Cornille, aux portes du chemin de Compostelle en Périgord blanc
À dix kilomètres de Périgueux, un village discret proche de la voie de Vézelay vers Compostelle. Sa vraie singularité : une population qui a doublé depuis 1968, à rebours du Périgord rural. Église romane, saint-berger local et manoir préservé — le tout sans broder sur les légendes. À ~1h55 de Bordeaux.
Cornille en bref
- Cornille (les Cornillais) est un village du Périgord blanc, en Dordogne (24750), à une dizaine de kilomètres au nord-est de Périgueux.
- Sa singularité tient à sa démographie : à rebours du Périgord rural, Cornille a vu sa population plus que doubler depuis 1968 — de 275 à 687 habitants (2023) — portée par la périurbanisation de Périgueux.
- La commune se trouve près de l’axe périgourdin de la Via Lemovicensis, la voie de Vézelay vers Saint-Jacques-de-Compostelle (GR 654) ; la source nationale ne la désigne toutefois pas comme étape officielle.
- Son nom vient de l'anthroponyme gallo-romain Cornelius — « le domaine de Cornelius » — trace d'un lointain propriétaire antique.
- L’annuaire du diocèse identifie l’église de Cornille sous le vocable Saint-Eutache ; l’attribution à saint Eumache, souvent répétée en ligne, n’est pas confirmée pour cette commune.
- Le manoir de la Fayardie, souvent dit « en ruines », est en réalité une maison forte remarquablement préservée — avec un escalier à vis taillé dans un tronc d'arbre unique.
- Ce guide s'attache à démêler le vérifié du répété : plusieurs affirmations qui circulent sur Cornille (église classée, cadran en coquille…) ne reposent sur aucune source sérieuse.
- Depuis Bordeaux : ~145 km, environ 1h55 par la route — dès 249 € en chauffeur privé. Pas de gare (Périgueux à ~10 km).
Avant de partir : ce que Cornille est vraiment
Un matin clair sur les calcaires du Périgord blanc. À dix kilomètres à peine de Périgueux, Cornille n'a ni château médiatique, ni bastide classée, ni grotte ornée. C'est un village discret, posé sur des collines de craie blanche, que traverse — sans tapage — l'un des plus vieux chemins d'Europe : la route de Compostelle. On y croise une église romane dédiée à un saint-berger du cru, un manoir fortifié étonnamment intact, et surtout une population qui, contre toute attente en Dordogne rurale, ne cesse de grandir. Bienvenue à Cornille, un village d'étape que rien ne signale, mais que tout mérite qu'on raconte — à condition de séparer le vrai du recopié.
Cornille appartient au Périgord central, dit Périgord blanc pour la couleur claire de ses calcaires. C'est une commune de la couronne de Périgueux : rurale, à habitat dispersé, mais dans l'orbite immédiate de la préfecture. On n'y vient pas pour un site spectaculaire, mais pour une atmosphère — celle d'un village de campagne vivant, sur un chemin chargé d'histoire.
Le parti pris : séparer le vérifié du répété
Ce guide fait un choix de rigueur : il distingue soigneusement ce qui est sourcé de ce qui se recopie de fiche en fiche. Car sur Cornille, plusieurs affirmations répandues ne résistent pas à la vérification. L'église n'est pas classée Monument historique (seule une statue y est protégée comme objet). Le fameux « cadran solaire en coquille Saint-Jacques » et le « miracle de l'aigle » du saint patron ne sont documentés par aucune source primaire. Et la révolte des Croquants, souvent rattachée à la forêt de Lanmary voisine, s'est en réalité réfugiée ailleurs, dans la forêt de Vergt. Nous le disons clairement, plutôt que de broder.
Ce qui reste, une fois le tri fait, suffit largement à l'intérêt du lieu : une démographie hors norme, une vraie place sur la voie de Vézelay vers Compostelle, un saint local attachant et un manoir préservé rare. Pour découvrir Cornille et le Périgueux tout proche sans contrainte, un chauffeur privé depuis Bordeaux reste la formule la plus simple en porte-à-porte.
