Saint-Beauzeil, un village du Quercy Blanc

Un village de 117 habitants aux confins du Tarn-et-Garonne, dans le Quercy Blanc des collines calcaires. Une rivière, la Tancanne, y prend sa source ; son nom vient de saint Baudile, mais son église honore deux autres saints. Rebond démographique rare (+19 % depuis 2017). À ~2h de Bordeaux.

5,0 · 40 avis Google~176 km · 2h de Bordeaux19 min de lecture
En bref

Saint-Beauzeil en bref

  • Saint-Beauzeil (les Saint-Beauzeillois) est un petit village de 117 habitants, à l'extrême nord-ouest du Tarn-et-Garonne (82150), dans le Quercy Blanc, aux confins du Lot-et-Garonne.
  • Sa singularité démographique : à contre-courant du déclin rural, la population a bondi de +19,39 % entre 2017 et 2023 — près de sept fois le rythme national — après un pic historique de 532 habitants en 1836.
  • Un nom qui cache un saint : « Beauzeil » dérive de saint Baudile (martyr du IIIe siècle) — mais l'église du village, elle, est dédiée à deux autres saints, Fabien et Sébastien.
  • Sur ses moins de 10 km², le territoire abrite deux églises : Saint-Fabien-et-Saint-Sébastien, au lieu-dit Marcounat, et Saint-Sulpice-et-Saint-Simplice, au hameau de Souillas.
  • Fait géographique notable : la rivière Tancanne (19 km) prend sa source sur la commune, avant de rejoindre le Boudouyssou en Lot-et-Garonne.
  • Le paysage est celui du Quercy Blanc : des « serres » (longues collines de calcaire clair) et des vallées, façonnées par les calcaires lacustres du Tertiaire.
  • Depuis Bordeaux : ~176 km, environ 2 heures par la route — dès 297 € en chauffeur privé. Pas de gare (Agen à ~31 km).

Avant de partir

Avant de partir : ce que Saint-Beauzeil est vraiment

Un matin de juin sur les serres du Quercy Blanc. Rien, ici, ne réclame l'attention : ni château, ni bastide, ni monument classé. Juste de longues collines de calcaire clair, des champs de tournesols et de blé, quelques fermes dispersées, et une petite église isolée au milieu des terres. Et pourtant, ce village de 117 âmes cache deux curiosités : une rivière qui naît sur son sol même, et un nom qui n'est pas celui de son église. Bienvenue à Saint-Beauzeil, un bout du Quercy discret et authentique, aux confins du Tarn-et-Garonne et du Lot-et-Garonne — un village qu'il faut savoir lire pour l'apprécier.

Saint-Beauzeil appartient au Quercy Blanc, cette région de calcaires clairs qui prolonge le Quercy historique vers le sud. C'est un pays rural, agricole, à l'écart des grands axes — on n'y vient pas pour un site touristique, mais pour un paysage et une atmosphère : celle d'une campagne d'Occitanie encore vivante, entre Agen et Montauban.

Ce guide sépare le vérifié de l'approximatif — mais, pour une fois, c'est surtout pour enrichir ce qu'on lit d'ordinaire. Le nom du village, souvent présenté comme « mal documenté », renvoie en réalité à un saint bien identifié, saint Baudile. En revanche, quelques affirmations sont à corriger : l'église n'est pas classée Monument historique, et les objets d'art parfois attribués à Saint-Beauzeil concernent en fait une homonyme d'un autre département. Nous le disons clairement, sources à l'appui.

Côté accès, Saint-Beauzeil est enclavée et sans gare — comptez environ 2 heures depuis Bordeaux. Pour découvrir ce coin du Quercy Blanc et ses voisins (Lauzerte, Montaigu-de-Quercy) sans se soucier de l'itinéraire, un chauffeur privé depuis Bordeaux reste la solution la plus simple en porte-à-porte.


