Celles, l'église-donjon du Ribéracois

Le village discret du Périgord vert : une église-forteresse qui a l'allure d'un donjon, un prieuré charentais oublié, une paroisse des grands barons du Périgord — et la porte du pays des églises à coupoles. Tout comprendre avant de venir, à 1 h 26 de Bordeaux.

5,0 · 40 avis Google~113.7 km · 1 h 26 de Bordeaux24 min de lecture
En bref

Celles en bref

Celles est une commune de 619 habitants du Ribéracois, en Dordogne, à ne pas confondre avec Celles-sur-Belle. [11] Son principal repère est l'église Saint-Pierre, un édifice roman du XIIe siècle fortifié au XIVe, surnommé “église-donjon” pour sa masse défensive. L'église est recensée à l'Inventaire général sous la référence IA24000412, mais n'est ni classée ni inscrite aux monuments historiques. [2] Le village relevait en 1481 de la châtellenie de Bourdeilles et conserve aussi le château privé de Lascoux. Autour de Celles, Grand-Brassac, Ribérac, Bourdeilles, Aubeterre-sur-Dronne et Brantôme composent une boucle entre églises fortifiées, châteaux et vallée de la Dronne. Depuis Bordeaux, la route bakée couvre environ 113.7 km ; aucun train ne dessert directement le village. La bibliographie en fin d'article distingue les notices patrimoniales officielles des sources encyclopédiques. Elle constitue ainsi une porte d'entrée documentée vers le Périgord vert, loin des circuits les plus fréquentés.

  • Celles (619 habitants, les Cellois) est un village du Ribéracois, en Périgord vert — à ne pas confondre avec Celles-sur-Belle, dans les Deux-Sèvres.
  • Son église Saint-Pierre (XIIᵉ siècle, fortifiée au XIVᵉ) est une rare « église-donjon » : une masse de pierre austère, contreforts plats, pensée pour servir de refuge à toute la population.
  • Le nom vient du latin cella (cellule monastique) : le village fut d'abord un prieuré bénédictin dépendant du Peyrat, en Charente — un bel exemple de « Périgord charentais ».
  • En 1481, la paroisse relevait de la châtellenie de Bourdeilles, l'une des quatre baronnies historiques du Périgord.
  • À 9 minutes, Grand-Brassac et son église-forteresse classée (1885) : le vrai trésor patrimonial du secteur, au cœur du « pays des églises romanes à coupoles ».
  • Le village vit une croissance démographique à contre-courant : +5,45 % depuis 2017, là où le Ribéracois se dépeuple.
  • Autour coule la Dronne (canoë, baignade, Natura 2000) — et Ribérac, la capitale-marché, patrie du troubadour Arnaut Daniel, n'est qu'à 10 minutes.
  • Depuis Bordeaux par la route : ~113.7 km, environ 1 h 26 — dès 196 en chauffeur privé, porte-à-porte. Aucun train ne dessert le Ribéracois.

Avant de partir

Avant de partir : ce que Celles est vraiment

9 h, sur la place du bourg. Devant vous, ce n'est pas une église : c'est un bloc. Une masse de pierre calcaire couleur miel qui monte droit vers le ciel, presque sans fenêtres, hérissée de contreforts plats — plus proche d'un donjon que d'un lieu de culte. Voilà huit siècles qu'elle veille sur ce village de 619 âmes, et voilà pourquoi les érudits l'ont surnommée une « église-donjon ». Autour, le silence du Ribéracois : des champs, des bois, la Dronne qui coule au sud. Rien de spectaculaire au premier regard. Et pourtant tout est là.

Celles est un village discret — un de ces bourgs du Périgord vert que les guides du Périgord noir oublient. Pas de château-vedette, pas de foule, une seule vraie curiosité : son église-forteresse. Mais c'est précisément ce qui en fait une porte d'entrée idéale vers un Périgord méconnu, celui du Ribéracois et de ses églises romanes à coupoles, celui des baronnies médiévales et de la vallée de la Dronne. Un village qui, contre toute attente, gagne des habitants quand ses voisins en perdent.

