Bertric-Burée, deux villages pour une commune
Le village doublement excentrique du Ribéracois : né de la fusion de deux paroisses en 1824, coiffé d'un clocher byzantin, gardien du plus vieil arbre de Dordogne, et fier de sa fête des cagouilles comme de sa rue Donjons & Dragons. Tout comprendre avant de venir, à 1 h 46 de Bordeaux.
Bertric-Burée en bref
- Bertric-Burée (445 habitants, les Bertricois) est un village du Ribéracois, dans le nord-ouest de la Dordogne — né en 1824 de la fusion de deux communes distinctes, Bertric et Burée.
- Son église Saint-Pierre-et-Saint-Paul (XIIIᵉ siècle) porte une curiosité rare : un clocher octogonal de style byzantin, ajouté à la fin du XIXᵉ, qui se voit de loin dans la plaine.
- Le village abrite un if millénaire — 9 mètres de circonférence, daté d'environ 980 ans par carottage : le plus vieil arbre de Dordogne, labellisé « Arbre remarquable de France ».
- Depuis 2022, il possède une « ruelle Gary Gygax », du nom du créateur de Donjons & Dragons — la première rue de France baptisée au nom du « premier maître du donjon ».
- Sa fête des cagouilles, organisée autour de l'escargot au début du mois de mai, mobilise habitants, bénévoles et visiteurs autour de grandes tablées.
- Pas de château fort ni de baronnie : Bertric-Burée est le Périgord rural le plus ordinaire, et c'est précisément ce qui le rend attachant.
- Autour : les églises romanes à coupoles du Ribéracois (Cherval, Grand-Brassac), Ribérac et son grand marché, Aubeterre-sur-Dronne.
- Depuis Bordeaux par la route : 121 km, environ 1 h 46 — dès 218 € en chauffeur privé, porte-à-porte. Aucune gare, aucun car au bourg.
Avant de partir : ce que Bertric-Burée est vraiment
Rue des Escargots, un matin de mai. Le nom de la rue n'est pas une blague — il y a même une statue d'escargot près de la mairie, et des cagouilles sculptées sur les façades. Au bout, un clocher octogonal coiffé d'un dôme byzantin dépasse des blés, incongru au milieu de la plaine. Un peu plus loin, dans le jardin privé d'une maison, un if noueux de neuf mètres de tour a vu passer huit siècles. Et si vous cherchez la « ruelle Gary Gygax », oui, c'est bien celle du créateur de Donjons & Dragons. Bienvenue dans le village le plus discrètement excentrique du Ribéracois.
Bertric-Burée n'a ni château fort, ni baron, ni cathédrale. Ce que ce village de 445 habitants raconte est plus subtil : l'histoire de deux paroisses voisines, Bertric et Burée, qui ont fini par n'en faire qu'une en 1824 — l'une survivant et s'embellissant, l'autre s'effaçant jusqu'à ne plus tenir que dans les murs d'un manoir. Autour de ce récit de fusion gravitent quelques trésors improbables : un clocher d'Orient, l'arbre le plus vieux du département, une fête de l'escargot au rayonnement international, et une rue de jeu de rôle.
Ce guide sépare le vérifié du recopié — le sujet est piégeux. On lit ici et là que le village possède un dolmen classé (faux : le dolmen de Peyrelevade est à Paussac, pas ici), un lambris peint remarquable (il est à Saint-Paul-Lizonne, la commune voisine), ou que sa fête des cagouilles date de 1987 (invérifiable). Nous nous en tenons au réel : la fusion de 1824, le clocher byzantin, l'if millénaire, et les vrais joyaux des environs — à commencer par les églises à coupoles.
Côté logistique : le Ribéracois est un désert ferroviaire. Bertric-Burée n'a jamais eu de gare, la ligne de Ribérac est fermée depuis 1940, et aucun car régional ne s'arrête au bourg. La gare TER active la plus proche est Mussidan (14 km) — mais il reste ensuite les derniers kilomètres. Pour venir de Bordeaux et rayonner dans le Ribéracois, un chauffeur privé depuis Bordeaux est ici la solution la plus simple (1 h 46).
