Visiter Lévignac-de-Guyenne, la bastide du pruneau

Un village du pays de Duras, bastide anglaise fondée en 1305 : sa halle et son marché aux pruneaux d'Agen, son église Notre-Dame déplacée pour le commerce, l'émouvante ruine de Sainte-Croix — à environ 1 h 26 de Bordeaux, tout près de Duras.

5,0 · 40 avis Google~98 km · 1 h 26 de Bordeaux23 min de lecture
Repères

Lévignac-de-Guyenne en un coup d'œil

Lévignac-de-Guyenne est une commune du Lot-et-Garonne et une bastide fondée en 1305. À voir : la place, la halle, l'église Notre-Dame construite hors les murs en 1865 et la ruine de Sainte-Croix. Depuis Bordeaux, comptez 98 km et environ 1 h 26, avec un tarif fixe dès 177 €.

Voici les repères essentiels avant de partir. Les distances routières sont recalculées porte-à-porte ; les tarifs correspondent à une réservation de chauffeur privé depuis Bordeaux, prix fixe communiqué à l'avance.

RepèreDétail
DépartementLot-et-Garonne (47), Nouvelle-Aquitaine
StatutVillage rural · bastide · arrondissement de Marmande · CC du Pays de Duras
Populationenviron 674 habitants (INSEE 2023) · les Lévignacais
Superficie≈ 25,02 km² · sur la rivière le Caubon
À ne pas manquerLa halle et la place de la bastide, l'église Notre-Dame, la ruine de Sainte-Croix
Distance depuis Bordeauxenviron 98 km · environ 1 h 26 de route
Gare la plus procheMarmande (~14 km) ou Sainte-Bazeille (~14 km)

Un mot d'honnêteté d'emblée, car Lévignac traîne quelques approximations. Sa halle actuelle n'est pas du XVIIIe mais du XIXe siècle. Le village ne compte aucun monument classé ni inscrit aux Monuments historiques. La rivière qui y prend sa source, le Caubon, n'est pas un affluent du Dropt (elle rejoint la Gupie). Et Lévignac, contrairement à sa voisine Duras, n'est pas une commune viticole : sa spécialité, c'est le pruneau. Ce guide sépare le vérifié du répété.

On y passe en revue tout ce qu'il faut savoir avant de venir : où se situe Lévignac et ce qui la caractérise, son histoire de bastide anglaise fondée en 1305, la halle et le pruneau, ses deux églises dont une en ruine, l'origine de son nom, ses fusions de communes, la rivière le Caubon, les sites remarquables des environs et la façon la plus simple de s'y rendre depuis Bordeaux.


Situation

Où se situe Lévignac-de-Guyenne ?

Coteaux et vergers du pays de Duras autour de Lévignac-de-Guyenne
Le pays de Duras : Lévignac est un village de coteaux et de vergers, à quelques kilomètres de Duras.

Lévignac-de-Guyenne se trouve dans le nord du Lot-et-Garonne (47), en Nouvelle-Aquitaine, dans le pays de Duras, à une vingtaine de kilomètres au nord de Marmande. Le village relève de l'arrondissement de Marmande, du canton des Coteaux de Guyenne et de la Communauté de communes du Pays de Duras. Ses coordonnées sont 44,63° N et 0,20° E, code INSEE 47147, code postal 47120. Il s'étend sur environ 25,02 km² de coteaux, entre 32 et 122 mètres d'altitude, dans un paysage vallonné de champs, de vergers et de petits bois, typique des confins du Lot-et-Garonne, de la Gironde et de la Dordogne.

Dans le pays de Duras, sur le Caubon

Lévignac appartient au pays de Duras, ce coin de Guyenne à cheval sur la vallée du Dropt, dont la petite ville de Duras et son château sont le cœur — à moins de six kilomètres de là. Le village est arrosé par une rivière discrète, le Caubon, qui prend sa source sur son territoire même : Lévignac est une commune de tête de bassin. Précisons, car on le lit à tort : le Caubon n'est pas un affluent du Dropt, mais de la Gupie, elle-même tributaire de la Garonne. Ce cours d'eau modeste peut connaître des crues à débordement lent, d'où un risque d'inondation dans les fonds de vallée. Autour, la campagne est agricole : terres cultivées, vergers de pruniers, quelques bois.

Un village de 674 habitants

Avec 674 habitants (recensement 2023) [source], Lévignac-de-Guyenne est un petit village rural, d'une densité très faible d'environ 27 habitants au km², à l'habitat dispersé. Sa population est stable, voire en légère hausse : elle a gagné une poignée d'habitants depuis 2017 (663 alors), à contre-courant du déclin de bien des campagnes. Les habitants s'appellent les Lévignacais. C'est un village de bout de route, calme et authentique, loin des grands axes touristiques — mais dont l'histoire, on va le voir, est étonnamment riche pour sa taille. Son statut de bastide et son passé de marché aux pruneaux lui donnent une épaisseur que n'ont pas beaucoup de villages voisins.

