Domme, le balcon de la Dordogne

La bastide royale du Périgord noir : fondée en 1281, perchée à 210 m au-dessus de la rivière — la porte des Tours et sa légende templière, 450 m de grotte sous la halle, le belvédère de la Barre, Maleville et le Code civil, l'exploit de Vivans en 1588. Tout comprendre avant de venir, à ~2h50 de Bordeaux.

5,0 · 43 avis Google~211 km · 2h50 de Bordeaux26 min de lecture
En bref

En bref

  • Domme est une bastide royale fondée en 1281 par Philippe III le Hardi — le traité de fondation, signé à Cahors le 7 mars 1281, est conservé aux Archives nationales.
  • Le village est perché sur une falaise à 210 m d'altitude, dominant la Dordogne d'environ 150 mètres — un site si escarpé que la bastide dessine un trapèze, et non le damier classique.
  • 906 habitants en 2023 (les Dommois) — ils étaient 2 115 en 1851 ; le village est labellisé parmi Les Plus Beaux Villages de France.
  • La porte des Tours (fin XIIIᵉ-début XIVᵉ siècle) conserve une centaine de graffitis longtemps attribués à 70 Templiers emprisonnés — une légende aujourd'hui très contestée.
  • En 1588, le capitaine huguenot Geoffroy de Vivans prit la bastide « imprenable » en escaladant de nuit la falaise — après avoir échoué deux fois, en 1572 et 1573.
  • Sous la halle se cache la plus grande grotte aménagée du Périgord noir : 450 m de galeries, découvertes en 1912, avec sortie par ascenseur panoramique dans la falaise.
  • Le marché du jeudi matin, place de la Halle, perpétue les foires de la charte royale — Domme avait même le privilège de battre sa propre monnaie.
  • Enfant du village : Jacques de Maleville (1741-1824), l'un des quatre rédacteurs du Code civil de 1804 — son buste veille sur le belvédère de la Barre.
  • Comptez ~211 km et environ 2h50 depuis Bordeaux, par l'A89 puis la vallée de la Dordogne.

Avant de partir

Avant de partir : ce que Domme est vraiment

Jeudi matin, place de la Halle. Les étals du marché s'installent entre les piliers de pierre de la halle, comme chaque semaine depuis que la charte royale a accordé ses foires à la bastide. Un producteur empile ses cageots de fraises du Périgord, un autre aligne les cerneaux de noix. À cinquante mètres, derrière la balustrade du belvédère de la Barre, le vide : 150 mètres d'à-pic, et la Dordogne qui déroule ses méandres du château de Montfort jusqu'à La Roque-Gageac. On comprend en une seconde pourquoi un roi de France a voulu ce rocher.

Domme est une bastide royale fondée en 1281 à l'initiative de Philippe III le Hardi. Établie sur un piton rocheux face à la Guyenne anglaise, elle adapte le plan régulier des bastides aux contraintes du relief, avec rues orthogonales, places et halle.

Huit siècles plus tard, le village aligne une densité d'histoires au mètre carré assez vertigineuse : une porte fortifiée couverte de graffitis énigmatiques, une grotte de 450 mètres cachée sous la place du marché, l'exploit militaire le plus audacieux des guerres de Religion en Périgord, un co-rédacteur du Code civil, un écrivain qui vécut dans les grottes — et l'un des plus beaux panoramas de la vallée de la Dordogne.

Ce guide reprend tout dans l'ordre — l'histoire, les Templiers, Vivans, la bastide, la grotte, la table et la vallée — et les aspects pratiques, y compris comment rejoindre Domme depuis Bordeaux, en voiture ou avec un chauffeur privé.


Le village

Domme en un coup d'œil : géographie et démographie

Domme occupe l'extrémité sud du Périgord noir, à la lisière du Quercy, sur la rive gauche de la Dordogne. La rivière borde la commune sur près de 12,5 km et y dessine, au nord-est du bourg, un important méandre : le cingle de Montfort, dont les falaises calcaires abritent la reproduction du faucon pèlerin.

DonnéeValeur
StatutBastide royale (1281), commune de la Dordogne (24)
RégionNouvelle-Aquitaine — Périgord noir
Population906 habitants (2023) — les Dommois
AltitudeBourg à 210 m ; falaise d'environ 150 m au-dessus de la Dordogne
Superficie24,91 km² (densité 36,2 hab/km²)
LabelLes Plus Beaux Villages de France
Sarlat-la-Canéda≈ 10 km au nord (12 km par la route)
Gourdon (Lot)≈ 15 km au sud-est à vol d'oiseau
Distance de Bordeaux≈ 211 km (~2h50 par la route)

La démographie raconte deux siècles d'exode rural : 2 115 habitants en 1851, 876 en 1968, un rebond jusqu'à 1 036 en 2006 — le plus haut niveau depuis un demi-siècle —, puis une stabilisation autour de 900. Le solde migratoire reste positif (+1,4 % par an entre 2016 et 2022) : des gens continuent de s'installer à Domme, sans compenser tout à fait le vieillissement — en 2022, 44 habitants avaient 90 ans ou plus.

Chef-lieu de son propre canton de 1790 à 2015, Domme relève aujourd'hui du canton de la Vallée Dordogne et de l'aire d'attraction de Sarlat-la-Canéda. Le village a décroché 2 fleurs au palmarès 2025 des Villes et Villages Fleuris.