445 habitants sur un plateau céréalier
Bertric-Burée s'étend sur 16,73 km² dans le quart nord-ouest de la Dordogne, sur un plateau calcaire du Crétacé — ce « troisième gradin » géologique qui structure le Ribéracois. C'est un paysage de grandes cultures céréalières, doux et ouvert, très peu boisé, entaillé de petites vallées verdoyantes. Nuance qui a son charme : le Ribéracois est géologiquement dans le Périgord blanc (le calcaire), mais rattaché aujourd'hui, côté tourisme, au Périgord vert. Blanc dessous, vert dessus. La commune est traversée par la RD 106 et bordée par la D708 (l'ancienne nationale 708, axe Nontron–Marmande) ; au nord-ouest coule la Sauvanie, née à Cherval, qui rejoint la Lizonne.

| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Statut | Commune du Ribéracois, canton de Ribérac (ancien canton de Verteillac) |
| Population | 445 habitants (2023) — les Bertricois |
| Superficie | 16,73 km² (densité ~27 hab/km²) |
| Altitude | 68 m à 181 m |
| Origine | fusion de 1824 des communes de Bertric et de Burée |
| Rivières | la Sauvanie (nord-ouest) + le Boulon, le Bournet, le Troirieux |
| Voisins | Ribérac (7 km au sud) · Verteillac (5 km au nord) |
| Distance de Bordeaux | 121 km (1 h 46 par l'A89, sortie Montpon, puis Ribérac) |
La démographie est un contrepoint réconfortant au Ribéracois qui se dépeuple. Partie du creux de 308 habitants en 1975, la population a grimpé pendant quarante ans jusqu'à un pic de 451 en 2016 — près de +45 % —, avant de se stabiliser autour de 435-445 depuis. Rien de spectaculaire, mais une résistance rare : à côté, Verteillac a perdu près de 19 % de ses habitants et Cherval autant. La proximité des bassins d'emploi de Ribérac et Verteillac, et un cadre de vie rural préservé, ont fait de Bertric-Burée l'une des rares communes du secteur à tenir la ligne. Le village a d'ailleurs décroché une fleur au palmarès 2025 des Villes et Villages fleuris.
1824 : un village né de deux paroisses
Le trait d'union du nom n'est pas décoratif : c'est une cicatrice d'histoire. Jusqu'en 1824, Bertric et Burée étaient deux communes distinctes, chacune avec son bourg, son église, son territoire. La preuve la plus tangible est cartographique : sur la carte de Cassini (levée entre 1756 et 1789), on lit côte à côte deux toponymes bien séparés — « Bertricq » et « Buree ». Deux points, deux communautés, identifiées par les géomètres du roi avant même la création des communes modernes en 1789.
Les deux paroisses relevaient du diocèse de Périgueux, mais elles n'étaient pas tout à fait égales : Burée était desservie comme une annexe de Bertric. L'église de Bertric était dédiée à saint Pierre et saint Paul ; celle de Burée à saint Léonard (puis, au fil des registres, à Notre-Dame). C'est en 1824, sous la Restauration, que la fusion administrative est actée : les deux petites communes, trop modestes pour continuer seules, sont réunies en une seule — Bertric-Burée. Le nom occitan garde fidèlement la trace de cette union : Bertric e Burèia, littéralement « Bertric et Burée », deux noms accolés plutôt que fondus.
Ce qui frappe, c'est la solidité de cette union : deux siècles sans jamais de divorce. Les défusions arrivaient pourtant — à quelques kilomètres, La Chapelle-Grésignac, rattachée à Cherval en 1827, avait retrouvé son indépendance dès 1841. Bertric-Burée, elle, a tenu : en 2024, elle a fêté sans bruit le bicentenaire de sa fusion. Aujourd'hui, le lieu-dit Burée a presque disparu du paysage habité : il ne subsiste plus, à 800 mètres au sud du bourg, qu'un château — dernier vestige de ce qui fut une paroisse à part entière.
Bertric et Burée : deux noms, deux énigmes
S'attaquer à l'étymologie de Bertric-Burée, c'est accepter de rester dans le probable. Pour Bertric, les bases sont un peu plus solides : les toponymistes y voient généralement un ancien nom de personne germanique, bâti sur la racine berht (« brillant », « illustre ») — la même que dans le prénom Bertrand (berht + hramn, « le corbeau »). Bertric aurait donc été, au haut Moyen Âge, le nom d'un propriétaire franc dont le domaine a fini par porter le nom. C'est un schéma classique en Périgord, terre marquée par les installations germaniques du Vᵉ-VIᵉ siècle. Honnêteté oblige : ce mécanisme est solide en général, mais aucune source ne l'a documenté précisément pour ce Bertric-ci — c'est une hypothèse plausible, pas une certitude gravée.
