Juillac, entre Périgord et Limousin
Un bourg corrézien de 1 153 habitants qui cache mille ans d'histoire : deux châteaux, une église attestée vers 1100, un marché du vendredi dont la tradition locale fait remonter l’origine à 1363, le souvenir de Jeanne Villepreux-Power — pionnière des aquariums d’observation — et, tout autour, Pompadour, Ségur-le-Château et le pays de Brive. Tout comprendre avant de venir, à ~2 h 31 de Bordeaux.
En bref
- Juillac est un village de 1 153 habitants (2023, +2,4 % depuis 2017, INSEE) situé dans l'ouest de la Corrèze (19350), à 24 km au nord-ouest de Brive-la-Gaillarde, sur une ligne de crête entre Périgord et Limousin.
- Le bourg a été chef-lieu de canton pendant 225 ans (1790-2015), avant son rattachement au canton de l'Yssandonnais (bureau centralisateur : Objat).
- Son patrimoine repose sur deux châteaux — Beaufort (vestiges Renaissance) et la Salle (aux origines carolingiennes) — et l'église Saint-Germain, attestée vers 1100 dans le cartulaire de l'abbaye de Solignac.
- La tradition locale rattache le marché du vendredi à un privilège de 1363, datation qui reste à confirmer dans une archive primaire accessible.
- Juillac est le village natal de Jeanne Villepreux-Power (1794-1871), naturaliste pionnière des aquariums d’observation, documentée par le Muséum national d’Histoire naturelle (2019).
- L'économie locale vit de la pomiculture (pomme du Limousin AOP) et de l'élevage bovin limousin ; l'agriculture occupe 66 % du territoire communal.
- À moins de 15 km : le château et le haras de Pompadour et Ségur-le-Château, classé parmi Les Plus Beaux Villages de France.
- Comptez ~220 km et environ 2 h 31 de route depuis Bordeaux — le village n'a pas de gare ; les plus proches sont à Objat et Vignols-Saint-Solve.
- Ce guide s'adresse à ceux qui préparent une visite, une recherche généalogique, un projet d'installation ou un circuit Corrèze-Périgord depuis Bordeaux.
Avant de partir : ce que Juillac est vraiment
Juillac est un bourg de l'ouest de la Corrèze, situé sur une ligne de crête entre le bassin de Brive, le Périgord et le Limousin. La commune compte 1 153 habitants et conserve deux châteaux, l'église Saint-Germain et un marché du vendredi dont l'origine est localement rattachée à 1363, sans archive primaire accessible identifiée. Elle est aussi le village natal de Jeanne Villepreux-Power, naturaliste pionnière qui conçut des cages d'observation considérées comme les ancêtres de l'aquarium. Le territoire vit de l'élevage limousin, des vergers de pomme du Limousin AOP et des services d'un ancien chef-lieu de canton. Pompadour, Ségur-le-Château, Objat, Uzerche et Brive-la-Gaillarde se trouvent dans un rayon d'environ 25 km. Depuis Bordeaux centre, la route canonique du site retient 220 km et environ deux heures trente et une de trajet. Juillac n'a pas de gare ; un report routier est nécessaire depuis Brive, Objat ou Vignols-Saint-Solve.
Vendredi, 9h, place du bourg. Les étals du marché s'installent entre l'église Saint-Germain et les façades de pierre : pommes golden des vergers voisins, noix, veau de lait, miel du plateau. Un habitant vous dira peut-être, en occitan, que vous êtes à « Julhac ». Ce rituel du vendredi est ancien. La tradition locale en rattache l’origine à un privilège de 1363, une datation qui reste à confirmer dans une archive primaire accessible.
Juillac ne fait la une d'aucun guide touristique, et c'est précisément ce qui en fait l'intérêt. Ce bourg corrézien de 1 153 habitants concentre, sur 33 km², une densité patrimoniale rare pour sa taille : deux châteaux, une église remaniée pendant neuf siècles, une histoire seigneuriale documentée depuis le XIᵉ siècle — et le souvenir d'une servante partie à pied pour Paris qui finira première femme admise à l'Académie des sciences de Catane.
Le village occupe une ligne de crête qui sépare deux mondes : au sud, les terres de grès qui annoncent le Périgord ; au nord, le socle de schiste du Limousin. Cette position de charnière explique à peu près tout — les convoitises seigneuriales, la route du marché, les paysages qui changent d'un versant à l'autre.
Ce guide rassemble ce qu'il faut comprendre avant de venir : l'histoire, le patrimoine, la vie du village aujourd'hui, les environs qui méritent le détour — et les aspects pratiques, y compris comment s'y rendre depuis Bordeaux quand on ne veut pas conduire 2 heures 31, par exemple avec un chauffeur privé Bordeaux–Juillac.
Où se situe Juillac ? Géographie et situation administrative
Juillac appartient au département de la Corrèze (19), en région Nouvelle-Aquitaine, dans l'arrondissement de Brive-la-Gaillarde. La commune se situe à la limite du bassin de Brive et du pays d'Uzerche, deux entités qui structurent le nord-ouest du département.