1281

1281 : la naissance d'une bastide royale

Vendredi 7 mars 1281 : un traité signé à Cahors

L'acte de naissance de Domme est daté au jour près. Le vendredi 7 mars 1281, à Cahors, Simon de Melun, sénéchal du roi Philippe III le Hardi, acquiert le mont de Guillaume de Domme « ad faciendam bastidam in dicto monte ad opus domini regis » — pour bâtir une bastide sur ce mont, au profit du seigneur roi. Le parchemin original est toujours conservé aux Archives nationales (carton J. 295, n° 32).

Le contexte : depuis le milieu du XIIIᵉ siècle, rois de France et rois d'Angleterre — alors ducs d'Aquitaine — fondent des centaines de villes neuves dans le Sud-Ouest pour peupler, taxer et tenir le terrain. Domme est la réponse française aux positions anglaises du Quercy et de l'Agenais : Édouard Iᵉʳ fondait au même moment ses propres bastides — Lalinde, Beaumont, Molières, puis Monpazier le 7 janvier 1284, trois ans presque jour pour jour après Domme. Un duel d'urbanisme autant que d'armées.

1283 : la charte, six consuls et une monnaie

En 1283, Philippe le Hardi octroie à la ville nouvelle ses lettres de privilèges — l'union à la couronne, confirmée à Toulouse en 1369. Domme s'administre par six consuls, possède un siège de justice royale, organise des foires — et obtient un privilège rarissime : celui de battre sa propre monnaie. Le sceau du consulat porte les fleurs de lis, « comme témoignage de sa fondation par nos rois ». Deux places se partagent le commerce : la place de la Halle et la place de la Rode.

Vers 1300-1310 : l'enceinte de 1,2 km

Pendant ses premières décennies, la bastide se contente de la protection de l'escarpement. Les remparts de Domme commencent à être élevés entre 1300 et 1310 : l'enceinte mesure 1,2 km et conserve trois portes. La Fondation du patrimoine documente aussi leur sauvegarde récente avec le soutien de la Mission Patrimoine.

Quant au fameux « plan en damier » des bastides : à Domme, il a dû composer avec le rocher. Les rues se coupent bien à angle droit, mais l'ensemble « affecte la forme d'un trapèze » (Wikipédia), les fortifications épousant les à-pics — l'exact contraire du rectangle parfait de Monpazier, sa rivale anglaise de plaine.


Guerre de Cent Ans

« Prise cinq fois par les Anglais » : Domme dans la guerre de Cent Ans

La guerre de Cent Ans (1337-1453) fait de la vallée de la Dordogne une frontière : Beynac tient pour la France, Castelnaud pour l'Angleterre, la rivière entre les deux. Perchée au-dessus, Domme est l'un des verrous les plus disputés — un érudit périgourdin, Gustave Charrier, a compté en 1902 : la bastide fut « prise cinq fois par les Anglais ».

DateÉvénement
1346-1347Les Anglais surprennent et investissent Domme — première prise
1347Guillaume de Montfaucon, sénéchal du Périgord, reprend la place avec des « milices improvisées »
1364Le maréchal de France Mouton de Blainville reprend le fort aux Anglo-Navarrais
1369Le célèbre capitaine anglais Chandos assiège Domme… et échoue
1393Les routiers des Grandes Compagnies s'emparent de la bastide
1437Retour définitif de Domme dans le domaine français
17 juillet 1453La bataille de Castillon — sur la route de Bordeaux — clôt la guerre

Deux détails donnent la mesure de l'époque. En 1369, l'échec de Jean Chandos — l'un des capitaines anglais les plus redoutés de la guerre — consacre la réputation d'imprenabilité du site. Et pendant les alertes, les habitants se réfugiaient… sous leurs pieds : la grotte qui s'étend sous la halle a servi d'abri pendant la guerre de Cent Ans, puis à nouveau pendant les guerres de Religion.

Clin d'œil de la géographie : la bataille de Castillon (17 juillet 1453), qui met fin au conflit et rend Bordeaux à la France, s'est jouée à Castillon-la-Bataille — pratiquement sur l'itinéraire qui vous mène aujourd'hui de Bordeaux à Domme.


Templiers

La porte des Tours et l'énigme templière

C'est l'histoire la plus racontée de Domme — et la plus contestée. Elle commence le vendredi 13 octobre 1307 : sur ordre de Philippe le Bel, tous les Templiers de France sont arrêtés simultanément. L'opération était verrouillée depuis un mois — les instructions scellées étaient parties dès le 14 septembre, avec interdiction d'ouvrir avant le jour J.

Les deux tours rondes à bossage de la porte des Tours, entrée fortifiée de la bastide de Domme
La porte des Tours, fin XIIIᵉ-début XIVᵉ siècle : deux tours rondes à bossage, herse, bretèche et assommoir. (Illustration.)

La tradition : 70 Templiers dans la porte des Tours

Selon la tradition, 70 Templiers auraient été enfermés dans la porte des Tours — la plus imposante des trois portes de la bastide, avec ses deux tours rondes à bossage, sa herse, sa bretèche et son assommoir. Ils y auraient gravé une centaine de graffitis : crucifixions, croix, Vierges, personnages — et, selon les relevés des années 1970, des inscriptions rageuses contre le pape, comme « Clemens V destructor Templi » (Clément V, destructeur du Temple).