Géographie

Un village de serres, au cœur du Quercy Blanc

Saint-Beauzeil se situe à l'extrême nord-ouest du Tarn-et-Garonne, en région Occitanie, dans l'arrondissement de Castelsarrasin. La commune, de seulement 9,84 km², épouse un relief de « serres » — ces longues collines calcaires allongées, séparées par des vallées, caractéristiques du Quercy Blanc. L'altitude y varie de 127 à 240 mètres, un dénivelé suffisant pour que naisse, on le verra, une rivière. La densité, d'environ 12 habitants au km², figure parmi les plus faibles du Sud-Ouest : ici, on habite dispersé, en hameaux et fermes isolées.

Serres calcaires et vallons agricoles du Quercy Blanc
Les « serres » du Quercy Blanc : longues collines calcaires et vallées encaissées. (Illustration.)

Quatre communes limitrophes, deux départements

La commune est limitrophe de quatre voisines : Valeilles au nord, Roquecor à l'est, Saint-Amans-du-Pech au sud, et Massoulès à l'ouest — cette dernière déjà en Lot-et-Garonne. Cette proximité immédiate avec le département voisin n'est pas anecdotique : elle explique que Saint-Beauzeil regarde autant vers Agen que vers Montauban, sa propre préfecture. Le village relève du canton du Pays de Serres Sud-Quercy et de la Communauté de communes du Pays de Serres en Quercy.

DonnéeValeur
Code postal / INSEE82150 / 82157
Département / RégionTarn-et-Garonne / Occitanie
Région naturelleQuercy Blanc
ArrondissementCastelsarrasin
Superficie9,84 km²
Altitude127 m à 240 m
Population117 habitants (2023) — les Saint-Beauzeillois
Densité~12 hab/km²

Quelques repères chiffrés pour situer précisément le village : Saint-Beauzeil se trouve aux environs de 44,33° de latitude nord et 0,90° de longitude est, avec une altitude moyenne d'environ 207 mètres — le bâti occupe donc plutôt le haut des serres que le fond des vallons. La densité, elle, mérite une précision d'honnêteté statistique : elle s'établit à 11,5 habitants au km² si l'on retient la population légale 2022 (113 habitants), et frôle les 12 avec le chiffre de 2023 (117 habitants). Selon l'année de référence, on lira donc « 11,5 » ou « 12 » — les deux sont exacts, à condition de préciser le millésime.

Un piège administratif mérite d'être signalé au passage : certaines bases de données, dont Wikidata, rattachent encore Saint-Beauzeil au canton de Caylus — une information périmée depuis 2015, date du redécoupage cantonal qui a créé le canton actuel du Pays de Serres Sud-Quercy. C'est un bon exemple de donnée obsolète qui circule de site en site : pour le canton d'une commune française, la fiche INSEE ou l'article encyclopédique tenu à jour font foi, pas les agrégateurs automatiques.

Carcin Blanc, le pays du calcaire clair

Le Quercy BlancCarcin Blanc en occitan — désigne la partie méridionale du Quercy historique, à cheval sur le Lot et le Tarn-et-Garonne. Il doit son nom à une réalité géologique : ses calcaires lacustres du Tertiaire, des roches à la couleur claire, presque blanche, faute d'oxydes de fer. Ce socle donne au paysage ses teintes pâles et son relief de plateaux entaillés. Les villages emblématiques de ce pays — Lauzerte, perché entre deux vallées, Montcuq, Castelnau-Montratier, Montaigu-de-Quercy — dessinent une géographie de collines douces et de bourgs de hauteur, dont Saint-Beauzeil est une modeste et fidèle représentante.

Géographiquement, ce pays blanc commence à l'ouest de Cahors et s'étire vers le sud, débordant du Lot sur le nord du Tarn-et-Garonne — on y range aussi Cazes-Mondenard parmi les villages représentatifs. La blancheur des sols, elle, s'explique très simplement : ces calcaires lacustres sont pauvres en oxydes de fer, les pigments qui rougissent tant de terres du Sud-Ouest. D'où ce « causse blanc » aux teintes de craie, qui a fini par donner son nom à toute la région naturelle — Carcin Blanc pour les occitanophones.