Ruelle du Périgord vert avec maisons de pierre, lavoir et roses trémières
Un bourg du Périgord vert : pierre calcaire couleur miel, lavoir, croix de mission — le Ribéracois loin des foules du Périgord noir.

Ce guide sépare le vérifié du recopié — car le sujet est piégeux. On lit ici ou là que l'église possède un tympan sculpté de l'Ascension (invérifiable, et probablement inexistant), qu'elle est « inscrite aux monuments historiques » (faux : elle est seulement recensée à l'inventaire), ou que le château de Lascoux conserve un escalier de 700 ans et un poêle monumental (détails empruntés à une annonce immobilière d'un autre domaine). Nous nous en tenons au vérifié : l'architecture réelle de l'église, le prieuré du Peyrat, la châtellenie de Bourdeilles, et surtout les vrais trésors des environs.

Côté logistique : le Ribéracois est un désert ferroviaire. Ribérac ne dispose plus d’une desserte ferroviaire voyageurs ; aucun train n’y passe. [12] La seule gare utile est Périgueux, à 38 km, et les cars régionaux ne desservent pas les hameaux. Pour venir de Bordeaux et rayonner — Grand-Brassac, Bourdeilles, Brantôme —, un chauffeur privé depuis Bordeaux est une option porte-à-porte sans correspondance jusqu'au village (1 h 26).


La commune

619 habitants et une courbe qui remonte : Celles à contre-courant

Celles occupe un plateau vallonné typique du Ribéracois, entre 61 mètres (la vallée de la Dronne, au sud-ouest) et 213 mètres (près de Pauliac), sur un socle de calcaires du Crétacé — cette pierre couleur miel dont sont bâties toutes les maisons. Le bourg est traversé par le Tournevalude, petit affluent de la Dronne qui court sur plus de huit kilomètres avant de rejoindre la rivière. La Dronne elle-même borde la commune au sud sur 2,5 km — une vallée classée Natura 2000, refuge de l'écrevisse à pattes blanches et du vison d'Europe.

Plateau du Ribéracois autour de Celles, entre champs, bocage et bois
Le plateau bocager du Ribéracois — 75 % du territoire de Celles reste agricole, mosaïque de polyculture-élevage.
DonnéeValeur
StatutCommune du Ribéracois, canton de Ribérac (arrondissement de Périgueux)
Population619 habitants (2023) [11] — les Cellois
Évolution+5,45 % depuis 2017 (Dordogne : +0,97 %) — à contre-courant
Superficie27,83 km² (densité ~22 hab/km²)
Altitude61 m (Dronne) à 213 m (Pauliac)
Rivièresle Tournevalude (bourg) + la Dronne (sud, Natura 2000)
IntercommunalitéCC du Périgord Ribéracois (44 communes)
Distance de Bordeaux≈ 113.7 km (1 h 26 par l'A89, sortie Mussidan, puis Ribérac)

La vraie singularité de Celles est dans sa courbe démographique. Comme tout le Périgord vert, le village s'est vidé pendant deux siècles : 1 798 habitants en 1793, un déclin quasi continu jusqu'au creux de 552 en 1999 — deux tiers de la population perdus. Puis, depuis les années 2000, l'inverse : 563 en 2012, 611 en 2022, 619 en 2023. Une hausse de 5,45 % depuis 2017, très supérieure à la moyenne départementale, portée par l'attrait résidentiel d'un village calme à dix minutes de Ribérac. Signe de vitalité concret : depuis 2022, Celles partage un regroupement scolaire avec Grand-Brassac, sa voisine. Rare, dans un Ribéracois où la plupart des bourgs continuent de se dépeupler.


Le nom

« Cella » : un nom qui raconte un prieuré oublié

Le nom de Celles dit tout de son origine. Il vient du latin cella — la cellule monastique, la petite communauté religieuse dépendante d'une abbaye plus importante. En occitan, langue du Périgord jusqu'au XXᵉ siècle, le village se nomme toujours Cela, fidèle à la racine. Car Celles fut, à l'origine, un prieuré : une cellule religieuse satellite, rattachée à une maison-mère située de l'autre côté de ce qui deviendra la frontière entre la Dordogne et la Charente. [2]

Cette maison-mère existe et se laisse retrouver : le prieuré bénédictin du Peyrat (dit parfois « abbaye du Peyrat »), fondé en 1065 sur l'actuelle commune de Blanzaguet-Saint-Cybard, en Charente — au lieu-dit qui s'appelle aujourd'hui, justement, « l'Abbaye ». Ce prieuré charentais chapeautait plusieurs paroisses au-delà de sa propre province, dont ce petit établissement du Ribéracois. C'est un cas d'école du « Périgord charentais » : cette frange où des paroisses du diocèse de Périgueux dépendaient de monastères aujourd'hui situés dans l'Angoumois — un héritage médiéval oublié que la géographie administrative moderne a effacé.