Une attribution templière aujourd'hui contestée

La tradition locale attribue ces gravures à des Templiers détenus à Domme. Cette interprétation demeure toutefois contestée : la publication historique de la mairie sur la naissance de la bastide qualifie de discutables les publications anciennes à ce sujet. Les gravures existent, mais leur datation et leurs auteurs ne sont pas établis avec certitude.

DateL'affaire du Temple — et sa légende dommoise
14 septembre 1307Philippe le Bel expédie les ordres d'arrestation scellés
13 octobre 1307Rafle générale des Templiers de France
22 mars 1312La bulle Vox in excelso supprime l'ordre (concile de Vienne)
1314Jacques de Molay, dernier grand maître, meurt sur le bûcher
1970Le chanoine Tonnelier publie ses relevés « templiers » de Domme
2007Le Vatican publie le parchemin de Chinon : les Templiers réhabilités
2018L'étude épigraphique de Domme invalide la lecture templière

Faut-il pour autant bouder la visite ? Surtout pas : les graffitis restent « un ensemble exceptionnel », et la visite guidée « Les mystérieux graffiti » (7 tableaux, billetterie à l'office de tourisme) est précisément consacrée à ce jeu de piste entre légende et histoire. Peu de monuments offrent une leçon aussi vivante sur la fabrique des mythes.


1588

1588 : la nuit où Geoffroy de Vivans escalada la falaise

S'il ne fallait retenir qu'un récit de Domme, ce serait celui-là. Pendant les guerres de Religion, la bastide catholique nargue les huguenots du haut de son rocher. Le capitaine protestant Geoffroy de Vivans — né en 1543 au château de Castelnaud, juste en face — s'y casse les dents deux fois : le 18 octobre 1572, puis le 4 février 1573.

L'escalade du 25 octobre 1588

Seize ans plus tard, il tient sa revanche. Le 25 octobre 1588, deux heures avant le lever du jour, Vivans et ses hommes escaladent la paroi nord de la falaise — précisément l'endroit que sa « verticalité jugée inaccessible » laissait sans sentinelle. Une fois dans la place endormie, ils ouvrent une porte au gros des troupes. La bastide réputée imprenable est tombée sans siège, par le seul endroit que personne ne regardait.

Henri de Navarre — futur Henri IV — le charge de défendre la ville ; Vivans y installe le premier pasteur protestant, nommé Bopoil, et fait démolir l'église. L'église actuelle, Notre-Dame-de-l'Assomption, sera reconstruite au XVIIᵉ siècle avec les pierres de l'édifice détruit.

Trois ans de guerre d'usure — et une addition salée

La suite est moins glorieuse : attaque des seigneurs catholiques en août 1590 pendant que Vivans est retenu à Paris, siège du maréchal de Matignon avec 4 000 hommes en juin 1591… Le 10 janvier 1592, Vivans remet Domme au seigneur de Thémines, contre 40 000 livres. L'occupation l'a ruiné : il réclamait 18 000 écus de frais de défense jamais remboursés — Henri IV lui en accordera 4 000, sur le papier. Sept mois plus tard, le 21 août 1592, Vivans meurt d'un coup de mousquet reçu au siège de Villandraut, en Gironde.

Épilogue périgourdin : le calme à peine revenu, la bastide dut encore affronter deux jacqueries de croquants, en 1594 puis en 1637 — avant de s'endormir doucement, ce qui l'a paradoxalement préservée jusqu'à nous.


La bastide

Explorer la bastide : halle, gouverneur, portes et remparts

La visite de Domme tient dans un rectangle de quelques centaines de mètres — mais chaque façade de pierre blonde a quelque chose à raconter. La Grand'Rue, piétonne en saison, monte des portes vers la place de la Halle ; les ruelles adjacentes, fleuries de rosiers et de glycines, glissent vers les points de vue.

La halle de Domme et sa charpente de bois sur piliers de pierre, place centrale de la bastide
La halle (XVIIᵉ-XVIIIᵉ siècles), inscrite aux Monuments historiques en 1942 — l'entrée de la grotte se cache dessous. (Illustration.)

La place de la Halle, cœur battant depuis 1281

La halle, élevée au XVIIᵉ siècle et remaniée au XVIIIᵉ, aligne sa charpente sur ses piliers de pierre de taille — elle est inscrite aux Monuments historiques depuis 1942. En face, la maison du Gouverneur (officiellement « hôtel du gouverneur et des consuls », inscrit MH en 1949) remonte pour son noyau à la fondation de la bastide, enrichi au XVIᵉ siècle d'un escalier à la française, de cheminées Renaissance et d'une tourelle de guet : elle abrite aujourd'hui l'office de tourisme. Le Musée de Domme, sur la même place, a rouvert ses portes en août 2025 après réhabilitation.

La place de la Rode et la maison du batteur de monnaie

Deuxième place marchande de la charte, la place de la Rode — historiquement associée aux exécutions — conserve la maison du batteur de monnaie et ses fenêtres trilobées : le souvenir en pierre du privilège monétaire de la bastide.

Trois portes, 1,2 km de remparts

L'enceinte se parcourt encore par la porte des Tours, la porte del Bos et la porte de la Combe. Entre del Bos et la Combe, on longe les remparts côté sud. La fiche de la Fondation du patrimoine, mise à jour en 2026, détaille la mobilisation locale et les financements apportés à leur sauvegarde.

