Lanouaille, la pomme d'or du Périgord vert
Un bourg de 926 habitants au parcours étonnant : la retraite agronomique du maréchal Bugeaud, un comice agricole documenté dès 1824 et toujours organisé à l'automne, la patrie de l'homme du kaolin de Limoges, la capitale de la pomme du Limousin AOP — et le Périgord vert tout autour. Tout comprendre avant de venir, à ~2h40 de Bordeaux.
En bref
Lanouaille est une commune du Périgord vert, dans le nord-est de la Dordogne, à la charnière du Limousin. Le bourg fut chef-lieu de canton de 1801 à 2015 et reste un centre rural du plateau. Son histoire est liée au maréchal Bugeaud, maire et propriétaire de la Durantie, mais aussi au chirurgien Jean-Baptiste Darnet, associé à la découverte du kaolin de Saint-Yrieix. Le territoire produit la pomme du Limousin AOP, présentée à la Maison de la Pomme d'Or, et perpétue un ancien comice agricole à l'automne. L'église néogothique Saint-Pierre-ès-Liens, les vergers et la vallée de la Loue complètent la visite. Lanouaille ne possède pas de gare ; depuis Bordeaux, le trajet routier retenu par la page est d'environ 201 km et 2 h 40. Les horaires d'événements, les visites de propriétés privées et les transports locaux doivent être confirmés avant le départ.
- Lanouaille est une commune de 926 habitants (2023)[6] du nord-est de la Dordogne (24270), en plein Périgord vert, à la charnière du Limousin.
- Elle fut chef-lieu de canton pendant 214 ans (1801-2015), pour dix communes rurales, avant son rattachement au canton d'Isle-Loue-Auvézère (bureau à Excideuil).
- Son lieu emblématique n'est ni une halle ni un donjon : c'est le château de la Durantie (1845), retraite agronomique du maréchal Bugeaud — figure majeure et controversée du XIXᵉ siècle français.
- Le comice, documenté dès 1824[2], se tient habituellement à l'automne ; date et programme à confirmer auprès de la commune.
- Lanouaille est aussi la patrie de Jean-Baptiste Darnet (1722-1781), le chirurgien à l’origine de la découverte du kaolin[1] — le minerai qui fit naître la porcelaine de Limoges.
- Capitale locale de la pomme du Limousin AOP[5] : Maison de la Pomme d'Or, vergers à perte de vue — et une tarte aux pommes record de 15,20 m de diamètre réalisée en 2000.
- Un corso fleuri anime le bourg chaque week-end de Pâques depuis 1980 (45ᵉ édition en 2026).
- À moins de 20 km : Excideuil et son château sur motte, Hautefort et son château classé, la vallée de l'Auvézère et Ségur-le-Château.
- Comptez 201 km et environ 2h40 depuis Bordeaux — pas de gare sur la commune ; ce guide s'adresse aux curieux d'histoire, aux généalogistes et aux voyageurs qui composent un circuit Périgord vert.
Avant de partir : ce que Lanouaille est vraiment
Week-end de Pâques, début d'après-midi. Des chars couverts de fleurs en papier descendent la rue principale sous les confettis : le corso fleuri de Lanouaille défile ainsi chaque année depuis 1980. Le comice, documenté dès 1824, se tient habituellement à l'automne ; date et programme à confirmer auprès de la commune.
On traverse souvent Lanouaille sans s'arrêter, sur la D704 qui file de Limoges vers Sarlat. C'est dommage : ce bourg de 926 habitants concentre une densité d'histoire étonnante — un maréchal de France agronome, l'homme du kaolin de Limoges, un des plus vieux comices de France, et la capitale d'un pays de vergers où la golden a rang d'appellation d'origine.
Ici, on est en Périgord vert — le Périgord des prairies, des châtaigniers et des vallons humides, le moins connu des quatre. La pierre blonde du Périgord central cède la place au granit et au schiste, les falaises aux collines douces : le Limousin commence quelque part entre deux haies, sans que personne ne sache exactement où.
Ce guide rassemble ce qu'il faut comprendre avant de venir — l'histoire, Bugeaud et la Durantie, la pomme, les environs — et les aspects pratiques, y compris comment rejoindre le village depuis Bordeaux sans conduire, par exemple avec un chauffeur privé.