Le bourg s'est établi à l'intersection des routes départementales 39, 71 et 901, sur une crête qui marque une véritable charnière géographique entre le Périgord au sud et le Limousin au nord. Juillac est d'ailleurs limitrophe de huit communes, dont quatre en Dordogne — on est littéralement à la frontière des deux pays.
| Donnée | Détail |
|---|---|
| Département | Corrèze (19) |
| Région | Nouvelle-Aquitaine |
| Arrondissement | Brive-la-Gaillarde |
| Canton actuel | L'Yssandonnais (depuis 2015, bureau centralisateur à Objat) |
| Ancien canton | Juillac (1790-2015, chef-lieu) |
| Intercommunalité | Communauté d'agglomération du bassin de Brive (depuis 2014) |
| Code postal | 19350 |
| Habitants | Les Juillacois |
| Superficie | 33,14 km² |
| Altitude | de 154 m (vallée du Roseix) à 410-415 m (les Bichets) |
Distances aux villes voisines
- Brive-la-Gaillarde : 24 km (au sud-est)
- Objat : environ 10 km — le pôle de services le plus proche
- Terrasson-Lavilledieu : 21 km
- Uzerche : 22 km
- Tulle (préfecture) : environ 36 km
- Arnac-Pompadour : une douzaine de kilomètres
- Bordeaux : ~220 km par la route (environ 2 h 31)
Depuis 1994, Juillac s'inscrit dans l'intercommunalité : d'abord au sein de la communauté de communes du Bassin de la Loyre, renommée Juillac-Loyre-Auvézère en 2006, puis, depuis le 1ᵉʳ janvier 2014, dans la communauté d'agglomération du bassin de Brive, qui fédère l'essentiel du nord-ouest corrézien autour de son pôle urbain.
Un peu d'histoire : de « Julhac » à Juillac
Une étymologie latine et une famille attestée dès le XIᵉ siècle
Le nom de Juillac vient du latin Julius, associé au suffixe gallo-romain « -acum » qui désigne un domaine : littéralement, « le domaine de Julius ». La forme occitane, encore employée localement, est « Julhac ». Une famille portant ce nom est attestée dès le XIᵉ siècle — preuve de l'ancienneté du peuplement sur ce site perché.
1298 : le « burgum nostrum de Julhac »
La première mention officielle du bourg date de 1298 : le vicomte de Limoges évoque alors le « burgum nostrum de Julhac », près duquel Gui Morcel, chevalier de Ségur, possède un repaire. Juillac est à cette époque un fief de la châtellenie vicomtale d'Ayen.
1346 : l'arrivée des Pérusse, trois siècles de seigneurie
Le tournant se joue au milieu du XIVᵉ siècle. Ramnulphe de Pérusse — première famille seigneuriale attestée à Juillac, originaire de Ségur — reçoit le fief vers 1346. Entre 1357 et 1359, il consolide ses droits seigneuriaux sur le bourg et la paroisse, en contrepartie d'un hommage au vicomte. La famille, qui deviendra la maison de Pérusse des Cars, exercera à partir du XIVᵉ siècle des charges importantes auprès des rois de France et des papes d'Avignon — source de la richesse et du pouvoir qui marqueront le village pendant trois siècles.
1363 : le privilège du marché du vendredi
La tradition locale situe en 1363 l'octroi à Ramnulphe d'un marché le vendredi. Faute d'archive primaire publique identifiée, cette date est présentée comme une tradition à confirmer ; le marché hebdomadaire, lui, se tient toujours le vendredi. En 1440, son fils Gautier obtient par ailleurs une délimitation officielle entre les seigneuries de Juillac et d'Ayen.
1630 : la peste, racontée par un témoin
En 1630, Juillac est frappée par une forte épidémie de peste, qui touche aussi les bourgs voisins d'Ayen et d'Yssandon. L'épisode nous est connu par le Livre de raison de Jehan Raffailhac, un contemporain de Badefols-d'Ans, en Périgord voisin, qui a consigné la progression du fléau. Ce type de document — un registre domestique tenu au fil des jours — reste une source précieuse pour les historiens.
1643 : la vente aux Hautefort
La seigneurie de Juillac occupe une place éminente dans le patrimoine des Pérusse des Cars jusqu'à sa vente, en 1643, au marquis de Hautefort — grande lignée dont le spectaculaire château domine toujours le Périgord voisin. Les Hautefort conserveront la terre jusqu'à la Révolution, refermant trois siècles de domination des Pérusse sur le bourg.
1790-2015 : le poids de 225 ans de chef-lieu
La Révolution redessine la carte administrative, et Juillac en profite : dès 1790, le village devient chef-lieu de canton. Ce statut, conservé sans interruption jusqu'en 2015, en fait pendant plus de deux siècles un pôle administratif de référence pour les communes environnantes — d'où une infrastructure de services (gendarmerie, école, commerces) plus étoffée que dans les villages voisins de taille comparable. La réforme territoriale de 2015, qui a réduit de moitié le nombre de cantons français, l'a rattaché au canton de l'Yssandonnais.
| Date | Événement |
|---|---|
| XIᵉ siècle | Une famille « de Julhac » est attestée sur le site |
| 1298 | Première mention écrite : le « burgum nostrum de Julhac » |
| v. 1346 | Ramnulphe de Pérusse reçoit le fief de Juillac |
| 1363 | Date traditionnellement attribuée à l'origine du marché (archive primaire à confirmer) |
| 1440 | Délimitation officielle entre les seigneuries de Juillac et d'Ayen |
| Début XVIᵉ | Construction du château de Beaufort (appelé ainsi dès 1534) |
| 1630 | Épidémie de peste, documentée par Jehan Raffailhac |
| 1643 | Vente de la seigneurie au marquis de Hautefort |
| 1777 | Le presbytère est bâti sur les vestiges du château de la Salle |
| 1790-2015 | Juillac chef-lieu de canton (225 ans) |
| 1904 | Reconstruction du clocher actuel de l'église |
| 2014 | Intégration à la communauté d'agglomération du bassin de Brive |
Patrimoine de Juillac : châteaux et église
Perché sur une colline qui domine le bourg, le château de Beaufort est l'édifice le plus spectaculaire de Juillac — et sans doute le plus méconnu des amateurs de Renaissance française. L’édifice privé ne se visite pas ; sa silhouette se découvre depuis le bourg.