Un village de la couronne de Périgueux, en Périgord blanc
Cornille se situe dans le quart central de la Dordogne, à une dizaine de kilomètres au nord-nord-est de Périgueux (environ 10,5 km par la route, 9 km à vol d'oiseau). Le territoire, de 13,04 km², présente un relief de collines calcaires typique — entre 134 et 230 mètres d'altitude. Le sous-sol appartient au plateau périgourdin : des calcaires hétérogènes du Crétacé (du Turonien au Campanien), ces mêmes craies blanches et claires qui valent au Périgord central son surnom de Périgord blanc.

Cinq communes limitrophes, deux départementales
Le village est à l'écart des grands axes : on y accède par la route départementale 8, qui traverse le territoire du sud au nord-est, et par la RD 69 au nord. Rattachée à l'arrondissement de Périgueux et à la communauté d'agglomération Le Grand Périgueux, Cornille est limitrophe de cinq communes : Agonac, Sorges-et-Ligueux-en-Périgord, Antonne-et-Trigonant, Trélissac et Champcevinel.
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Code postal / INSEE | 24750 / 24135 |
| Région naturelle | Périgord blanc (Périgord central) |
| Intercommunalité | Le Grand Périgueux |
| Superficie | 13,04 km² (cadastrale INSEE) |
| Altitude | 134 m à 230 m |
| Population | 687 habitants (2023) — les Cornillais |
| Densité | ~53 hab/km² |
| À voir | Église Saint-Eutache, manoir de la Fayardie, proximité de la voie de Vézelay |
Cette densité d'environ 53 habitants au km² est déjà un indice : elle est nettement supérieure à celle des communes rurales isolées du département. Cornille n'est pas un village qui se vide — au contraire. C'est même là toute sa singularité, comme on va le voir.
Le trait rare : un village du Périgord qui grandit
C'est, de loin, le trait le plus singulier de Cornille. Tandis qu'une grande partie des villages de la Dordogne rurale ont vu leur population fondre depuis un siècle, Cornille, elle, grandit — et depuis longtemps. De 275 habitants en 1968, la commune est passée à 687 en 2023 : une population multipliée par 2,5 en un demi-siècle.[1]
| Année | Population |
|---|---|
| 1968 | 275 habitants |
| 1975 | 318 |
| 1982 | 445 |
| 1990 | 548 |
| 1999 | 562 |
| 2015 | 673 |
| 2023 | 687 habitants |
Le décollage de 1975-1990
La phase la plus intense se situe entre 1975 et 1990 : la population bondit de 318 à 548 habitants, soit +72 % en quinze ans. C'est la grande vague de périurbanisation des campagnes proches des préfectures. Depuis 2016, la courbe s'est stabilisée sur un plateau autour de 685-690 habitants. Le mouvement n'a pas été parfaitement linéaire — il a connu de légers reflux —, mais la tendance de fond est sans équivoque : Cornille a gagné des habitants là où presque tout le Périgord rural en perdait.
Ce que dit le zonage officiel
L'explication tient en un mot : la couronne périurbaine. Cornille appartient officiellement à l'aire d'attraction de Périgueux, dont elle est une commune de couronne. À moins de dix kilomètres de la préfecture, on peut y vivre au calme, dans un cadre rural et à l'immobilier abordable, tout en travaillant à Périgueux ou dans son bassin d'emploi. Cette attractivité résidentielle, continue depuis un demi-siècle, a façonné un village plus jeune et plus peuplé qu'à aucun moment du XXe siècle.
Le zonage statistique confirme ce portrait avec précision. Dans la nomenclature INSEE des aires d'attraction des villes (2020), Cornille est classée dans la couronne de l'aire d'attraction de Périgueux, un ensemble qui regroupe 49 communes ; elle demeure en revanche hors unité urbaine, et son bâti relève de la catégorie « commune rurale à habitat dispersé ». Autrement dit : statistiquement dans l'orbite de la ville, physiquement encore à la campagne — hameaux, fermes isolées et lotissements récents éparpillés sur les 13 km² du territoire. C'est très exactement le profil de ces communes-dortoirs vertes qui ont porté la croissance périurbaine française depuis les années 1970.