Le prieuré de Celles était donc un maillon d'un vaste réseau de dépendances bénédictines tissé entre le XIᵉ et le XIIIᵉ siècle en Aquitaine du Nord. De la communauté religieuse elle-même, il ne reste rien de visible — sinon l'église, qui en fut le cœur, et qui allait connaître, deux siècles plus tard, une seconde vie beaucoup moins paisible.


L'église-donjon

L'église Saint-Pierre : une forteresse déguisée en église

C'est le monument qui justifie le détour. L'église Saint-Pierre est un édifice roman du XIIᵉ siècle — nef de trois travées voûtée en berceau, chœur à chevet plat, portail occidental encadré de deux contreforts massifs reliés en hauteur par un arc, clocher à deux tours rectangulaires coiffées d'un toit en pavillon. Rien, à l'origine, d'une forteresse. Tout a changé au XIVᵉ siècle : comme des dizaines d'églises périgourdines à cette époque troublée, elle est fortifiée pour offrir un refuge à la population. On la double de contreforts plats de largeur variable, on épaissit ses murs — et sa silhouette bascule du côté du militaire.

C'est cette fortification particulièrement poussée qui lui vaut son surnom d'« église-donjon ». L'expression n'est pas anodine : un donjon, c'est la tour maîtresse d'un château, le dernier réduit où se replier. Appliquée à une église, elle désigne un degré de fortification qui dépasse la simple église fortifiée pour évoquer, par la masse et la robustesse, un véritable ouvrage défensif. Le Périgord regorge d'églises fortifiées — la guerre de Cent Ans y a laissé sa marque —, mais peu méritent ce qualificatif réservé aux plus abouties. Celles, elle, le porte : c'est une maison de Dieu qui a l'allure d'une tour de guet.

Deux mises au point honnêtes, car le sujet circule beaucoup déformé. D'abord, l'église n'est ni classée ni inscrite aux monuments historiques : elle est seulement recensée à l'Inventaire général du patrimoine culturel (référence IA24000412) — un repérage documentaire, pas une protection juridique. Ensuite, on lui prête parfois un tympan sculpté de l'Ascension : la notice officielle décrit un portail sans aucun tympan, et un tel décor, rarissime en Périgord, aurait été signalé — mieux vaut ne pas l'attendre. Ce que vous verrez de vrai : une architecture romane trapue, des chapelles latérales gothiques ajoutées aux XIVᵉ-XVᵉ siècles (dont la chapelle des Jardel, voûtée d'ogives), et cette masse défensive unique. L'église, ancien prieuré, est attestée comme paroissiale dès 1382 [2] ; elle a été restaurée au XXᵉ siècle par l'architecte Lambert. Elle se visite librement et gratuitement toute l'année.


Le château

Le château de Lascoux : une conférence de paix et un martyr

Juste au sud de l'église se dresse le château de Lascoux (ou château de Celles), propriété privée qui ne se visite pas — on l'aperçoit de l'extérieur. Son origine remonte au XIVᵉ siècle, aux mains de la famille de Montardy, mais l'édifice actuel a été rebâti au XVIᵉ siècle par la famille de Pontbriand : un corps central rectangulaire flanqué de deux pavillons, une échauguette à l'angle, une tourelle d'escalier hexagonale au nord. Inutile d'y chercher l'« escalier de 700 ans » ou le « poêle monumental » qu'on lit parfois : ces détails viennent d'une annonce immobilière d'un tout autre domaine.