La situation de Lévignac, aux confins de trois départements — Lot-et-Garonne, Gironde et Dordogne — et de trois anciens pays, en fait un lieu de transition. On y sent l'influence du Bordelais viticole à l'ouest, du Périgord à l'est, de la vallée de la Garonne au sud. Ce brassage se lit dans les paysages, l'architecture des fermes, les productions agricoles. C'est un « entre-deux » discret, à l'écart des itinéraires touristiques classiques, que l'on découvre surtout en s'y arrêtant. Pour le visiteur curieux, cette position offre l'avantage de pouvoir rayonner facilement : en une journée, on passe de la bastide de Lévignac au château de Duras, d'un vignoble à une ville d'eau, sans jamais faire de longues distances.


Histoire

Une bastide anglaise de 1305

Place à arcades de la bastide de Lévignac-de-Guyenne
La place de la bastide : le plan régulier autour d'une place centrale trahit la ville neuve du Moyen Âge.

Lévignac-de-Guyenne n'est pas un village né au hasard : c'est une bastide, une ville neuve fondée de toutes pièces au début du XIVe siècle. Cette origine, encore lisible dans son plan, est la clé de son identité — et mérite qu'on en raconte l'histoire exacte, plus subtile que la formule « bastide anglaise » ne le laisse croire.

Qu'est-ce qu'une bastide anglaise ?

Les bastides sont des villes neuves, fondées entre 1230 et 1350 dans tout le Sud-Ouest, selon un plan géométrique régulier, autour d'une place centrale à couverts. On les dit « anglaises » ou « françaises » selon le pouvoir qui les fonde : à cette époque, la Guyenne (l'actuelle Aquitaine) est un fief tenu par le roi d'Angleterre en tant que duc d'Aquitaine, vassal du roi de France. Fonder une bastide, c'était peupler et contrôler un territoire, en offrant aux habitants des franchises (libertés, exemptions) qui attiraient les colons. Lévignac est l'une de ces bastides « anglaises » de Guyenne, dans un secteur qui en compte plusieurs — un relais entre Miramont-de-Guyenne et Monségur.

L'acte de 1305 : un paréage sous Édouard Ier

La fondation de Lévignac est datée d'un acte du 30 mars 1305, sous le règne d'Édouard Ier Plantagenêt, roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine. Mais attention à la nuance, souvent gommée : cet acte n'est pas une charte de fondation achevée, c'est une décision d'enquête — le duc ordonne à son sénéchal de Gascogne d'étudier un projet de paréage, c'est-à-dire une fondation en association. La bastide ne fut donc pas l'œuvre du seul roi, mais d'un partenariat entre le pouvoir ducal et des seigneurs locaux : Guillaume Arnaud de Caussant et les frères Gérard et Amanieu de Levignac — ces derniers donnant leur nom au lieu. Édouard Ier mourut d'ailleurs en 1307, et la construction se poursuivit après lui.

La bastide de LévignacRepère
TypeBastide (ville neuve du Moyen Âge), plan régulier
FondationActe du 30 mars 1305, sous Édouard Ier (duc d'Aquitaine)
ModeParéage : pouvoir ducal + seigneurs (Caussant, frères de Levignac)
ContexteVague des bastides du Sud-Ouest (1230-1350)
CœurPlace centrale · halle · deux portes · château au nord

Le plan de la bastide

De cette naissance planifiée, Lévignac garde la trace dans son plan : un habitat compact, ramassé sur environ deux cents mètres, organisé autour d'une place centrale qui réunissait l'église, la halle et la maison commune. Un château se dressait au nord, et deux portes commandaient l'entrée du bourg. C'est le schéma classique de la bastide : une trame régulière, pensée pour le commerce et la vie collective, avec la place et sa halle comme cœur battant. Même si les siècles ont modifié le détail des bâtiments, cette structure demeure lisible pour qui se promène dans le village — un livre d'urbanisme médiéval à ciel ouvert, discret mais authentique.

Il faut imaginer ce que représentait, au XIVe siècle, la fondation d'une bastide : une opération d'aménagement du territoire d'une modernité étonnante. Sur un plan tracé d'avance, on distribuait des parcelles régulières aux nouveaux habitants, on garantissait des libertés par une charte, on organisait un marché. C'était à la fois un acte politique — peupler et contrôler une frontière disputée entre France et Angleterre — et un acte économique — créer un pôle de commerce. Le pays du Dropt, zone de contact entre les deux couronnes, se couvrit ainsi de bastides en quelques décennies. Lévignac est l'une de ces créations, plus modeste que Monségur ou Miramont, mais née du même élan planificateur qui a façonné tout le paysage urbain du Sud-Ouest.


