avant de partir : ce que Brantôme est vraiment

9 h, sur le pont coudé. Le seul pont de France, dit-on ici, qui tourne à angle droit au milieu de la rivière. À votre gauche, la Dronne glisse sans un pli sous les saules ; à votre droite, le jardin des moines et ses reposoirs Renaissance. Et devant vous, la scène complète : la longue façade blanche de l'abbaye adossée à sa falaise dorée, criblée de grottes, et ce clocher de pierre posé sur le rocher au-dessus des toits — il sonnait déjà quand Guillaume partait conquérir l'Angleterre.

Brantôme est un décor presque trop parfait : une île ronde de 300 mètres cernée d'eau verte, cinq ponts, une abbaye millénaire creusée moitié dans la falaise, un mémorialiste sulfureux qui lui a donné son nom de plume. C'est aussi, depuis les fusions de 2016 et 2019, une commune-mosaïque de 133 km² — la deuxième plus étendue de Dordogne — où l'on fabrique des fourgons aménagés, où le marché du vendredi tient depuis des siècles et où la NASA est allée chercher un nom pour un rocher martien.

Ce guide démêle le vérifié du légendaire : la fondation par Charlemagne (une tradition, pas un acte), le clocher « le plus ancien de France » (et ce que les archéologues en disent vraiment), le mystérieux Triomphe de la Mort et ses interprétations concurrentes, la vie rocambolesque de Pierre de Bourdeille, et l'état exact du site troglodytique en 2026 — rouvert au printemps, mais plus pour longtemps. Avec tous les chiffres, tarifs et distances routières vérifiés.

Côté logistique, soyons clairs : Brantôme n'a plus de gare depuis 1949, et le car régional dessert surtout Périgueux et Angoulême. Pour venir de Bordeaux et rayonner ensuite — Bourdeilles, Villars, Saint-Jean-de-Côle —, un chauffeur privé depuis Bordeaux reste l'option la plus simple (~2h par l'A89).


La Venise

Une île de 300 mètres : pourquoi « la Venise du Périgord »

Le surnom n'est pas une invention d'office de tourisme : c'est un mot de président. Le 15 septembre 1913, en voyage officiel en Périgord, Raymond Poincaré lance pour la première fois l'expression « Venise du Périgord » devant le spectacle du bourg posé sur son eau — le centenaire de la formule a été célébré en 2013. Un siècle plus tard, elle reste méritée : Brantôme est l'unique ville de Dordogne dont le cœur se délimite au périmètre d'une île, un ovale d'environ 300 mètres de diamètre formé par la Dronne et son bief — le bras aménagé qui alimentait jadis le moulin de l'abbé — et relié aux rives par cinq ponts.

La star de ces cinq ponts est le pont coudé, construit dans la première moitié du XVIᵉ siècle sous l'abbatiat de Pierre de Mareuil pour relier l'abbaye à ses jardins de la rive gauche. Ses dix arches, dont trois en retour d'équerre, dessinent un angle en plein courant — une forme dictée par la nécessité d'enjamber à la fois la Dronne et son bief. Très endommagé par la crue de 1735, restauré de 1736 à 1738, il est classé monument historique depuis le 13 janvier 1912, avec les trois reposoirs Renaissance du jardin des moines voisin. À son extrémité, côté abbaye, veillent le pavillon Renaissance dit « du Corps de garde » et sa tour ronde, classés dès 1891.

Pont coudé et jardins des moines à Brantôme
Le pont coudé (XVIᵉ siècle) et le jardin des moines — dix arches, dont trois en retour d'équerre, classées depuis 1912.

La rivière qui fait tout ce théâtre, la Dronne, naît à 479 m d'altitude à Bussière-Galant, en Haute-Vienne, et parcourt 200,6 km jusqu'à l'Isle — dont 16 km à travers la commune. Elle est d'une santé rare : 80 % de son cours est classé Natura 2000 ou ZNIEFF. À Brantôme, elle coule limpide entre les saules pleureurs, assez propre pour qu'on s'y baigne (plage surveillée l'été, on y revient) et assez calme pour que les reflets de l'abbaye tiennent la pose toute la journée.


La commune

Une commune-mosaïque : 8 villages, 133 km², 3 codes postaux

Administrativement, Brantôme a changé d'échelle en quelques années. Le 1ᵉʳ janvier 2016, la commune fusionne avec Saint-Julien-de-Bourdeilles ; le 1ᵉʳ janvier 2019, six autres villages la rejoignent (Cantillac, Eyvirat, La Gonterie-Boulouneix, Saint-Crépin-de-Richemont, Sencenac-Puy-de-Fourches et Valeuil). Résultat : Brantôme en Périgord, 8 anciennes communes, 133,33 km² — la deuxième commune la plus étendue de Dordogne, derrière Mareuil en Périgord. Trace amusante de la double fusion : un seul code Insee, mais trois codes postaux ; et un conseil municipal qui a compté 54 élus en 2019, avant de revenir à 31.