Où se situe Lanouaille ? Géographie et situation administrative
Lanouaille occupe le quart nord-est de la Dordogne (24), en Nouvelle-Aquitaine, dans l'arrondissement de Nontron — le cœur de ce que l'on appelle le Périgord vert, la région naturelle la plus septentrionale et la moins peuplée des quatre Périgords.
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Département | Dordogne (24) |
| Région | Nouvelle-Aquitaine |
| Arrondissement | Nontron |
| Région naturelle | Périgord vert |
| Canton actuel | Isle-Loue-Auvézère (depuis 2015, bureau à Excideuil) |
| Ancien canton | Lanouaille (1801-2015, chef-lieu) |
| Code postal | 24270 |
| Superficie | ≈ 24 km² |
| Altitude | de 198 m (confluence Loue/Haute Loue) à 342 m |
| Population | 926 habitants (2023) |
Deux rivières jumelles : la Loue et la Haute Loue
La commune est bordée au nord-ouest par la Loue et traversée par son affluent, la Haute Loue. Leur confluence, au sud-ouest du territoire, marque le point le plus bas de la commune (198 m). Ces cours d'eau modestes mais bien encaissés ont façonné un réseau de vallons humides qui contraste avec les plateaux plus secs — l'ensemble appartient au bassin de la Dordogne, dans le grand ensemble Adour-Garonne.
Un carrefour de départementales sur l'axe Limoges-Sarlat
Le bourg s'est bâti à l'intersection des routes départementales 75, 81, 704 et 707. La D704 est l'axe historique qui relie Limoges à Sarlat par Saint-Yrieix-la-Perche et Montignac-Lascaux — la route des vacanciers pressés, précisément celle qu'il faut savoir quitter. Repères : Excideuil à 9 km, Hautefort à ~15 km, Périgueux à ~50 km, Limoges à ~60 km, Brive-la-Gaillarde à ~70 km.
Huit communes bordent Lanouaille — dont Sarlande, Angoisse, Dussac, Savignac-Lédrier, Génis, Preyssac-d'Excideuil, Anlhiac et Saint-Médard-d'Excideuil — un chapelet de villages qui composait, pour l'essentiel, son ancien canton. Fin 2002, la commune a rejoint l'intercommunalité aujourd'hui nommée Isle-Loue-Auvézère en Périgord.
Un peu d'histoire : de « Novalia » à Lanouaille
Un nom qui hésite entre le marais et le défrichement
Deux étymologies se disputent le nom du village. L'occitan « la noalha » désignerait un étang ou un marais — les vallons humides de la Loue plaident pour elle. Mais l'origine la plus probable reste le latin novalia, la « terre nouvellement défrichée » : un toponyme d'essartage médiéval, très répandu dans les campagnes françaises. Les archives gardent la trace des hésitations de l'orthographe — Nobilia au XVᵉ siècle, « La Noaille » au XVIᵉ, « La Nouailhe » en 1652, « La Noilie » en 1742. En occitan, on dit toujours La Noalha.
18 novembre 1801 : naissance d'un chef-lieu
L'histoire administrative moderne commence avec l'arrêté des Consuls du 18 novembre 1801, qui crée le canton de Lanouaille en remplacement des circonscriptions de Dussac et de Payzac. Lanouaille en sort gagnante : elle devient chef-lieu, au détriment de Dussac. Le canton regroupera durablement dix communes — Angoisse, Dussac, Lanouaille, Nanthiat, Payzac, Saint-Cyr-les-Champagnes, Saint-Sulpice-d'Excideuil, Sarlande, Sarrazac et Savignac-Lédrier — soit 5 453 habitants au 1ᵉʳ janvier 2011.
Deux siècles de centralité rurale
Pendant 214 ans, le bourg concentre les institutions d'un territoire rural : conseil cantonal, services, commerces, école. Curiosités d'époque : entre 1833 et 1848, les cantons de Lanouaille et de Thiviers partageaient un même conseiller général ; entre 1907 et 1919, la commune comptait deux conseillers d'arrondissement — signe d'un poids politique alors plus affirmé.