Ruelle fleurie de la bastide de Domme, façades de pierre blonde et vue sur la vallée
Pierre blonde, rosiers et glycines : les ruelles de la bastide descendent vers les belvédères. (Illustration.)
MonumentÉpoqueProtection
Remparts et portesFin XIIIᵉ-début XIVᵉClassés MH 1943
HalleXVIIᵉ-XVIIIᵉInscrite MH 1942
Hôtel du gouverneur et des consulsXIIIᵉ-XVIIᵉInscrit MH 1949
Maison Le TouronInscrite MH 1946
Maison Le CasteletInscrite MH 1956
Chapelle du couvent des AugustinsXIVᵉInscrite MH 1971
Église Notre-Dame-de-l'AssomptionXVIIᵉ (reconstruite)

Bonus d'histoire : le couvent des Augustins, fondé au début du XIVᵉ siècle sous l'égide de Philippe le Bel, a appartenu après la Révolution au comte Colonna Walewski, descendant de Napoléon Iᵉʳ. Et en 1968, Jean Gabin et Louis de Funès ont tourné Le Tatoué dans le village — l'église et les remparts font partie du casting.


La grotte

La grotte de Domme : 450 mètres de galeries sous la halle

Sous la halle s'ouvre l'entrée de la grotte naturelle de Domme. La mairie indique un parcours d'environ 450 mètres, à une vingtaine de mètres sous le village, et une remontée par ascenseur panoramique. L'office de tourisme de la Vallée de la Dordogne décrit également le parcours aménagé et sa sortie dans la falaise.

Stalactites, stalagmites et miroirs d'eau dans une grotte naturelle du Périgord
Stalactites, draperies et miroirs d'eau : 450 m de galeries s'étirent sous la bastide. (Illustration.)

Le parcours enchaîne stalactites, stalagmites, colonnes, draperies et miroirs d'eau, rehaussés depuis 2021 par un éclairage éco-responsable et, depuis 2022, par une mise en scène lumineuse et musicale en fin de visite. On y a retrouvé des ossements de bisons et d'un rhinocéros préhistorique, toujours présentés sur place. Et l'histoire n'est jamais loin : ces galeries ont servi de refuge aux habitants pendant la guerre de Cent Ans, puis pendant les guerres de Religion.

Le final est le plus beau coup de théâtre du village : un ascenseur panoramique vous remonte au cœur de la falaise et vous dépose face à la vallée de la Dordogne — 150 mètres de paysage d'un coup.

Visite de la grotteDétail
AccèsEntrée sous la halle, place de la Halle
FormuleVisite guidée uniquement, ~45 min, en français (fiches EN/NL/DE/ES)
Tarifs10 € adulte · 9 € étudiant · 8 € enfant
OuvertureDes vacances de février au 31 décembre
Température13-15 °C constants — prévoir une petite laine
Bon à savoirGroupes limités à 54 personnes · photos interdites · sortie par ascenseur panoramique

Panorama

Le belvédère de la Barre : le balcon de la vallée de la Dordogne

Au bout de la place de la Halle, la terrasse de la Barre s'ouvre sur le vide. C'est LE panorama du Périgord noir : 150 mètres plus bas, la Dordogne serpente entre noyeraies, peupliers et champs — et la vue embrasse la vallée du château de Montfort en amont jusqu'à La Roque-Gageac et Beynac en aval.

Panorama depuis le belvédère de la Barre à Domme sur les méandres de la Dordogne
Depuis la Barre, la vallée déroule ses méandres — de Montfort à La Roque-Gageac et Beynac. (Illustration.)

Prolongez par la promenade des Falaises, qui longe l'à-pic jusqu'au jardin public du Jubilé, coincé entre falaise et moulin du Roy. En chemin, deux repères : le buste de Jacques de Maleville, l'enfant du pays devenu co-rédacteur du Code civil, qui veille sur l'esplanade ; et, en contrebas, les falaises du cingle de Montfort (ZNIEFF de 45 ha) où niche le faucon pèlerin.

Le meilleur moment ? Tôt le matin, quand la brume s'étire encore sur la rivière — ou en fin de journée, quand la pierre blonde des châteaux s'embrase. C'est aussi par cette paroi nord, réputée infranchissable, que Geoffroy de Vivans est monté en 1588 : mesurez le vide, et l'exploit.


Personnages

Maleville, Augiéras, Tilho : Domme, village de caractères

Jacques de Maleville, le Dommois du Code civil

Né à Domme le 19 juin 1741, fils d'un négociant du bourg, Jacques de Maleville rédige en 1789 le cahier de doléances de sa ville — et onze ans plus tard, le 14 août 1800, Bonaparte le nomme à la commission de quatre juristes chargée de rédiger le Code civil, aux côtés de Tronchet, Portalis et Bigot de Préameneu. Secrétaire de la commission, défenseur du droit écrit du Midi, il voit le Code promulgué le 21 mars 1804 — plus de la moitié des articles d'origine étaient toujours en vigueur deux siècles plus tard.