Terroir

La halle et le pruneau d'Agen

Halle en pierre et charpente de Lévignac-de-Guyenne
La halle : au cœur de la place, elle abrita pendant des générations le célèbre marché aux pruneaux.

Si la bastide est le squelette de Lévignac, le pruneau en est l'âme. Le village s'est longtemps identifié à ce fruit séché, roi du Lot-et-Garonne, dont il fut un centre de commerce réputé. Sa halle et son marché en gardent la mémoire vivante.

La halle, cœur du marché aux pruneaux

Au centre de la place se dresse la halle, cette construction ouverte qui abritait les marchés. Une précision utile : la halle actuelle date de la seconde moitié du XIXe siècle (et non du XVIIIe, comme on le lit parfois) ; elle a remplacé une halle plus ancienne, orientée en sens inverse. Sous ses piliers se tenaient, tous les mercredis de la mi-août à la fin octobre, de fameux marchés aux prunes et aux pruneaux, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. On y venait de tout le pays pour vendre et acheter la récolte, dans une animation aujourd'hui difficile à imaginer pour un si petit village. Ce commerce a fait la prospérité du village pendant des générations, et la halle en reste le symbole. La tradition n'est pas tout à fait éteinte : depuis 2002, des marchés nocturnes de producteurs réaniment la place aux beaux jours, dans l'esprit convivial d'autrefois.

Le pruneau, spécialité de Lévignac

Lévignac-de-Guyenne est spécialisée dans la production de pruneaux d'Agen — cette prune d'ente séchée qui a fait la renommée mondiale du département. Le paysage le raconte : près de 85 % du territoire est en terres cultivées, dont de nombreux vergers de pruniers qui, à la fin de l'été, ploient sous les fruits mauves. Contrairement à Duras toute proche, Lévignac n'est pas une commune viticole : ici, pas de vigne d'appellation, mais des prunes. Le pruneau d'Agen, protégé par une IGP, est le produit-phare de cette agriculture ; on le déguste nature, fourré, en pâtisserie ou cuisiné avec les viandes, dans la grande tradition gourmande du Sud-Ouest.

Le pruneau d'Agen, malgré son nom, n'est pas produit à Agen même, mais dans tout un bassin qui couvre le Lot-et-Garonne et ses marges — Lévignac en fait partie. Son histoire est ancienne : la prune d'ente aurait été rapportée d'Orient par les croisés, puis acclimatée par les moines, avant de devenir, au XIXe siècle, une véritable industrie régionale. Séchée autrefois dans des fours à pruneaux, la prune se conserve et se transporte : c'est ce qui explique l'importance des marchés comme celui de Lévignac, où l'on négociait la récolte. Aujourd'hui protégé par une indication géographique, le pruneau d'Agen reste un emblème du Sud-Ouest gourmand — et une fierté locale que les Lévignacais partagent avec tout le département.

Le terroir de LévignacDétail
SpécialitéPruneau d'Agen (prune d'ente séchée, IGP)
Occupation des sols≈ 85 % de terres arables · vergers · quelques bois (11 %)
Marché historiqueMarché aux pruneaux, le mercredi (mi-août → fin octobre)
Aujourd'huiMarchés nocturnes de producteurs depuis 2002

Patrimoine

Notre-Dame et la ruine de Sainte-Croix

Vestiges de l'église Sainte-Croix dans la campagne de Lévignac-de-Guyenne
Les vestiges de l'église Sainte-Croix, du XIIIe siècle [source], consolidés au XXe siècle par des bénévoles.

Lévignac possède deux églises au destin opposé : Notre-Dame, bien vivante au bourg, et Sainte-Croix, réduite à l'état de ruine émouvante. Aucune n'est protégée au titre des Monuments historiques — le village n'a d'ailleurs aucun monument classé ni inscrit —, mais toutes deux racontent une belle histoire.

Notre-Dame, déplacée pour le marché aux pruneaux

L'église Notre-Dame, au bourg, a une histoire savoureuse, révélatrice de l'importance du pruneau. Une première église se dressait sur la place, à l'intérieur de la bastide ; elle fut démolie au XVIIIe siècle pour agrandir la place de la halle et son marché aux pruneaux — le commerce l'emportant sur le culte. Une nouvelle église fut donc bâtie plus tard, hors les murs, entre 1865 et 1868, dans le style néo-gothique alors à la mode, par l'architecte bordelais Gustave Alaux, avec un beau clocher à flèche d'une trentaine de mètres. Restaurée en 1956, elle domine toujours le village. Rares sont les églises dont on peut dire qu'elles ont été déplacées à cause d'un marché aux fruits : à Lévignac, la foi et le pruneau ont fait bon ménage.