Manoir périgourdin de pierre dorée à Celles, tourelle d'escalier, fenêtres à meneaux et jardin clos de murs bas aux rosiers
Le château de Lascoux, rebâti au XVIᵉ siècle par les Pontbriand — propriété privée, visible de l'extérieur seulement.

Ce que Lascoux a de vraiment marquant n'est pas dans ses pierres, mais dans son histoire. En 1593, en pleines guerres de Religion, le château accueille une conférence entre catholiques et huguenots — le Ribéracois, terre de contact entre les deux camps, cherchait alors ses apaisements. Et c'est ici que naît, en 1751, Armand de Foucauld de Pontbriand, futur vicaire général de Périgueux : arrêté à la Révolution, il est massacré à la prison des Carmes à Paris en septembre 1792, lors des massacres de Septembre, et sera béatifié parmi les Martyrs de septembre. D'une conférence de paix à un martyr révolutionnaire, deux siècles d'histoire de France dans un manoir de village. Celles compte aussi un second château, celui de la Pauze, du XIXᵉ siècle.


La féodalité

1481 : Celles, la châtellenie de Bourdeilles et les quatre barons

Pour situer Celles dans la grande histoire féodale du Périgord, il faut remonter aux quatre baronnies historiques — Bourdeilles, Biron, Beynac et Mareuil —, fondées au Xᵉ siècle, les plus prestigieuses seigneuries de la province, juste sous le comte de Périgord. Leur privilège rituel est resté célèbre : à l'entrée solennelle d'un nouvel évêque à Périgueux, il fallait précisément quatre barons pour porter le trône épiscopal sur leurs épaules. Un honneur si disputé qu'il tournait à l'affrontement : le 1ᵉʳ janvier 1532, les sires de Bourdeilles et de Biron se présentèrent chacun escorté de trois à quatre mille hommes en armes pour se disputer la préséance.

Celles se rattache à ce système par sa dépendance à Bourdeilles : en 1481, la paroisse relève de la châtellenie de Bourdeilles. Or Bourdeilles était alors un lieu double, littéralement coupé en deux depuis le XIIIᵉ siècle : d'un côté la baronnie, tenue par la famille de Bourdeille, penchant du côté anglais ; de l'autre la châtellenie (la part comtale), du côté du roi de France. La bascule décisive datait de 1340, quand Philippe VI de Valois échangea sa moitié de Bourdeilles contre Bergerac avec le comte de Périgord. C'est de cette châtellenie royale que dépendait Celles.

1481 est justement l'année de la réconciliation : après la guerre de Cent Ans, François de Bourdeille rachète la part comtale à Alain d'Albret et réunit enfin baronnie et châtellenie sous une seule famille. Sa femme, Anne de Vivonne, n'est autre que l'aïeule de Pierre de Bourdeille, dit Brantôme, le célèbre chroniqueur de la Renaissance. Un petit village comme Celles se retrouvait ainsi, sans l'avoir choisi, au cœur des recompositions des grandes maisons féodales du Périgord — et le château de Bourdeilles, à 18 km, se visite aujourd'hui (deux châteaux en un, classés monuments historiques depuis 1919).


Les coupoles

Grand-Brassac : le vrai trésor, à 9 minutes de Celles

Si l'église-donjon de Celles vous a mis en appétit d'architecture défensive, le chef-d'œuvre est à 6 km, 9 minutes : l'église fortifiée Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Grand-Brassac, sa voisine immédiate et son partenaire de regroupement scolaire. Ici, la fortification atteint un sommet : une église-forteresse à file de coupoles (XIIᵉ-XIIIᵉ siècle), coiffée de créneaux, d'un chemin de ronde et de meurtrières, qui servit de refuge pendant la guerre de Cent Ans et les guerres de Religion. Contrairement à celle de Celles, elle est classée monument historique depuis 1885.

Église romane à coupole du Ribéracois dans la campagne périgourdine
Le Ribéracois est le « pays des églises romanes à coupoles » — une trentaine d'édifices du XIIᵉ siècle, souvent fortifiés grâce à leurs voûtes.

