Cadillac, la bastide ducale

Une bastide fortifiée de la rive droite de la Garonne, dominée par le château des ducs d'Épernon. Fondée en 1280, ceinte de remparts classés, gardienne d'un palais devenu la première prison de femmes de France, et berceau d'un vin blanc liquoreux méconnu — à moins d'une heure de Bordeaux, face au Sauternais.

5,0 · 40 avis Google~43 km · 47 min de Bordeaux26 min de lecture
Repères

Cadillac en un coup d'œil

Cadillac est une bastide fortifiée de la rive droite de la Garonne, dominée par l'immense château des ducs d'Épernon. Située en Gironde, à moins d'une heure au sud-est de Bordeaux, Cadillac (Gironde) fait face au Sauternais et veille sur un vin blanc liquoreux longtemps resté dans l'ombre de ses voisins. Trois précisions s'imposent d'emblée, car on les escamote souvent : la commune s'appelle officiellement Cadillac-sur-Garonne depuis le 1er janvier 2023, « Cadillac » restant l'usage courant ainsi que le nom du château et de l'appellation ; son château est classé Monument historique, propriété de l'État, et fut au XIXe siècle la première prison de femmes de France ; enfin, contrairement à une idée reçue tenace, la ville girondine n'a jamais donné son nom à la célèbre marque automobile. Ce guide sépare, à chaque étape, le vérifié du répété : chiffres INSEE, dates de classement et confusions courantes remises à l'endroit, sources à l'appui.

RepèreDétail
Nom officielCadillac-sur-Garonne (depuis le 1er janvier 2023) · usuel « Cadillac »
LocalisationGironde (33), Nouvelle-Aquitaine
StatutBastide · arr. de Langon · canton de l'Entre-Deux-Mers · CC Convergence Garonne
Population2 670 habitants (INSEE 2023), les Cadillacais
IncontournablesChâteau des ducs d'Épernon, remparts, AOC Cadillac liquoreux
Depuis Bordeaux~43 km · ~47 min · dès 87

Ce guide déroule, dans l'ordre, la situation géographique de Cadillac et le poids de son histoire administrative récente, puis l'origine de son nom, avant d'aborder le cœur du sujet : la bastide fondée en 1280, ses remparts classés, l'immense château des ducs d'Épernon et son surprenant destin carcéral. Vient ensuite le grand malentendu — le lien supposé avec l'automobile — que l'on démêle pièce par pièce, puis le vignoble et ses deux appellations homonymes, ce que l'on peut faire sur place, les villages des environs et, pour finir, la manière la plus simple de s'y rendre depuis Bordeaux. À chaque étape, les faits sont rattachés à une source, et les idées reçues — nombreuses dès que l'on approche Cadillac — sont signalées puis corrigées, plutôt que recopiées.


Situer

Où se trouve Cadillac ?

Cadillac — officiellement Cadillac-sur-Garonne — est une commune de la Gironde (33), en région Nouvelle-Aquitaine. Elle porte le code INSEE 33081 et le code postal 33410, et couvre une superficie étonnamment modeste, d'environ 5,44 kilomètres carrés : c'est l'un des territoires communaux les plus resserrés du secteur. Administrativement, elle relève de l'arrondissement de Langon, du canton de l'Entre-Deux-Mers et de la communauté de communes Convergence Garonne. Le bourg se déploie sur la rive droite de la Garonne, au sud de l'Entre-deux-Mers, ce grand plateau viticole coincé entre la Garonne et la Dordogne. En face, sur l'autre berge, commencent le Sauternais et la rive gauche des Graves.

Coteaux viticoles de la rive droite de la Garonne près de Cadillac au coucher du soleil, vignes et château au loin
Cadillac domine la rive droite de la Garonne, face au Sauternais.

Cette position de rive droite est la clé du paysage. Cadillac occupe le pied et les premiers coteaux qui dominent le fleuve : en contrebas, la plaine alluviale et la Garonne large et lente ; au-dessus, des collines couvertes de vignes qui regardent, de l'autre côté de l'eau, le vignoble du Sauternais. La commune est physiquement contiguë à Béguey, au point que les deux bourgs se touchent, et voisine de Rions, un peu en amont. Vers la rive gauche, le franchissement se fait par le pont de Cadillac, qui relie la bastide à Cérons puis, un peu plus loin, à Podensac. On est ici dans un pays de confluence, où les appellations liquoreuses des deux rives se font face de part et d'autre de la Garonne.

Le relief, sans être spectaculaire, suffit à tout expliquer. Les coteaux exposés au sud-ouest, drainés vers le fleuve, offrent à la vigne des pentes bien orientées, tandis que la Garonne, en contrebas, joue un rôle décisif dans le microclimat automnal dont naissent les vins doux. Le petit territoire communal, l'un des plus compacts du canton, se concentre le long de la rive : d'où une silhouette de ville dense, ramassée autour de sa bastide et de son château, sans étalement dans les vignes. C'est un paysage à double lecture — patrimonial en bas, viticole en haut — que l'on embrasse d'un seul regard depuis les hauteurs des coteaux.

À quelle distance de Bordeaux ?

Depuis le centre de Bordeaux, comptez environ 43 kilomètres et à peu près 47 minutes de route. Attention à une confusion fréquente : on lit parfois « 34 km », mais ce chiffre correspond à la distance à vol d'oiseau, pas au trajet réel. Par la route, on rejoint Cadillac en suivant la rive droite de la Garonne, ou bien par l'A62 et un franchissement du fleuve selon l'itinéraire choisi. La gare la plus proche n'est d'ailleurs pas sur la même rive : il s'agit de celle de Cérons, à environ 2,5 kilomètres, sur la rive gauche, reliée par le pont. Cette distance modeste fait de Cadillac une escapade facile à la demi-journée ou à la journée, au départ de Bordeaux.

Depuis CadillacDistance approx.Note
Béguey~1 km (contiguë)Commune limitrophe · Château Reynon
Rions~5 kmVillage fortifié voisin
Loupiac~11 kmLiquoreux de la rive droite
Céronspar le pontRive gauche · gare TER
Bordeaux~43 km~47 min de route

Démographie

Combien d'habitants à Cadillac ?