Sainte-Croix, une ruine sauvée par des bénévoles

À quelques kilomètres au sud du bourg se dressent les vestiges de l'église Sainte-Croix, du XIIIe siècle [source], aux murs mêlant la pierre et la brique. Longtemps à l'abandon, elle a été consolidée au XXe siècle par des bénévoles avec le soutien de la Sauvegarde de l'Art français [source]. On en conserve aujourd'hui les murs de ceinture, l'autel et la cuve baptismale, dans un cadre champêtre. C'est un lieu paisible et poétique, témoin d'un temps où le territoire comptait cinq paroisses — une belle histoire de patrimoine sauvé par la volonté de quelques passionnés, sans classement officiel.

Ces deux églises disent bien ce qu'est Lévignac : un patrimoine modeste, humble, sans grand monument étoilé, mais chargé d'histoire et d'attachement local. On ne vient pas ici pour un chef-d'œuvre gothique, mais pour l'atmosphère d'un village de bastide, pour la ruine romantique perdue dans les champs, pour l'histoire d'une église déplacée à cause d'un marché aux fruits. C'est une forme de tourisme lent et curieux, aux antipodes des sites saturés — celui qui s'intéresse aux traces discrètes du passé, aux histoires singulières et aux paysages préservés. Le pays de Duras, tout entier, se prête à cette découverte tranquille, loin des foules.


Toponymie

D'où vient le nom « Lévignac-de-Guyenne » ?

Le nom du village se lit, comme souvent, en deux temps : un radical très ancien, « Lévignac », et un complément récent, « de-Guyenne ».

Levinius, un domaine gallo-romain

« Lévignac » est un toponyme gallo-romain classique du Sud-Ouest : il est formé sur le nom d'un propriétaire latin, « Levinius », suivi du suffixe gaulois -acum qui indique la propriété. Leviniacum signifie donc « le domaine de Levinius » — le nom d'un ancien maître de ces terres, à l'époque romaine ou du haut Moyen Âge. C'est un schéma que l'on retrouve dans des centaines de villages en -ac de la région. Fait piquant : ce nom antique a précédé de plus de mille ans la bastide médiévale qui porte aujourd'hui ce nom — le lieu était habité et nommé bien avant qu'Édouard Ier ne songe à y fonder une ville neuve.

« de-Guyenne » : de Seyches à la Guyenne (1929)

Le complément « de-Guyenne » est, lui, tout récent : il fut ajouté officiellement en 1929. Attention à une idée reçue : il ne s'agissait pas d'ajouter un déterminant à un nom nu, mais d'en remplacer un autre. Au XIXe siècle, la commune s'appelait en effet « Lévignac-de-Seyches », du nom du canton de Seyches. En 1929, on préféra la rattacher à la Guyenne, cette ancienne province qui recouvrait une large partie du Sud-Ouest — un nom plus prestigieux et plus vaste. Ce genre de changement, fréquent au XXe siècle, servait souvent à distinguer les communes homonymes : il existe d'autres Lévignac en France, notamment près de Toulouse.

Le choix de « Guyenne » n'est pas anodin : ce mot, déformation d'« Aquitaine », désigne l'ancienne province qui s'étendait sur une large partie du Sud-Ouest et qui fut, pendant trois siècles, au cœur de la rivalité entre la France et l'Angleterre. En se rebaptisant « de-Guyenne » en 1929, le village revendiquait en somme son ancrage historique dans ce grand pays médiéval — celui-là même qui avait vu naître sa bastide sous l'autorité anglaise. Il y a une jolie cohérence dans ce nom : une ville née anglaise, au temps du duché de Guyenne, qui reprend le nom de la province six siècles plus tard. Peu de villages portent ainsi, dans leur nom même, la mémoire d'une époque disparue.


Paroisses

Un village né de cinq paroisses

Derrière ses 674 habitants d'aujourd'hui, Lévignac-de-Guyenne est le fruit d'une longue histoire de regroupements : la commune actuelle a rassemblé plusieurs anciennes paroisses. C'est un trait commun à beaucoup de communes rurales françaises, façonnées par les fusions du XIXe siècle.

Cinq paroisses d'origine

Le territoire actuel de Lévignac réunit ce qui fut, autrefois, cinq paroisses distinctes : Lévignac, Saint-Pierre, Saint-Brice, Sainte-Croix et Civert. Chacune avait son église et sa petite communauté, dans un pays d'habitat dispersé où les hameaux étaient nombreux. Cette dispersion explique la présence, aujourd'hui encore, de plusieurs édifices religieux sur la commune — dont la fameuse ruine de Sainte-Croix. En 1791, à la Révolution, deux de ces paroisses, Saint-Pierre et Saint-Brice, s'unirent pour former la commune voisine de Saint-Pierre-sur-Dropt. Le puzzle des communes du secteur s'est ainsi dessiné au fil des siècles, par unions et séparations successives.