La suite est un roman : baron d'Empire (1808), comte (1810), il vote la déchéance de Napoléon et finit marquis et pair de France (1817) sous Louis XVIII. Mort à Domme en novembre 1824, il y a sa rue et son buste en bronze sur l'esplanade de la Barre. Son descendant Lucien de Maleville, peintre « chantre du Périgord », décrocha la médaille d'or au Salon des artistes français 1937 avec… La Place de la Halle à Domme.

François Augiéras, l'ermite des falaises

À la fin des années 1960, l'écrivain-peintre François Augiéras (1925-1971), sans ressources, vécut réellement dans les grottes des falaises de Domme, écrivant sur des cahiers d'écolier. Il en tira Domme ou l'Essai d'occupation, refusé de son vivant, publié en 1982 — devenu culte. Il repose au cimetière de Domme depuis décembre 1971 ; une œuvre en acier Corten lui rend hommage depuis 2001, et le peintre Miquel Barceló a porté une exposition Augiéras en Espagne en 2025.

Jean Tilho, l'explorateur du lac Tchad

Né à Domme le 1ᵉʳ mai 1875, le général Jean Tilho, membre de l'Académie des sciences, dirigea la mission (1906-1908) qui fixa la frontière entre Niger et Nigeria — et dressa la première carte précise du lac Tchad.

On croise encore, dans la mémoire du village : Aymeric de Peyrac (v. 1340-1406), abbé de Moissac et chroniqueur, né à Domme pendant la guerre de Cent Ans ; l'écrivain Eugène Le Roy, l'auteur de Jacquou le Croquant, qui fut percepteur à Domme au fil de sa carrière périgourdine ; et une surprenante strate libertaire — le théoricien anarcho-syndicaliste néerlandais Christiaan Cornelissen y est mort en 1942, et le musée du village porta longtemps le nom du militant Paul Reclus.


Terroir

Vin de Domme, noix et truffe : la table du pays dommois

Le vignoble ressuscité — qui partait jadis à Bordeaux

Voilà une histoire que peu de visiteurs connaissent : au XIXᵉ siècle, le pays de Domme comptait 2 700 à 2 800 hectares de vignes — le deuxième vignoble de Dordogne après Bergerac. Ses vins descendaient la rivière en gabarres vers Libourne et Bordeaux, où ils « coupaient » les vins plus légers. Le phylloxéra anéantit tout dans les années 1870.

La résurrection date d'hier : une association fondée en 1993 à Bouzic, une première parcelle de 0,5 hectare plantée par 7 vignerons en 1994, une première vendange en 1996, le chai de Moncalou construit en 1998 à Florimont-Gaumier. Aujourd'hui, le vin de Domme — mention de l'IGP Périgord depuis 2011 — couvre 18 hectares (53 % merlot, 36 % cabernet franc), conduits à moitié en bio. À côté du chai, la tour panoramique de Moncalou (23 m) domine les vignes du Céou : combo dégustation-belvédère imbattable.

Noix, truffe, fraise, foie gras : les quatre saisons du Périgord

Autour de la bastide, le terroir aligne les appellations. La noix du Périgord (AOC 2002, AOP 2004 — corne, franquette, grandjean, marbot) est ici chez elle : on a retrouvé des coques de noix de 17 000 ans dans les habitats préhistoriques du Périgord, et le gâteau aux noix reste le dessert-signature. La truffe noire se cave de décembre à février — le marché contrôlé de Sarlat, le samedi matin, en est la bourse locale ; un spécimen de 1,147 kg a été trouvé en Dordogne en 1999. La fraise du Périgord, première fraise d'Europe protégée par une IGP (2004), s'étale de fin avril à fin octobre. Et le canard à foie gras du Périgord (IGP Sud-Ouest) obéit à un cahier des charges strict : 81 jours d'élevage en plein air minimum.

ProduitLabelDepuisÀ savoir
Vin de DommeIGP Périgord — Vin de Domme201118 ha, chai de Moncalou, 50 % bio
Noix du PérigordAOC / AOP2002 / 20044 variétés ; huile au moulin de la Tour (Sainte-Nathalène)
Fraise du PérigordIGP2004Première fraise IGP d'Europe ; saison avril-octobre
Truffe noireTuber melanosporumCavage déc.-févr. ; marché contrôlé de Sarlat le samedi
Canard à foie gras du PérigordIGP Sud-Ouest2000Élevé, gavé et transformé au pays
Rocamadour (cabécou)AOC / AOP1995 / 1999Chèvre au lait cru, aire toute proche

Où goûter tout ça ?

Au marché de Domme, chaque jeudi matin (8h-13h) place de la Halle — la continuité directe des foires de la charte de 1283. Le mardi, le marché de Cénac se tient au pied de la falaise ; l'été, les marchés nocturnes des villages voisins (Bouzic, entre autres) font office de tablées géantes. Et pour la leçon de choses : le moulin de la Tour à Sainte-Nathalène (~20 km) presse encore l'huile de noix sous une meule du XVIᵉ siècle.


Autour de Domme

Autour de Domme : la vallée des châteaux

Domme est un camp de base rêvé : dans un rayon de 10 km se concentrent trois autres Plus Beaux Villages de France, deux châteaux majeurs, un jardin classé parmi les plus beaux du monde — et la Dordogne pour relier le tout, en canoë ou en gabarre.