Un commanditaire proche des cercles royaux
On ignore la date de fondation exacte du site — peut-être une résidence forte du XVᵉ siècle. Les vestiges actuels datent du début du XVIᵉ siècle et leur construction est attribuée à Geoffroi de Pérusse des Cars (1470-1534), dont on retrouve la maxime gravée dans l'église du bourg. Le nom de « Beaufort » apparaît dans les textes dès 1534.
Entre gothique flamboyant et Renaissance
L'architecture témoigne d'une transition stylistique typique des années 1500 :
- Un logis organisé autour d'une cour, cantonné de tours circulaires percées de canonnières — la fonction défensive n'a pas encore disparu ;
- Une grosse tour d'angle abritant la chambre seigneuriale, marqueur du statut social du commanditaire ;
- Un décor mêlant gothique flamboyant et motifs Renaissance — pilastres, coquilles sculptées, candélabres — qui trahit l'influence des grands chantiers de la Loire, alors en pleine effervescence.
Ruine, gendarmerie, logements : les vies successives
Le château est déjà en ruine à la fin du XVIIᵉ siècle — au point qu'une partie de ses sculptures Renaissance sera réemployée dans l'église Saint-Germain (on les voit toujours derrière l'autel secondaire). Au XIXᵉ siècle, la gendarmerie installe ses bureaux dans les bâtiments, avant une reconversion en logements. Un destin très corrézien : le patrimoine, ici, n'est pas muséifié — il continue de servir. L'édifice ne se visite pas, mais sa silhouette sur la colline se lit depuis le bourg.

Le château de la Salle : des origines carolingiennes au presbytère
Dans le bourg même — contrairement à Beaufort qui domine depuis les hauteurs — se trouvait le château de la Salle, également appelé château de Peyrusse des Cars : une forteresse qui protégeait le bourg.
Une origine plus ancienne qu'il n'y paraît
Sa construction originale remonterait à l'époque de la lutte menée par le duc d'Aquitaine Waïfre contre les incursions venues du nord, vers 759-768 — l'époque de Pépin le Bref. À l'origine, l'ensemble se composait simplement d'un donjon et d'une enceinte fortifiée : l'archétype de la fortification du haut Moyen Âge.
1777 : le presbytère bâti sur la forteresse
En 1730, le château est en ruine ; le curé de Juillac l'acquiert pour y établir son presbytère. Après des protestations des habitants — qui contribueront finalement à la construction —, le presbytère est édifié en 1777 sur les vestiges de l'ancienne forteresse. L'histoire du lieu résume mille ans d'évolution du bourg : du donjon carolingien à la maison du curé, le même emplacement n'a jamais cessé d'incarner une forme d'autorité sur le village.
L'église Saint-Germain : neuf siècles d'évolution architecturale
L'église Saint-Germain est le monument qui résume le mieux la longévité de Juillac : elle porte dans sa pierre presque un millénaire de transformations successives.
Vers 1100 : une église du réseau de Solignac
Le cartulaire de l'abbaye de Solignac mentionne, vers 1100, l'église puis la cure de « Julac », placées sous le vocable de saint Germain d'Auxerre et dépendant de la grande abbaye limousine ; les prêtres y étaient nommés par l'évêque de Limoges. L'édifice primitif présentait un plan en croix latine — nef simple, deux chapelles latérales — et un chevet polygonal à cinq pans, conservé depuis l'origine.
XVIIIᵉ siècle : la métamorphose en double nef
Au XVIIIᵉ siècle, l'église connaît sa transformation majeure : la chapelle Saint-Jean, au sud, est supprimée, tandis que la chapelle nord est ouverte et largement prolongée — au point que l'église semble aujourd'hui posséder deux nefs. La nouvelle chapelle méridionale accueille désormais la porte d'entrée principale. Le clocher actuel, à toiture à deux pans, date de 1904.
Blasons martelés et trésors mobiliers
À l'extérieur, deux contreforts portent les armoiries de la famille des Cars — dont l'une a été martelée, probablement à la Révolution. À l'intérieur, le détail le plus émouvant reste les remplois de sculptures Renaissance (pilastres, coquilles, candélabres) récupérés lors de la ruine du château de Beaufort : une partie du décor de l'église raconte, indirectement, la fin du château voisin.
L'édifice abrite en outre quatre objets protégés au titre des Monuments Historiques : un tableau du XVIIᵉ siècle figurant saint Hommebon (classé en 1975), une Adoration des bergers du XIXᵉ siècle (inscrite en 1976), une Vierge à l'Enfant du XIXᵉ siècle (1991) et une armoire du XVIIᵉ siècle (1995).

Jeanne Villepreux-Power : pionnière des aquariums d’observation
C'est l'histoire la plus extraordinaire du village — et l'une des plus belles trajectoires de l'histoire des sciences françaises. Jeanne Villepreux naît à Juillac le 25 septembre 1794, fille aînée d'un cordonnier également garde-champêtre. Servante au village, orpheline de mère à douze ans, elle quitte Juillac à dix-huit ans… à pied, pour Paris — plus de 400 kilomètres de marche.