Les fusions de communes

Lévignac elle-même s'est agrandie par absorptions : elle a rattaché la commune de Sainte-Croix-et-Civert avant 1806, puis celle de Saint-Géraud entre 1839 et 1868 (qui comptait alors deux à trois cents habitants). Ces regroupements, courants au XIXe siècle, visaient à donner une taille viable à de très petites communes rurales. Ils expliquent la superficie relativement étendue de Lévignac (plus de 25 km²) pour une population modeste, et la dispersion de son habitat entre plusieurs anciens centres paroissiaux. L'histoire administrative d'un village comme Lévignac est ainsi un condensé de l'histoire des campagnes françaises, faite de communautés qui se rassemblent pour survivre.

Cette histoire de paroisses et de fusions n'est pas qu'une abstraction administrative : elle se lit dans le paysage. Les anciens centres paroissiaux ont laissé des églises, des cimetières, des hameaux qui portent encore leurs noms. En parcourant la commune, on croise ainsi les traces de ces communautés disparues, absorbées au fil du temps par Lévignac. La ruine de Sainte-Croix en est le meilleur exemple : c'est l'église d'une ancienne paroisse, rattachée à Lévignac avant 1806, et dont il ne reste que des murs. Comprendre cette géographie des anciennes paroisses, c'est comprendre pourquoi un village de 674 habitants s'étend sur plus de 25 kilomètres carrés et compte plusieurs édifices religieux — un héritage du temps où chaque hameau vivait presque en autonomie.


Cadre

Le Caubon et la campagne du Dropt

Chemin entre fermes et vergers près de Lévignac-de-Guyenne
La campagne de Lévignac : un pays de fermes, de vergers et de coteaux, aux confins de trois départements.

Lévignac est un village de pleine campagne, à la charnière de trois départements, dans un paysage doux de coteaux et de vallées. Ce cadre rural, encore préservé, est l'un des charmes discrets de la commune.

Une rivière de tête de bassin

La particularité hydrographique de Lévignac est d'être une commune de tête de bassin : le Caubon, la petite rivière qui l'arrose, y prend sa source, avant de couler sur une dizaine de kilomètres pour rejoindre la Gupie, elle-même tributaire de la Garonne. On répète souvent, à tort, que le Caubon serait un affluent du Dropt : c'est faux, même si le Dropt coule à quelques kilomètres au nord. Ce cours d'eau modeste peut connaître des crues à débordement lent, source d'un réel risque d'inondation dans les fonds de vallée — un rappel que même les petites rivières façonnent la vie d'un village.

Aux confins de trois provinces

Lévignac occupe une situation de frontière : l'une de ses communes voisines, Taillecavat, est déjà en Gironde, tandis que la Dordogne et le Périgord ne sont pas loin vers le nord. Le village se trouve donc à la rencontre de trois anciens pays — la Guyenne, le Bordelais et le Périgord —, ce qui a fait de tout ce secteur du Dropt une terre de passage et de bastides. Aujourd'hui, cette position de carrefour fait son charme touristique : en une courte boucle, on relie des villages de trois départements, entre coteaux, vergers, vignes de Duras et bastides. C'est un pays discret, à explorer sans se presser, loin des foules.

Le paysage de Lévignac est celui d'une campagne vivante et cultivée : des collines douces couvertes de vergers et de cultures, ponctuées de fermes en pierre blonde, de bosquets et de vallons où serpentent les petits cours d'eau. C'est un cadre reposant, sans relief spectaculaire, mais d'une belle harmonie — le Sud-Ouest rural dans ce qu'il a de plus authentique. Les amateurs de nature y trouveront des chemins de campagne pour la marche et le vélo, une lumière douce et changeante au fil des saisons, et cette impression de temps suspendu qui fait le prix des villages à l'écart. Loin d'être un « rien », cette campagne ordinaire est justement ce que beaucoup de citadins viennent y chercher.


Alentours

Que voir autour de Lévignac-de-Guyenne ?

Verger de pruniers dans les coteaux de Lévignac-de-Guyenne
Les vergers de pruniers : à la fin de l'été, les prunes d'ente destinées au pruneau d'Agen mûrissent sur les coteaux.

Lévignac est idéalement placée pour explorer le pays de Duras et la vallée du Dropt, entre bastides, châteaux et vignobles. Les distances sont courtes, et l'on passe aisément d'un village à un château, d'un verger à une cave.