Un mot, enfin, sur la précision des chiffres eux-mêmes : selon le millésime retenu, on lit 688 habitants (population municipale INSEE 2022) ou 687 habitants (au 1er janvier 2023) — les deux valeurs sont correctes, chacune pour sa date de référence. La courbe récente n'est d'ailleurs pas un long fleuve tranquille : 691 habitants en 2016, léger repli à 676 en 2017, remontée à 690 en 2021, puis 687 en 2023. Une respiration de quelques unités autour d'un plateau — rien qui remette en cause la trajectoire de fond, mais assez pour rappeler qu'une « croissance continue » serait une simplification abusive.
Le domaine de Cornelius : une origine gallo-romaine
Le nom de Cornille — en occitan Cornilha — descend d'un nom d'homme latin : Cornelius, porté par de nombreux notables romains. C'est l'analyse retenue par les grands dictionnaires toponymiques (Dauzat, Rostaing, Nègre). Cornille désignerait ainsi, à l'origine, le domaine d'un dénommé Cornelius, un propriétaire terrien gallo-romain dont on ignore tout, sinon ce nom fossilisé dans la toponymie.
Ce type de nom est un cas d'école dans tout le Sud-Ouest. À l'époque gallo-romaine, un grand propriétaire donnait son nom à son domaine agricole ; des centaines de communes françaises doivent ainsi leur appellation à un possesseur antique oublié. Cornille en est un exemple limpide, le nom Cornelius s'étant transmis presque sans déformation. Nous restons toutefois prudents sur le détail morphologique : le sens « domaine de Cornelius » est solidement admis, mais on trouve parfois des formes médiévales anciennes qui concernent en réalité une autre commune homonyme (Cornillé, en Ille-et-Vilaine) — à ne pas confondre.
Aux portes de Vesunna, capitale des Pétrocores
Cette origine antique n'a rien d'anecdotique dans ce secteur : nous sommes à quelques kilomètres de Vesunna, l'actuelle Périgueux, capitale de la cité gallo-romaine des Pétrocores. Tout ce terroir gravitait, il y a deux mille ans, autour de cette ville romaine — et il n'est pas étonnant qu'un domaine y ait porté le nom d'un Cornelius. Le fil, de l'Antiquité au village d'aujourd'hui, n'a jamais été rompu. Précisons toutefois, par rigueur, qu'aucun vestige gallo-romain n'est archéologiquement attesté sur le territoire même de Cornille : le contexte antique est régional — celui, très dense, du bassin de Vesunna — et c'est la toponymie, non la truelle, qui porte ici la mémoire romaine.
Un nom qui a voyagé jusqu'à Mars
Selon la page Wikipédia de Cornille citée en fin d'article, une cible rocheuse analysée par le rover Curiosity en mars 2021 a reçu le nom “Cornille”. Le nom d'un obscur propriétaire gallo-romain, fossilisé pendant deux millénaires dans un toponyme du Périgord blanc, se retrouve ainsi apposé sur un caillou martien étudié par un laboratoire roulant. Peu de villages de moins de 700 habitants peuvent se prévaloir d'une telle extension de domaine : de la villa gallo-romaine de Cornelius au sol de la planète Mars, l'onomastique a rarement fait plus long voyage.