DonnéeValeur
StatutCommune nouvelle (2016/2019), arrondissement de Nontron, canton de Brantôme en Périgord
Population3 763 habitants (2023) — les Brantômais
Superficie133,33 km² (2ᵉ de Dordogne) — densité 28 hab/km²
Altitude92 m (barrage du Capinet) à 246 m (Puyssegné)
Rivièresla Dronne (16 km dans la commune) + 62 km de cours d'eau au total
LabelsPlus Beaux Détours de France · commune touristique (2016) · 2 fleurs (2022)
Région touristiquePérigord vert (appellation attribuée à Jules Verne)
Distance de Bordeaux≈ 147 km (~2h par l'A89, sortie Périgueux-ouest)

La population, elle, est d'une stabilité remarquable : 3 596 habitants en 1968 (périmètre actuel reconstitué), 3 763 en 2023 — un demi-siècle d'équilibre, là où tant de bourgs périgourdins se sont vidés. L'Insee détaille la mécanique : un solde naturel de −0,9 % par an exactement compensé par +0,9 % d'arrivées. Le bourg historique seul compte environ 2 100 âmes ; le reste se répartit dans les hameaux et villages délégués, dont Saint-Crépin-de-Richemont, seul morceau de la commune inclus dans le parc naturel régional Périgord-Limousin.

Surprise économique au pays des abbayes : Brantôme est un petit pôle industriel. L'entreprise Font Vendôme y fabrique des fourgons aménagés depuis 1978 — 270 salariés début 2021, 43 % de la production exportée. Le reste de l'économie vit du tourisme, du marché du vendredi et d'un tissu de commerces que bien des sous-préfectures envieraient. Quant au « Périgord vert » : l'appellation, attribuée à Jules Verne admirant « les couleurs vertes des bois et des prairies », est ici touristique — les géographes, eux, classent Brantôme dans le Périgord central. On ne leur en voudra pas.


L'abbaye

769 : Charlemagne, saint Sicaire et les drakkars sur la Dronne

Une fondation impériale (selon la tradition)

La version canonique fait naître l'abbaye Saint-Pierre en 769, fondée par Charlemagne en personne, qui l'aurait consacrée en y déposant les reliques de saint Sicaire — l'un des saints Innocents massacrés par Hérode. L'historien tempère : c'est une tradition, les sources divergent (certaines évoquent Pépin le Bref, une consécration par le pape Léon III en 804, ou une dotation en 817), et la première mention documentée solide est la présence d'un abbé de Brantôme au concile d'Aix-la-Chapelle de 817, celui de la grande réforme monastique de Louis le Pieux. Mais la légende a laissé des traces bien réelles : deux panneaux de bois doré du XVIIᵉ siècle, dans le chœur de l'abbatiale, illustrent encore la donation de Charlemagne — et les reliques de saint Sicaire sont toujours là.

Détail qui dit tout de la longévité du lieu : la « fontaine du rocher » vouée à saint Sicaire, sur le parcours des grottes, existait avant l'abbaye — le point d'eau sacré a précédé le monastère. Elle est toujours vénérée pour ses vertus sur la fécondité, douze siècles plus tard.

848 et 857 : détruite deux fois par les Vikings

La première abbaye ne fit pas de vieux os : les Vikings la détruisirent deux fois, en 848 puis en 857, leurs bateaux remontant la Dordogne, l'Isle puis la Dronne jusqu'au pied de la falaise. Vers 900, le comte de Périgord Bernard restitua aux moines les biens de l'abbaye, leur permettant de reconstruire ; la prospérité revint au Xᵉ siècle — au point qu'en 991, l'abbé Grimoard de Mussidan, nommé évêque d'Angoulême, finança en partie sa nouvelle cathédrale… avec les revenus de Brantôme. En 1080, le comte Élie céda ses droits à l'abbé de La Chaise-Dieu : communauté réformée, nouvel essor, et une place sur le chemin de Compostelle (via Lemovicensis). En 1271, le roi d'Angleterre Édouard Iᵉʳ accorda même à la ville une charte de franchise pour desserrer l'emprise des moines.

Falaise calcaire dorée de Brantôme criblée de cavités troglodytiques médiévales derrière les bâtiments de l'abbaye
La falaise-mère : les moines y ont vécu en troglodytes dès la fin du VIIIᵉ siècle, avant de bâtir « en dur » au pied du rocher.

Car c'est le grand paradoxe fondateur : la première abbaye n'était pas un bâtiment, mais la falaise elle-même. Dès la fin du VIIIᵉ siècle, les moines bénédictins ont vécu en troglodytes, le calcaire leur fournissant à la fois l'abri et la pierre de taille. Du tout premier monastère, « rien ne subsiste, pas même la connaissance du lieu exact de son implantation », préviennent les historiens — mais la dizaine de grottes aménagées qui court derrière les bâtiments actuels garde la mémoire de cette vie dans la roche : chauffoir, lavoir, moulin, pigeonnier, et jusqu'à une pisciculture.