Cadillac est un petit bourg à l'échelle rurale, mais dense pour sa taille. Sa population municipale s'établissait à 2 670 habitants au recensement INSEE de 2023, chiffre en vigueur au 1er janvier 2026. Consulter la source INSEE. Mieux vaut s'en tenir à ce millésime : on rencontre encore, recopiés d'un site à l'autre, des chiffres périmés de l'ordre de 2 818 (2018) ou 2 846 (2020), qui ne correspondent plus à la réalité. Rapportée à une superficie de seulement 5,44 kilomètres carrés, cette population donne une densité d'environ 491 habitants au kilomètre carré — une valeur étonnamment élevée pour ce que l'INSEE classe pourtant comme un « bourg rural ».

Ce paradoxe s'explique par la géographie : le territoire communal est minuscule, l'un des plus resserrés du secteur, et toute la population se concentre le long de la rive droite, autour de la bastide. Il ne s'agit donc pas d'une grande ville, mais d'un bourg compact et bien habité, sans étalement dans les vignes. Cadillac est d'ailleurs la ville-centre de sa propre petite unité urbaine — une agglomération de quatre communes totalisant environ 5 356 habitants en 2023 — tout en appartenant à la couronne de l'aire d'attraction de Bordeaux. Elle est à la fois un pôle local, avec ses commerces et son marché, et une commune sous l'influence lointaine de la métropole bordelaise.

Une population en lent repli

Sur le temps long, la courbe est orientée à la baisse. Cadillac comptait 3 748 habitants en 1968 ; elle en a perdu régulièrement depuis — 3 340 en 1975, 2 961 en 1982, 2 582 en 1990, jusqu'à un creux de 2 365 habitants en 1999. Une reprise a suivi, avec un pic récent à 2 846 habitants en 2020, avant un nouveau reflux marqué : 2 785 en 2021, 2 727 en 2022, puis 2 670 en 2023, soit 176 habitants de moins en trois ans à peine. Ce mouvement, commun à bien des petits bourgs viticoles de la Gironde intérieure, contraste avec la vitalité patrimoniale et touristique de la commune. Les habitants, eux, se nomment les Cadillacais et les Cadillacaises.

DonnéeValeur
Population municipale2 670 hab. (INSEE 2023)
Superficie5,44 km²
Densité~491 hab./km²
GentiléCadillacais, Cadillacaises
Code postal33410
Code INSEE33081

Le nom

D'où vient le nom de Cadillac ?

Le premier fait à connaître sur le nom de Cadillac n'est pas une étymologie, mais une actualité administrative. Depuis le 1er janvier 2023, la commune s'appelle officiellement Cadillac-sur-Garonne, en vertu du décret n° 2022-1225 du 12 septembre 2022. Jusqu'au 31 décembre 2022, elle se nommait simplement « Cadillac ». Attention toutefois à ne pas surinterpréter ce changement : il s'agit d'un simple changement de nom, et non d'une fusion de communes. Le code INSEE 33081 reste inchangé, la superficie de 5,44 kilomètres carrés aussi, le territoire n'a pas bougé d'un mètre, et la commune voisine de Béguey demeure une commune distincte, comme avant. « Cadillac » reste par ailleurs l'usage courant, et surtout le nom du château et de l'appellation viticole, qui n'ont pas été rebaptisés.

L'origine ancienne du nom, elle, se présente au conditionnel. La seule forme historique réellement attestée est « Cadilacum », relevée en 1306. À partir de là, les toponymistes reconstituent une formation gallo-romaine classique : un anthroponyme suivi du suffixe gaulois -acum, marquant à l'origine un lieu, puis, à l'époque gallo-romaine tardive, la propriété — d'où la glose « domaine de… ». Le nom de personne supposé, *Catilius, porte un astérisque : c'est une reconstruction, non un nom documenté. Les spécialistes ne s'accordent d'ailleurs pas tout à fait : Dauzat rattache la racine à un gaulois « Catilus », Nègre à un nom roman « Catilius ». Retenons la prudence d'usage : le nom de Cadillac remonterait à un domaine gallo-romain, hypothèse admise par les toponymistes, mais non une certitude documentée.

Cadillac ou Cadillac-sur-Garonne ?

Les deux formes coexistent, et savoir laquelle employer évite bien des malentendus. « Cadillac-sur-Garonne » est la dénomination administrative officielle depuis 2023 : c'est elle que l'on trouve dans les documents d'état civil, sur les panneaux d'entrée d'agglomération et dans les référentiels officiels. « Cadillac », en revanche, reste parfaitement légitime dans l'usage courant, et demeure le nom du château des ducs d'Épernon comme celui des deux AOC. Dans ce guide, nous écrivons « Cadillac » quand nous parlons de la ville au quotidien, du monument ou du vin, et « Cadillac-sur-Garonne » lorsque le contexte administratif l'exige. Quant à la forme gasconne, ancienne et locale, elle s'écrit Cadilhac.

Un dernier détail amusera les curieux de langue. Le même étymon — le radical Catil-/Cadil- suivi du suffixe -acum — a donné naissance à des noms très différents selon les régions. Au sud, dans le domaine occitan, il aboutit à « Cadillac », avec sa terminaison en -ac ; plus au nord, la même racine a pu évoluer vers certains « Chailly », comme Chailly-en-Bière, attesté « Cadiliaco » dès 808. Deux villages que rien ne rapproche aujourd'hui, mais dont les noms descendent d'une même souche gallo-romaine. Quant à la question qui brûle les lèvres — le lien avec la voiture —, elle mérite à elle seule sa propre enquête, un peu plus loin dans ce guide.


La bastide

La bastide et ses remparts

Cadillac est née d'un projet d'urbanisme médiéval : c'est une bastide, l'une de ces villes neuves fortifiées que l'on créa par centaines dans le Sud-Ouest aux XIIIe et XIVe siècles. Le principe est partout le même : un plan régulier, souvent en damier, organisé autour d'une place centrale bordée d'une halle — ici la place de la République. À Cadillac, cette trame de ville neuve a été plaquée sur un site déjà occupé, le Bourg Saint-Jean, puis ceinte, plus tard, d'une enceinte de pierre. Le plan orthogonal est un trait générique des bastides, à ne pas prendre pour un relevé mesuré au cordeau : aucune source ne donne de géométrie précise, mais l'esprit régulier de la ville neuve se lit encore dans le tracé des rues.