De la couture à la baie de Messine
À Paris, elle entre chez une couturière en vue et se fait remarquer en réalisant la robe de mariage de Marie-Caroline de Bourbon-Siciles, épouse du duc de Berry. C'est à cette occasion qu'elle rencontre James Power, négociant d'origine irlandaise établi en Sicile. Elle le rejoint à Messine en 1818, l'épouse, et se consacre — en autodidacte complète — à l'histoire naturelle de l'île.
L'argonaute et les « cages à la Power »
Sa grande affaire est un céphalopode énigmatique, l'argonaute argo. La question divisait les savants de l'époque : l'animal sécrète-t-il sa coquille, ou l'occupe-t-il comme un bernard-l'ermite ? Pour l'observer vivant, elle conçoit des « cages à la Power » — des enceintes d'observation immergées et vitrées qui feront d'elle, selon Sir Richard Owen, la précurseure de l'aquariologie, et selon Edmond Perrier celle des stations de biologie marine. Ses expériences tranchent le débat : l'argonaute sécrète bien sa coquille. Elle décrit aussi le mode de reproduction de l'espèce, au dimorphisme sexuel spectaculaire.
Une reconnaissance devenue mondiale
Première femme membre de l'Académie des sciences de Catane, correspondante de sociétés savantes européennes, elle publie notamment ses Observations et expériences physiques sur plusieurs animaux marins et terrestres. Elle meurt à Juillac en janvier 1871, là où tout avait commencé. Longtemps oubliée, elle est aujourd'hui largement redécouverte — un cratère de Vénus porte son nom, et à Juillac, le groupe scolaire Jeanne Villepreux-Power perpétue sa mémoire auprès des enfants du village.
Juillac aujourd'hui : démographie, école et vie locale
Une population stabilisée après un long recul
Comme la plupart des communes rurales corréziennes, Juillac a connu un long exode démographique durant la seconde moitié du XXᵉ siècle, avant une stabilisation puis une légère reprise : en 2023, la commune comptait 1 153 habitants, en évolution de +2,4 % par rapport à 2017 — quand la Corrèze, dans son ensemble, perdait des habitants (−0,26 %) sur la même période.
| Année | Population | Tendance |
|---|---|---|
| 1968 (pic moderne) | ≈ 1 450 | — |
| 1999 | ≈ 1 090 | long recul (exode rural) |
| 2016 | 1 127 | stabilisation |
| 2022 | 1 147 | reprise douce |
| 2023 | 1 153 | +2,4 % depuis 2017 |
Cette reprise, modeste mais réelle, tient à des facteurs observés dans tout le rural limousin : arrivée de néo-ruraux attirés par les prix de l'immobilier et le cadre de vie, essor du télétravail, et proximité du bassin d'emploi de Brive, à moins de trente minutes. Plus de 40 % des habitants ont 60 ans ou plus — un profil d'âge typique du monde rural corrézien — mais le village ne se dépeuple plus.
L'école Jeanne Villepreux-Power et le RPI
La commune accueille le groupe scolaire Jeanne Villepreux-Power (maternelle + primaire), au sein d'un regroupement pédagogique intercommunal avec Chabrignac, Concèze et Saint-Bonnet-la-Rivière. De 1965 à 1991, le bourg a même disposé de son propre collège d'enseignement général — héritage de son statut de chef-lieu.
Des équipements rares pour un village de 1 150 habitants
Les 225 ans de chef-lieu ont laissé une infrastructure étonnamment complète : piscine municipale, gymnase et terrains multisports, skatepark, terrain de rugby, médiathèque, agence postale, caserne de pompiers, gendarmerie, camping ouvert l'été — et, depuis 2021, une maison de santé pluridisciplinaire qui regroupe médecins et infirmières. Le rugby s'y vit au sein de l'USJO (Union Sportive Juillac-Objat), la pétanque et le VTT ont leurs clubs, et un réseau balisé de sentiers pédestres et VTT traverse les bois communaux.
Patrick Sébastien, les Penaud : les enfants du pays
Le village a ses figures. Patrick Sébastien, né à Brive, a passé une partie de son enfance à Juillac — une plaque sur la façade de la maison où il vécut, près de l'église, le rappelle. Alain Penaud, demi d'ouverture du XV de France dans les années 1990, est né à Juillac en 1969 ; son fils Damian Penaud, ailier international et recordman d'essais en équipe de France, perpétue la lignée. Pour un village d'un millier d'âmes, la densité de talents est remarquable.
S'installer à Juillac ?
La question revient de plus en plus souvent chez les visiteurs : et si on restait ? Le village coche des cases rares en zone rurale — école sur place (avec RPI), maison de santé ouverte en 2021, pharmacie, médiathèque, piscine, gendarmerie, un marché hebdomadaire et le bassin d'emploi de Brive à moins de 30 minutes. La reprise démographique (+2,4 % entre 2017 et 2023, à contre-courant du département) montre que l'équation séduit déjà néo-ruraux et télétravailleurs. Reste l'essentiel, propre à toute installation rurale : venir hors saison, un vendredi de marché ET un mardi de janvier, pour éprouver le silence des crêtes avant de signer.