Son trésor : sur la façade nord, un portail sculpté abritant une Adoration des Mages — cinq statues polychromes du XVIᵉ siècle, classées à part depuis 1908. Grand-Brassac n'est pas une exception : Celles se trouve au cœur du « pays des églises romanes à coupoles du Ribéracois », un circuit qui relie une trentaine d'édifices du XIIᵉ siècle. La coupole, en reportant les charges, permettait d'élever des murs assez épais pour loger des chambres de défense — d'où ces innombrables églises-forteresses. Une belle boucle d'une demi-journée : Celles, Grand-Brassac, Bourg-du-Bost, Faye, Saint-Martial-de-Viveyrol, Siorac-de-Ribérac — de clocher-donjon en clocher-donjon, à travers le bocage.


Ribérac

Ribérac : la capitale-marché et le meilleur forgeron de Dante

À 10 km, 13 minutes, Ribérac (3 734 habitants) est la capitale du Ribéracois — la ville où Celles fait ses courses et ses démarches. Son grand rendez-vous est le marché du vendredi matin, l'un des plus réputés du Périgord vert : environ 150 exposants toute l'année, complété de marchés spécialisés aux noix (novembre) et à la truffe (décembre à mi-mars). C'est aussi une ville d'eau, sur la Dronne, d'où l'on descend la rivière en canoë (base au camping municipal).

Ribérac cache une gloire littéraire inattendue : c'est la patrie du troubadour Arnaut Daniel, né vers 1150, l'un des plus grands poètes de langue d'oc. Dante le place au Purgatoire de sa Divine Comédie et le désigne comme « il miglior fabbro del parlar materno » — le meilleur forgeron du parler maternel. Rien de moins. Le Ribéracois aime d'ailleurs se présenter comme « la dernière terre d'Occitanie avant les pays de langue d'oïl » — une frontière linguistique et culturelle, autant qu'administrative. À voir aussi : l'ancienne collégiale Notre-Dame (XIIᵉ siècle, aujourd'hui salle d'expositions, inscrite MH en 1975).


La Dronne

La vallée de la Dronne : le « pays au fil de l'eau »

La Dronne est l'âme du Ribéracois — ce « pays au fil de l'eau » de coteaux doux, de moulins parfois séculaires enjambant la rivière et de villages aux toits orangés veillés par leurs églises à coupoles. Principal affluent de l'Isle (200 km), elle borde Celles au sud et sa vallée est classée Natura 2000 : eau claire, écrevisses à pattes blanches, vison d'Europe. C'est une des plus belles rivières à canoë du Sud-Ouest, calme et limpide.

Vallée de la Dronne près de Celles, entre saules, falaises et brume
La Dronne, principal affluent de l'Isle : vallée classée Natura 2000, l'une des plus belles rivières à canoë du Périgord.

On la descend au départ de Ribérac (sorties d'1h30 à la journée) ou d'Aubeterre, un peu en aval en Charente (descentes de 5 à 50 km, plage surveillée). À Tocane-Saint-Apre (14 km de Celles), une zone de baignade aménagée et de la location de canoë, kayak et gabarre complètent le tableau — plus, pour les curieux, le marché du lundi matin et, en juillet, d'étonnantes « Rencontres musicales irlandaises ». Pour les cyclistes, la Véloroute du Val de Dronne relie Ribérac à Aubeterre sur 23 km de routes tranquilles longeant la rivière et ses églises — à ne pas confondre avec la Flow Vélo (V92), qui passe plus au nord.


Excursions

Autour de Celles : châteaux, village monolithe et Venise du Périgord

Celles est un point de départ commode pour tout le nord-ouest du Périgord et la frange charentaise. Les incontournables, tous à moins de 40 minutes :

SiteRoute depuis CellesL'essentiel
Grand-Brassac6 km · 9 minéglise-forteresse classée (1885), statues polychromes
Ribérac10 km · 13 mincapitale-marché (vendredi), canoë, Arnaut Daniel
Tocane-Saint-Apre14 km · 17 minbaignade sur la Dronne, marché du lundi
Bourdeilles18 km · 24 min« 2 châteaux en 1 » (forteresse + Renaissance), classés MH
Aubeterre-sur-Dronne26 km · 31 minPlus Beaux Villages de France, église monolithe (Charente)
Brantôme27 km · 37 minla « Venise du Périgord », abbaye troglodytique
Périgueux38 km · 42 minVesunna, cathédrale Saint-Front