Cornille près de la voie de Vézelay vers Compostelle
L’Agence française des chemins de Compostelle identifie la Via Lemovicensis comme la voie de Vézelay, un itinéraire de 1 100 km associé au GR 654, qui traverse la Dordogne et passe par Périgueux. Sa fiche publique ne nomme pas Cornille individuellement : ce guide présente donc la commune comme proche de cet axe, et non comme une étape officielle attestée.[2]

Ce que l’itinéraire officiel établit
La voie relie Vézelay à Saint-Jean-Pied-de-Port, avec Périgueux parmi ses villes-portes. Deux tracés coexistent : le sentier GR 654 balisé par la Fédération française de la randonnée et un chemin de pèlerins signalé par la coquille européenne et des marques jaunes et bleues. L’itinéraire détaillé doit être consulté avant toute marche.[2]
La portée exacte de l’inscription UNESCO
Le bien « Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France », inscrit en 1998, réunit des monuments et des tronçons sélectionnés. La cathédrale Saint-Front de Périgueux en est une composante ; Cornille ne figure pas individuellement dans cette inscription. La proximité du chemin ne doit donc pas être confondue avec un classement UNESCO de la commune.[5]
Saint Eutache à Cornille : distinguer le titulaire officiel de saint Eumache
L’annuaire 2022 du diocèse de Périgueux et Sarlat donne « Cornille — St-Eutache », tandis qu’il associe explicitement Saint-Eumache à la commune de Saint-Chamassy. Cette source locale directe contredit l’appellation « église Saint-Eumache de Cornille » souvent reprise en ligne. Le vocable retenu ici est donc Saint-Eutache.[3]

Ce qui reste une tradition non vérifiée
Les récits présentant un « saint Eumache de Cornille » comme berger du VIe siècle, serviteur d’une dame Boëze puis prêtre, ne sont pas corroborés par la source diocésaine consultée ni par une notice d’archives locale identifiée. Ils relèvent donc ici d’une tradition hagiographique, sans être présentés comme la biographie établie du titulaire de l’église.
Une confusion à ne pas transformer en certitude
L’annuaire diocésain suffit à distinguer les deux vocables, mais il ne documente ni la date de construction de l’édifice, ni ses vitraux, ni l’origine historique de cette confusion. Tant qu’un inventaire paroissial ou une archive locale précise n’est pas publié, ces détails doivent rester formulés comme des hypothèses ou être omis.
L’église Saint-Eutache : le patrimoine réellement documenté
L’appellation institutionnelle disponible est « Saint-Eutache », selon l’annuaire du diocèse de Périgueux et Sarlat. Cette source ne permet pas, à elle seule, d’affirmer une datation romane précise, des remaniements au XIXe siècle ou l’iconographie d’un vitrail. Ces éléments ne sont donc plus donnés comme des faits établis.[3]

Un Christ en croix protégé au titre objet
La base POP documente à Cornille un Christ en croix sous l’identifiant PM24000153, classé au titre objet le 20 février 1961. Cette protection concerne le meuble religieux, pas l’église entière : la formulation « église classée Monument historique » serait donc inexacte.[4]
La coquille attribuée à l’église
L’existence d’un cadran solaire sculpté en forme de coquille Saint-Jacques n’est étayée ni par la notice POP de l’objet protégé ni par les sources institutionnelles consultées. Cette affirmation demeure une tradition non vérifiée. Une photographie géolocalisée ou un inventaire patrimonial local serait nécessaire pour la confirmer.
Le manoir de la Fayardie et le patrimoine bâti
En dehors de son église, Cornille conserve un patrimoine civil discret mais réel — et là encore, il faut corriger une idée reçue tenace. Le manoir de la Fayardie est régulièrement décrit comme « en ruines, réduit à une tour ». C'est faux : la Fayardie est au contraire une maison forte debout et remarquablement préservée, considérée comme l'un des rares édifices de ce type à n'avoir subi que très peu de transformations.

Un escalier taillé dans un tronc unique
De plan rectangulaire à un étage, la Fayardie s'organise autour d'une tour carrée centrale qui abrite un escalier à vis exceptionnel, taillé dans un tronc d'arbre unique, aux marches triangulaires. L'édifice conserve trois bretèches et des canonnières, témoins de sa fonction défensive à la fin du Moyen Âge. Aujourd'hui propriété privée (elle abrite un atelier de poterie), elle ne se visite pas — mais elle est bien vivante, tout sauf une ruine.
Château de la Forêt, obélisque et pigeonnier
Le reste du petit patrimoine complète le tableau. Le château de la Forêt, bâti aux XVe et XVIIe siècles, est aujourd'hui un haras. Au lieu-dit les Tavernes, un obélisque fut érigé en 1836 par le comte de Barde. Enfin, le pigeonnier de la Luminade, du XVIIIe siècle, rappelle une tradition typiquement périgourdine : le droit de colombier, longtemps réservé aux notables, et la fiente de pigeon, engrais précieux pour les terres. Autant de repères discrets d'un terroir habité de longue date.