Paysages, agriculture et saveurs de Juillac
Le territoire communal — 33,14 km² — est franchement vallonné. L'altitude passe de 154 mètres, à l'extrême sud, là où le Roseix quitte la commune vers Rosiers-de-Juillac, à 410-415 mètres au lieu-dit les Bichets, à la limite de Saint-Cyr-les-Champagnes. Plus de 250 mètres d'amplitude qui expliquent la diversité des paysages, entre vallées encaissées et plateaux de bocage.
Le Roseix, une rivière née au village
Le cours d'eau principal, le Roseix, et son affluent le ruisseau de la Tournerie ont la particularité de prendre tous deux leur source sur la commune. À l'échelle régionale, deux autres rivières encadrent le secteur : l'Auvézère — qui baigne Ségur-le-Château — et la Loyre, qui a donné son nom à la première intercommunalité locale.
Grès au sud, schiste au nord : une frontière géologique
Sur le plan géologique, Juillac marque une transition nette : les sols du sud de la commune reposent sur le grès, ceux du nord sur un socle de schiste et de quartzite. C'est la zone de contact entre le Périgord sédimentaire et le Limousin cristallin — la fameuse « charnière » qui donne au village son identité double, ni tout à fait périgourdine, ni tout à fait limousine.
Un territoire aux deux tiers agricole
L'occupation des sols raconte le même équilibre : 66,2 % de territoires agricoles (zones agricoles hétérogènes 37,5 %, prairies 22,5 %, cultures permanentes — les vergers — 5,1 %), 31,2 % de forêts, et seulement 2,6 % de zones urbanisées. Le climat, océanique à été chaud, adoucit des hivers qui restent plus marqués que sur le littoral aquitain — on est ici entre 300 et 400 mètres d'altitude.

Économie locale : pommes AOP, vaches limousines et marché du vendredi
La pomme du Limousin, une AOP à la porte du village
Juillac vit d'abord de la pomiculture. Le village se trouve au cœur de l'aire de la pomme du Limousin — golden cultivée entre 300 et 500 mètres d'altitude sur les coteaux de Corrèze, Dordogne, Creuse et Haute-Vienne —, protégée par une AOC depuis 2004 puis une AOP depuis 2007 : la première pomme d'appellation d'origine en France. Les vergers dessinent le paysage communal (5 % du territoire en cultures permanentes) et, à l'automne, les bords de routes se couvrent de caisses de golden.
L'élevage limousin et les traditions du plateau
- L'élevage bovin limousin — la fameuse robe froment — reste le pilier historique, adapté aux pâturages vallonnés du secteur ;
- Le châtaignier, arbre nourricier du Limousin, a longtemps fourni la ressource de base des campagnes ;
- Les noyers complètent le triptyque, dans la continuité du Périgord voisin.
Le marché du vendredi : 660 ans et toujours là

Chaque vendredi matin, le marché anime le bourg ; la tradition locale en fait remonter l'origine à 1363, sans archive primaire publique identifiée. On y trouve les produits du plateau : pommes AOP, noix, miel, veau de lait, fromages fermiers. C'est le meilleur moment de la semaine pour visiter le village.
Commerces et services : un bourg qui tient son rang
Malgré les façades qui témoignent d'une activité commerçante autrefois plus dense, Juillac conserve un tissu réel : boulangerie, bar-tabac, restaurant, pharmacie, garage, un magasin d'électroménager, deux stations-service à proximité et une zone d'activité à la sortie du bourg, en direction de Pompadour. Plus de 200 sociétés ont leur siège social sur la commune.

À table : ce que la Corrèze fait de mieux
On ne vient pas à Juillac pour une table étoilée — on vient pour la cuisine corrézienne, l'une des plus généreuses de France, servie ici sans folklore, au restaurant du bourg, sur le marché ou dans les fermes-auberges du plateau.
Le veau de lait élevé sous la mère
C'est LA fierté du bassin de Brive et du pays d'Objat : un veau nourri exclusivement au lait maternel, à la chair claire et fondante, élevé selon un cahier des charges strict (Label Rouge). Escalopes, ris et rognons figurent sur toutes les bonnes tables du secteur — et sur les étals du vendredi.
La mique et les tourtous, l'âme paysanne
Deux institutions corréziennes à goûter au moins une fois : la mique, boule de pâte levée pochée dans le bouillon, servie avec le petit salé — le plat des grandes tablées d'hiver — et les tourtous, galettes de farine de sarrasin qu'on garnit de tout ce que le plateau produit.
Pommes, noix, châtaignes, miel : le garde-manger du plateau
La golden AOP du Limousin se croque ici à la source, dans les vergers qui entourent le bourg ; les noix et l'huile de noix regardent vers le Périgord voisin, la châtaigne rappelle le vieux Limousin nourricier, et les miels de bocage complètent les paniers du marché.
Et dans le verre ?
Le jus de pomme fermier et le cidre des vergers AOP dominent — on est ici en terre de pomme, pas de vigne. Les amateurs de vin trouveront à 24 km, aux halles de Brive, les quilles corréziennes confidentielles (vins paillés et coteaux de la Vézère) et la fameuse moutarde violette de Brive au moût de raisin pour accompagner le veau.
Autour de Juillac et activités de plein air
Juillac est un excellent camp de base pour rayonner dans un triangle Corrèze-Dordogne-Limousin étonnamment riche.