Pour Burée, le brouillard est complet. Aucune source toponymique fiable ne tranche : le Wiktionnaire déclare lui-même l'étymologie « manquante ou incomplète ». On a bien avancé quelques pistes — un lien avec l'occitan abadiá (« abbaye »), l'idée d'une « fontaine » ou d'une « colline » —, mais aucune ne résiste vraiment (la famille de l'« abbaye » produit normalement Labadie ou Abadie, pas Burée). Mieux vaut le dire franchement : l'origine de Burée est inconnue. C'est le lot de milliers de petits noms de lieux ruraux, jamais assez importants pour laisser des chartes datées. Une seule chose est sûre : les deux noms existaient bien avant leur mariage de 1824, et leur assemblage est la trace vivante de cette histoire à deux voix.
L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul : un clocher d'Orient dans les blés
L'église de Bertric est un édifice modeste du XIIIᵉ siècle — nef, chœur, la banalité honorable d'une église rurale périgourdine. Sauf qu'à la fin du XIXᵉ siècle, un remaniement lui a offert une extravagance : un clocher octogonal de style byzantin, une tour à huit pans coiffée d'un dôme, plantée là au milieu des champs de blé. On la voit de loin à la ronde, et elle surprend toujours : ce parti pris orientalisant, très en vogue dans l'architecture française de la fin du XIXᵉ (à l'ombre du Sacré-Cœur et de Saint-Front de Périgueux), a rarement atterri dans un si petit village agricole. C'est LA curiosité de Bertric-Burée — une église de plaine coiffée d'un clocher de Constantinople.
Détail savoureux du présent : l'église est aujourd'hui un lieu de culte anglican, desservie par la Chaplaincy of Aquitaine pour la nombreuse communauté britannique installée dans le Ribéracois — un village français, un clocher byzantin, des offices en anglais. Elle se dresse, forcément, rue des Escargots, avec un grand parking à proximité. Un mot d'honnêteté patrimoniale : l'église n'est ni classée ni inscrite aux monuments historiques ; elle figure seulement à l'inventaire général du patrimoine. Et le fameux « lambris de bois peint » qu'on lui prête parfois n'est pas ici : ce chef-d'œuvre — un plafond en carène peint au XVIIᵉ siècle par Arnaud Paradol — se trouve à Saint-Paul-Lizonne, à 6 kilomètres. À ne pas confondre, les deux églises portant le même vocable.
Le château de Burée : tout ce qui reste d'une paroisse
À 800 mètres au sud du bourg — un petit kilomètre par la route — se dresse le château de Burée, et c'est à peu près tout ce qui subsiste de l'ancienne commune du même nom. Ce n'est pas une forteresse : un manoir des XVIIᵉ-XVIIIᵉ siècles, demeure de notable plus que place de guerre. Mais son site a de la profondeur : une place forte noble y est attestée dès le XIIIᵉ siècle, elle exerçait encore la haute justice sur Burée en 1760, et passa entre les mains des familles de Tessières-Miremont, de La Filolie et de Buade. La Révolution a fait raser ses éléments défensifs — meurtrières, créneaux, mâchicoulis —, mais une tour en demi-cercle témoigne encore de son passé militaire. C'est une propriété privée qui ne se visite pas : on l'admire de la route.

Quant à l'église de Burée, elle a purement et simplement disparu. Dédiée à saint Léonard, médiévale, elle figurait encore sur les cartes de Cassini et de Belleyme, sans doute près du manoir — puis s'est effacée à la fin du XVIIIᵉ siècle, quelques décennies avant la fusion. C'est un raccourci saisissant de toute l'histoire du village : quand une communauté perd son église, elle perd le cœur autour duquel s'organisait sa vie — baptêmes, mariages, fête patronale. En perdant son sanctuaire avant son autonomie, Burée avait déjà commencé à s'effacer. En 1824, il ne restait plus grand-chose à fondre dans Bertric. Un contraste résume tout : d'un côté une église qu'on embellit d'un clocher d'Orient, de l'autre une église rayée de la carte.