Porte médiévale en pierre et tour crénelée des remparts de la bastide de Cadillac, lumière chaude de fin de journée
Les remparts de Cadillac, classés Monuments historiques, gardent deux portes du XIVe siècle.

Une bastide de 1280

La date de fondation est établie : 1280. La bastide fut créée par Jean Ier de Grailly, vicomte de Benauges et sénéchal de Guyenne, personnage de premier plan de la Gascogne anglaise — car nous sommes alors en pleine Aquitaine des Plantagenêts, sous la souveraineté du roi d'Angleterre Édouard Ier. Il s'agit donc d'une fondation seigneuriale, décidée par un grand vassal, et non d'une bastide royale directe. Jean Ier de Grailly, dont la lignée marquera durablement la région, meurt en 1303. La création de Cadillac s'inscrit dans le grand mouvement de fondation des bastides qui, de part et d'autre de la frontière franco-anglaise, servaient autant à peupler et à mettre en valeur les campagnes qu'à tenir le territoire.

La ville ne devint une place forte que peu à peu. La fortification commença à partir de 1315, et l'enceinte comme ses portes ne furent achevées que « vers » 1366 — une date approximative, non un millésime attesté. Il s'écoula donc près de quatre-vingt-cinq ans entre la fondation de la bastide et sa clôture complète par des murailles. Ce délai n'a rien d'étonnant : élever une enceinte coûtait cher et prenait du temps. Cadillac, en position stratégique sur la Garonne, devint alors une pièce du dispositif de défense de Bordeaux, en aval du fleuve.

La bastide vécut ensuite au rythme des grands événements du royaume. Lors de son Grand Tour de France, le jeune roi Charles IX y fit étape, dans la nuit du 31 mars au 1er avril 1565 — signe du rang qu'avait pris la petite ville sur la Garonne. Deux siècles plus tard, à la Révolution, Cadillac se distingua par sa fidélité religieuse : avec Bordeaux, elle fut l'un des rares districts girondins où la majorité du clergé refusa de prêter le serment à la Constitution civile du clergé, promulguée en 1790. Petite ville, mais grande histoire.

Les deux portes qui subsistent

De cette enceinte médiévale, il reste aujourd'hui de beaux vestiges, protégés au titre des monuments historiques. Les remparts, l'enceinte et les portes font l'objet de la notice Mérimée PA00083501 et sont classés — l'enceinte par arrêté du 19 avril 1881, les remparts et les portes le 12 juillet 1886. Une précision de taille, car on lit parfois que les remparts seraient « classés depuis 1862 » : c'est une confusion, 1862 concerne le château, pas les murailles. Deux portes subsistent. La Porte de la Mer, au sud, côté Garonne, remonte au tout début de la fortification (à partir de 1315) ; c'est par elle que la ville communiquait avec le fleuve. La Porte de l'Horloge, à l'est — l'ancienne Porte Vernihaut du début du XIVe siècle —, fut coiffée en 1772 d'un dôme à clocheton qui lui donne sa silhouette actuelle. À ces deux portes s'ajoutent trois tours et une grande partie du mur d'enceinte.


Le château

Le château des ducs d'Épernon

Impossible de manquer le château : il occupe à lui seul près d'un tiers de la superficie de la bastide. Une confusion mérite d'être levée d'entrée : le « château des ducs d'Épernon » et le « château de Cadillac » ne sont pas deux monuments, mais un seul et même édifice. Pour le bâtir, on rasa tout le quadrant nord-ouest de la ville close, y compris une place forte médiévale antérieure. Le résultat est un immense palais de la fin de la Renaissance, sans commune mesure avec la modeste bastide qui l'entoure — une demeure princière plantée au cœur d'une petite ville de province.

Château des ducs d'Épernon à Cadillac, grands pavillons à hautes toitures et tours d'angle en pierre claire, lumière chaude
Le château des ducs d'Épernon, classé Monument historique, géré par le Centre des monuments nationaux.

Le Demi-Roi

L'homme qui voulut ce palais s'appelait Jean-Louis de Nogaret de La Valette (1554-1642), premier duc d'Épernon. Favori — l'on disait alors « mignon » — du roi Henri III, il accumula titres, charges et fortune au point d'être surnommé « le Demi-Roi », tant son influence paraissait rivaliser avec celle du souverain. C'est lui qui fit édifier le château à partir de 1598-1599, sous Henri IV puis Louis XIII : nous sommes bien à la charnière de la Renaissance et du XVIIe siècle, et non « au début du XVIe siècle » comme on le lit parfois par erreur. Le gros œuvre est traditionnellement attribué à l'architecte Pierre Souffron, mais l'attribution reste débattue — deux architectes périgourdins du même prénom, Pierre I et Pierre II, brouillent les pistes. Mieux vaut donc écrire « attribué à » que trancher.

Le personnage a laissé quelques traces savoureuses. C'est le duc d'Épernon qui fournit à Louis XIII, en 1622, les gardes à cheval dont naîtra la première compagnie des Mousquetaires du roi : Cadillac se trouve ainsi liée, de loin, aux origines des célèbres mousquetaires. Son cabinet de travail, dit-on, était surnommé « La Moutarde » par ses domestiques, tant ses colères et ses sautes d'humeur étaient redoutées. En 1617, il avait fait construire dans la ville l'hôpital Sainte-Marguerite, nommé en mémoire de son épouse, morte en couches à vingt-six ans. Homme de pouvoir jusqu'au bout, le Demi-Roi finit néanmoins en disgrâce, et s'éteignit à quatre-vingt-huit ans.

Un décor de cour

À l'intérieur, le château conserve un décor digne d'une cour princière. On y admire de monumentales cheminées à la française, des plafonds à la française aux poutres peintes, des volets intérieurs ornés, et surtout un ensemble textile exceptionnel : la plus importante collection de tentures et de tapisseries d'époque des XVIe et XVIIe siècles conservée par les monuments nationaux, plusieurs dizaines de pièces. Ce raffinement rappelle que le lieu ne fut pas conçu comme une forteresse, mais comme une résidence d'apparat destinée à recevoir et à éblouir.