Arnac-Pompadour : le château de la marquise et la cité du cheval (12 km)
À une douzaine de kilomètres au nord, Pompadour aligne un château médiéval reconstruit au XVᵉ siècle (protégé aux Monuments Historiques depuis 1926) et l'un des hauts lieux du cheval en France. En juillet 1745, Louis XV offre le domaine — érigé en marquisat dès 1614 — à sa favorite, qui en prendra le nom : la marquise de Pompadour. Elle n'y résida jamais, mais y favorisa l'élevage équin en créant le haras en 1760, complété en 1763 par la jumenterie royale. Le site, berceau historique de l'anglo-arabe, vit toujours au rythme des concours et des courses.
Ségur-le-Château : l'un des Plus Beaux Villages de France (15 km)
Au nord-ouest, Ségur-le-Château — berceau de la famille de Pérusse, celle-là même qui régna sur Juillac — est officiellement classé parmi Les Plus Beaux Villages de France : maisons à pans de bois blotties dans un méandre de l'Auvézère, sous les ruines d'un château médiéval perché. La vallée y est classée zone naturelle d'intérêt écologique (ZNIEFF), où niche le cincle plongeur.
Objat, le pôle voisin (10 km)
Objat, bureau centralisateur du canton, concentre les services d'un vrai bourg-centre : supermarchés, gare TER (ligne Brive-Objat-Saint-Yrieix), marchés. C'est le relais pratique le plus proche de Juillac.
Brive-la-Gaillarde : les halles Georges-Brassens (24 km)
La « Gaillarde » vaut la demi-journée : ses halles Georges-Brassens — l'homme a chanté sa fameuse rixe « Hécatombe » au marché de Brive —, sa vieille ville de grès beige, sa moutarde violette au moût de raisin, spécialité locale depuis le Moyen Âge, et sa gastronomie corrézienne (veau sous la mère, foie gras, noix).
Uzerche, la « perle du Limousin » (22 km)
Bâtie sur un éperon dans un méandre de la Vézère, Uzerche aligne tours, portes fortifiées et hôtels particuliers — d'où son surnom de « perle du Limousin » et le vieux dicton : « qui a maison à Uzerche a château en Limousin ». Une heure de flânerie s'impose, entre la porte Bécharie et les quais de la Vézère.
Terrasson-Lavilledieu, la porte du Périgord noir (21 km)
Au sud, Terrasson marque l'entrée du Périgord noir : vieille ville étagée au-dessus de la Vézère, pont du XIIᵉ siècle et les Jardins de l'Imaginaire, jardin contemporain en terrasses qui domine la vallée. C'est aussi la direction de Lascaux et de Sarlat — la suite logique d'un itinéraire corrézo-périgourdin.
| Destination | Distance depuis Juillac | Pourquoi y aller |
|---|---|---|
| Objat | ≈ 10 km | Services, gare TER, marchés |
| Arnac-Pompadour | ≈ 12 km | Château de la marquise, haras, courses |
| Ségur-le-Château | ≈ 15 km | Plus Beaux Villages de France, Auvézère |
| Terrasson-Lavilledieu | 21 km | Jardins de l'Imaginaire, porte du Périgord noir |
| Uzerche | 22 km | « Perle du Limousin », méandre de la Vézère |
| Brive-la-Gaillarde | 24 km | Halles Georges-Brassens, vieille ville |
| Hautefort (Dordogne) | ≈ 25 km | Le château des marquis qui achetèrent Juillac en 1643 |

Randonnée, VTT, baignade : Juillac côté grand air
La commune est un petit paradis discret pour la pleine nature — sans foule, sans billetterie.
- Sentiers balisés : les bois communaux sont traversés par un réseau important de chemins, dont une partie est balisée pour la randonnée pédestre et le VTT — crêtes, vergers et sous-bois alternent sur quelques kilomètres ;
- VTT et cyclisme : le club local (VTT Juillac) organise sorties et randonnées ; les petites routes du pays d'Objat, vallonnées à souhait, font un excellent terrain de route ;
- Baignade : la piscine municipale, ouverte l'été, est un luxe rare pour un village de cette taille ;
- Rugby, pétanque : l'USJO (Union Sportive Juillac-Objat) et la Pétanque Juillacoise animent le stade et les places — assister à un match de rugby de village un dimanche d'automne fait partie de l'expérience corrézienne authentique.
Pour les marcheurs au long cours, la vallée de l'Auvézère autour de Ségur-le-Château (classée ZNIEFF, royaume du cincle plongeur) et les gorges boisées vers Uzerche offrent des itinéraires à la journée, à un quart d'heure de route.
Organiser une visite à Juillac
Juillac se visite toute l'année, mais trois rendez-vous structurent la vie du bourg :
- Le marché, chaque vendredi matin — une tradition locale rattachée à 1363 ;
- La Saint-Mesmin, le dernier samedi de mai : brocante dans les rues du bourg ;
- Le premier week-end d'août : animations, fête votive et feu d'artifice tiré sur le stade.
| Saison | Ambiance | Atouts | À savoir |
|---|---|---|---|
| Printemps (avr.-juin) | Vergers en fleurs | Floraison des pommiers, Saint-Mesmin fin mai | La plus photogénique |
| Été (juil.-août) | Village animé | Fête d'août, camping ouvert, piscine municipale | Chaleur modérée à 300 m d'altitude |
| Automne (sept.-oct.) | Récolte des pommes | Golden AOP, châtaignes, couleurs du bocage | Notre saison préférée |
| Hiver (nov.-mars) | Calme absolu | Marché du vendredi maintenu, brumes de crête | Certaines adresses ferment |
Comment venir à Juillac depuis Bordeaux
Juillac se mérite : le village est à l'écart des grands axes, ce qui explique son caractère préservé. Depuis Bordeaux, comptez environ 220 km et 2 heures 31 de route, principalement par l'A89 en direction de Brive, puis les départementales du pays d'Objat.