Duras, tout près

À moins de six kilomètres, Duras est la capitale du pays qui porte son nom : son grand château, ancien duché classé monument historique, et son vignoble AOC des Côtes de Duras en font une étape incontournable, à quelques minutes de Lévignac. C'est le voisin naturel, celui vers lequel on file pour la visite d'un château, une dégustation de vin ou un marché. Cette proximité immédiate est un atout : depuis Lévignac, on peut faire de Duras le cœur d'une journée de découverte, en combinant l'histoire seigneuriale et viticole de la petite ville avec le charme rural de la bastide de Lévignac.

Les bastides et le pays du Dropt

Tout autour s'égrènent d'autres bastides et villages de caractère de la vallée du Dropt : Eymet, en Dordogne, magnifique bastide anglaise à place à arcades ; Miramont-de-Guyenne et Monségur (en Gironde), autres villes neuves du Moyen Âge, comme Lévignac. Plus loin, Marmande, la sous-préfecture du Val de Garonne (à une vingtaine de kilomètres), et sa célèbre tomate. Ce pays du Dropt, jalonné de moulins, de vergers et de vignes, se prête aux balades tranquilles, à pied comme en voiture, dans une campagne préservée du tourisme de masse. Un chauffeur privé permet de composer facilement une boucle entre ces villages disséminés.

Au-delà des bastides, tout ce pays du Dropt et de la moyenne Garonne est une terre de terroir et de gastronomie : le vignoble AOC des Côtes de Duras, le pruneau d'Agen, la tomate de Marmande, le foie gras et les fruits du Lot-et-Garonne. On y trouve de nombreuses fermes et propriétés qui vendent en direct, ainsi que des marchés animés — dont les marchés nocturnes de producteurs de Lévignac en été. C'est une région faite pour prendre son temps : rouler d'un village à l'autre par de petites routes, s'arrêter chez un producteur, déjeuner d'un plat du terroir, visiter un château ou une bastide. Avec un chauffeur, on peut composer cette journée sur mesure, sans souci de conduite ni d'itinéraire, et en profiter pleinement — y compris pour goûter les vins de Duras.

Autour de Lévignac-de-GuyenneDistanceIntérêt
Duras~6 kmChâteau classé MH, AOC Côtes de Duras
Marmande~18 kmSous-préfecture, bastide, tomate, gare
Eymet (Dordogne)~20 kmBastide anglaise à arcades
Agen~83 kmPréfecture, gare, pont-canal, pruneau

Saisons

Quand visiter Lévignac-de-Guyenne ?

Lévignac se visite toute l'année, mais la fin de l'été et le début de l'automne, saison des prunes, sont les plus évocateurs. C'est le moment où le pays de Duras vit au rythme des vergers et des marchés, sous une belle lumière dorée.

La fin de l'été (août-septembre) est la période de la récolte des prunes d'ente : les vergers ploient sous les fruits mauves, et l'on comprend, sur place, ce qui a fait l'identité du village. C'est aussi la saison des marchés nocturnes de producteurs, qui réaniment la place de la halle dans une ambiance conviviale. Le printemps couvre les coteaux de fleurs (dont celles des pruniers) et offre des journées douces pour flâner dans la bastide et découvrir la ruine de Sainte-Croix. L'automne, avec ses couleurs, prolonge ce charme ; l'hiver, plus calme, laisse le village à sa tranquillité. Comme Lévignac n'est pas un site touristique organisé, mieux vaut y venir dans un esprit de découverte libre, en combinant la visite avec Duras et les environs.

Le village se visite en réalité assez vite — une flânerie autour de la halle et de la place, un détour par l'église Notre-Dame, une escapade vers la ruine de Sainte-Croix dans la campagne. C'est pourquoi il gagne à être associé à d'autres étapes du pays de Duras : le château de Duras à quelques minutes, une cave des Côtes de Duras, une bastide voisine comme Eymet. En composant ainsi une journée qui relie plusieurs villages, on tire le meilleur de ce secteur : chacun apporte sa touche — l'histoire seigneuriale ici, le vin là, la bastide et le pruneau à Lévignac. C'est le genre d'itinéraire tranquille qu'un chauffeur privé permet d'organiser sans contrainte, au rythme que l'on souhaite.


Accès

Rejoindre Lévignac-de-Guyenne depuis Bordeaux

Lévignac-de-Guyenne se situe à environ 98 km de Bordeaux, soit environ 1 h 26 de route. Le village n'a pas de gare : les plus proches sont celles de Marmande (~14 km) et de Sainte-Bazeille (~14 km), sur la ligne Bordeaux-Agen-Toulouse. Depuis l'une ou l'autre, il faut ensuite parcourir les derniers kilomètres par la route, Lévignac n'étant pas desservie par les transports en commun réguliers.

Le trajet routier est simple : depuis Bordeaux, on rejoint la région de Marmande (par l'A62 puis les routes de la vallée), avant de gagner Lévignac par les coteaux du pays de Duras. Le village est vraiment un point de départ commode pour la vallée du Dropt : Duras est à moins de dix minutes, plusieurs bastides et le vignoble tout proches.