Le statut patrimonial mérite d'être énoncé avec exactitude, car les approximations abondent. Le château, avec ses douves et son jardin, est classé au titre des monuments historiques — sur la liste de 1862, complétée par un arrêté du 12 juillet 1956 —, sous la notice Mérimée PA00083500. Il est classé, et non « inscrit » : la nuance compte, car seule la porte du potager des ducs relève, elle, d'une inscription (notice distincte PA00083502, arrêté de 1965). On croise aussi la référence IA33000088 : elle renvoie à une étude de l'Inventaire général, non à une protection. Propriété de l'État, le château est aujourd'hui géré et ouvert à la visite par le Centre des monuments nationaux. À quelques pas, la collégiale Saint-Martin — dite aussi Saint-Blaise —, fondée en 1490 par Gaston III de Foix-Candale puis reconstruite dans les années 1541-1544 et classée en 2002 (notice PA00083499), abrite dans sa chapelle funéraire du sud les tombeaux des ducs d'Épernon.


La prison

Quand le château devint une prison de femmes

Le destin du château bascule au XVIIIe siècle. Faute d'entretien et d'usage, ses ailes, ses pavillons et une partie de son mur d'enceinte sont démantelés vers le milieu du siècle, et les pierres vendues. Le monument aurait pu disparaître ; il fut sauvé par un usage inattendu. Sous la Restauration, en 1818, on décide d'y installer une prison ; les premières détenues arrivent vers 1822. Le château de Cadillac devient ainsi la première prison pour femmes de France, puis une école de préservation jusqu'en 1952, comme le rappelle le Centre des monuments nationaux (vérifié le 24 juillet 2026).

Les chiffres donnent la mesure de ce que fut ce lieu. En 1865, la prison comptait environ 500 détenues, réparties dans quatorze dortoirs aménagés à même les anciennes salles d'apparat du duc. Sur l'ensemble du XIXe siècle, ce sont quelque 10 000 femmes qui y furent enfermées, dans des conditions dont la mortalité disait la dureté. L'établissement accueillit aussi, vers 1905, une « école de préservation » pour jeunes filles, sur le modèle de celles de Doullens et de Clermont-de-l'Oise. Un incendie ravagea une partie des bâtiments en 1928. Vers 1930, le ministère de la Justice commanda même au studio parisien Henri Manuel un album de soixante photographies du « château-prison » — témoignage glaçant d'un patrimoine devenu lieu d'enfermement.

Le Centre des monuments nationaux assume aujourd'hui pleinement ce paradoxe : c'est très probablement l'usage carcéral qui a sauvé le château. Sans l'installation de la prison en 1818, l'édifice, déjà amputé et dépecé, aurait sans doute continué à servir de carrière de pierres jusqu'à la ruine complète. La prison, en occupant les lieux et en les entretenant tant bien que mal, a paradoxalement préservé le gros œuvre du palais des ducs — de sorte que la visite d'aujourd'hui doit autant à Louis XIII qu'aux gardiennes du XIXe siècle.

Le cimetière des Oubliés

À cette histoire carcérale s'ajoute un lieu de mémoire poignant, un peu à l'écart : le « cimetière des Oubliés ». Il s'agit de l'ancien cimetière de l'hôpital psychiatrique voisin, où reposent les anonymes de l'institution. On y compte environ 900 tombes et plus de 4 000 personnes inhumées entre 1921 et 2000, parmi lesquelles un carré de 98 poilus « mutilés du cerveau » — des soldats de la Grande Guerre atteints de ce que l'on appellerait aujourd'hui un stress post-traumatique. Un mur du souvenir y a été inauguré le 19 septembre 2020, et le mur de clôture du site est inscrit au titre des monuments historiques depuis 2010, protection complétée en 2021 (notice PA33000132). Le lieu se visite via le cimetière communal.


La voiture

Cadillac a-t-elle donné son nom à la voiture ?

Posons la question franchement, car elle revient toujours : Cadillac a-t-elle donné son nom à la marque de voitures américaine ? La réponse est non. Contrairement à une idée reçue tenace, la marque Cadillac ne doit pas son nom à la ville girondine. Le lien, séduisant, ne résiste pas à l'examen des faits : le véritable berceau du nom se trouve à quelque 150 kilomètres de là, dans le Tarn-et-Garonne, et non sur les bords de la Garonne girondine.

Voici la chaîne réellement documentée. Un certain Antoine Laumet, né le 5 mars 1658 à Saint-Nicolas-de-la-Grave, en Tarn-et-Garonne, et mort le 16 octobre 1730 à Castelsarrasin, se forgea lui-même, une fois passé au Canada, le patronyme aristocratique de « de Lamothe-Cadillac » — le premier document connu portant ce nom est son acte de mariage, daté du 25 juin 1687 à Québec. Il l'emprunta à la seigneurie de Cadillac du baron de Lamothe-Bardigues, un lieu-dit proche de son village natal, en Tarn-et-Garonne. Sa maison natale y est d'ailleurs inscrite au titre des monuments historiques (notice PA00095884). En aucun cas ce nom ne renvoie à la bastide girondine.

La suite est mieux connue. Antoine de Lamothe-Cadillac fonde en 1701, en Amérique du Nord, le Fort Pontchartrain du Détroit — l'actuelle Détroit, future capitale de l'automobile américaine. Deux siècles plus tard, en 1902, à l'occasion du bicentenaire de la ville, la jeune firme automobile de Détroit choisit de se nommer Cadillac en hommage à son fondateur. Le fameux blason de la marque dérive lui-même des armoiries « de Lamothe-Cadillac » — qu'Antoine avait, là encore, largement inventées, en combinant les merlettes du baron de Lamothe-Bardigues et le blason d'une famille de Vir. Rien, dans cette généalogie, ne passe par la Gironde.

La romance et les autres Cadillac

Reste la belle histoire que l'on raconte parfois : Antoine aurait été épris d'une jeune femme de Cadillac, en Gironde, et en aurait pris le nom. Séduisante, mais non prouvée — Wikipédia lui-même ne la rapporte qu'au conditionnel, sans le moindre document à l'appui : c'est une légende, pas un fait. Deux précisions achèvent de couper court au mythe. D'abord, Cadillac n'est pas jumelée avec Détroit ; son seul jumelage documenté est avec Canet de Mar, en Espagne, depuis 1987. Ensuite, le nom d'Antoine de Lamothe-Cadillac a voyagé ailleurs sans passer davantage par la Gironde : le mont Cadillac, point culminant du parc national d'Acadia, dans le Maine, le porte aussi, via une seigneurie qui lui fut concédée en 1688. Deux « exportations » du nom, aucune girondine.