| Mode | Durée Bordeaux → Juillac | Coût indicatif | À savoir |
|---|---|---|---|
| Voiture personnelle | ≈ 2 h 31 (220 km, A89 + D) | Carburant + péages ≈ 45-55 € | Liberté totale ; derniers km en départementales |
| VTC privé (porte-à-porte) | ≈ 2 h 31 | dès 450 € · aller simple | Zéro fatigue, arrêts libres (Périgueux, Hautefort…) |
| Train + taxi/VTC | Bordeaux → Brive ≈ 2h30, puis 25 min de route | ≈ 30-60 € le train | Pas de gare à Juillac ; les plus proches : Objat, Vignols-Saint-Solve |
| Avion | Vol Bordeaux ↔ Brive inexistant | — | Non pertinent |
En voiture : l'A89 puis les crêtes
L'A89 (Bordeaux-Clermont) fait l'essentiel du trajet ; on quitte l'autoroute dans le secteur de Brive-ouest/Objat pour finir par les départementales qui grimpent sur la crête. Le dernier quart d'heure, entre vergers et bocage, donne le ton du séjour.
Sans voiture : le train jusqu'à Brive, puis la route
En train, comptez environ 2h30 de Bordeaux à Brive-la-Gaillarde (TER ou Intercités selon les horaires), puis 25 minutes de route. La ligne TER Brive-Objat-Saint-Yrieix dessert les gares d'Objat et de Vignols-Saint-Solve, à quelques kilomètres du bourg — mais sans correspondance systématique : mieux vaut prévoir le dernier maillon à l'avance.
En chauffeur privé : le porte-à-porte sans fatigue
Pour un aller direct porte-à-porte depuis Bordeaux (domicile, aéroport ou gare Saint-Jean), un chauffeur privé Bordeaux–Juillac reste l'option la plus confortable : environ 2 heures 31 de trajet, arrêts libres en chemin — Périgueux, Hautefort ou Pompadour se combinent naturellement —, tarif fixe garanti par écrit à partir de 450 € l'aller simple pour 1 à 3 passagers.
Le conseil d'itinéraire : sur un aller Bordeaux → Juillac, la sortie par la vallée de la Vézère permet une pause déjeuner à Terrasson ou un crochet par Hautefort — le château des marquis qui rachetèrent Juillac en 1643 se visite, lui. Au retour, redescendre par Pompadour puis Uzerche compose une boucle corrézienne complète sans jamais reprendre le même chemin.
Infos pratiques
Combien de temps sur place ?
Une demi-journée suffit pour le bourg (église, silhouette de Beaufort, marché si vous venez un vendredi). Une journée complète permet d'ajouter Pompadour et Ségur-le-Château. Un week-end ouvre le triangle Brive-Uzerche-Terrasson et les portes du Périgord noir.
Se loger, se restaurer
L'offre est volontairement simple : un restaurant et un bar-tabac au bourg, un camping municipal ouvert l'été, et des gîtes ruraux disséminés dans les hameaux — la formule qui colle le mieux à l'esprit des lieux. Pour un choix hôtelier plus large, Objat (10 km) et Brive (24 km) prennent le relais.
Services utiles
- Maison de santé pluridisciplinaire (depuis 2021) : médecins et infirmières au bourg ;
- Pharmacie, agence postale communale, médiathèque ;
- Gendarmerie et caserne de pompiers sur place — héritage du chef-lieu ;
- Marché : vendredi matin ; boulangerie et commerces de bouche au bourg.
Budget indicatif
| Profil | Budget/jour | Hébergement | Restauration |
|---|---|---|---|
| Randonneur/camping | 30-50 € | Camping municipal (été) | Marché + pique-nique |
| Couple en gîte | 70-110 € | Gîte rural (2 nuits min. souvent) | Restaurant du bourg + tables d'Objat |
| Confort/rayonnement | 120-180 € | Hôtels à Brive ou Objat | Tables corréziennes, halles de Brive |
Questions fréquentes
Où se situe exactement Juillac en Corrèze ?
Juillac se trouve dans l'ouest de la Corrèze, en Nouvelle-Aquitaine, à 24 km au nord-ouest de Brive-la-Gaillarde, 21 km de Terrasson-Lavilledieu et 22 km d'Uzerche, à la limite du bassin de Brive et du pays d'Uzerche. Le bourg occupe une ligne de crête à environ 300 m d'altitude, à la charnière entre Périgord et Limousin — la commune est d'ailleurs limitrophe de quatre communes de Dordogne.
Combien d'habitants compte Juillac ?
La commune comptait 1 153 habitants en 2023 (les Juillacois), en progression de +2,4 % par rapport à 2017, alors que la Corrèze perdait des habitants sur la même période. Après un long recul lié à l'exode rural depuis le pic des années 1960, la population s'est stabilisée puis reprend doucement, portée par les néo-ruraux, le télétravail et la proximité du bassin d'emploi de Brive.
Que voir à Juillac : quels sont les monuments ?
Trois monuments structurent le bourg : les vestiges du château de Beaufort (début XVIᵉ siècle, gothique flamboyant et Renaissance) sur leur colline ; l'emplacement du château de la Salle, forteresse aux origines carolingiennes sur laquelle le presbytère fut bâti en 1777 ; et l'église Saint-Germain, attestée vers 1100, avec sa double nef du XVIIIᵉ siècle, ses armoiries des Cars et ses quatre objets mobiliers protégés.