Deux coups de cœur à ne pas manquer. Aubeterre-sur-Dronne (26 km, en Charente) est classé parmi les Plus Beaux Villages de France et abrite l'église monolithe Saint-Jean — la plus vaste église souterraine d'Europe, creusée dès le VIIIᵉ siècle : une nef de 20 mètres de haut, 9 000 m³ de roche excavée, un reliquaire monolithe de 6 mètres inspiré du Saint-Sépulcre de Jérusalem, et près de 80 sarcophages médiévaux. Et Brantôme (27 km), la « Venise du Périgord », avec son abbaye millénaire creusée dans la falaise — l'une des plus belles étapes du Périgord vert. Depuis Celles, ces deux merveilles sont à une demi-heure, dans deux directions opposées de la vallée de la Dronne.


Le trajet

Bordeaux → Celles : ~113.7 km, 1 h 26

L'itinéraire suit l'autoroute presque jusqu'au bout : rocade de Bordeaux, puis A89 « la Transeuropéenne » jusqu'à la sortie de Mussidan, et enfin les départementales du Ribéracois — la D708 vers Ribérac, puis la D99 et la D93 jusqu'au bourg de Celles. Comptez ~113.7 km et 1 h 26 porte-à-porte. Les anciennes estimations à 145–165 km sont obsolètes ; le trajet actuellement baké couvre 134 km.

OptionDuréeÀ savoir
Chauffeur privé (VTC)1 h 26porte-à-porte, dès 196 — arrêts libres (Ribérac, Grand-Brassac…)
Voiture personnelle1 h 26A89 (péage), sortie Mussidan, puis D708/D99/D93
Train + route≈ 3h+TER Bordeaux → Périgueux (1h10), puis 38 km à organiser
Transport en commun directinexistant vers Celles — pas de gare, pas de car de hameau

Le Ribéracois est le point faible absolu du rail périgourdin. Ribérac ne dispose plus de desserte ferroviaire voyageurs. [12] La seule gare utile est Périgueux, à 38 km, avec une desserte TER dont les fréquences et horaires doivent être vérifiés sur le site TER Nouvelle-Aquitaine avant le départ — mais il faut encore rejoindre Celles, et les cars régionaux ne desservent pas les hameaux. Autant dire que, pour un village comme Celles, le chauffeur privé depuis Bordeaux (1 h 26, dès 196 €) constitue une option porte-à-porte sans correspondance jusqu'au village.


Quand venir

Quand venir à Celles

Le Ribéracois se vit surtout à la belle saison, au rythme de la rivière et des marchés. Voici les repères.

  • Mai-juin : la Dronne est haute et fraîche, le bocage éclatant, les églises romanes sous une belle lumière — la saison idéale pour le canoë et le circuit des coupoles.
  • Juillet-août : baignade surveillée à Tocane et Aubeterre, descentes de la Dronne, marchés de producteurs — mais aussi les grandes chaleurs (41,7 °C mesurés dans le secteur le 11 août 2025).
  • Le 24 juin : le pèlerinage de la chapelle Saint-Jean-de-la-Lande, dans les bois de Celles — la vraie tradition locale, plutôt qu'une fête votive de convention.
  • Automne : le vendredi, le marché aux noix de Ribérac (novembre) ; le bocage vire à l'or et au pourpre.
  • Décembre à mi-mars : le marché à la truffe de Ribérac, chaque vendredi — l'hiver gourmand du Périgord vert.
  • Toute l'année : l'église-donjon de Celles et l'église fortifiée de Grand-Brassac se visitent librement et gratuitement.