Le clocher

Le plus vieux campanile de France (et il n'est pas sur l'église)

Levez les yeux au-dessus de l'abbatiale : le clocher n'est pas posé sur l'église. Il est bâti à côté, sur le surplomb rocheux de 12 mètres contre lequel l'église s'adosse — un campanile, au sens propre, fondé directement sur le rebord de la falaise. Daté du milieu du XIᵉ siècle par l'analyse archéologique du bâti et les comparaisons stylistiques, il est « certainement le plus ancien campanile de France » selon la formule consacrée — les plus prudents écrivent « parmi les plus vieux clochers campaniles de France ». Dans les deux cas : quand il fut achevé, la conquête de l'Angleterre n'avait pas eu lieu.

Clocher campanile roman de l'abbaye de Brantôme
Quatre étages en retrait, des gâbles romans limousins, une pyramide de pierre : le campanile du XIᵉ siècle, bâti sur le rocher et non sur l'église.

Son architecture est un manifeste du roman limousin : quatre étages en retrait successifs, couronnés de gâbles (ces frontons triangulaires qui coiffent les baies), le tout terminé par une pyramide de pierre quadrangulaire. Viollet-le-Duc le jugea assez extraordinaire pour en publier plan, coupe et élévations dans son Dictionnaire — sa coupe dessinée illustre encore les notices aujourd'hui. L'église abbatiale, elle, figure sur la toute première liste des monuments historiques, celle de 1840 — les 1 034 élus de Prosper Mérimée.

L'abbatiale des XIᵉ-XIIIᵉ siècles a connu une histoire mouvementée : transformée en forteresse par les Anglais en 1404 pendant la guerre de Cent Ans, restaurée en 1465, revoûtée en gothique au XVᵉ. Puis vint le XIXᵉ siècle et Paul Abadie — le futur architecte du Sacré-Cœur de Paris — qui mena une restauration si interventionniste qu'il supprima en 1858 trois des quatre galeries du cloître du XVᵉ siècle. À l'intérieur, ne manquez pas le bas-relief du Baptême du Christ (XIVᵉ), les panneaux dorés de Charlemagne et le reliquaire de saint Sicaire.

Pratique : la montée au clocher se fait uniquement en visite guidée (8,50 € plein tarif, 6,50 € réduit, billetterie à l'office de tourisme), limitée à 18 personnes par départ — l'un des plus beaux points de vue du Périgord vert. L'église, lieu de culte vivant, reste en accès libre aux heures d'ouverture, sous réserve des offices.


Les grottes

La grotte du Jugement dernier : un mystère sculpté dans la falaise

Le Triomphe de la Mort

Derrière l'abbaye, le parcours troglodytique aligne une dizaine de cavités aménagées — et culmine dans la grotte du Jugement dernier, vaste salle aménagée au XVᵉ siècle. Sur sa paroi, un bas-relief monumental de 7 à 8 mètres, attribué à la fin du XVᵉ siècle : sous une figure dominante aux bras croisés, la Mort triomphante — un squelette à la faux, encadré d'anges sonnant de la trompette, tandis que les morts sortent de leurs tombeaux et qu'une tête couronnée porte une bourse au cou. La leçon semble claire : la Mort n'épargne ni les rois ni les riches. Mais le plus fascinant est ailleurs : aucun écrit d'époque n'explique la sculpture. Panneau retravaillé, divinité antérieure, Christ en gloire, Vierge à l'Enfant ? Les interprétations concurrentes coexistent depuis que le relief, longtemps oublié, a été redécouvert au XIXᵉ siècle. À côté, une Crucifixion d'inspiration italienne (début XVIIᵉ) paraît presque sage.

Le reste du parcours raconte la vie quotidienne des moines dans la roche : la fontaine Saint-Sicaire et ses vertus de fécondité, le pigeonnier troglodytique de 240 boulins — les niches à pigeons servaient aussi d'unité de mesure de la richesse foncière, et la fiente se vendait comme engrais —, et les restes d'une pisciculture où les moines élevaient des alevins de saumon. Une trentaine de panneaux bilingues jalonnent la visite libre (~45 min). Le billet donne aussi accès au musée Fernand-Desmoulin, l'un des plus insolites du Périgord : les dessins « automatiques » que ce graveur ami de Zola réalisa en état de transe entre 1900 et 1902, signés de trois esprits successifs — des œuvres aujourd'hui reconnues par le monde de l'art brut, exposées jusqu'au LaM de Lille.

Statut vérifié en juillet 2026 : le parcours est proposé à la visite

En juillet 2026, la page officielle de l'office de tourisme présente le parcours troglodytique comme visitable et affiche un tarif de 5 € pour la visite libre. Les conditions pouvant évoluer avec les travaux de sécurisation, vérifiez le calendrier avant le déplacement. Source : Office de tourisme Périgord Dronne Belle, page vérifiée en juillet 2026.