L'if millénaire : le plus vieil arbre de Dordogne
S'il fallait un seul témoin capable de relier Bertric-Burée à un passé bien antérieur à sa propre fusion, ce serait cet arbre. Le village abrite un if (Taxus baccata) réputé être le plus vieil arbre de tout le département de la Dordogne — et l'un des plus vénérables de France. Les chiffres donnent le vertige : 9,70 mètres de circonférence (mesurés à 1,30 m du sol en 2020), plus de 13 mètres de haut, et surtout un âge estimé, par carottage réalisé en 2002, à environ 980 ans. D'où son surnom d'« if millénaire » : quand Guillaume conquérait l'Angleterre, il était déjà une jeune pousse.

L'arbre a été labellisé « Arbre remarquable de France » en janvier 2002 par l'association A.R.B.R.E.S., puis distingué en 2010 par l'opération nationale « Mathusalem ». Il n'y a que quatre arbres labellisés remarquables dans toute la Dordogne — et l'if de Bertric-Burée est le seul du Ribéracois. Curiosité de plus : contrairement à presque tous les ifs de cet âge, généralement plantés près d'une église ou d'un cimetière, celui-ci pousse dans le jardin privé d'une maison du village — même si des fouilles voisines y ont révélé les vestiges d'un ancien cimetière. Étant sur une propriété privée, il ne se visite pas librement : on le devine par-dessus les murs. Un document vivant de mille ans, qui a vu Bertric et Burée exister séparément, fusionner, et durer.
La cagouille, les Belges et le donjon : la vie d'un village malin
Un village sans château ni monument-vedette se choisit d'autres emblèmes. Celui de Bertric-Burée est un mollusque : la cagouille — l'escargot petit-gris, en patois charentais et saintongeais. Ici, on l'a adoptée sans réserve : une statue d'escargot trône près de la mairie, des cagouilles ornent les façades, et la mairie elle-même siège rue des Escargots. Chaque printemps, la fête patronale des cagouilles (dates de la prochaine édition à confirmer auprès de l'office de tourisme Périgord inattendu) mobilise de nombreux bénévoles et visiteurs autour de grandes tablées.
La recette « à la bertricoise » — petit-gris farcis d'une chair à saucisse à l'ail et au persil, cuisinés toute la nuit car servis frais du matin, une trentaine par assiette — attire des fidèles venus de Gironde, de Charente, mais aussi de Bretagne, de Belgique et jusqu'en Nouvelle-Calédonie. Belle preuve qu'un village minuscule peut rayonner bien au-delà de ses frontières avec une simple assiette d'escargots. (Détail cocasse : les cagouilles, elles, ne sont pas ramassées sur place mais acheminées de Haute-Vienne.)

Mais la vraie signature de l'excentricité bertricoise est ailleurs. Le 9 juillet 2022, le village a inauguré une « ruelle Gary Gygax » — du nom du co-créateur américain de Donjons & Dragons, le père du jeu de rôle moderne, « premier maître du donjon » de l'histoire. C'est, dit-on, la première voie de France baptisée à son nom, et un week-end de jeu de rôle s'y organise. Un clocher byzantin, un if millénaire, une fête de l'escargot et une rue Donjons & Dragons : peu de villages de 445 habitants alignent une telle collection d'improbables. Sur place, pas de commerce ni de restaurant — les services sont à Ribérac (7 km) —, mais un caractère qui, lui, ne se trouve nulle part ailleurs.
Un village sans baronnie : le vrai visage du Périgord
Soyons clairs : Bertric-Burée n'a jamais été un centre du pouvoir féodal. Le Périgord médiéval comptait quatre baronnies prestigieuses — Beynac, Biron, Bourdeilles et Mareuil —, avec leurs forteresses, leurs garnisons et leurs droits de justice. Un privilège les distinguait : à l'entrée solennelle d'un nouvel évêque à Périgueux, il fallait précisément quatre barons pour porter le trône épiscopal — cérémonie qui virait régulièrement à la bagarre de préséance sur qui marcherait devant. Bertric-Burée, elle, n'a rien de tout cela : pas de château fort, pas de baron, pas de fief disputé. Son seul « château » est le manoir de Burée, demeure de notable.
Ce n'est pas un manque, c'est un contrepoint. Car pour un village qui figure dans les chroniques féodales, il en existe mille comme Bertric-Burée : des communautés rurales modestes, faites d'agriculture, de petites paroisses et de vie discrète, qui ont façonné le territoire sans jamais entrer dans les grands récits de sièges et de batailles. C'est le visage le plus courant du Périgord, et le plus honnête. Bertric-Burée ne joue pas au château qu'elle n'a pas : elle cultive ses cagouilles, veille sur son if, et se paie le luxe d'une rue Donjons & Dragons. À sa manière, ce village a compris qu'on peut être mémorable sans avoir été puissant.