Conseils

Nos conseils pour réussir Celles

  • Commencez par l'église-donjon : elle se visite librement. Approchez-vous des contreforts plats pour comprendre pourquoi on l'a surnommée une forteresse.
  • Enchaînez sur Grand-Brassac (9 min) : l'église-forteresse classée et ses statues polychromes sont le vrai clou patrimonial du secteur.
  • Faites la boucle des coupoles : Celles, Grand-Brassac, Bourg-du-Bost, Faye, Siorac-de-Ribérac — une demi-journée d'églises romanes fortifiées à travers le bocage.
  • Un vendredi de préférence : le marché de Ribérac (150 exposants) est l'un des plus beaux du Périgord vert — noix en novembre, truffe en hiver.
  • Descendez la Dronne en canoë depuis Ribérac ou Aubeterre : la rivière, classée Natura 2000, est d'une pureté rare.
  • Poussez jusqu'à Aubeterre (31 min) : l'église monolithe souterraine, la plus vaste d'Europe, vaut à elle seule l'excursion trans-départementale.
  • Combinez avec Bourdeilles et Brantôme : à 24 et 37 minutes, les deux joyaux du Périgord vert prolongent naturellement la journée.
  • Ne comptez pas sur le train : le Ribéracois n’a plus de gare voyageurs. [12] Le chauffeur privé depuis Bordeaux (1 h 26, dès 196 €) est une option porte-à-porte sans correspondance jusqu'au village.

Celles ne se donne pas au premier regard — c'est un village sans vedette, sans foule, sans château à billetterie. Mais c'est précisément là sa valeur : une église-forteresse qui a l'allure d'un donjon, un prieuré charentais oublié, une paroisse qui gravitait autour des grands barons du Périgord, et un village qui, seul ou presque dans le Ribéracois, regagne des habitants. Autour, tout un pays discret s'ouvre — les églises à coupoles, la Dronne limpide, Grand-Brassac, Aubeterre, Brantôme. On ne vient pas à Celles pour Celles seule : on y vient pour la porte qu'elle ouvre sur le Périgord vert le plus authentique. Et cette porte est à deux heures de Bordeaux.


FAQ

Questions fréquentes

Combien coûte un VTC Bordeaux → Celles ?

Le trajet Bordeaux → Celles (Dordogne) en chauffeur privé démarre à 196 l'aller simple (1 à 3 passagers, berline), porte-à-porte. Le prix est fixe et annoncé à l'avance — pas de compteur ni de majoration surprise. Van 8 places disponible pour les familles et petits groupes. Demandez votre devis : réponse écrite en moins de 30 minutes.

Combien de temps dure le trajet Bordeaux → Celles ?

Comptez 1 h 26 pour ~113.7 km : rocade de Bordeaux, A89 jusqu'à la sortie de Mussidan, puis les départementales du Ribéracois (D708 vers Ribérac, D99, D93). Les anciennes estimations à 145–165 km sont obsolètes ; le trajet actuellement baké couvre 134 km.

Celles en Dordogne, est-ce la même que Celles-sur-Belle ?

Non, ce sont deux communes distinctes. Celles en Dordogne (code postal 24600) est un village du Ribéracois, en Périgord vert, 619 habitants. Celles-sur-Belle, dans les Deux-Sèvres, est une commune bien plus connue pour son abbatiale royale — sans aucun rapport administratif ni géographique avec celle-ci.

Qu'est-ce qu'une « église-donjon » ?

C'est le terme employé pour l'église Saint-Pierre de Celles, dont la fortification (ajoutée au XIVᵉ siècle) est si poussée qu'elle évoque, par sa masse et sa robustesse, un véritable donjon castral plutôt qu'une simple église fortifiée. Le Périgord compte beaucoup d'églises fortifiées, mais peu méritent ce qualificatif réservé aux plus abouties. À savoir : l'église est recensée à l'inventaire du patrimoine, mais elle n'est ni classée ni inscrite aux monuments historiques.

D'où vient le nom « Celles » ?

Du latin cella (« cellule monastique ») ; en occitan, le village se nomme Cela. Le nom rappelle que Celles fut d'abord un prieuré bénédictin, dépendant du prieuré du Peyrat (dit parfois « abbaye »), fondé en 1065 à Blanzaguet-Saint-Cybard, en Charente. C'est un bel exemple de « Périgord charentais » : une paroisse du diocèse de Périgueux rattachée à un monastère de l'Angoumois.

Que voir à Celles même ?

L'église-donjon Saint-Pierre (XIIᵉ siècle, fortifiée au XIVᵉ) est la curiosité majeure, en accès libre : architecture romane trapue, contreforts plats, clocher à deux tours en pavillon, chapelles gothiques latérales. On aperçoit aussi le château de Lascoux (XVIᵉ siècle, privé, non visitable) et la chapelle Saint-Jean-de-la-Lande, but d'un pèlerinage le 24 juin. Le vrai bouquet patrimonial est toutefois dans les environs immédiats.