VisiteTarif 2026À savoir
Parcours troglodytique (libre)5 €~45 min · inclut le musée Fernand-Desmoulin · ~30 panneaux FR/EN
Visite guidée (grotte, clocher ou logis)8,50 €6,50 € réduit · clocher limité à 18 personnes
Billet combiné grottes + clocher guidé11 €le duo conseillé
Deux visites guidées14 €billetterie OT ou distributeur sur place (CB)
Nocturneslundis 21h30 en juillet-août (cloître, église, grotte)
Horaires été10h-19h en juillet-août · calendrier à vérifier avant la visite

Tarifs et horaires vérifiés en juillet 2026 auprès de l'Office de tourisme Périgord Dronne Belle — abbaye de Brantôme.


L'écrivain

Pierre de Bourdeille, dit Brantôme : l'abbé qui n'était pas prêtre

Si le nom de Brantôme évoque autre chose qu'un village, c'est grâce à lui. Pierre de Bourdeille, né à Bourdeilles vers 1537-1540 et élevé à la cour de Marguerite d'Angoulême — sa mère et sa grand-mère comptent parmi les « devisantes » de l'Heptaméron —, reçoit l'abbaye de Brantôme en 1556, à une vingtaine d'années, par faveur d'Henri II, en compensation de la mort héroïque de son frère au combat. Abbé commendataire : il en perçoit les revenus sans avoir jamais été ordonné prêtre — et il signera toute sa vie « Brantôme », du nom de son abbaye.

Sa jeunesse est un roman d'aventures : en 1561, il escorte en Écosse Marie Stuart, jeune veuve de François II ; il court l'Italie, passe trois mois et demi chez les chevaliers de Malte, et participe en 1564 à l'expédition espagnole contre Badis, au Maroc, où il commande deux compagnies — son seul vrai fait d'armes, récompensé par le roi du Portugal Don Sébastien (dix ans à l'époque !) qui le fait chevalier de l'ordre du Christ. Suivent les guerres de Religion : Dreux, Saint-Denis, La Rochelle, la cour de Charles IX, les confidences de Catherine de Médicis après la Saint-Barthélemy.

En 1569, l'amiral de Coligny et ses troupes protestantes approchent de Brantôme. L'abbé, resté en bons termes avec lui, les convie… à un immense festin. Ayant fait bonne chère, les huguenots repartent sans rien piller — et épargnent encore l'abbaye à leur second passage, le 15 octobre 1570. L'abbaye a peut-être été sauvée deux fois par un carnet d'adresses.

Le tournant arrive en 1584 : une chute de cheval — un cheval blanc, dont il gardera la phobie — le laisse perclus deux ans. Persuadé de mourir, le courtisan déçu (Henri III lui a refusé une charge promise) se retire au château de Richemont, qu'il s'est fait construire à 7 km de son abbaye, et dicte ses mémoires à son secrétaire Mathaud. Il vivra encore trente ans. Le résultat — Vies des dames galantes, Vies des dames illustres, Vies des grands capitaines — ne paraîtra qu'après sa mort, en 1665-1666, imprimé en Hollande sous pseudonyme. Portraits intimes de Catherine de Médicis, de Marie Stuart, de la reine Margot : on l'a surnommé « le valet de chambre de l'Histoire » pour tout ce qu'il rapporte des coulisses du pouvoir.

Mort en juillet 1614, il repose dans la chapelle de son château de Richemont — sous une épitaphe qu'il a rédigée lui-même, dans un testament qui interdisait de vendre le château et autorisait sa transmission par les femmes : la 14ᵉ génération de ses descendants l'habite toujours (visites l'été, à Saint-Crépin-de-Richemont, aujourd'hui dans la commune de Brantôme). Le « triangle Brantôme » — Bourdeilles où il est né, l'abbaye qui l'a nommé, Richemont où il repose — se boucle en une demi-journée : 9 km + 7 km.


Après les moines

De la Révolution à la NASA : les dix vies de l'abbaye

L'abbaye que sauva Bourdeille déclinait déjà : 37 religieux en 1564, moins de dix à la Révolution — avec au passage une crise digne d'un feuilleton, quand la communauté réduite à 13 moines élut en 1501 deux abbés rivaux, puis vit cinq prétendants se disputer la crosse pendant dix-huit ans. Contrairement à la légende, les reconstructions des XVIIᵉ-XVIIIᵉ siècles ne réparent pas des dégâts de guerre (l'abbaye fut épargnée, festin oblige) mais une simple décrépitude : les mauristes, arrivés en 1636, rebâtissent les bâtiments conventuels — dont l'escalier de pierre à encorbellement dit « de Vauban », œuvre de l'abbé Le Prestre, un parent du maréchal.