Le château de la Forêt — devenu le « Haras de la Forêt » — mérite un mot de plus, car sa silhouette résume plusieurs siècles d'architecture seigneuriale : il conserve une tour ronde, une tour carrée à mâchicoulis, un chemin de ronde, un châtelet d'entrée et la trace de ses anciennes douves. Autrement dit, tout le vocabulaire défensif du XVe siècle, adouci par les remaniements du XVIIe, mis aujourd'hui au service des chevaux. Avec la Fayardie et ses bretèches d'un côté, la Forêt et son châtelet de l'autre, Cornille aligne ainsi — sur treize petits kilomètres carrés — deux témoins complémentaires de la maison noble périgourdine, l'un resté maison forte quasi intacte, l'autre devenu domaine équestre — deux propriétés privées qui se laissent apercevoir au fil des routes et chemins de la commune.
Nature, accès depuis Bordeaux et alentours
Aux portes de Cornille s'étend la grande forêt de Lanmary, un massif domanial de chênes et de châtaigniers, aujourd'hui classé en zone naturelle d'intérêt écologique (ZNIEFF). C'est un beau but de promenade, à la lisière de la commune. On lit parfois que ce massif aurait servi de refuge aux Croquants, ces paysans révoltés du XVIIe siècle : en réalité, le refuge historiquement attesté de leur dernier meneur, Pierre Grellety, fut la forêt de Vergt, plus au sud — Lanmary reste, elle, un site avant tout naturel. À découvrir donc pour ses arbres, non pour une légende.
Les Croquants : la vraie histoire, sans broder
Puisque le nom des Croquants revient dès qu'on parle des forêts périgourdines, autant raconter ce que les sources disent réellement de ces révoltes paysannes — l'une des plus grandes histoires du Périgord moderne. Il y eut en réalité deux vagues. La première éclate dès 1594, du côté de Turenne, dans le contexte de sortie des guerres de Religion ; elle est matée en septembre 1595, lors d'affrontements à Saint-Crépin-d'Auberoche et Condat-sur-Vézère — c'est-à-dire à quelques lieues à peine au sud-est de Cornille. La seconde, la plus massive, embrase le Périgord en 1636-1637, sous la pression fiscale écrasante liée à la guerre contre l'Espagne.
En 1637, un gentilhomme campagnard, La Mothe de la Forêt, prend la tête d'une armée paysanne d'environ 8 000 hommes et s'empare de Bergerac. La riposte royale est conduite par le duc de La Valette, avec quelque 3 000 soldats aguerris : le 1er juin 1637, à La Sauvetat-du-Dropt, il écrase la révolte dans un affrontement d'une rare violence — les bilans vont d'un millier de morts à plus de 1 600 tués selon les sources, pour une quarantaine de prisonniers. Plus de 2 000 croquants s'étaient réfugiés derrière les murailles du bourg, sous les ordres du seigneur de Madaillan… lequel prit la fuite en pleine bataille.
Restait un irréductible : Pierre Grellety, le « dernier croquant », qui tint le maquis pendant environ quatre ans dans la forêt de Vergt — et non à Lanmary, répétons-le. Son destin est un roman à lui seul : amnistié le 25 janvier 1642, il fut ensuite nommé capitaine et gouverneur de Verceil (Vercelli), en Italie — du hors-la-loi forestier au gouverneur militaire, la reconversion la plus spectaculaire de toute l'histoire des Croquants. Dernier contresens à éviter : le célèbre « Jacquou le Croquant » d'Eugène Le Roy, ancré dans le Périgord de la vallée de la Vézère, ne se déroule pas pendant ces révoltes mais sous la Restauration, au XIXe siècle — son titre est une référence rétrospective aux insurgés des XVIe-XVIIe siècles, pas leur chronique.