Démographie

Le pic de 1836, le creux de 2016, le rebond d'aujourd'hui

La courbe de population de Saint-Beauzeil raconte, en miniature, l'histoire de la France rurale — avec une fin heureuse. Au milieu du XIXe siècle, le village atteint un sommet impressionnant : 532 habitants en 1836. À l'époque, une agriculture de subsistance à forte main-d'œuvre pouvait nourrir plusieurs centaines de personnes sur moins de 10 km². Puis vient le long déclin : mécanisation, exode vers les villes, émigration. La commune perd plus de la moitié de sa population, jusqu'à un creux de 100 habitants en 2016 — cinq fois moins qu'en 1836.

AnnéePopulation
1793180 habitants
1836532 (pic historique)
1921200
1975111
2016100 (creux historique)
2023117 habitants

La série complète des recensements donne la mesure du reflux : 506 habitants encore en 1846, puis 316 en 1881 — la commune perd près de deux cents âmes en une génération, au moment où la crise agricole et l'attrait des villes vident les campagnes du Sud-Ouest. Le XXe siècle poursuit l'érosion : 200 habitants en 1921, au lendemain de la Grande Guerre, 164 en 1962, 111 en 1975. Un léger sursaut porte la population à 132 en 1999, avant une nouvelle glissade vers le plancher de 2016. Entre le pic de 1836 et ce creux, la chute atteint −78 % : une population divisée par 5,3 en cent quatre-vingts ans.

Un rebond sept fois plus rapide que la France

La série INSEE passe de 100 habitants en 2016 à 117 en 2023, après 532 habitants en 1836 (INSEE). Sur une commune de cette taille, quelques arrivées ou départs suffisent à produire une forte variation en pourcentage. Les données de recensement décrivent ce rebond, mais ne permettent pas à elles seules d'en attribuer la cause à un regain d'attrait rural.

L'énigme démographique de la Révolution

Un détail curieux mérite d'être relevé : la population avait déjà connu une flambée sous la Révolution, passant de 180 habitants en 1793 à 405 en 1800, puis 532 en 1836 — une hausse atypique pour une petite commune rurale, avant le grand reflux du siècle suivant. De l'apogée agricole du XIXe siècle au rebond résidentiel du XXIe, Saint-Beauzeil aura décrit une trajectoire complète — déclin puis renaissance — que peu de villages de sa taille peuvent revendiquer.


Étymologie

Le saint caché dans le nom : de Baudile à Beauzeil

On lit souvent que l'origine du nom « Saint-Beauzeil » serait obscure — la section « toponymie » de la fiche communale est d'ailleurs vide. Mais l'énigme n'en est pas vraiment une : « Beauzeil » est une forme francisée de saint Baudile (en latin Baudilius), un martyr chrétien du IIIe siècle. Le nom du village est donc un hagiotoponyme — un nom bâti autour d'un saint —, comme il en pullule dans le Sud-Ouest occitan.

Baudile, martyr décapité près de Nîmes

Saint Baudile, originaire d'Orléans, aurait été décapité vers 260 près de Nîmes, où son culte s'est ensuite largement diffusé. De son nom sont nés, par évolution phonétique occitane, quelque dix-sept toponymes à travers la France — Saint-Bauzeil, Saint-Beauzile, Saint-Bauzély, Saint-Beaulize… et notre Saint-Beauzeil. La transformation Baudile → Beauzeil illustre bien le glissement des sons entre le latin d'Église, l'occitan parlé et la graphie française fixée par l'administration.