Vendue comme bien national en 1790-1791, l'abbaye enchaîne les vies civiles : collège, dépôt de mendicité du département en 1812, projet de filature en 1849, rachat par la commune en 1862, justice de paix, écoles à partir de 1880, puis mairie. Les aménagements touristiques ne lui redonneront vraiment vie que dans les années 1980. Dernier rebondissement en date : la mairie a quitté l'abbaye en juillet 2025 pour des locaux neufs place du Champ-de-Foire — beaucoup de guides ne sont pas à jour. Restent dans les murs la médiathèque, le musée Fernand-Desmoulin, la billetterie des visites et les expositions temporaires sous la superbe charpente en carène de l'ancien dortoir des moines ; un programme de valorisation du monument est en cours.

Et la plus improbable des consécrations : en février 2021, la NASA a baptisé « Brantôme » une cible rocheuse analysée par le rover Curiosity sur Mars. De Charlemagne à la planète rouge — peu d'abbayes peuvent en dire autant.


Le trajet

Bordeaux → Brantôme : ~147 km par l'A89, environ 2h

L'itinéraire est simple et presque tout autoroutier : rocade de Bordeaux, puis A89 « la Transeuropéenne » jusqu'à la sortie Périgueux-ouest, contournement nord-ouest de Périgueux par Chancelade, et enfin la D939 — l'ancienne route nationale Angoulême–Périgueux — jusqu'à Brantôme. Comptez ~147 km et environ 2h porte-à-porte. Clin d'œil pour l'arrivée : la section de la D939 qui entre dans Brantôme s'appelle « Route du Tacot d'Antan » — en souvenir du petit train à voie métrique Périgueux–Brantôme–Saint-Pardoux qui cahota de 1888 à 1949 avant de disparaître.

OptionDuréeÀ savoir
Chauffeur privé (VTC)~2hporte-à-porte, dès 254 € en Eco — arrêts libres (Périgueux, Bourdeilles…)
Voiture personnelle~2hA89 (péage) puis D939 · parkings gratuits aux abords du bourg
TER + route≈ 2hBordeaux → Périgueux 1h10 (10-11 trains directs/j) + 27 km de route à organiser
Car régional 310Périgueux ↔ Angoulême via Brantôme, ≈3 AR/jour, 2,50 € — pas de liaison directe Bordeaux
TGV le plus procheAngoulême (59 km / 1h de route) — LGV Paris en 2h

Le point faible du village est là : aucune gare, et aucun transport direct depuis Bordeaux. Le train s'arrête à Périgueux, à 27 km, et il faut encore rejoindre Brantôme ; le car 310 relie Périgueux à Angoulême en passant par le bourg, trois fois par jour. En chauffeur privé, le trajet est direct, au prix fixe annoncé à l'avance — et le retour du soir ne dépend d'aucun horaire. Idée d'itinéraire : l'A89 passant aux portes de Périgueux, un arrêt cathédrale Saint-Front ou une halte à Bourdeilles s'insèrent naturellement dans le trajet.


Sur l'eau

Canoë, croisière, baignade, marché : Brantôme côté Dronne

La rivière se pratique

La descente classique, c'est Brantôme → Bourdeilles : 12 km, 3h à 3h30 de Dronne limpide entre falaises et moulins, pour 25-30 € le canoë (loueurs au bourg : Brantôme Canoë, Allo Canoës — navettes minibus au retour, accessible dès 5 ans). Moins sportif : Les Croisières de Brantôme embarquent 49 passagers sur le bateau électrique Drona pour 50 minutes commentées au pied du pont coudé (avril-octobre), avec en été des croisières-dégustation en soirée sur un second bateau de 12 places. Et pour les enfants, le luxe rare d'une plage surveillée en rivière : sable fin, tables de pique-nique, baignade gratuite et surveillée du 7 juillet au 24 août environ.

Canoës sur la Dronne au centre de Brantôme
La Dronne se descend en canoë jusqu'à Bourdeilles (12 km) — 80 % de son cours est classé Natura 2000 ou ZNIEFF.

Le vendredi, c'est marché (depuis des siècles)

Le marché du vendredi matin (8h-12h30, toute l'année) est l'un des plus réputés de Dordogne. Source : Office de tourisme Périgord Dronne Belle, calendrier vérifié en juillet 2026. Il réunit une quarantaine d'exposants en temps normal, et de décembre à février les marchés au gras et aux truffes — foie gras, canards entiers, tuber melanosporum négociée au gramme. L'été ajoute un marché de producteurs le mardi matin (~120 exposants en saison). Au calendrier des fêtes vérifiées : les joutes nautiques du 14 juillet sur la Dronne (21h, feu d'artifice à 23h), le marché de potiers « Au fil de l'eau » début août, le festival de musique baroque Sinfonia en Périgord en août, les Rendez-vous des métiers d'art à l'abbaye — et à Noël, un mapping vidéo sur la façade de l'abbaye avec balades en barques illuminées. Petit dernier : le Bimbillou parc, site troglodytique ludique ouvert en 2023 (8 500 visiteurs dès 2024).