| Date | Épisode des Croquants |
|---|---|
| 1594 | Première vague de révolte, dès Turenne |
| Septembre 1595 | Répression à Saint-Crépin-d'Auberoche et Condat-sur-Vézère |
| 1636-1637 | Seconde vague, sur fond de pression fiscale et de guerre d'Espagne |
| 1637 | La Mothe de la Forêt lève ~8 000 hommes, prise de Bergerac |
| 1er juin 1637 | Défaite de La Sauvetat-du-Dropt face au duc de La Valette (~3 000 soldats) |
| 1637-1641 | Pierre Grellety poursuit la lutte depuis la forêt de Vergt |
| 25 janvier 1642 | Amnistie de Grellety, plus tard gouverneur de Verceil (Italie) |
Venir à Cornille depuis Bordeaux
Côté accès, Cornille n'a pas de gare : la plus proche est celle de Périgueux, à une dizaine de kilomètres. Depuis Bordeaux, comptez environ 145 km et 1h55 par la route. La préfecture, Périgueux, n'est qu'à un quart d'heure (~10 km) — c'est le grand atout de Cornille, à la fois à la campagne et aux portes de la ville.
| Depuis / vers | Distance | Temps |
|---|---|---|
| Bordeaux → Cornille | ~145 km | ~1h55 |
| Périgueux (préfecture) | ~10 km | ~15 min |
| Brantôme | ~16 km | ~20 min |
| Sorges (capitale de la truffe) | ~10 km | ~12 min |
| Sarlat-la-Canéda | ~75 km | ~1h10 |
Sans desserte ferroviaire et avec un habitat dispersé, la voiture est ici indispensable. Cornille fait une base tranquille pour rayonner dans le Périgord blanc : la Vesunna gallo-romaine et la cathédrale Saint-Front de Périgueux, la « Venise du Périgord » à Brantôme, ou Sorges et sa Maison de la truffe. Pour enchaîner ces étapes en porte-à-porte, sans se soucier de l'itinéraire ni du stationnement, un chauffeur privé au départ de Bordeaux reste la solution la plus confortable.
Questions fréquentes
Où se trouve Cornille ?
Dans le Périgord blanc, en Dordogne, à une dizaine de kilomètres au nord-est de Périgueux (environ 10 km par la route). Code postal 24750, code INSEE 24135. C'est un village d'environ 687 habitants, membre de la communauté d'agglomération Le Grand Périgueux, à quelque 145 km (1h55) de Bordeaux. Il n'y a pas de gare : la plus proche est celle de Périgueux.
Pourquoi la population de Cornille augmente-t-elle ?
Grâce à l'effet de couronne périurbaine de Périgueux, dont Cornille n'est distante que d'une dizaine de kilomètres. On peut y résider dans un cadre rural et abordable tout en travaillant dans le bassin d'emploi de la préfecture. Résultat : une croissance forte et durable, de 275 habitants en 1968 à 687 en 2023 — une population multipliée par 2,5, à rebours du Périgord rural.
Cornille est-elle une étape officielle du chemin de Compostelle ?
La fiche nationale de la voie de Vézelay confirme le GR 654, la traversée de la Dordogne et le passage par Périgueux, mais elle ne nomme pas Cornille individuellement. La commune est donc présentée ici comme proche de cet axe, pas comme une étape officielle ni comme un site lui-même inscrit au patrimoine mondial.
L'église de Cornille est-elle classée Monument historique ?
La source patrimoniale consultée ne protège pas l’église entière. Elle recense un Christ en croix sous l’identifiant POP PM24000153, classé au titre objet le 20 février 1961. Il faut donc distinguer la protection de ce meuble religieux du statut du bâtiment, que cette notice ne classe pas.
Y a-t-il un cadran solaire en coquille Saint-Jacques à Cornille ?
C'est une affirmation qui circule, mais aucune source primaire ne la documente, et les photographies disponibles de l'église n'en montrent pas trace. Nous la présentons donc comme une tradition non vérifiée, et non comme un fait établi. Ce qui ancre réellement Cornille sur le chemin de Compostelle, c'est sa présence attestée sur le tracé de la voie de Vézelay.
Pourquoi lit-on parfois « Saint-Eumache » à Cornille ?
Cette appellation est répétée par des sources secondaires, mais l’annuaire 2022 du diocèse donne « Cornille — St-Eutache » et associe Saint-Eumache à Saint-Chamassy. Faute d’archive locale plus précise, le guide retient Saint-Eutache pour l’église de Cornille et présente les récits sur Eumache comme une tradition non établie.
Le manoir de la Fayardie est-il en ruines ?