La nuance mérite d'être posée avec précision, car elle illustre les limites de la lecture rapide : la fiche encyclopédique de la commune présente bel et bien une section « Toponymie » vide, ce qui a pu laisser croire à une étymologie inconnue. Mais l'explication figure ailleurs — dans le dossier consacré à saint Baudile de Nîmes, qui cite nommément Saint-Beauzeil parmi les localités issues de son nom. Autrement dit, ce n'est pas le savoir qui manque, c'est la fiche communale qui est incomplète : le type toponymique, lui, est établi de longue date. Saint Baudile est fêté le 20 mai — une date à retenir pour la suite.

Et voici le petit paradoxe savoureux de ce village : le nom et l'église ne parlent pas du même saint. La commune tire son nom de saint Baudile, fêté le 20 mai ; mais son église paroissiale est dédiée à saint Fabien et saint Sébastien, fêtés le 20 janvier. Deux saints, deux dates — un décalage fréquent dans les paroisses rurales, où le vocable de l'église a parfois changé au fil des reconstructions, tandis que le nom du lieu, lui, restait fidèle à son saint fondateur. Les habitants, eux, sont tout simplement les Saint-Beauzeillois.


Patrimoine

L'église Saint-Fabien-et-Saint-Sébastien, isolée à Marcounat

L'édifice religieux principal de la commune est l'église Saint-Fabien-et-Saint-Sébastien. Contrairement à ce qu'on lit parfois, elle ne se dresse pas au bourg mais en pleine campagne, au lieu-dit Marcounat, isolée au milieu des terres — une implantation fréquente dans ce pays d'habitat dispersé. Elle est répertoriée à l'Inventaire général du patrimoine (base Mérimée), mais n'est pas classée ni inscrite au titre des Monuments historiques (notice POP/Mérimée).

Église Saint-Fabien-et-Saint-Sébastien de Saint-Beauzeil
L'église Saint-Fabien-et-Saint-Sébastien, isolée au lieu-dit Marcounat. (Illustration.)

La notice de l'Inventaire général — référencée IA00040317 dans la base Mérimée, à la suite d'une enquête menée en 1985 — retient d'ailleurs une dénomination officielle légèrement différente de l'usage courant : « église paroissiale Saint-Fabien, Saint-Sébastien », avec une virgule plutôt qu'un « et », et la classe explicitement en milieu « isolé ». Quant au mobilier, prudence : la base Palissy recense bien des objets pour une église « Saint-Fabien-et-Saint-Sébastien »… mais il s'agit de celle de Mant, dans les Landes — une homonymie parfaite qui a piégé plus d'un rédacteur. Aucune notice d'objet n'est rattachée à l'église de Saint-Beauzeil : attribuer à Marcounat le mobilier landais serait une erreur de copier-coller, pas un fait.

Un chevet du XIVe siècle, une nef de 1781

Son histoire est mouvementée. Le chevet remonte au XIVe siècle ; mais la nef s'est effondrée en 1778, avant d'être reconstruite — le portail porte la date d'achèvement, 1781 (notice POP/Mérimée) — et complétée d'une sacristie au XIXe siècle. Une église plusieurs fois relevée, à l'image de tant de paroisses rurales qui ont dû, faute de moyens, rebâtir patiemment leur édifice au fil des siècles. (À noter : des objets d'art parfois attribués à cette église relèvent en réalité d'une homonyme d'un autre département — nous ne les mentionnons donc pas.)

Fabien et Sébastien, martyrs du 20 janvier

Le double vocable associe deux martyrs romains fêtés le même jour, le 20 janvier. Saint Fabien fut pape de 236 à 250 : la tradition raconte qu'une colombe se posa sur sa tête lors de son élection, signe de désignation divine ; il mourut martyr en 250, sous la persécution de l'empereur Dèce. Saint Sébastien, lui, est l'un des saints les plus représentés de l'art occidental : soldat romain converti, condamné à être percé de flèches sous Dioclétien, il aurait survécu à cette exécution — soigné en secret — avant d'être finalement mis à mort. C'est parce que ces deux figures partagent la date du 20 janvier que tant de paroisses du Sud-Ouest les honorent ensemble.