Bonnes tables

Deux moulins, une étoile : où l'on mange les pieds dans l'eau

Brantôme a une spécialité hôtelière : les moulins sur la Dronne. Le vaisseau amiral est le Moulin de l'Abbaye — Relais & Châteaux depuis 1981, hôtel 4 étoiles éclaté sur trois bâtiments (le Moulin, la Maison du Meunier, la Maison de l'Abbé du XIIIᵉ siècle), et surtout un restaurant gastronomique étoilé Michelin dont la terrasse fait face au pont coudé. Dîner au bord de l'eau, l'abbaye illuminée en fond : c'est l'image de casting de la Venise du Périgord — deux bistrots annexes (« Au Fil du Temps », « Au Fil de l'Eau ») jouent la même partition en plus simple.

À 8 km, à Champagnac-de-Belair, le Moulin du Roc raconte une autre histoire, très 2020 : dans ce moulin de 1670 devenu hôtel 5 étoiles de 15 chambres, le chef Alain Gardillou — formé chez Robuchon, héritier d'une maison qui porta l'étoile pendant près de 40 ans (et deux de 1982 à 1990) — a volontairement rendu son étoile Michelin pour créer Ròda (« la roue » en occitan), un restaurant plus libre. Deux moulins, deux philosophies, une même rivière sous les fenêtres. Réservation vivement conseillée dans les deux cas — et le grand avantage du chauffeur privé : personne ne compte les verres de bergerac au dîner.


Les environs

Autour de Brantôme : châteaux, grotte ornée et plus beau village

Brantôme est le camp de base idéal du Périgord vert : tout ce qui suit est à moins de 25 minutes. Fil rouge élégant : la plupart de ces sites sont liés aux mêmes familles — les Bourdeille de l'écrivain, les La Marthonie de Puyguilhem et de Saint-Jean-de-Côle.

SiteRoute depuis BrantômeL'essentiel
Château de Bourdeilles9 km · 13 min2 châteaux en 1 : donjon XIIIᵉ + palais Renaissance · 10,10 €
Moulin du Roc (Champagnac)8 km · 11 minhôtel 5★ dans un moulin de 1670
La Chapelle-Faucher10 km · 13 minchâteau tragique de 1569, visible de la route
Château de Puyguilhem14,5 km · 21 min« château de la Loire en Périgord » · 7 €, gratuit −26 ans (UE)
Grotte de Villars17 km · 22 minpeintures de ~20 000 ans + Salle du Chaos (nouveauté 2026) · 12,80 €
Saint-Jean-de-Côle20,5 km · 25 minPlus Beaux Villages de France · pont à dos d'âne du XIIᵉ
Périgueux27 km · 31 mincathédrale Saint-Front, ville gallo-romaine

Bourdeilles : deux châteaux en un

À 9 km en aval — en canoë si vous voulez —, Bourdeilles fut le siège de l'une des quatre baronnies du Périgord (avec Biron, Beynac et Mareuil). Sur son éperon au-dessus de la Dronne cohabitent une forteresse du XIIIᵉ siècle au donjon octogonal de 35 mètres (murs de 2,50 m, terrasse panoramique) et un palais Renaissance élevé de 1588 à 1598 sur les plans d'une femme, Jacquette de Montbron — belle-sœur de l'écrivain Brantôme. À l'intérieur, un salon doré peint, le « lit du paradis » dit de Charles Quint et l'une des plus riches collections de mobilier de Nouvelle-Aquitaine. Le château a soutenu en 1369 un siège de onze semaines contre le Prince Noir, avant d'être repris en 1377 par une armée conduite par du Guesclin.

Donjon et palais Renaissance du château de Bourdeilles
Bourdeilles, « 2 châteaux en 1 » : le donjon octogonal du XIIIᵉ et le palais Renaissance de Jacquette de Montbron, au-dessus de la Dronne.

Puyguilhem, Villars, Saint-Jean-de-Côle : la boucle du Périgord vert

Au nord, trois sites se combinent en une même demi-journée. Puyguilhem (1513-1535), bâti pour Mondot de La Marthonie, premier président du Parlement de Paris sous François Iᵉʳ, est un château de la Loire égaré en Périgord — exproprié en ruine en 1938, il a fallu vingt ans pour le ressusciter. La grotte de Villars, elle, cache dans ses ~13 km de galeries (l'un des plus vastes réseaux du Périgord) des peintures d'environ 20 000 ans — dont le fameux « petit cheval bleu », dont la teinte vient d'un voile de calcite sur le trait noir — et dévoile depuis avril 2026 sa « Salle du Chaos », longtemps inaccessible. Enfin Saint-Jean-de-Côle, 354 habitants, seul village du Périgord vert classé parmi les Plus Beaux Villages de France : pont à dos d'âne du XIIᵉ siècle pavé de galets, château de la Marthonie, toits de tuiles brunes primés « Toits de France » — et les Floralies, chaque 2ᵉ week-end de mai depuis 1982.