2015 : la fin du canton
Le décret du 21 février 2014, appliqué aux départementales de mars 2015, supprime le canton. Neuf communes sur dix, dont Lanouaille, rejoignent le canton d'Isle-Loue-Auvézère, dont le bureau centralisateur s'installe à Excideuil ; seule Nanthiat part vers Thiviers. Le rôle de chef-lieu s’achève[4] — mais dans les usages, Lanouaille reste le point de repère de ce coin de Dordogne.
| Date | Événement |
|---|---|
| XVᵉ siècle | Le lieu apparaît sous la forme Nobilia dans les archives |
| 1652 | Orthographe « La Nouailhe » |
| 18 nov. 1801 | Création du canton de Lanouaille (10 communes) |
| Années 1820 | Bugeaud lance à Lanouaille l'un des tout premiers comices agricoles de France |
| 1845 | Construction du château de la Durantie |
| Mi-XIXᵉ | L'architecte Émile Vauthier édifie l'église néogothique Saint-Pierre-ès-Liens |
| 1980 | Premier corso fleuri pascal |
| 2000 | Ouverture de la Maison de la Pomme d'Or ; tarte record de 15,20 m (22 octobre) |
| 2015 | Suppression du canton après 214 ans ; rattachement à Isle-Loue-Auvézère |
| Années 1820 | Le comice, documenté dès 1824, se tient habituellement à l'automne ; date et programme à confirmer auprès de la commune. |
Le château de la Durantie et le maréchal Bugeaud
S'il ne fallait retenir qu'un lieu à Lanouaille, ce serait celui-ci. Le château de la Durantie n'a rien d'une forteresse médiévale : c'est une demeure de 1845, voulue par un homme dont le nom résonne bien au-delà du Périgord — Thomas Robert Bugeaud, marquis de La Piconnerie, duc d'Isly, maréchal de France.[3]
Qui était Bugeaud ?
Né à Limoges le 15 octobre 1784, Bugeaud mène une carrière militaire sous l'Empire, avant le tournant de 1815 : licencié de l'armée à la Seconde Restauration, il se retire dans la propriété familiale de la Durantie et se consacre pendant quinze ans à l'amélioration de ses terres. C'est ici, en Périgord vert, qu'il se forge une réputation d'agronome novateur — introduction de prairies artificielles, lutte contre la jachère — fidèle à sa devise restée célèbre : « Ense et Aratro », « par l'épée et par la charrue ».
Maire de Lanouaille et pionnier du comice
Maire de Lanouaille, puis député élu dans la circonscription d'Excideuil en juillet 1831, Bugeaud fait de son village un laboratoire : c'est sous son impulsion, dès 1824, que les archives documentent l'un des tout premiers comices agricoles de France — concours, démonstrations, primes au progrès. Le comice, documenté dès 1824, se tient habituellement à l'automne ; date et programme à confirmer auprès de la commune.
L'autre visage : l'Algérie
L'histoire ne s'arrête pas aux sillons du Périgord. Gouverneur général de l'Algérie de 1840 à 1846, Bugeaud y joue un rôle décisif dans la colonisation et la répression des mouvements de résistance — une politique de conquête dont la brutalité fait aujourd'hui l'objet de vives critiques historiques, au point que plusieurs hommages publics qui lui avaient été rendus ont été retirés ou débaptisés. Élevé maréchal de France en 1843 après la bataille de l'Isly, il meurt du choléra à Paris le 10 juin 1849. Comprendre Lanouaille, c'est tenir les deux bouts du personnage : l'agronome de la Durantie et le militaire controversé.
La Durantie aujourd'hui
Construite en 1845 au sommet de sa carrière, la demeure témoigne de cet ancrage têtu : un homme au faîte des honneurs choisit un plateau de vergers du Périgord vert plutôt que les salons parisiens. Le château est aujourd'hui une propriété privée, utilisée notamment pour des réceptions et des séjours — il ne se visite pas librement, mais sa silhouette et son parc se laissent apercevoir depuis les environs.