Deux détails hagiographiques, souvent déformés, valent d'être rétablis. Pour Fabien, la tradition met dans la bouche de l'assemblée réunie autour de la colombe la formule « Il est digne ! » — et c'est ainsi que ce laïc inattendu devint pape. Pour Sébastien, l'iconographie du corps criblé de flèches a fini par masquer la fin réelle du récit : selon la tradition, le centurion converti survit au supplice des archers, est soigné en secret, reparaît devant l'empereur… et c'est alors seulement qu'il est achevé à coups de verges. Les flèches, omniprésentes dans la peinture occidentale, ne sont donc pas, dans la légende même, la cause de sa mort.


Patrimoine

Souillas : la seconde église d'un si petit territoire

Détail qui surprend pour une commune de moins de 10 km² : Saint-Beauzeil compte non pas une mais deux églises. La seconde, l'église Saint-Sulpice-et-Saint-Simplice, se trouve au hameau de Souillas, à l'écart du bourg. Là encore, un double vocable : saint Sulpice, l'un des évêques de ce nom qui marquèrent l'Église en Gaule, et saint Simplice, pape ou martyr des premiers siècles selon les traditions locales.

Église du hameau de Souillas à Saint-Beauzeil
L'église de Souillas, témoin d'une organisation paroissiale d'Ancien Régime. (Illustration.)

L'existence de deux paroisses distinctes sur un territoire aussi réduit illustre un schéma répandu dans les campagnes d'Ancien Régime : avant les regroupements des XIXe et XXe siècles, chaque hameau suffisamment peuplé pouvait posséder sa propre église, indépendante de celle du bourg. Saint-Beauzeil au nord-est, Souillas au sud : deux communautés, deux clochers, sur moins de dix kilomètres carrés. Souillas, aujourd'hui simple hameau rattaché à la commune, a conservé son édifice — témoin d'une organisation territoriale bien plus fragmentée que la nôtre.

Les informations précises sur l'architecture ou la datation de l'église de Souillas restent, il faut le reconnaître, limitées : elle n'a pas fait l'objet d'une étude patrimoniale approfondie, comme tant d'édifices de hameaux ruraux. On lui prête un clocher-porche à l'aspect assez monumental ; nous en resterons là, faute de source établie, plutôt que de broder.

Un fait, en revanche, est solidement établi et assez rare pour être souligné : ce hameau minuscule possède sa propre notice Wikidata dédiée à son église (Q60392457), distincte de celle de la commune, et l'édifice est cartographié en tant que tel dans OpenStreetMap. Pour un lieu-dit de quelques feux, c'est une forme de reconnaissance documentaire peu commune. Les sources touristiques locales signalent aussi, aux abords de l'église, une croix de chemin — ces petits jalons de piété rurale qui balisaient autrefois les itinéraires entre paroisses, et dont le Quercy conserve de nombreux exemplaires.


Nature

La Tancanne : une rivière qui naît au village

S'il fallait retenir un seul fait géographique sur Saint-Beauzeil, ce serait celui-ci : la Tancanne, cours d'eau de 19 kilomètres, prend sa source sur le territoire de la commune. Pour un village de moins de 10 km², être le berceau d'une rivière n'a rien d'anodin : cela signifie que Saint-Beauzeil se trouve sur une ligne de partage des eaux, au point haut d'un bassin versant — une position que rend possible son relief de serres, culminant à 240 mètres.

Source boisée de la Tancanne à Saint-Beauzeil
La Tancanne à sa naissance, dans un vallon du Quercy Blanc. (Illustration.)