La Roque-Gageac, entre falaise et rivière (4 km)

Village-ruban coincé entre l'à-pic et la Dordogne, La Roque-Gageac (Plus Beaux Villages de France) empile ses maisons blondes sous un fort troglodytique du XIIᵉ siècle — jamais pris pendant la guerre de Cent Ans, rouvert en 2020 après dix ans de travaux. Son microclimat nourrit un étonnant jardin exotique ; son embarcadère perpétue la mémoire du port qui, au XVIIIᵉ siècle, voyait passer 200 gabarres par an.

La Roque-Gageac, maisons de pierre blonde adossées à la falaise au bord de la Dordogne, gabarre amarrée
La Roque-Gageac, à 4 km de Domme : falaise, jardin exotique et gabarres. (Illustration.)

Castelnaud et son musée de la guerre (5 km)

Face à Beynac, son « éternel rival », le château de Castelnaud — le fief d'origine de Geoffroy de Vivans — abrite depuis 1985 le musée de la guerre au Moyen Âge : 300 pièces d'armes et des machines de siège reconstituées grandeur nature. Avec 245 000 visiteurs (2022), c'est le 2ᵉ site le plus visité de Dordogne, derrière Lascaux. En 1442, les Anglais assiégés l'avaient cédé contre… 400 écus d'or.

Beynac, la forteresse française (7 km)

Le château de Beynac, dressé à 150 m au-dessus de la rivière, tenait le camp français pendant la guerre de Cent Ans — Richard Cœur de Lion l'offrit un temps à son capitaine Mercadier. Racheté aux enchères en 1962 et restauré un demi-siècle durant, il crève l'écran : Les Visiteurs 2, Jeanne d'Arc de Besson, Le Dernier Duel de Ridley Scott y ont tourné.

Marqueyssac, les jardins suspendus (5 km)

Sur son éperon à 130 m au-dessus de la Dordogne, Marqueyssac taille à la main 150 000 buis centenaires — le New York Times l'a classé en 2025 parmi les 25 plus beaux jardins du monde. Bonus inattendu : un squelette d'Allosaurus presque complet, exposé dans le parc.

Cénac, Montfort, Sarlat, Gourdon

Au pied de la falaise, Cénac garde une église romane du XIIᵉ siècle (prieuré fondé par Moissac), partiellement détruite par… Vivans, encore lui. En amont, le château de Montfort — cité dès 866, détruit et reconstruit cinq fois — surveille son cingle (il ne se visite pas). Sarlat, capitale du Périgord noir, est à 10 km : marché, loi Malraux, Jean Nouvel — voyez notre guide dédié. Côté Lot, Gourdon (15 km à vol d'oiseau) mène aux peintures préhistoriques des grottes de Cougnac.

La Dordogne en canoë ou en gabarre

La rivière — dont le bassin est classé réserve de biosphère UNESCO depuis 2012 — se descend en canoë depuis les bases de Domme et Vitrac : 9 km autour du cingle de Montfort, ou 16 km sur la « vallée des cinq châteaux » jusqu'à Beynac. Les gabarres embarquent à La Roque-Gageac et Beynac pour 50 minutes de rivière commentée. Saumon atlantique et grande alose remontent toujours le courant — un arrêté de biotope les protège depuis 1991.

ExcursionDistancePourquoi y aller
Cénac-et-Saint-Julien1 km (au pied)Église romane XIIᵉ, marché du mardi, canoë
La Roque-Gageac≈ 4 kmPBVF, fort troglodytique, jardin exotique, gabarres
Castelnaud-la-Chapelle≈ 5 kmPBVF, musée de la guerre au Moyen Âge
Jardins de Marqueyssac≈ 5 km150 000 buis, belvédère à 130 m
Château de Montfort≈ 5 kmLe cingle et sa silhouette (ne se visite pas)
Beynac-et-Cazenac≈ 7 kmPBVF, forteresse française de la guerre de Cent Ans
Sarlat-la-Canéda≈ 10 kmCapitale du Périgord noir — voir notre guide
Gourdon & grottes de Cougnac≈ 15-20 kmLa Bouriane du Lot, peintures gravettiennes

Quand venir

Quand venir à Domme

  • Jeudi matin, toute l'année : le marché sous la halle — le village dans son jus ;
  • Fin avril-octobre : saison de la fraise du Périgord et des marchés gourmands ;
  • Septembre : vendanges du vin de Domme et Marathon de canoë sur la Dordogne ;
  • Décembre-février : la truffe — marché contrôlé de Sarlat le samedi matin ;
  • Grotte : ouverte des vacances de février au 31 décembre.
SaisonAmbianceAtoutsÀ savoir
Printemps (avr.-juin)Fleurie, douceBastide sans foule, fraises, canoë dès maiNotre saison préférée
Été (juil.-août)Très animéeMarchés nocturnes alentour, rivière, longues soiréesVillage bondé en journée — venez tôt
Automne (sept.-nov.)DoréeVendanges, noix fraîches, cèpes, lumières superbesIdéal photo au belvédère
Hiver (déc.-mars)SecrèteTruffe à Sarlat, bastide pour vous seulGrotte fermée en janvier-début février

Le conseil d'initié : visez le jeudi matin hors été — marché, grotte à l'ouverture, déjeuner périgourdin, belvédère et porte des Tours l'après-midi. Vous aurez vécu Domme au rythme où elle se raconte.