L'église Saint-Pierre-ès-Liens, l'œuvre d'Émile Vauthier
L'église paroissiale, dédiée à saint Pierre-ès-Liens (saint Pierre « aux liens », en souvenir de sa délivrance de prison), est une construction néogothique du XIXᵉ siècle, due à l'architecte Émile Vauthier (1823-1866). Flèche élancée, baies en arc brisé : elle incarne cette vague de reconstruction religieuse qui a doté tant de bourgs français d'églises neuves sous le Second Empire — ici, au moment même où Bugeaud modernisait les campagnes alentour.
On lit parfois que l'édifice conserverait des éléments plus anciens ou des décors peints remarquables : prudence — les sources vérifiables décrivent avant tout l'église néogothique de Vauthier. Le clocher reste, en tout cas, le point de repère du bourg, visible de loin sur le plateau.

Beaulieu, la Pomme d'Or : le patrimoine discret
Le château de Beaulieu
Moins documenté que la Durantie, le château de Beaulieu compte parmi ces « châteaux discrets » du Périgord vert, loin des circuits touristiques. Propriété privée, il ne se visite pas, mais sa silhouette participe au paysage bâti de la commune.
La Maison de la Pomme d'Or
Ouverte en 2000, la Maison de la Pomme d'Or est l'espace de découverte consacré au fruit-roi du plateau : la pomme du Limousin. Elle raconte l'histoire des vergers qui ont recomposé l'économie locale — un fil qui court, à Lanouaille, de l'agronomie de Bugeaud aux AOP d'aujourd'hui. L'année de son ouverture, le village a marqué le coup à sa façon : le 22 octobre 2000, une tarte aux pommes de 15,20 mètres de diamètre (47,75 m de circonférence !) y a été réalisée — un record resté dans les mémoires locales.
Pays de la golden : Lanouaille et la pomme du Limousin AOP
Lanouaille se trouve au cœur de l'aire de la pomme du Limousin — une golden de moyenne altitude cultivée sur les coteaux de Dordogne, Corrèze, Haute-Vienne et Creuse, protégée par une AOC depuis 2004 puis une AOP depuis 2007 : la première pomme d'appellation d'origine en France.
Sur le plateau, les vergers palissés dessinent le paysage : floraison blanche en avril-mai, filets paragrêle l'été, caisses de bois débordantes en octobre. L'altitude (300 mètres en moyenne) et les nuits fraîches donnent à cette golden son équilibre sucre-acidité et sa fameuse « fossette » rosée. Autour du fruit gravitent jus, cidres fermiers et pâtisseries — la tarte géante de 2000 n'était pas un hasard : ici, la pomme est une identité autant qu'une économie.

Jean-Baptiste Darnet : le Lanouaillais qui fit naître la porcelaine de Limoges
C'est l'autre grande histoire du village, bien moins connue que celle de Bugeaud — et pourtant. Jean-Baptiste Darnet, né à Lanouaille en 1722, chirurgien militaire de son état, est l'homme à l'origine de la découverte des gisements de kaolin — cette argile blanche pure, près de Saint-Yrieix-la-Perche, dont l'identification allait donner naissance à la porcelaine de Limoges.
Sans le kaolin de Saint-Yrieix, pas de porcelaine dure à la française, pas de manufactures limougeaudes, pas d'industrie qui fit la gloire de toute une région au XIXᵉ siècle. Que le point de départ de cette aventure tienne à un enfant de Lanouaille mort en 1781 — dix ans avant l'essor industriel qu'il avait rendu possible — reste l'un des plus beaux paradoxes du village.
Les autres enfants du pays
- Frédéric-Marie Bergounioux (1900-1983), né à Lanouaille : prêtre, paléontologue, géologue et théologien — un profil de savant complet comme le XXᵉ siècle en a peu produit ;
- Henri Laville (1937-1995), préhistorien né au village — clin d'œil du destin dans ce Périgord des origines de l'humanité ;
- Jean-Pierre Cubertafon (né en 1948), maire de Lanouaille de 1995 à 2017, ensuite engagé dans la vie politique nationale.
Un maréchal agronome, un pionnier de la porcelaine, un paléontologue en soutane et un préhistorien : pour 926 habitants, la densité de destins singuliers force le respect.