Pas de gare : train ou chauffeur privé ?

Sans gare, Lévignac est mal desservie par les transports collectifs. Dès qu'on voyage à plusieurs, avec des bagages, ou qu'on veut rayonner dans le pays de Duras (le château de Duras, les bastides, une cave, un producteur de pruneaux), le chauffeur privé (VTC) reprend l'avantage : un trajet direct depuis Bordeaux, de porte à porte, sans correspondance, avec des arrêts libres en chemin. On monte à Bordeaux, on descend exactement où l'on veut — une ferme, un gîte, le pied de la halle. Nous proposons ce trajet à prix fixe communiqué à l'avance : environ 203 € pour l'aller, en berline Mercedes ou van jusqu'à 8 places, chauffeur professionnel.

C'est une solution idéale pour une escapade patrimoniale et gourmande dans le pays de Duras, un séjour à la campagne, une visite de propriété ou un événement familial. Le prix, fixé à l'avance, ne bouge pas, quels que soient le trafic ou les arrêts — un vrai atout pour un budget maîtrisé, et le confort d'un trajet direct vers un village mal desservi par le train.

TrajetDistanceDuréeRepère
Bordeaux → Lévignac-de-Guyenne~98 kmun peu plus d'1 hdès ~177 € en VTC
Lévignac → Duras~6 km~7 minchâteau, pays de Duras
Lévignac → Marmande~18 km~20 minsous-préfecture, gare
Lévignac → Agen~83 km~1 h 10préfecture, gare, pruneau

Que l'on vienne pour la bastide et sa halle, pour la ruine romantique de Sainte-Croix, pour les vergers de pruniers ou pour rayonner vers Duras et les bastides du Dropt, Lévignac-de-Guyenne récompense les amateurs de Sud-Ouest authentique, loin des foules.

Que ce soit pour une journée patrimoine et terroir, une visite dans le pays de Duras ou un événement à la campagne, réserver un chauffeur privé garantit un trajet confortable et ponctuel vers un village sans gare — réserver un chauffeur Bordeaux → Lévignac-de-Guyenne ou explorer toutes nos destinations.


FAQ

Questions fréquentes

Où se trouve Lévignac-de-Guyenne ?

Lévignac-de-Guyenne est un village du Lot-et-Garonne (47), en Nouvelle-Aquitaine, dans le pays de Duras, à une vingtaine de kilomètres au nord de Marmande et à moins de six kilomètres de Duras. Il relève de l'arrondissement de Marmande, du canton des Coteaux de Guyenne et de la Communauté de communes du Pays de Duras. Ce village rural d'environ 674 habitants se situe à environ 1 h 26 de route au sud-est de Bordeaux (~98 km).

Quelle distance entre Bordeaux et Lévignac-de-Guyenne ?

Environ 98 km par la route, soit environ 1 h 26 de trajet (via l'A62 en direction d'Agen, puis les routes du pays de Duras). En chauffeur privé depuis Bordeaux, le tarif est fixe et communiqué à l'avance, à partir d'environ 203 € pour l'aller (berline ou van, prix porte-à-porte).

Lévignac-de-Guyenne est-elle une bastide ?

Oui, c'est une bastide anglaise, une ville neuve du Moyen Âge. Sa fondation est datée d'un acte du 30 mars 1305, sous Édouard Ier, roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine. Il s'agissait plus précisément d'un paréage (fondation en association) entre le pouvoir ducal et des seigneurs locaux — les frères de Levignac, qui donnent leur nom au lieu. Le plan régulier du village, autour d'une place centrale avec sa halle, garde la marque de cette origine planifiée. Les bastides « anglaises » de Guyenne, dont Lévignac, ont été fondées à l'époque où le roi d'Angleterre régnait sur l'Aquitaine comme duc, vassal du roi de France.

De quand date la halle de Lévignac-de-Guyenne ?

La halle actuelle date de la seconde moitié du XIXe siècle, et non du XVIIIe comme on le lit parfois ; elle a remplacé une halle plus ancienne, orientée en sens inverse. Elle abritait le célèbre marché aux pruneaux, qui se tenait tous les mercredis de la mi-août à la fin octobre jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Depuis 2002, des marchés nocturnes de producteurs réaniment la place aux beaux jours.

Y a-t-il des monuments historiques à Lévignac-de-Guyenne ?

Non : le village ne compte aucun monument classé ni inscrit au titre des Monuments historiques. Ni l'église Notre-Dame (reconstruite en 1865-1868 par l'architecte Gustave Alaux), ni la halle, ni la ruine de Sainte-Croix ne sont protégées. Cela n'enlève rien à leur intérêt : Sainte-Croix, en particulier, a été consolidée au XXe siècle par des bénévoles avec le soutien de la Sauvegarde de l'Art français.