Le vin

Le vin de Cadillac : le liquoreux et les Côtes

Le vignoble de Cadillac réserve un piège classique : il existe deux appellations qui portent le nom de la ville, et elles n'ont ni la même couleur, ni la même histoire, ni la même aire. D'un côté, l'AOP Cadillac décrite par l'INAO désigne un vin blanc liquoreux ; de l'autre, la dénomination Côtes de Bordeaux Cadillac concerne le rouge (sources vérifiées le 24 juillet 2026).

Vignes dorées d'automne sous la brume matinale sur les coteaux au-dessus de la Garonne près de Cadillac, lumière rasante
Les brumes de la Garonne nourrissent la pourriture noble des liquoreux de Cadillac.

Un liquoreux face au Sauternais

L'appellation historique, celle qui fait la fierté discrète de la ville, est un vin blanc liquoreux. L'AOC Cadillac a été reconnue par un décret du 10 août 1973, même si le nom « Cadillac » était déjà autorisé, dès novembre 1955, pour ces blancs doux vendus jusque-là sous le nom de premières-côtes-de-bordeaux. Elle s'étend sur la rive droite de la Garonne, sur vingt-deux communes — parmi lesquelles Béguey, Rions ou Villenave-de-Rions —, exactement face au Sauternais. L'encépagement est celui des grands blancs bordelais : sémillon très majoritaire (autour de 70 %), sauvignon (20 %) et muscadelle (10 %). Les raisins sont récoltés à la main, par tries successives, une fois touchés par le botrytis — la pourriture noble — ou passerillés sur souche, avec une richesse minimale supérieure à 255 grammes de sucre par litre de moût et un sucre résiduel d'au moins 51 grammes par litre dans le vin fini.

Le mécanisme est le jumeau exact de celui du Sauternais, juste en face. À l'automne, la Garonne exhale au petit matin des brumes humides qui enveloppent les vignes des coteaux ; le soleil de la journée les dissipe, et cette alternance permet au champignon de concentrer les grains sans les faire pourrir vulgairement. C'est un vin de patience et de risque, et cela se paie : la surface de l'appellation liquoreuse est en fort recul, passée de 128 hectares en 2008 à seulement 58 hectares en 2023, pour un rendement moyen très bas, de l'ordre de 17 hectolitres par hectare. Cadillac liquoreux partage cette rive avec deux voisins plus anciens, Loupiac et Sainte-Croix-du-Mont, dont les appellations remontent à 1936 : trois vins doux de la rive droite qui font écho, d'une berge à l'autre, aux grands liquoreux du Sauternais.

Cadillac rouge, Cadillac blanc : deux appellations

Vient la seconde appellation, la plus vaste et la plus récente, et c'est un vin rouge. L'AOC Cadillac-Côtes de Bordeaux est l'une des dénominations géographiques de la grande appellation Côtes de Bordeaux, créée par un décret du 31 octobre 2009. Elle a recueilli les vins rouges de ce qui s'appelait auparavant les Premières Côtes de Bordeaux (dont le décret remontait à 1937). Attention à la nuance, souvent mal restituée : seuls les rouges ont basculé dans la nouvelle appellation en 2009 ; le nom « Premières Côtes de Bordeaux » subsiste, lui, pour les blancs moelleux. L'aire de ce Cadillac rouge est sans commune mesure avec celle du liquoreux : environ 1 958 hectares revendiqués en 2023, contre 58 pour le vin doux. Un même nom, donc, pour deux univers : un liquoreux confidentiel et un rouge de plus grande diffusion.

Pour s'y retrouver et goûter les deux, un lieu s'impose : la Maison des Vins de Cadillac, installée dans une chartreuse viticole du XVIIIe siècle, « La Closière », sur les coteaux de la rive droite (D10, route de Langon). On y trouve à la fois une boutique de vente au prix propriété et un Musée de la Vigne et du Vin, où l'on comprend, appellation par appellation, la géographie de ces terroirs — Premières Côtes de Bordeaux, Cadillac-Côtes de Bordeaux et Cadillac liquoreux réunis sous un même toit.

AppellationCouleurReconnaissanceAire (2023)
CadillacBlanc liquoreuxDécret du 10 août 197322 communes · ~58 ha
Cadillac-Côtes de BordeauxRougeDécret du 31 octobre 2009~1 958 ha
Loupiac, Sainte-Croix-du-MontBlanc liquoreux (voisins)Décret du 11 sept. 1936Rive droite

Que faire

Que faire à Cadillac ?

À Cadillac, on peut visiter en une journée l'un des plus grands châteaux de la Gironde, arpenter une bastide médiévale encore ceinte de ses portes, faire son marché sous une halle, déguster un liquoreux rare face au Sauternais et flâner au bord de la Garonne — le tout dans un mouchoir de poche, tant la ville est compacte. Le programme s'articule naturellement autour de deux pôles : d'un côté le patrimoine, avec le château des ducs d'Épernon, les remparts, la collégiale et le poignant cimetière des Oubliés ; de l'autre l'art de vivre, avec le marché du samedi, les caves et le fleuve. On commence volontiers par le château, cœur monumental du bourg, avant de se perdre dans les ruelles de la bastide, puis de rejoindre les coteaux et leurs vignes. Voici les principales options, à composer selon vos envies et selon la saison.

La Garonne large et calme au soleil couchant près de Cadillac, berges boisées et pont métallique au loin
Le pont de Cadillac, de type Eiffel (1880), relie la bastide à Cérons sur l'autre rive.