Pont médiéval et château de Saint-Jean-de-Côle
Saint-Jean-de-Côle, à 20 minutes de Brantôme : pont à dos d'âne du XIIᵉ, toits primés, et le seul label Plus Beaux Villages de France du Périgord vert.

Bonus pour les amateurs d'histoire sombre : à La Chapelle-Faucher (10 km), le château porte la mémoire d'un des pires épisodes des guerres de Religion — en 1569, l'armée de Coligny y enferma 300 paysans avant d'incendier le château. Le contraste avec le festin de Brantôme, la même année, à quelques kilomètres, dit tout du rôle très personnel de Pierre de Bourdeille. Et à Villars, les ruines romantiques de l'abbaye cistercienne de Boschaud (1163) mêlent plan cistercien et coupoles romanes — concerts l'été.


Conseils

Nos conseils pour réussir Brantôme

  • Venez un vendredi : le marché du matin (8h-12h30) est l'un des plus beaux de Dordogne — et de décembre à février, il devient marché au gras et aux truffes.
  • Vérifiez le calendrier de la grotte : le parcours est annoncé ouvert à la date de vérification de juillet 2026, mais les conditions peuvent évoluer. Le billet combiné grottes + clocher est affiché à 11 €.
  • Réservez la nocturne du lundi (21h30, juillet-août) : cloître, église et grotte du Jugement dernier à la lampe, une ambiance introuvable de jour.
  • Combinez l'eau et la pierre : canoë Brantôme → Bourdeilles le matin (12 km), visite du château l'après-midi — la navette du loueur vous ramène.
  • Le triangle Bourdeille : Bourdeilles (naissance), l'abbaye (le nom), Richemont (le tombeau, visites l'été) — la vie du chroniqueur en une demi-journée.
  • Poussez jusqu'à Saint-Jean-de-Côle (25 min) : village + grotte de Villars + Puyguilhem se combinent en une belle boucle nord.
  • Dînez les pieds dans l'eau : terrasse étoilée du Moulin de l'Abbaye face au pont coudé, ou Ròda au Moulin du Roc — réservez tôt en été.
  • Sans voiture, anticipez : pas de gare, 3 cars par jour. Le chauffeur privé depuis Bordeaux (~2h, dès 254 € en Eco) reste la seule porte-à-porte.

Brantôme est de ces lieux qui semblent inventés pour la photographie — une île, une falaise, un clocher millénaire, des reflets. Mais c'est en creusant qu'on comprend pourquoi on y revient : une abbaye qui a survécu aux Vikings, aux huguenots et à Paul Abadie, un écrivain qui a sauvé son monastère par un dîner, une grotte sculptée dont personne ne connaît le vrai sens, et une rivière si claire qu'on s'y baigne encore. La « Venise du Périgord » de Poincaré n'a qu'un défaut : elle se mérite, sans train ni liaison directe. C'est peut-être ce qui la garde intacte.


FAQ

Questions fréquentes

Combien coûte un VTC Bordeaux → Brantôme ?

Le trajet Bordeaux → Brantôme en chauffeur privé démarre dès 254 € en Eco l'aller simple (1 à 3 passagers), porte-à-porte. Le prix est fixe et annoncé à l'avance — pas de compteur ni de majoration surprise. Van 8 places disponible pour les familles et petits groupes. Demandez votre devis : réponse écrite en moins de 30 minutes.

Combien de temps dure le trajet Bordeaux → Brantôme ?

Comptez environ 2h pour ~147 km : rocade de Bordeaux, A89 jusqu'à la sortie Périgueux-ouest, contournement de Périgueux puis D939 jusqu'à Brantôme. L'itinéraire passant aux portes de Périgueux, un arrêt à la cathédrale Saint-Front ou à Bourdeilles s'ajoute facilement.

Pourquoi Brantôme est-elle surnommée la « Venise du Périgord » ?

Parce que son centre-ville tient sur une île d'environ 300 mètres de diamètre, entièrement enserrée par la Dronne et son bief, et reliée aux rives par cinq ponts — c'est l'unique ville de Dordogne délimitée par une île. Le surnom a été employé pour la première fois par le président Raymond Poincaré, le 15 septembre 1913, lors d'un voyage officiel en Périgord.

La grotte du Jugement dernier est-elle ouverte en 2026 ?

Oui au moment de la vérification de juillet 2026 : l'office de tourisme présente le parcours troglodytique comme visitable et affiche la visite libre à 5 €. Les conditions pouvant évoluer, consultez le calendrier officiel avant de venir. Source : Office de tourisme Périgord Dronne Belle, vérifié en juillet 2026.

Qui était Pierre de Bourdeille, dit Brantôme ?