Qu'est-ce que l'église Sainte-Croix ?

C'est une église du XIIIe siècle, aux murs de pierre et de brique, aujourd'hui à l'état de ruine, à quelques kilomètres au sud du bourg de Lévignac. Longtemps à l'abandon, elle a été consolidée au XXe siècle par des bénévoles avec le soutien de la Sauvegarde de l'Art français. On en conserve les murs de ceinture, l'autel et la cuve baptismale, dans un cadre champêtre paisible.

Pourquoi l'église Notre-Dame a-t-elle été déplacée ?

Pour agrandir le marché aux pruneaux ! Une première église se dressait sur la place de la bastide ; elle fut démolie au XVIIIe siècle afin d'agrandir la place de la halle et son marché aux prunes. Une nouvelle église, Notre-Dame, fut donc bâtie hors les murs entre 1865 et 1868, en style néo-gothique, par l'architecte bordelais Gustave Alaux. C'est un cas rare : une église déplacée à cause d'un marché aux fruits, preuve de l'importance du pruneau dans l'économie du village.

D'où vient le nom Lévignac-de-Guyenne ?

« Lévignac » est un toponyme gallo-romain : il vient du nom d'un propriétaire latin, « Levinius », suivi du suffixe gaulois -acum, soit « le domaine de Levinius ». Le complément « de-Guyenne » a été ajouté en 1929 ; il a remplacé l'ancien « de-Seyches » (du nom du canton), pour rattacher le village à l'ancienne province de Guyenne. Le nom antique est donc bien plus ancien que la bastide de 1305.

Lévignac-de-Guyenne produit-elle du vin ?

Non : contrairement à sa voisine Duras, Lévignac n'est pas une commune viticole et ne fait pas partie de l'AOC Côtes de Duras. Sa spécialité agricole est le pruneau d'Agen, produit à partir de la prune d'ente séchée. Près de 85 % du territoire est en terres cultivées, avec de nombreux vergers de pruniers. Le vignoble des Côtes de Duras se trouve à proximité, autour de Duras, à quelques kilomètres — mais Lévignac n'en fait pas partie, l'AOC étant limitée à une quinzaine de communes centrées sur Duras.

Combien d'habitants compte Lévignac-de-Guyenne ?

Environ 674 habitants au recensement de 2023, pour une densité très faible d'environ 27 habitants au km². La population est stable, voire en légère hausse (663 habitants en 2017), à contre-courant du déclin de bien des campagnes. Les habitants s'appellent les Lévignacais. La commune, étendue (plus de 25 km²) mais peu peuplée, résulte de la fusion de plusieurs anciennes paroisses.

Y a-t-il une gare à Lévignac-de-Guyenne ?

Non, Lévignac n'a pas de gare. Les gares les plus proches sont celles de Marmande et de Sainte-Bazeille, à environ 14 km chacune, sur la ligne Bordeaux-Agen-Toulouse. Comme le village n'est pas desservi par les transports en commun réguliers, un chauffeur privé reste la solution la plus souple pour venir depuis Bordeaux et rayonner ensuite dans le pays de Duras (Duras est à moins de dix minutes).

Que voir autour de Lévignac-de-Guyenne ?

Duras et son château classé (~6 km), autre haut lieu du pays de Duras et de l'AOC Côtes de Duras ; Eymet, en Dordogne, magnifique bastide anglaise à arcades (~20 km) ; Miramont-de-Guyenne et Monségur, autres bastides du Dropt ; Marmande, la sous-préfecture du Val de Garonne (~18 km). On est au cœur d'un pays de bastides, de vergers et de vignes, aux confins de trois départements.

Peut-on réserver un chauffeur privé de Bordeaux à Lévignac-de-Guyenne ?

Oui. Nous assurons le trajet Bordeaux → Lévignac-de-Guyenne (~98 km, environ 1 h 26) à prix fixe, dès environ 203 € l'aller, en berline Mercedes ou van jusqu'à 8 places, avec chauffeur professionnel. Le trajet est direct, de porte à porte, sans correspondance. C'est la solution idéale pour rejoindre un village sans gare et rayonner ensuite dans le pays de Duras — Duras et son château sont à moins de dix minutes.

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Sources

Sources et références

Article mis à jour en juillet 2026.

Réservation 24h/24

En route pour le pays de Duras

Trajet direct depuis Bordeaux (~1 h 26) vers Lévignac-de-Guyenne et le pays de Duras, arrêts libres en chemin — Duras, une bastide, un producteur de pruneaux. Devis fixe écrit, sans surprise au compteur.

Halle et clocher de Lévignac-de-Guyenne au milieu des vergers du pays de Duras
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