Le château et la bastide

Le château des ducs d'Épernon est la visite incontournable. Géré par le Centre des monuments nationaux et classé Monument historique, il se visite toute l'année, avec un tarif individuel de l'ordre de 7 euros, et un billet jumelé avec l'abbaye de La Sauve-Majeure autour de 11 euros. Un point de vigilance : hors haute saison, il est fermé le lundi, et les horaires varient selon la période — mieux vaut toujours vérifier sur le site chateau-cadillac.fr avant de se déplacer. Autour du palais, la bastide se parcourt à pied : on passe sous la Porte de la Mer et sous la Porte de l'Horloge, vestiges classés de l'enceinte médiévale, avant de gagner la collégiale Saint-Martin, dont la chapelle abrite les tombeaux des ducs. Les amateurs d'histoire poursuivront jusqu'au cimetière des Oubliés, en lisière du bourg.

Marché, vignoble et Garonne

L'autre visage de Cadillac est celui d'un bourg vivant. Le grand rendez-vous est le marché du samedi matin, qui se tient autour de la place de la République et de la halle, dans les rues rendues aux piétons : une tradition qui remonte au Moyen Âge et rassemble une belle brochette de producteurs. Côté vin, la Maison des Vins « La Closière » offre dégustation, boutique et musée sur les coteaux. Le long du fleuve, on découvre le pont de Cadillac — un pont métallique de type Eiffel, inauguré en 1880, long de 251 mètres, qui franchit la Garonne vers Cérons par la RD11 ; ce n'est en aucun cas un pont suspendu, comme on l'écrit parfois à tort. Le port fluvial, avec son ponton Épernon et son appontement réaménagé en 2019, accueille croisières et paquebots de Garonne. Une balade balisée, la « boucle du château ducal », permet enfin de faire le tour du site en trois quarts d'heure.

  • Visiter le château des ducs d'Épernon (Centre des monuments nationaux, classé Monument historique) : tarif individuel autour de 7 €, billet jumelé avec l'abbaye de La Sauve-Majeure environ 11 €. Fermé le lundi hors haute saison — vérifiez les horaires sur chateau-cadillac.fr.
  • Faire le marché du samedi matin, autour de la place de la République et de la halle, dans les rues piétonnisées du centre.
  • Parcourir les remparts de la bastide : la Porte de la Mer (côté Garonne) et la Porte de l'Horloge (dôme à clocheton de 1772), classées Monuments historiques.
  • Découvrir la collégiale Saint-Martin (classée en 2002) et les tombeaux des ducs d'Épernon dans sa chapelle funéraire.
  • Se recueillir au cimetière des Oubliés, ancien cimetière de l'hôpital psychiatrique, accessible via le cimetière communal.
  • Déguster liquoreux, rouges et blancs à la Maison des Vins de Cadillac « La Closière » (D10, route de Langon), avec son Musée de la Vigne et du Vin.
  • Longer la Garonne jusqu'au pont de Cadillac (type Eiffel, 1880) et au port fluvial, ou suivre la « boucle du château ducal » (45 min à pied).
  • Selon la saison, profiter des rendez-vous locaux : « Les Baladins à Cadillac » l'été, « La Ronde de Nuit » en septembre, ou le marché nocturne des producteurs le long des remparts.
ActivitéOù / QuandBon à savoir
Château des ducs d'ÉpernonCœur de la bastide · toute l'annéeClassé MH · ~7 € · fermé lundi hors saison
MarchéPlace de la République · samedi matinHalle · rues piétonnes
RempartsPorte de la Mer, Porte de l'HorlogeClassés MH (1881/1886)
Maison des Vins « La Closière »D10, route de LangonDégustation + Musée de la Vigne
Pont de CadillacVers Cérons (RD11)Type Eiffel, 1880 · 251 m

Autour

Autour de Cadillac

Cadillac est une base idéale pour explorer la rive droite de la Garonne, où villages de pierre et appellations liquoreuses se succèdent à quelques kilomètres les uns des autres. Tout près, Rions (~5 km) est un autre village fortifié, dont l'enceinte et l'église Saint-Seurin sont classées, et dont la halle métallique est surnommée « aux petits pois ». Béguey, contiguë à Cadillac, abrite le Château Reynon. Un peu plus loin, Loupiac (~11 km) aligne ses liquoreux, sa villa gallo-romaine à mosaïques et le Château du Cros, tandis que Sainte-Croix-du-Mont, plus au sud, cache sous ses coteaux une étonnante falaise d'huîtres fossiles. Autant de haltes qui prolongent naturellement la découverte de Cadillac.

Ruelle déserte d'une petite ville de pierre claire aux toits de tuiles près de Cadillac, lumière chaude
Autour de Cadillac, les villages de pierre de la rive droite jalonnent les coteaux.

La grande chance de Cadillac, c'est aussi le pont. En franchissant la Garonne, on passe en quelques minutes de la rive droite des liquoreux à la rive gauche des Graves et du Sauternais. De l'autre côté du fleuve s'ouvrent ainsi Cérons, avec sa propre appellation de vin doux, puis Sauternes et ses crus mythiques : la journée peut donc mêler, sans détour, les vins doux des deux rives. Vers l'intérieur de l'Entre-deux-Mers, à une vingtaine de minutes, l'abbaye de La Sauve-Majeure — inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques — complète idéalement une visite du château, d'autant qu'un billet jumelé relie les deux monuments. Peu de secteurs de Gironde concentrent une telle densité de patrimoine et de terroirs sur d'aussi courtes distances.

Quelles étapes combiner avec Cadillac ?

Plusieurs itinéraires se dessinent selon vos envies. Pour rester sur la rive droite et enchaîner les villages, on file vers Rions et son enceinte médiévale, à quelques minutes seulement. Pour comparer les liquoreux des deux rives, on traverse le pont vers Cérons, puis on pousse jusqu'à Sauternes et son or liquoreux. Les amateurs de patrimoine ajouteront Langoiran et sa forteresse au bord de la Garonne, ou l'abbaye de La Sauve-Majeure, chef-d'œuvre roman classé par l'UNESCO. Toutes ces étapes figurent parmi nos itinéraires au départ de Bordeaux, faciles à combiner en une seule sortie.