Lanouaille aujourd'hui : démographie et vie locale
Une population qui s'érode, mais qui attire
En 2023, la commune comptait 926 habitants, en recul de −8,95 % par rapport à 2017 — quand la Dordogne progressait légèrement (+0,97 %). Le pic récent date de 2016, autour d'un millier d'habitants.
| Année | Population | Tendance |
|---|---|---|
| 1990 | 976 | — |
| 1999 | 966 | stabilité |
| 2011 | 989 | légère hausse |
| 2016 | ≈ 1 019 | pic récent |
| 2022 | 938 | érosion |
| 2023 | 926 | −8,95 % depuis 2017 |
Le détail éclaire pourtant une nuance importante : le solde migratoire est positif (de nouveaux habitants s'installent, néo-ruraux et jeunes retraités en tête), mais il ne compense pas encore un solde naturel négatif, mécanique dans une population où les 65 ans et plus pèsent lourd et où les femmes (54,5 %) sont nettement majoritaires. Lanouaille attire — elle ne renouvelle simplement pas encore assez vite.
École, commerces, associations
Héritage du chef-lieu : le bourg conserve mairie, école et commerces de proximité qui en font le pôle de dépannage des hameaux alentour, à mi-chemin d'Excideuil et de Payzac. Côté sports, le Lanouaille Football Club — champion de Dordogne 1983, devenu entente intercommunale en 2013 — et les associations locales rythment l'année, entre corso pascal et comice d'automne.
S'installer à Lanouaille ?
Le solde migratoire positif le dit : on vient s'installer ici. Les arguments sont ceux du Périgord vert — immobilier accessible, école au bourg, commerces de première nécessité, D704 qui met Périgueux et Limoges à moins d'une heure — plus un tissu associatif qui fait vivre le village à l'année, du corso au comice. Le revers, classique : services médicaux à compléter à Excideuil ou Périgueux, et une voiture indispensable. Comme toujours en rural profond : venir éprouver un mardi de janvier avant de signer, pas seulement un week-end de corso.
Paysages : le Périgord vert à l'état pur
Le territoire appartient au plateau collinaire du Périgord limousin : un socle ancien, granitique et schisteux par endroits, très différent du calcaire blond du Périgord central. Le relief monte et descend sans cesse — de 198 m à la confluence des deux Loues à 342 m sur les hauteurs — sans jamais offrir d'à-pic : des pentes douces, des bois, des prairies humides.
La charnière Périgord-Limousin, visible à l'œil nu
La transition se lit dans le paysage autant que dans l'architecture : les toits changent d'inclinaison, la pierre blonde cède au granit gris, les châtaigniers et les chênes du Limousin se mêlent aux essences plus méridionales. Le Périgord vert doit son nom à ces prairies qui restent vertes l'été — un privilège des terres fraîches d'altitude moyenne.
La vallée de la Loue, colonne vertébrale
La Loue longe la commune sur son flanc ouest, la Haute Loue la traverse : au total, un chevelu d'une trentaine de kilomètres de cours d'eau et de vallons frais, royaume des pêcheurs et des hérons, qui contraste avec les plateaux de vergers. Les chemins de randonnée du secteur suivent volontiers ces fonds de vallée avant de remonter vers les points de vue du plateau.

À pied ou à vélo : le plateau se mérite
Pas de honeypot touristique ici : la marche se pratique sur les chemins ruraux et les petites départementales qui relient hameaux, vergers et fonds de vallons — avec les circuits balisés du secteur d'Excideuil et de la vallée de l'Auvézère en point d'orgue. Les cyclistes apprécient des routes vallonnées et presque vides, au prix de quelques bonnes rampes ; l'automne, entre vergers chargés et forêts rousses, est la plus belle saison pour pédaler.
Corso fleuri, comice, salon du livre : quand venir
Pour un village de cette taille, le calendrier festif est étonnamment fourni — et chaque rendez-vous est vérifiable dans la durée :
- Week-end de Pâques : le corso fleuri, depuis 1980 (45ᵉ édition en 2026) — chars fleuris et fanfares dans les rues du bourg ;
- Fin juin-début juillet : le Salon du livre Périgord-Limousin (12ᵉ édition en 2026) ;
- Début août : la fête patronale, sur deux jours ;
- Le comice, documenté dès 1824, se tient habituellement à l'automne ; date et programme à confirmer auprès de la commune.