De la source à la Garonne, par le Boudouyssou et le Lot

Depuis sa source, la Tancanne s'écoule d'est en ouest et traverse sept communes — Saint-Beauzeil, puis Hautefage-la-Tour, Auradou, Massoulès, Frespech, Massels et Penne-d'Agenais — avant de se jeter dans le Boudouyssou, à Penne-d'Agenais, déjà en Lot-et-Garonne. Elle appartient au grand bassin Adour-Garonne, rejoignant in fine la Garonne. Sur le territoire communal lui-même, le réseau hydrographique reste modeste : environ 7 kilomètres de cours d'eau au total, la Tancanne, le ruisseau de la Combe et un petit affluent.

Précision de géographe : la Tancanne n'est pas, à strictement parler, un affluent de la Garonne, mais un sous-affluent. La chaîne complète s'écrit Tancanne → BoudouyssouLotGaronne : l'eau née sur les serres de Saint-Beauzeil rejoint donc le grand fleuve aquitain par deux intermédiaires successifs. Son régime est pluvial, directement commandé par les précipitations — d'où des crues brutales après les gros épisodes pluvieux, un comportement parfaitement cohérent avec la liste des inondations reconnues sur la commune.

Crues et argiles, les revers du relief

Cette configuration a son revers : les crues. Un cours d'eau né sur des serres au relief pentu peut connaître des montées rapides après de fortes pluies. Saint-Beauzeil a ainsi été reconnue en état de catastrophe naturelle pour inondations et coulées de boue à quatre reprises — en 1982, 1993, 1999 et 2007. À cela s'ajoute un aléa plus discret mais bien réel dans ce pays argilo-calcaire : le retrait-gonflement des argiles, qui fissure le bâti et touche ici la quasi-totalité de la commune (99,8 % de la superficie). Deux sécheresses, en 2005 et 2011, y ont d'ailleurs été classées catastrophes naturelles.

Le chiffre le plus frappant de ce dossier des risques n'est pourtant pas celui de la superficie : au-delà des 99,8 % du territoire classés en aléa moyen ou fort, ce sont 100 % des bâtiments recensés de la commune — 83 constructions sur 83 — qui se trouvent exposés au retrait-gonflement des argiles. Autrement dit, il n'existe pas, à Saint-Beauzeil, une seule maison bâtie hors zone d'aléa. C'est la conséquence directe du socle argilo-calcaire du Quercy Blanc : le même sous-sol qui donne au pays sa blancheur et ses serres impose aussi ses règles au bâti, des fondations aux enduits.


Nature

Un climat de l'intérieur, un pays de grandes cultures

Éloignée de l'influence tempérante de l'Atlantique, Saint-Beauzeil connaît un climat océanique altéré, de la région Aquitaine-Gascogne. La station de Laroque-Timbaut relève une température annuelle moyenne de 14 °C et un cumul de précipitations d'environ 820 mm sur ses statistiques de référence ; consulter la fiche climatologique officielle Météo-France. Les records publiés pour cette station sont 41,6 °C le 11 août 2025 et −14 °C le 9 février 2012, dans cette même fiche consultée le 23 juillet 2026.

Vignes et tournesols sur les coteaux du Quercy Blanc
Vignes et tournesols du Quercy Blanc, un paysage de grandes cultures. (Illustration.)

Le paysage reste résolument agricole : les zones agricoles couvrent plus des deux tiers du territoire, les forêts près d'un tiers. Historiquement, le Quercy Blanc a vécu de la vigne sur les côtes arides, du blé sur les plateaux et du maïs dans les vallées ; Saint-Beauzeil reste aujourd'hui orientée vers les grandes cultures. Comme partout, l'agriculture s'est concentrée : la commune est passée de 25 exploitations en 1988 à une douzaine en 2020, la surface moyenne par ferme ayant plus que doublé.

Ce terroir de calcaires clairs, de vignes et de tournesols, ponctué de pigeonniers — ces tours de pierre emblématiques du Quercy, jadis marqueurs de statut et sources d'engrais précieux —, compose l'essentiel du charme du lieu. Rien de spectaculaire, mais un paysage d'une grande cohérence, où chaque élément raconte l'histoire agricole du Quercy Blanc.