Non, c'est une idée reçue. Le manoir de la Fayardie est au contraire une maison forte remarquablement préservée, l'un des rares édifices de ce type à n'avoir subi que très peu de transformations. Il conserve un escalier à vis taillé dans un tronc d'arbre unique, trois bretèches et des canonnières. Propriété privée abritant un atelier de poterie, il ne se visite pas.
Combien coûte un trajet Bordeaux → Cornille en chauffeur privé ?
À partir de 249 € pour le trajet aller, en porte-à-porte, pour 1 à 3 passagers (berline) — tarif indicatif pour ~145 km et environ 1h55 de route. Le prix exact dépend de l'horaire, du véhicule (berline ou van jusqu'à 8 places) et des arrêts souhaités. Un devis fixe et écrit est fourni avant le départ.
Pourquoi une roche de Mars porte-t-elle le nom de Cornille ?
Selon la page Wikipédia de Cornille citée en fin d'article, une cible rocheuse analysée par le rover Curiosity en mars 2021 a reçu le nom “Cornille”. Le village périgourdin a eu cet honneur inattendu : son nom, hérité d'un propriétaire gallo-romain il y a deux mille ans, figure désormais dans la nomenclature d'exploration de la planète rouge — un clin d'œil cosmique pour une commune de moins de 700 habitants, qui relie le Périgord blanc au cratère martien exploré par le rover.
Qui étaient les Croquants du Périgord ?
Des paysans révoltés contre la pression fiscale, en deux vagues : dès 1594 (répression en septembre 1595) puis en 1636-1637, pendant la guerre contre l'Espagne. Menés par La Mothe de la Forêt, environ 8 000 insurgés prirent Bergerac avant d'être écrasés le 1er juin 1637 à La Sauvetat-du-Dropt par le duc de La Valette. Le dernier meneur, Pierre Grellety, résista depuis la forêt de Vergt jusqu'à son amnistie en janvier 1642 — avant de devenir gouverneur de Verceil, en Italie.
Que voir autour de Cornille ?
Périgueux et ses trésors sont à une dizaine de kilomètres : la cité gallo-romaine de Vesunna et la cathédrale Saint-Front, inscrite à l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques. Tout près, Sorges et sa Maison de la truffe (~10 km), et Brantôme, la « Venise du Périgord » (~16 km). La forêt domaniale de Lanmary, aux portes du village, offre de belles promenades.
Pour aller plus loin
- La préfecture aux deux mille ans, tout près : voir le Guide de Périgueux (Vesunna, Saint-Front, UNESCO)
- La « Venise du Périgord », à ~16 km : voir le Guide de Brantôme (abbaye, grottes, la Dronne)
- La capitale du Périgord vert : voir le Guide de Ribérac (Arnaut Daniel, grand marché)
- Le Périgord blanc du côté de la Dordogne : voir le Guide de Montpon-Ménestérol
- Organiser le trajet : réserver un chauffeur privé Bordeaux → Cornille ou explorer toutes nos destinations
Sources et références
- INSEE — commune de Cornille (COM-24135) — série démographique et population 2023 ; donnée 2023, consultée le 24 juillet 2026.
- Agence française des chemins de Compostelle — voie de Vézelay — Via Lemovicensis, GR 654, traversée de la Dordogne et ville-porte de Périgueux ; consultée le 24 juillet 2026.
- Diocèse de Périgueux et Sarlat — Annuaire diocésain 2022 — « Cornille — St-Eutache » page 148 et « Saint-Chamassy — St-Eumache » page 152 ; consulté le 24 juillet 2026.
- Ministère de la Culture, POP — Christ en croix (PM24000153) — objet classé le 20 février 1961 ; consultée le 24 juillet 2026.
- UNESCO — Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France — périmètre du bien inscrit en 1998 ; consultée le 24 juillet 2026.
Article mis à jour en juillet 2026.
En route pour le Périgord blanc
Trajet direct depuis Bordeaux (~1h55) vers Cornille et Périgueux, arrêts libres en chemin — Vesunna, Saint-Front, Brantôme, Sorges. Devis fixe par écrit sous 30 minutes, berline ou van 8 places, chauffeur anglophone.