Un courtisan, soldat et mémorialiste (v. 1537-1540 – 1614), abbé commendataire de Brantôme dès 1556 — sans avoir jamais été prêtre. Il escorta Marie Stuart en Écosse, guerroya au Maroc, puis, immobilisé par une chute de cheval en 1584, dicta ses Vies des dames galantes et autres chroniques publiées après sa mort. Surnommé « le valet de chambre de l'Histoire », il sauva deux fois son abbaye du pillage pendant les guerres de Religion — dont une fois en offrant un festin à l'amiral de Coligny.

Le clocher de Brantôme est-il vraiment le plus ancien de France ?

C'est la formule consacrée : le clocher campanile du milieu du XIᵉ siècle est « certainement le plus ancien campanile de France » — les sources prudentes écrivent « parmi les plus vieux clochers campaniles ». Sa vraie singularité est ailleurs : il n'est pas bâti sur l'église mais sur le surplomb rocheux de 12 mètres qui la domine, avec quatre étages en retrait ornés de gâbles romans limousins. Viollet-le-Duc l'a jugé assez remarquable pour en publier les plans.

Comment visiter l'abbaye de Brantôme, et à quels tarifs ?

L'église abbatiale est en accès libre (sous réserve des offices). Le reste se visite via l'office de tourisme : parcours troglodytique en visite libre 5 € (grottes + musée Fernand-Desmoulin, ~45 min), visites guidées 8,50 € (grotte, clocher — limité à 18 personnes — ou logis), billet combiné 11 €, deux visites guidées 14 €. Billetterie à l'OT (installé dans l'ancienne église Notre-Dame) ou au distributeur sur place.

Quel jour a lieu le marché de Brantôme ?

Le vendredi matin, toute l'année (8h-12h30) — l'un des marchés les plus réputés de Dordogne. De décembre à février, il accueille les marchés au gras et aux truffes. En juillet-août s'ajoute un marché de producteurs le mardi matin, et début août le marché de potiers « Au fil de l'eau ».

Peut-on faire du canoë à Brantôme ?

Oui, c'est la descente phare du Périgord vert : Brantôme → Bourdeilles, 12 km en 3h-3h30 (~25-30 € le canoë, navette retour comprise, accessible dès 5 ans). Plus tranquille : la croisière commentée de 50 min en bateau électrique au pied du pont coudé (avril-octobre), ou la plage surveillée sur la Dronne en plein bourg (baignade gratuite, mi-juillet à fin août).

Que voir autour de Brantôme ?

Le meilleur du Périgord vert en moins de 25 minutes : le château de Bourdeilles (9 km, donjon octogonal + palais Renaissance), Puyguilhem (14,5 km, « château de la Loire en Périgord »), la grotte de Villars (17 km, peintures de ~20 000 ans et nouvelle « Salle du Chaos » depuis avril 2026) et Saint-Jean-de-Côle (20,5 km, Plus Beaux Villages de France). Périgueux et sa cathédrale Saint-Front sont à 31 minutes.

Comment aller à Brantôme sans voiture ?

C'est le point faible : Brantôme n'a plus de gare depuis 1949. Depuis Bordeaux, il faut un TER jusqu'à Périgueux (1h10) puis 27 km de route — ou le car régional 310 (Périgueux ↔ Angoulême, ≈3 par jour, 2,50 €). Le chauffeur privé Bordeaux → Brantôme (~2h, dès 254 € en Eco) est la seule option directe porte-à-porte, avec retour à l'heure que vous voulez.

Où dormir ou bien manger à Brantôme ?

Deux moulins sur la Dronne concentrent le haut de gamme : le Moulin de l'Abbaye (Relais & Châteaux depuis 1981, restaurant étoilé Michelin, terrasse face au pont coudé) et, à 8 km, le Moulin du Roc à Champagnac-de-Belair — hôtel 5 étoiles dans un moulin de 1670, dont le chef a volontairement rendu son étoile pour créer le restaurant Ròda. Réservation indispensable en saison.

Peut-on se baigner dans la Dronne à Brantôme ?

Oui — et c'est assez rare pour être souligné : Brantôme dispose d'une plage surveillée en rivière, avec sable fin et tables de pique-nique, en accès gratuit environ du 7 juillet au 24 août (surveillance mardi-dimanche, 11h30-17h45). La Dronne est l'une des rivières les plus préservées de la région : 80 % de son cours est classé Natura 2000 ou ZNIEFF.

Aller plus loin

Pour aller plus loin

Sources

Sources et références

Article mis à jour en juillet 2026.

Réservation 24h/24

En route pour la Venise du Périgord

Trajet direct depuis Bordeaux (~2h) par l'A89, arrêts libres en chemin — Périgueux, Bourdeilles, Saint-Jean-de-Côle. Devis fixe par écrit sous 30 minutes, berline ou van 8 places, chauffeur anglophone.

Abbaye et clocher de Brantôme reflétés dans la Dronne
Réserver sur WhatsApp