DestinationDistance approx.Intérêt
Béguey~1 km (contiguë)Château Reynon
Rions~5 kmVillage fortifié classé
Loupiac~11 kmLiquoreux · Château du Cros
Céronspar le pontLiquoreux de la rive gauche
Sauternespar le pontLe grand liquoreux du Sauternais
Bordeaux~43 km~47 min de route

Accès

Rejoindre Cadillac depuis Bordeaux

Rejoindre Cadillac depuis Bordeaux est simple : comptez environ 43 kilomètres et 47 minutes de route. On suit la rive droite de la Garonne, ou bien l'A62 avec un franchissement du fleuve selon l'itinéraire, à travers un paysage de vignes et de coteaux qui met déjà dans l'ambiance. La gare la plus proche, celle de Cérons, se trouve sur la rive gauche, à environ 2,5 kilomètres, reliée par le pont : pratique en train, mais moins directe pour qui vise la bastide et le château. Cette distance modeste fait de Cadillac une escapade aisée à la journée, et une excellente base pour rayonner sur la rive droite des liquoreux comme pour traverser vers le Sauternais.

Combien coûte le trajet ?

Le trajet Bordeaux → Cadillac est proposé dès 87 € en journée, pour une berline accueillant de 1 à 3 passagers. Ce tarif est fixe et confirmé par écrit avant le départ : pas de compteur, pas de mauvaise surprise à l'arrivée. Des suppléments s'appliquent la nuit, le week-end et les jours fériés ; au-delà de 4 passagers, un van remplace la berline. Les extensions vers les villages voisins — Rions, Loupiac, ou une traversée vers Cérons et Sauternes — ainsi que les transferts depuis l'aéroport de Bordeaux-Mérignac sont établis sur devis, selon l'itinéraire et le programme de la journée. Le principe reste toujours le même : un prix connu à l'avance, adapté au nombre de voyageurs et au déroulé souhaité.

TrajetDistance / duréeTarif
Bordeaux → Cadillac~43 km · ~47 mindès 87
Villages voisins (Rions, Loupiac…)variablesur devis
Aéroport de Bordeaux → Cadillacvariablesur devis

Pourquoi un chauffeur privé ?

La réponse tient en un mot : la dégustation. À Cadillac et sur la rive droite, on goûte des liquoreux et des rouges, souvent dans plusieurs domaines, et l'on peut vouloir traverser le pont jusqu'à Cérons ou Sauternes. Reprendre le volant entre deux caves n'aurait rien de raisonnable. Confier la route à un chauffeur privé, c'est profiter pleinement des visites, savourer chaque verre sans compter, et passer sans stress d'un village à l'autre sur les petites routes viticoles. C'est aussi le confort d'un vrai porte-à-porte : on part de son adresse à Bordeaux et l'on en revient de même, au rythme de la journée, sans horaire imposé ni stationnement à chercher. Pour une découverte sereine de la bastide et de ses vins, réserver un trajet à l'avance reste la formule la plus confortable.


FAQ

Questions fréquentes

Où se trouve Cadillac ?

Cadillac — officiellement Cadillac-sur-Garonne depuis 2023 — est une commune de la Gironde (33), en Nouvelle-Aquitaine, sur la rive droite de la Garonne, dans le sud de l'Entre-deux-Mers. Elle fait face au Sauternais, situé sur l'autre rive. Administrativement, elle relève de l'arrondissement de Langon, du canton de l'Entre-Deux-Mers et de la communauté de communes Convergence Garonne. Depuis le centre de Bordeaux, comptez environ 43 kilomètres et 47 minutes de route vers le sud-est. La gare la plus proche est celle de Cérons, à environ 2,5 kilomètres, sur la rive gauche, reliée par le pont de Cadillac.

Que faire à Cadillac ?

Cadillac se visite en une demi-journée ou une journée. L'incontournable est le château des ducs d'Épernon, classé Monument historique et géré par le Centre des monuments nationaux. On complète par la bastide médiévale et ses portes classées (Porte de la Mer, Porte de l'Horloge), la collégiale Saint-Martin et ses tombeaux ducaux, et le poignant cimetière des Oubliés. Côté art de vivre, le marché du samedi matin, la dégustation à la Maison des Vins « La Closière » et une promenade le long de la Garonne, jusqu'au pont de type Eiffel, complètent le programme. Selon la saison, des fêtes animent aussi la bastide.

Peut-on visiter le château de Cadillac ?

Oui. Le château des ducs d'Épernon, propriété de l'État, est géré et ouvert à la visite par le Centre des monuments nationaux. Il se visite toute l'année, mais attention aux horaires : hors haute saison, il est fermé le lundi, et les horaires varient selon la période (ainsi que certains jours fériés). Le tarif individuel est de l'ordre de 7 euros, avec un billet jumelé avec l'abbaye de La Sauve-Majeure autour de 11 euros, et la gratuité pour les moins de 18 ans. Comme les horaires évoluent, mieux vaut toujours les vérifier sur le site officiel chateau-cadillac.fr avant de se déplacer.

Cadillac a-t-elle donné son nom à la voiture ?

Non, c'est une idée reçue. La marque automobile Cadillac ne doit pas son nom à la ville girondine, mais à Antoine de Lamothe-Cadillac (né Antoine Laumet en 1658 en Tarn-et-Garonne), fondateur de Détroit en 1701. Il avait emprunté son patronyme à une seigneurie de Cadillac située dans le Tarn-et-Garonne, à quelque 150 kilomètres de la Gironde — pas à la bastide de la Garonne. En 1902, pour le bicentenaire de Détroit, la firme automobile prit son nom en hommage. La romance d'un Antoine épris d'une jeune femme de Cadillac (Gironde) n'est qu'une légende, rapportée au conditionnel et sans document.

Cadillac ou Cadillac-sur-Garonne ?

Les deux sont justes, mais pas dans le même registre. Depuis le 1er janvier 2023, le nom administratif officiel de la commune est Cadillac-sur-Garonne, en vertu du décret du 12 septembre 2022. Il ne s'agit pas d'une fusion de communes, mais d'un simple changement de nom : le code INSEE 33081 et le territoire n'ont pas changé. « Cadillac » reste l'usage courant, et demeure le nom du château des ducs d'Épernon comme celui des appellations viticoles. On écrit donc « Cadillac » au quotidien et pour le monument ou le vin, et « Cadillac-sur-Garonne » dans les contextes administratifs.

Combien coûte un trajet Bordeaux–Cadillac en chauffeur privé ?