Pourquoi Juillac a-t-elle deux châteaux ?
Les deux édifices n'ont ni le même âge ni la même fonction : le château de la Salle, dans le bourg, était la forteresse primitive — un donjon et une enceinte dont l'origine remonterait à l'époque du duc d'Aquitaine Waïfre (vers 759-768). Le château de Beaufort, construit au début du XVIᵉ siècle sur les hauteurs par la famille de Pérusse des Cars, est au contraire une résidence seigneuriale de prestige, aux décors Renaissance. L'un protégeait, l'autre représentait.
Le château de Beaufort se visite-t-il ?
Non : après sa ruine à la fin du XVIIᵉ siècle, l'édifice a servi de gendarmerie au XIXᵉ siècle avant d'être reconverti en logements — il ne se visite donc pas de l'intérieur. Sa silhouette se contemple depuis le bourg, et l'on retrouve une partie de ses sculptures Renaissance… dans l'église Saint-Germain, où elles ont été réemployées derrière l'autel secondaire.
Qui est Jeanne Villepreux-Power, née à Juillac ?
Née à Juillac en 1794 et morte au village en 1871, Jeanne Villepreux-Power est une naturaliste autodidacte : partie à pied pour Paris à 18 ans, couturière remarquée, installée en Sicile après son mariage, elle invente les « cages à la Power » — ancêtres directs de l'aquarium — pour étudier l'argonaute, dont elle prouve qu'il sécrète sa coquille. Première femme admise à l'Académie des sciences de Catane, elle donne aujourd'hui son nom au groupe scolaire de Juillac.
Juillac était-elle une ville importante autrefois ?
À son échelle, oui : chef-lieu de canton pendant 225 ans (1790-2015), le bourg a concentré gendarmerie, école, commerces et services pour les communes environnantes — il a même eu son collège de 1965 à 1991. La réforme territoriale de 2015 l'a rattaché au canton de l'Yssandonnais, mais l'infrastructure héritée (piscine, gymnase, médiathèque, maison de santé) reste exceptionnelle pour un village de 1 150 habitants.
Quel est le jour de marché à Juillac ?
Le marché se tient le vendredi matin. La tradition locale rattache son origine à un privilège seigneurial de 1363, mais aucune archive primaire publique confirmant cette date n'a été identifiée pour ce guide. Pommes AOP du Limousin, noix, miel et produits fermiers du plateau s'y retrouvent chaque semaine.
Juillac fait-elle partie du Périgord ou du Limousin ?
Ni tout à fait l'un, ni tout à fait l'autre : le village occupe la ligne de crête qui sépare les deux. Sa géologie le dit mieux que les cartes — grès sédimentaire côté sud (vers le Périgord), schiste et quartzite côté nord (vers le Limousin cristallin). Historiquement corrézienne et limousine, la commune est limitrophe de la Dordogne et regarde des deux côtés.
Que faire autour de Juillac ?
Dans un rayon de 25 km : le château et le haras de Pompadour (12 km), offerts par Louis XV à sa célèbre marquise en 1745 ; Ségur-le-Château (15 km), classé parmi Les Plus Beaux Villages de France dans son méandre de l'Auvézère ; Uzerche la « perle du Limousin » (22 km) ; Brive-la-Gaillarde et ses halles Georges-Brassens (24 km) ; et le château de Hautefort (≈ 25 km), dont les marquis achetèrent la seigneurie de Juillac en 1643.
Comment aller à Juillac sans voiture ?
Le village n'a pas de gare : prenez le train de Bordeaux à Brive-la-Gaillarde (environ 2h30), ou un TER de la ligne Brive-Objat-Saint-Yrieix jusqu'à Objat ou Vignols-Saint-Solve, à quelques kilomètres du bourg — puis terminez en taxi local ou chauffeur privé réservé à l'avance, car il n'existe pas de liaison régulière jusqu'au village.
Combien coûte un chauffeur privé de Bordeaux à Juillac ?
Comptez à partir de 450 € l'aller simple porte-à-porte (1 à 3 passagers, ~220 km, environ 2 h 31 de route), tarif fixe confirmé par écrit avant le départ. C'est la solution la plus confortable pour un aller direct, avec la possibilité d'arrêts libres en chemin — Périgueux, Hautefort ou Pompadour se combinent naturellement avec la route de Juillac.
Pour aller plus loin
- Poursuivre vers le Périgord noir : voir le Guide de Sarlat et le Guide de Lascaux
- Une étape vignoble sur la route : voir le Guide de Saint-Émilion
- Réserver votre trajet Bordeaux ↔ Corrèze : devis fixe en 30 minutes
Sources et références
- Wikipédia — Juillac (Corrèze) — histoire, patrimoine, démographie
- Mairie de Juillac — site officiel — vie municipale, services
- INSEE — chiffres clés de la commune — population légale
- Corrèze Tourisme — préparer sa visite
- Muséum national d’Histoire naturelle — Jeanne Villepreux-Power — biographie de la naturaliste juillacoise
- Wikipédia — Pomme du Limousin — AOC 2004, AOP 2007
Article mis à jour le 2 juillet 2026.
En route pour la Corrèze
Trajet direct porte-à-porte depuis Bordeaux (~2 h 31), arrêts libres en chemin — Périgueux, Hautefort, Pompadour se combinent naturellement. Devis fixe par écrit sous 30 minutes, berline ou van, chauffeur anglophone.