Accès

Venir de Bordeaux et rayonner en Quercy Blanc

Saint-Beauzeil est une commune enclavée, à l'écart des grands axes, et sans gare. Depuis Bordeaux, comptez environ 176 km et 2 heures par la route. Le pôle urbain de référence est Agen, à une trentaine de kilomètres (~31 km, 35 min ; gare TER d’Agen) — plus proche et plus accessible que Montauban ou Toulouse. La petite ville la plus proche dotée de commerces est Montaigu-de-Quercy, à une douzaine de kilomètres.

Depuis / versDistanceTemps
Bordeaux → Saint-Beauzeil~176 km~2h
Agen (route)~31 km~35 min
Montaigu-de-Quercy~12 km~17 min
Toulouse (route)~112 km~1h45
Lauzerte~25 km~30 min

Sans desserte ferroviaire et avec un habitat très dispersé, la voiture est ici indispensable — près de 85 % des habitants l'utilisent pour aller travailler. Pour une échappée dans le Quercy Blanc — Saint-Beauzeil, ses deux églises et la source de la Tancanne, puis les bourgs perchés de Lauzerte, Montcuq ou Montaigu-de-Quercy —, sans se soucier de l'itinéraire ni du stationnement, un chauffeur privé au départ de Bordeaux permet d'enchaîner les étapes en porte-à-porte, à son rythme.

Bon à savoir : Saint-Beauzeil ne dispose ni d'hébergement structuré, ni de restauration, ni de commerces — c'est un village de campagne, à découvrir comme une halte dans un itinéraire plus large, entre l'Agenais et le cœur du Quercy Blanc. Attention enfin à ne pas lui prêter le patrimoine des communes voisines : le musée du Foie Gras est à Frespech, l'église Notre-Dame de Peyragude à Penne-d'Agenais — Saint-Beauzeil a le sien, plus discret, mais bien à elle.


FAQ

Questions fréquentes

Où se trouve Saint-Beauzeil ?

À l'extrême nord-ouest du Tarn-et-Garonne (code postal 82150), en région Occitanie, dans l'arrondissement de Castelsarrasin, aux confins du Lot-et-Garonne. La commune appartient à la région naturelle du Quercy Blanc. C'est un village d'environ 117 habitants, à quelque 176 km (2 heures) de Bordeaux et 31 km d'Agen. Il n'y a pas de gare.

D'où vient le nom « Saint-Beauzeil » ?

Le nom dérive de saint Baudile (en latin Baudilius), martyr chrétien du IIIe siècle décapité près de Nîmes. « Beauzeil » est une forme francisée de « Baudile », par évolution phonétique occitane — un phénomène que l'on retrouve dans une quinzaine d'autres toponymes français. Curiosité : le village porte le nom de saint Baudile (fêté le 20 mai), mais son église est dédiée à saint Fabien et saint Sébastien (fêtés le 20 janvier).

Qu'est-ce que le Quercy Blanc ?

Le Quercy Blanc (Carcin Blanc en occitan) est une région naturelle qui correspond à la partie méridionale du Quercy historique, à cheval sur le Lot et le Tarn-et-Garonne. Il doit son nom à ses calcaires lacustres du Tertiaire, des roches claires presque blanches. C'est un pays de « serres » — de longues collines allongées séparées par des vallées — dont Lauzerte, Montcuq et Montaigu-de-Quercy sont les bourgs emblématiques.

Comment la population de Saint-Beauzeil a-t-elle évolué ?

La série INSEE passe de 100 habitants en 2016 à 117 en 2023, après 532 habitants en 1836 (INSEE). Sur une commune de cette taille, quelques arrivées ou départs suffisent à produire une forte variation en pourcentage. Les données de recensement décrivent ce rebond, mais ne permettent pas à elles seules d'en attribuer la cause à un regain d'attrait rural.

Quelle rivière prend sa source à Saint-Beauzeil ?