Le trajet Bordeaux → Cadillac est proposé dès 87 € en journée, pour une berline de 1 à 3 passagers. Ce tarif est fixe et confirmé par écrit avant le départ, sans compteur ni surprise à l'arrivée. Des suppléments s'appliquent la nuit, le week-end et les jours fériés ; au-delà de 4 passagers, un van remplace la berline. Les extensions vers les villages voisins — Rions, Loupiac, ou une traversée vers Cérons et Sauternes — et les transferts depuis l'aéroport de Bordeaux-Mérignac sont chiffrés sur devis, selon l'itinéraire et le programme de la journée.

Quel vin produit Cadillac ?

Deux vins bien distincts, qu'il ne faut pas confondre. L'AOC Cadillac désigne un vin blanc liquoreux, né de raisins botrytisés vendangés à la main par tries sur la rive droite de la Garonne, face au Sauternais ; reconnue en 1973, elle couvre 22 communes mais une surface aujourd'hui réduite (environ 58 hectares en 2023). L'AOC Cadillac-Côtes de Bordeaux, elle, désigne un vin rouge, créé en 2009 au sein des Côtes de Bordeaux, sur une aire bien plus vaste (environ 1 958 hectares). Un même nom, donc, pour un liquoreux confidentiel et un rouge de plus grande diffusion.

Combien d'habitants compte Cadillac ?

Cadillac comptait 2 670 habitants au recensement INSEE de 2023, chiffre en vigueur au 1er janvier 2026. Consulter la source INSEE. Mieux vaut écarter les chiffres périmés que l'on lit encore ici ou là, comme 2 818 (2018) ou 2 846 (2020). Rapportée à une superficie de seulement 5,44 kilomètres carrés, cette population donne une densité élevée, d'environ 491 habitants au kilomètre carré — un effet du très petit territoire communal. Sur le temps long, la population décline : elle atteignait 3 748 habitants en 1968. Les habitants se nomment les Cadillacais et les Cadillacaises.

Pourquoi le château de Cadillac fut-il une prison ?

Après le démantèlement partiel de ses ailes au XVIIIe siècle, le château fut reconverti en prison sous la Restauration : la décision date de 1818, les premières détenues arrivant vers 1822. Il devint la première maison centrale de force et de correction pour femmes de France, et le resta jusqu'en 1952. En 1865, il abritait environ 500 détenues dans quatorze dortoirs aménagés dans les anciennes salles d'apparat ; près de 10 000 femmes y furent enfermées au XIXe siècle. Le Centre des monuments nationaux souligne un paradoxe : cet usage carcéral a probablement sauvé le monument de la ruine.

Quand la bastide de Cadillac a-t-elle été fondée ?

La bastide de Cadillac a été fondée en 1280 par Jean Ier de Grailly, vicomte de Benauges et sénéchal de Guyenne, alors que l'Aquitaine était sous souveraineté anglaise. Il s'agit d'une fondation seigneuriale, sur le site du Bourg Saint-Jean. La fortification, elle, ne commença qu'à partir de 1315, et l'enceinte et ses portes ne furent achevées que vers 1366, faisant de Cadillac une place forte de la défense de Bordeaux. Il s'écoula donc près de quatre-vingt-cinq ans entre la fondation de la ville neuve et sa clôture complète par des murailles.

Le château de Cadillac est-il classé ou inscrit ?

Il est classé, ce qui constitue le niveau de protection le plus élevé — et non « inscrit », comme on l'écrit parfois par erreur. Le château, avec ses douves et son jardin, est classé au titre des monuments historiques depuis la liste de 1862, complétée par un arrêté de 1956 (notice Mérimée PA00083500). Seule la porte du potager des ducs relève d'une inscription distincte (1965). Attention aussi à la référence IA33000088, qui renvoie à une étude de l'Inventaire général et non à une protection. Les remparts de la bastide, eux, sont classés séparément depuis 1881 et 1886.

Qu'est-ce que le cimetière des Oubliés ?

C'est l'ancien cimetière de l'hôpital psychiatrique de Cadillac, devenu un lieu de mémoire. On y compte environ 900 tombes et plus de 4 000 personnes inhumées entre 1921 et 2000, souvent des anonymes de l'institution. Parmi elles, un carré de 98 poilus « mutilés du cerveau » — des soldats de la Première Guerre mondiale atteints de troubles psychiques que l'on rattacherait aujourd'hui au stress post-traumatique. Un mur du souvenir y a été inauguré le 19 septembre 2020, et le mur de clôture est inscrit au titre des monuments historiques depuis 2010. Le site se visite via le cimetière communal.

Quelle différence entre AOC Cadillac et Cadillac-Côtes de Bordeaux ?

Ce sont deux appellations homonymes mais totalement distinctes. L'AOC Cadillac (décret de 1973) désigne un vin blanc liquoreux, doux et concentré par la pourriture noble, produit sur 22 communes de la rive droite face au Sauternais, sur une surface aujourd'hui modeste. L'AOC Cadillac-Côtes de Bordeaux (décret de 2009) désigne, elle, un vin rouge, issu des anciens rouges des Premières Côtes de Bordeaux, sur une aire beaucoup plus vaste. En clair : « Cadillac » tout court, c'est le liquoreux blanc ; « Cadillac-Côtes de Bordeaux », c'est le rouge. Les confondre est l'erreur la plus fréquente à propos des vins de la ville.

Le pont de Cadillac est-il un pont suspendu ?

Non. On lit souvent qu'il s'agirait d'un pont suspendu, mais c'est inexact : le pont de Cadillac est un pont métallique de type Eiffel, à poutre en treillis, inauguré en 1880. Long de 251 mètres, il franchit la Garonne pour relier Cadillac, sur la rive droite, à Cérons, sur la rive gauche, par la RD11. C'est un bel exemple du patrimoine industriel de la fin du XIXe siècle, et un point de vue agréable sur le fleuve. Il ne faut donc pas le confondre avec les ponts suspendus, dont la structure — un tablier porté par des câbles — est tout autre.

Aller plus loin

Pour aller plus loin

Sources

Sources et références

Article mis à jour le .

Réservation 24h/24

En route pour la bastide de Cadillac

Transfert direct depuis Bordeaux (~47 min) vers Cadillac, son château ducal et le vignoble de la rive droite. Devis fixe par écrit, sans engagement.

La Garonne large et calme au soleil couchant près de Cadillac, berges boisées de saules et reflets dorés
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