Quel est le lien entre Celles et Bourdeilles ?

En 1481, la paroisse de Celles dépendait de la châtellenie de Bourdeilles, l'une des quatre baronnies historiques du Périgord (avec Biron, Beynac et Mareuil). Bourdeilles était alors coupée en deux — une baronnie pro-anglaise et une châtellenie royale, dont relevait Celles —, réunies précisément en 1481 par François de Bourdeille. Le château de Bourdeilles, à 24 minutes, se visite (classé monument historique depuis 1919).

L'église de Celles a-t-elle un tympan sculpté ?

Probablement pas. On lit parfois qu'elle possède un tympan de l'Ascension, mais la notice officielle du patrimoine décrit un portail occidental encadré de deux contreforts massifs reliés par un arc, sans aucun tympan sculpté. Un tel décor serait rarissime en Périgord et aurait été signalé. Ce que l'on voit de sûr : une nef romane voûtée en berceau, un chœur à chevet plat et des chapelles gothiques latérales.

Que voir autour de Celles ?

Le meilleur du Ribéracois. Grand-Brassac (9 min) et son église-forteresse classée aux statues polychromes ; Ribérac (13 min), la capitale-marché ; Bourdeilles (24 min) et ses deux châteaux ; Aubeterre-sur-Dronne (31 min), Plus Beaux Villages de France à l'église monolithe souterraine ; et Brantôme (37 min), la « Venise du Périgord ». Le tout relié par la vallée de la Dronne.

Peut-on faire du canoë près de Celles ?

Oui : la Dronne borde Celles au sud et compte parmi les plus belles rivières à canoë du Sud-Ouest — eau claire, classée Natura 2000. On la descend depuis Ribérac (sorties d'1h30 à la journée, base au camping municipal) ou depuis Aubeterre en aval (descentes de 5 à 50 km, plage surveillée). Baignade aménagée aussi à Tocane-Saint-Apre, à 17 minutes.

Comment venir à Celles sans voiture ?

C'est très difficile : le Ribéracois n’a plus de gare voyageurs. [12] La seule gare TER utile est Périgueux, à 38 km, avec une desserte TER dont les fréquences et horaires doivent être vérifiés sur le site TER Nouvelle-Aquitaine avant le départ, mais il faut ensuite rejoindre Celles, et les cars régionaux ne desservent pas les hameaux. Le chauffeur privé Bordeaux → Celles (1 h 26, dès 196 €) est une option porte-à-porte sans correspondance jusqu'au village.

Combien d'habitants compte Celles ?

619 habitants au recensement de 2023, en hausse de +5,45 % depuis 2017 — une croissance nettement supérieure à la moyenne départementale (+0,97 %). Après avoir perdu les deux tiers de sa population en deux siècles (1 798 habitants en 1793, creux à 552 en 1999), Celles repart à la hausse depuis les années 2000, à contre-courant de la plupart des villages du Ribéracois.

Qu'est-ce que le « pays des églises à coupoles » du Ribéracois ?

Un ensemble patrimonial remarquable : une trentaine d'églises romanes à coupoles du XIIᵉ siècle, disséminées autour de Ribérac. La coupole, en reportant les charges sur des murs très épais, permettait d'y aménager des chambres de défense — d'où d'innombrables églises-forteresses (Grand-Brassac, Siorac-de-Ribérac, Saint-Martial-de-Viveyrol…). Celles, avec son église-donjon, en est une porte d'entrée. Un circuit balisé les relie à travers le bocage.

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Sources

Sources et références

Article mis à jour le .

Réservation 24h/24

En route pour le Ribéracois

Trajet direct depuis Bordeaux (1 h 26) par l'A89, arrêts libres en chemin — Grand-Brassac, Ribérac, Bourdeilles. Devis fixe par écrit sous 30 minutes, berline ou van 8 places, chauffeur anglophone.

Église-donjon Saint-Pierre de Celles dominant le village du Ribéracois
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