Venir de Bordeaux

Comment venir à Domme depuis Bordeaux

Domme est à ~211 km de Bordeaux — comptez environ 2h50, l'A89 n'amenant qu'aux portes du Périgord noir : le dernier tiers se fait sur les routes de la vallée, qui sont aussi les plus belles.

ModeDurée Bordeaux → DommeCoût indicatifÀ savoir
Voiture personnelle≈ 2h50 (211 km)Carburant + péages ≈ 45-55 €A89 via Périgueux, puis D704 vers Sarlat et D46
VTC privé (porte-à-porte)≈ 2h50dès 355 · aller simpleArrêts libres (Périgueux, Sarlat, La Roque-Gageac…)
Train + route≈ 2h30 de TER + 12 km≈ 25-35 € + taxi/VTCTER Bordeaux→Sarlat (~6/jour), puis 12 km sans bus fiable
Car / avionPas de liaison directe Bordeaux-Domme

En voiture : l'itinéraire

Itinéraire principal : A89 jusqu'à Périgueux, puis D6089/D704 vers Sarlat et D46 jusqu'à Domme par Cénac. Variante plaisir : quitter la vallée à Beynac et remonter la rive gauche — La Roque-Gageac puis la montée vers la bastide, l'une des plus belles approches du Périgord.

En train

Le TER Bordeaux-Sarlat dessert Sarlat via Libourne et Bergerac. Les fréquences variant selon la date et les travaux, consultez les horaires TER Nouvelle-Aquitaine actualisés. Depuis la gare de Sarlat, il reste environ 12 km jusqu'à Domme : prévoyez un taxi ou un chauffeur.

En chauffeur privé

Le porte-à-porte prend tout son sens en circuit : pause à Périgueux ou Saint-Émilion à l'aller, retour par La Roque-Gageac et Beynac, ou combinaison Domme + Sarlat + Lascaux sur la journée. Avec un chauffeur privé, ces détours se décident en chemin — tarif fixe garanti par écrit, dès 355 € l'aller simple pour 1 à 3 passagers.


Infos pratiques

Infos pratiques

Combien de temps sur place ?

Une demi-journée pour la bastide, la grotte et le belvédère. Une journée en ajoutant la porte des Tours (visite guidée), le petit train et un déjeuner périgourdin. Deux-trois jours en camp de base : La Roque-Gageac, Castelnaud, Beynac, Marqueyssac, Sarlat — tout est à moins de 20 minutes.

Stationnement et accès : à savoir avant d'arriver

La bastide se mérite : véhicules légers admis à 30 km/h par les portes del Bos et des Tours, Grand'Rue piétonne en saison, et autocars comme camping-cars interdits dans l'enceinte (aire du Pradal). Le stationnement est payant de 9h à 19h :

ParkingTarifs (9h-19h)Bon à savoir
Dans la bastide (Rode, rue du Repos)3h = 4 € · 5h = 5 € · 8h = 7 € · 10h = 25 €Le tarif dissuade la journée complète
Extérieurs (St James, Le Pradal)4h = 4 € · 6h = 5 € · 8h = 6 €10 min à pied, le bon plan journée
Bornes électriques2 bornes près de l'Esplanade

Visites et billets

La billetterie centrale est au Pôle tourisme, 9 place de la Halle (05 53 31 71 00) : grotte (10 €, guidée, 45 min), visite « Les mystérieux graffiti » de la porte des Tours, et petit train blanc (20 min commentées, 6 €, audioguide en 6 langues, de Pâques à la Toussaint) — des billets couplés existent.

Budget indicatif

ProfilBudget/jourHébergementRestauration
Petit budget50-80 €Campings de la vallée, hôtels simples à Cénac/SarlatMarché + pique-nique au belvédère
Couple découverte110-160 €Hôtel ou chambre d'hôtes dans la bastideTables périgourdines, vin de Domme
Confort/gastronomie170-250 €Demeures de caractère (Domme, Sarlat, vallée)Gastronomie, truffe en saison

Accessibilité : ruelles pavées et en pente — le belvédère et la place de la Halle restent accessibles en voiture pour les personnes à mobilité réduite ; la grotte, en revanche, ne l'est pas. Familles : grotte + petit train + machines de siège de Castelnaud = programme gagnant.


FAQ

Questions fréquentes

Quand et par qui la bastide de Domme a-t-elle été fondée ?

Domme a été fondée en 1281 par le roi de France Philippe III le Hardi, pour verrouiller la frontière face à la Guyenne anglaise. L'acte est daté au jour près : le traité fut conclu à Cahors le vendredi 7 mars 1281 par Simon de Melun, sénéchal du roi — le parchemin est conservé aux Archives nationales. La charte de 1283 institua six consuls, des foires et même le privilège de battre monnaie.

Des Templiers ont-ils vraiment été emprisonnés à Domme ?

La tradition locale attribue ces gravures à des Templiers détenus à Domme. Cette interprétation demeure toutefois contestée : la publication historique de la mairie sur la naissance de la bastide qualifie de discutables les publications anciennes à ce sujet. Les gravures existent, mais leur datation et leurs auteurs ne sont pas établis avec certitude.

Peut-on voir les graffitis de la porte des Tours ?

Oui, uniquement en visite guidée : « Les mystérieux graffiti » présente les 7 tableaux gravés dans les salles de la porte des Tours — crucifixions, croix, personnages. Billetterie au Pôle tourisme, 9 place de la Halle (05 53 31 71 00), avec des billets couplés grotte + porte des Tours. La porte elle-même, restaurée en 2016, s'admire librement de l'extérieur.