La Tancanne, cours d'eau de 19 km, prend sa source directement sur le territoire de la commune, sur une ligne de partage des eaux. Elle s'écoule d'est en ouest, traverse sept communes, et se jette dans le Boudouyssou à Penne-d'Agenais, en Lot-et-Garonne. Elle appartient au bassin Adour-Garonne. Cette configuration expose la commune à des crues, reconnues catastrophe naturelle en 1982, 1993, 1999 et 2007.

Pourquoi l'église s'appelle-t-elle Saint-Fabien-et-Saint-Sébastien ?

Parce qu'elle honore deux martyrs romains fêtés le même jour, le 20 janvier : saint Fabien, pape de 236 à 250 mort sous la persécution de Dèce, et saint Sébastien, soldat romain converti, condamné à être percé de flèches sous Dioclétien. Ce double vocable, fréquent dans le Sud-Ouest, permettait de célébrer les deux saints en une seule fête. L'église, isolée au lieu-dit Marcounat, n'est pas classée Monument historique.

Combien coûte un trajet Bordeaux → Saint-Beauzeil en chauffeur privé ?

À partir de 298 € pour le trajet aller, en porte-à-porte, pour 1 à 3 passagers (véhicule éco) — tarif indicatif pour ~176 km et environ 2 heures de route. Le prix exact dépend de l'horaire, du véhicule (berline ou van jusqu'à 7 passagers) et des arrêts souhaités. Un devis fixe et écrit est fourni avant le départ.

Y a-t-il vraiment deux églises à Saint-Beauzeil ?

Oui. Sur moins de 10 km², la commune compte deux édifices religieux : l'église Saint-Fabien-et-Saint-Sébastien, isolée au lieu-dit Marcounat, et l'église Saint-Sulpice-et-Saint-Simplice, au hameau de Souillas. C'est le témoignage d'une organisation paroissiale d'Ancien Régime, où chaque hameau suffisamment peuplé pouvait disposer de sa propre église.

L'église de Saint-Beauzeil est-elle classée Monument historique ?

Non. L'église Saint-Fabien-et-Saint-Sébastien est répertoriée à l'Inventaire général du patrimoine (base Mérimée, notice IA00040317, enquête de 1985), mais elle n'est ni classée ni inscrite au titre des Monuments historiques. Attention par ailleurs à une homonymie trompeuse : les objets d'art recensés en base Palissy pour une église du même vocable concernent celle de Mant, dans les Landes — aucun mobilier n'est officiellement rattaché à l'église de Saint-Beauzeil.

Quel climat trouve-t-on à Saint-Beauzeil ?

Un climat océanique altéré, typique de l'intérieur des terres : 14 °C de moyenne annuelle et environ 820 mm de pluie selon la fiche climatologique Météo-France de Laroque-Timbaut. Les records publiés pour cette station sont 41,6 °C le 11 août 2025 et −14 °C le 9 février 2012.

Que voir autour de Saint-Beauzeil ?

Les bourgs perchés du Quercy Blanc : Lauzerte (l'un des « Plus Beaux Villages de France »), Montcuq, Castelnau-Montratier et Montaigu-de-Quercy, tout proche. Côté Lot-et-Garonne, Penne-d'Agenais et son église Notre-Dame de Peyragude, ou le musée du Foie Gras de Frespech. Agen, à une trentaine de kilomètres, offre marchés, musées et gastronomie.

Aller plus loin

Pour aller plus loin

Sources

Sources et références

Article mis à jour en juillet 2026.

Réservation 24h/24

En route pour le Quercy Blanc

Trajet direct depuis Bordeaux (~2h) vers Saint-Beauzeil et le Quercy Blanc, arrêts libres en chemin — Lauzerte, Montaigu-de-Quercy, Agen. Devis fixe par écrit sous 30 minutes, berline ou van 8 places, chauffeur anglophone.

Collines et champs du Quercy Blanc à Saint-Beauzeil
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