| Saison | Ambiance | Atouts | À savoir |
|---|---|---|---|
| Printemps (avr.-juin) | Corso pascal, vergers en fleurs | Floraison des pommiers fin avril, salon du livre | La plus spectaculaire |
| Été (juil.-août) | Fête patronale | Prairies encore vertes, vallons frais | Idéal rando douce |
| Automne (sept.-oct.) | Comice, récolte des pommes | Golden AOP, couleurs, marchés du plateau | Notre saison préférée |
| Hiver (nov.-mars) | Grand calme | Brumes de vallons, cheminées | Peu d'adresses ouvertes |

Autour de Lanouaille : Excideuil, Hautefort et la vallée de l'Auvézère
Lanouaille est une excellente base pour un Périgord sans foule, à cheval sur la Dordogne et la Corrèze.
Excideuil, le château sur sa motte (9 km)
Le bourg voisin — et nouveau bureau du canton — est dominé par son château médiéval bâti sur une motte féodale, plusieurs fois assiégé au fil des guerres. Marchés, commerces, halles : Excideuil est le relais pratique du secteur.
Hautefort, le grand château classique (15 km)
Quart d'heure de route et changement de décor : Hautefort dresse l'un des plus majestueux châteaux du Périgord, classé aux Monuments Historiques[7] — propriété de la famille de Born (celle du troubadour Bertran de Born) de 1160 à 1398, remodelé en palais classique à jardins à la française. C'est aussi un clin d'œil à nos guides voisins : ce sont les marquis de Hautefort qui achetèrent la seigneurie de Juillac, côté Corrèze, en 1643.
La vallée de l'Auvézère : forges et gorges (8-20 km)
À l'est, l'Auvézère creuse les paysages les plus sauvages du Périgord vert : gorges boisées, moulins — et la forge historique de Savignac-Lédrier, témoignage de la longue tradition métallurgique de la vallée. En remontant le fil de l'eau, on atteint Ségur-le-Château (Plus Beaux Villages de France) puis le pays de Pompadour et son haras.
Périgueux, la capitale à 50 km
Pour une journée plus urbaine, Périgueux aligne la cathédrale Saint-Front à coupoles byzantines — étape du chemin de Compostelle —, un secteur sauvegardé médiéval et Renaissance, et le musée gallo-romain Vesunna bâti au-dessus d'une domus antique. C'est aussi la vraie porte d'entrée du Périgord vert quand on arrive de Bordeaux par l'A89.
| Destination | Distance | Pourquoi y aller |
|---|---|---|
| Excideuil | 9 km | Château sur motte, marchés, halles |
| Savignac-Lédrier | ≈ 8 km | Forge historique de la vallée de l'Auvézère |
| Hautefort | ≈ 15 km | Château classé MH, jardins à la française |
| Ségur-le-Château | ≈ 20 km | Plus Beaux Villages de France, méandre de l'Auvézère |
| Arnac-Pompadour | ≈ 22 km | Château de la marquise, haras national |
| Juillac (Corrèze) | ≈ 25 km | L'autre versant de la crête — voir notre guide |
| Saint-Yrieix-la-Perche | ≈ 20 km | Le kaolin de Darnet, collégiale, porcelaine |
| Périgueux | ≈ 50 km | Saint-Front, Vesunna, vieille ville |

Comment venir à Lanouaille depuis Bordeaux
Depuis Bordeaux, Lanouaille se rejoint par la route sur 201 km, en environ 2 h 40 selon l’estimation commerciale affichée. L’itinéraire emprunte principalement l’A89 jusqu’au secteur de Périgueux, puis les routes départementales via Excideuil. Sans gare dans la commune, le transfert porte-à-porte en berline commence à 384 € en journée.