Comment visiter la grotte de Domme ?

L'entrée se trouve sous la halle, en plein centre de la bastide. La visite est exclusivement guidée : 45 minutes pour 450 m de galeries (stalactites, miroirs d'eau, ossements de bisons et de rhinocéros), à 13-15 °C constants. Tarifs : 10 € adulte, 9 € étudiant, 8 € enfant ; ouverte des vacances de février au 31 décembre. La sortie se fait par un ascenseur panoramique au cœur de la falaise.

Quel jour a lieu le marché de Domme ?

Le jeudi matin, place de la Halle, de 8h à 13h (étals alimentaires 8h30-12h30), toute l'année. C'est la continuité directe des foires accordées par la charte royale de 1283. Le mardi, le marché de Cénac se tient au pied de la falaise ; en été, les marchés nocturnes animent les villages voisins comme Bouzic.

Qui a pris Domme en escaladant la falaise ?

Le capitaine huguenot Geoffroy de Vivans, le 25 octobre 1588, pendant la huitième guerre de Religion. Après deux échecs en 1572 et 1573, il escalada de nuit la paroi nord — jugée si inaccessible qu'elle n'était pas gardée — et ouvrit une porte à ses troupes. Il tint la ville trois ans avant de la remettre, le 10 janvier 1592, contre 40 000 livres. L'église, détruite par ses hommes, fut reconstruite au XVIIᵉ siècle.

Qui est Jacques de Maleville ?

L'enfant le plus illustre de Domme : né dans la bastide le 19 juin 1741, il fut l'un des quatre rédacteurs du Code civil de 1804 (avec Tronchet, Portalis et Bigot de Préameneu), dont il était le secrétaire. Baron puis comte d'Empire, enfin marquis et pair de France, il est mort à Domme en 1824. Son buste en bronze regarde la vallée depuis l'esplanade de la Barre.

Combien de temps prévoir pour visiter Domme ?

Une demi-journée suffit pour la bastide, la grotte et le belvédère de la Barre. Comptez une journée complète avec la visite guidée des graffitis, le petit train et un déjeuner. En camp de base, deux à trois jours permettent d'ajouter La Roque-Gageac (4 km), Castelnaud (5 km), Beynac (7 km), Marqueyssac et Sarlat (10 km).

Comment aller de Bordeaux à Domme ?

Par la route : ~211 km, environ 2h50 — A89 jusqu'à Périgueux, puis D704 vers Sarlat et D46 jusqu'à la bastide. En train : TER Bordeaux-Sarlat, avec horaires à vérifier sur la fiche TER officielle, puis environ 12 km en taxi ou chauffeur. En chauffeur privé porte-à-porte : dès 355 € l'aller simple (1-3 passagers), avec arrêts libres à Périgueux, Sarlat ou La Roque-Gageac.

Où se garer à Domme ?

Stationnement payant de 9h à 19h. Dans la bastide (place de la Rode, rue du Repos) : 3h = 4 €, 8h = 7 €, mais 10h = 25 € — dissuasif à la journée. Les parkings extérieurs St James et Le Pradal sont plus doux (8h = 6 €) à dix minutes à pied. Autocars et camping-cars sont interdits dans l'enceinte (aire du Pradal), et la Grand'Rue est piétonne en saison.

Qu'est-ce que le vin de Domme ?

Un vignoble ressuscité : 2 700 à 2 800 hectares au XIXᵉ siècle — le 2ᵉ de Dordogne, expédié en gabarres vers Bordeaux —, anéantis par le phylloxéra, puis replantés à partir de 1994 (0,5 ha au départ !). Aujourd'hui : 18 hectares en IGP Périgord — Vin de Domme, à dominante merlot, vinifiés au chai de Moncalou (Florimont-Gaumier), sous la tour panoramique de 23 m qui domine les vignes.

Que voir autour de Domme ?

Le meilleur de la vallée de la Dordogne dans un rayon de 10 km : La Roque-Gageac et son fort troglodytique (4 km), le château de Castelnaud et son musée de la guerre au Moyen Âge (5 km, 245 000 visiteurs), Beynac la forteresse française (7 km), les 150 000 buis de Marqueyssac (5 km) et Sarlat (10 km). Sans oublier canoë et gabarres sur la rivière, classée réserve de biosphère UNESCO.

Domme avec des enfants : bonne idée ?

Excellente : la grotte et son ascenseur panoramique (45 min, un format idéal), le petit train blanc (20 min, audioguide 6 langues, 4 € pour les 4-12 ans), les machines de siège grandeur nature de Castelnaud à 5 km, et le canoë sur la Dordogne dès le printemps (parcours familial de 9 km autour du cingle de Montfort). Prévoyez juste de bonnes chaussures : la bastide grimpe.

Aller plus loin

Pour aller plus loin

Sources

Sources et références

Article mis à jour le .

Réservation 24h/24

En route pour la bastide

Trajet direct depuis Bordeaux (~2h50), arrêts libres en chemin — Périgueux, Sarlat, La Roque-Gageac. Devis fixe par écrit sous 30 minutes, berline ou van, chauffeur anglophone.

La bastide de Domme perchée sur sa falaise au-dessus de la vallée de la Dordogne
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