| Mode | Durée Bordeaux → Lanouaille | Coût indicatif | À savoir |
|---|---|---|---|
| Voiture personnelle | ≈ 2h40 (201 km, A89 + D) | Coût variable selon le véhicule et les péages du jour | Dernière partie sur routes départementales |
| VTC privé (porte-à-porte) | ≈ 2h40 | dès 333 € · aller simple | Zéro fatigue, arrêts libres (Périgueux, Excideuil, Hautefort) |
| Train + dernier trajet | Bordeaux → Périgueux selon l'horaire TER du jour, puis environ 50 km par la route | Tarif TER du jour | Dernier trajet à réserver séparément |
| Bus | Liaisons locales limitées | — | Non adapté au trajet complet |
Le conseil d'itinéraire
À l'aller, la sortie par Périgueux permet une pause dans la vieille ville ou aux abords de la cathédrale Saint-Front ; le crochet par Hautefort (château + jardins) s'insère naturellement avant d'arriver. Au retour, redescendre par Excideuil puis la vallée de l'Auvézère compose une boucle sans refaire deux fois la même route. En chauffeur privé, ces arrêts se décident librement en chemin — tarif fixe garanti par écrit, dès 333 € l'aller simple pour 1 à 3 passagers.
Infos pratiques
Combien de temps sur place ?
Une demi-journée pour le bourg (église, Maison de la Pomme d'Or, silhouette de la Durantie) — idéalement un jour de fête ou de comice. Une journée avec Excideuil et Hautefort. Un week-end pour la boucle complète Auvézère-Pompadour-Ségur, voire la jonction avec Juillac côté Corrèze.
Se loger, se restaurer
L'offre est celle d'un bourg rural : quelques commerces de bouche et adresses simples au village, des gîtes ruraux dans les hameaux — dont des locations événementielles autour des châteaux du secteur. Pour l'hôtellerie classique, Excideuil (9 km) et Périgueux (50 km) complètent.
Budget indicatif
| Profil | Budget/jour | Hébergement | Restauration |
|---|---|---|---|
| Petit budget | 35-55 € | Gîte simple, camping du secteur | Marchés + pique-nique |
| Couple découverte | 80-120 € | Gîte rural confort | Tables d'Excideuil et du plateau |
| Confort/rayonnement | 130-190 € | Chambres d'hôtes de caractère, Périgueux | Tables périgourdines |
Questions fréquentes
Où se situe exactement Lanouaille en Dordogne ?
Dans le quart nord-est de la Dordogne, en Nouvelle-Aquitaine, arrondissement de Nontron — c'est le Périgord vert, à la charnière du Limousin. Le bourg est au croisement des D75, D81, D704 (l'axe Limoges-Sarlat) et D707, à 9 km d'Excideuil, ~15 km de Hautefort, ~50 km de Périgueux, ~60 km de Limoges et ~70 km de Brive-la-Gaillarde.
Combien d'habitants compte Lanouaille ?
926 habitants au recensement de 2023, en baisse de 8,95 % par rapport à 2017, après un pic autour d'un millier d'habitants en 2016. Nuance importante : le solde migratoire reste positif — la commune attire de nouveaux habitants — mais il ne compense pas encore le solde naturel négatif d'une population vieillissante, où les femmes représentent 54,5 % des habitants.
Qui était le maréchal Bugeaud et quel est son lien avec Lanouaille ?
Thomas Robert Bugeaud (Limoges 1784 - Paris 1849), maréchal de France et duc d'Isly, s'est retiré après 1815 dans la propriété familiale de la Durantie, à Lanouaille, dont il fut maire avant d'être élu député d'Excideuil en 1831. Quinze ans durant, il y expérimenta l'agronomie moderne — fidèle à sa devise « Ense et Aratro », « par l'épée et par la charrue » — avant de devenir gouverneur général de l'Algérie (1840-1846), rôle colonial dont la brutalité est aujourd'hui vivement critiquée. Il fit construire le château actuel de la Durantie en 1845.
Peut-on visiter le château de la Durantie ?
Non, pas librement : c'est une propriété privée, utilisée notamment pour des réceptions et des séjours. On aperçoit sa silhouette et son parc depuis les environs. Le comice, documenté dès 1824, se tient habituellement à l'automne ; date et programme à confirmer auprès de la commune.
Que voir à Lanouaille ?
Le bourg se découvre en une demi-journée : l'église néogothique Saint-Pierre-ès-Liens (œuvre de l'architecte Émile Vauthier), la Maison de la Pomme d'Or consacrée à la pomme du Limousin AOP, les vergers du plateau et la silhouette du château de la Durantie. Le mieux est de caler sa visite sur un temps fort : corso fleuri à Pâques, salon du livre début juillet, fête patronale début août ou comice à l'automne.
Qu'est-ce que le comice agricole de Lanouaille ?
Un concours agricole documenté dès 1824 sous l'impulsion de Bugeaud, alors maire — l'un des tout premiers de France. Le comice, documenté dès 1824, se tient habituellement à l'automne ; date et programme à confirmer auprès de la commune.
Pourquoi parle-t-on de « pomme d'or » à Lanouaille ?
Le plateau de Lanouaille est au cœur de l'aire de la pomme du Limousin — une golden d'altitude protégée par une AOC depuis 2004 et une AOP depuis 2007, première pomme d'appellation en France. La Maison de la Pomme d'Or, ouverte en 2000, lui est dédiée ; la même année, le village a réalisé une tarte aux pommes record de 15,20 m de diamètre. Les vergers dominent toujours l'économie locale.
Qui est Jean-Baptiste Darnet, né à Lanouaille ?
Un chirurgien militaire né au village en 1722, à l'origine de la découverte des gisements de kaolin près de Saint-Yrieix-la-Perche — l'argile blanche qui a permis la naissance de la porcelaine de Limoges. Mort en 1781, il est l'un des personnages les plus injustement méconnus de l'histoire industrielle limousine. Saint-Yrieix, à une vingtaine de kilomètres, complète naturellement la visite.
Lanouaille a-t-elle toujours été une commune importante ?
À son échelle, oui : chef-lieu du canton de Lanouaille de sa création par l'arrêté des Consuls du 18 novembre 1801 jusqu'à la réforme de 2015 — 214 ans au service de dix communes (5 453 habitants en 2011). Depuis mars 2015, elle appartient au canton d'Isle-Loue-Auvézère, dont le bureau est à Excideuil, mais elle reste le point de repère du plateau dans les usages.
Lanouaille fait-elle partie du Périgord ou du Limousin ?
Administrativement, c'est la Dordogne, donc le Périgord — son quart nord-est, le Périgord vert. Mais culturellement et géologiquement, on est à la charnière : granit et schiste plutôt que calcaire, châtaigniers, toits qui changent de pente, occitan limousin (« La Noalha »). Le Limousin commence quelque part entre deux haies, sans frontière nette.
Comment aller à Lanouaille sans voiture ?
Lanouaille n'a pas de gare. Vérifiez l'itinéraire et les horaires du jour sur TER Nouvelle-Aquitaine, puis organisez à l'avance les quelque 50 km restant depuis Périgueux ; la disponibilité des lignes locales doit être confirmée avant le départ.
Combien coûte un chauffeur privé de Bordeaux à Lanouaille ?
Comptez à partir de 333 € l'aller simple porte-à-porte (1 à 3 passagers, 201 km, environ 2h40), tarif fixe confirmé par écrit avant le départ, avec arrêts libres en chemin — Périgueux, Excideuil ou le château de Hautefort s'intègrent naturellement à la route. La formule prend tout son sens pour un circuit Périgord vert à plusieurs étapes.
Pour aller plus loin
- Le versant corrézien de la crête : voir le Guide de Juillac (Pompadour, Ségur-le-Château)
- Poursuivre vers le Périgord noir : voir le Guide de Sarlat et le Guide de Lascaux
- Réserver votre circuit Périgord vert : devis fixe en 30 minutes
Sources et références
- Commune de Lanouaille — histoire locale — Darnet, Bugeaud et patrimoine
- Archives départementales de la Dordogne — inventaires en ligne — fonds de Lanouaille, 1824-1913
- Assemblée nationale — Thomas Robert Bugeaud — carrière parlementaire et agriculture
- Légifrance — décret cantonal de la Dordogne — Isle-Loue-Auvézère et Excideuil
- INAO — Pomme du Limousin — statut AOP et aire géographique
- INSEE — commune de Lanouaille (24227) — population 2023
- Fondation du Château de Hautefort — histoire officielle — monument et jardins
Article mis à jour le .
En route pour le Périgord vert
Trajet direct porte-à-porte depuis Bordeaux (~2h40), arrêts libres en chemin — Périgueux, Excideuil, le château de Hautefort. Devis fixe par écrit sous 30 minutes, berline ou van, chauffeur anglophone.