Cherval, Grand-Brassac : les églises à coupoles du Ribéracois
Le vrai trésor patrimonial du secteur n'est pas à Bertric-Burée même, mais tout autour : le Ribéracois est le « pays des églises romanes à coupoles », une trentaine d'édifices du XIIᵉ siècle où la coupole, en reportant les charges sur des murs très épais, a permis d'aménager de véritables chambres de défense. À Cherval (11 km — le village où naît la Sauvanie), l'église Saint-Martin aligne quatre coupoles romanes et une chambre de défense du XIIIᵉ siècle bâtie par les moines-soldats de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem : classée monument historique dès 1913, restaurée de 2019 à 2021, c'est l'une des plus belles du secteur.

À Grand-Brassac (au sud-est), l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul pousse la logique jusqu'au sommet : une église-forteresse à file de coupoles, hérissée dès le XIIIᵉ siècle de créneaux, de galeries de défense et de meurtrières, classée monument historique depuis 1885. Ces deux-là — Cherval et Grand-Brassac — sont les valeurs sûres à voir avant ou après Bertric-Burée. On peut en faire une boucle des coupoles à travers le bocage, de clocher-forteresse en clocher-forteresse, dans un Périgord que les foules ignorent.
Autour de Bertric-Burée : marchés, mégalithes et village monolithe
Bertric-Burée est un point de départ commode pour le Ribéracois et la frange charentaise. Tout ce qui suit est à moins de 25 minutes, sauf mention.
| Site | Route depuis Bertric-Burée | L'essentiel |
|---|---|---|
| Verteillac | 5 km · 6 min | ancien chef-lieu de canton, marché du samedi, trois châteaux |
| Ribérac | 7 km · 8 min | la capitale-marché (vendredi), la Dronne, le troubadour Arnaut Daniel |
| Cherval | 11 km · 11 min | église Saint-Martin à quatre coupoles, classée (1913) |
| Mareuil-en-Périgord | 20 km · 20 min | château d'une des quatre baronnies du Périgord |
| Aubeterre-sur-Dronne | 20 km · 24 min | Plus Beaux Villages de France, église monolithe (Charente) |
| Paussac-et-Saint-Vivien | 22 km · 31 min | le dolmen de Peyrelevade et la Peyre d'Ermale (mégalithes) |
| Bourdeilles | 24 km · 34 min | « 2 châteaux en 1 » (forteresse + Renaissance) sur la Dronne |

Deux coups de cœur méritent le détour. Ribérac (7 km), la capitale du Ribéracois, tient l'un des plus grands marchés du vendredi matin du Périgord vert (150 exposants, doublé de marchés au gras et à la truffe l'hiver) — et c'est la patrie du troubadour Arnaut Daniel, que Dante saluait comme « le meilleur forgeron du parler maternel ». Et Aubeterre-sur-Dronne (20 km, en Charente), classé parmi les Plus Beaux Villages de France, abrite l'église monolithe Saint-Jean — la plus vaste église souterraine d'Europe, une nef de 20 mètres de haut creusée dans la falaise. Pour la nature, la vallée de la Nizonne, classée Natura 2000 (3 400 hectares, en partie dans le parc naturel Périgord-Limousin), déroule prairies humides et ripisylve pour les amateurs de calme et d'oiseaux.
Bordeaux → Bertric-Burée : 121 km, environ 1 h 46
L'itinéraire suit l'autoroute jusqu'aux portes du Ribéracois : rocade de Bordeaux, puis A89 « la Transeuropéenne » jusqu'à la sortie de Montpon-Ménestérol, et enfin la D708 qui remonte plein nord par la Double vers Ribérac, jusqu'à Bertric-Burée. Comptez 121 km et environ 1 h 46 porte-à-porte.
| Option | Durée | À savoir |
|---|---|---|
| Chauffeur privé (VTC) | 1 h 46 | porte-à-porte, dès 218 € — arrêts libres (Ribérac, Aubeterre…) |
| Voiture personnelle | 1 h 46 | A89 (péage), sortie Montpon, puis D708 vers Ribérac |
| TER + route | ≈ 2h30+ | Bordeaux → Mussidan (~1h20), puis 14 km à organiser jusqu'au bourg |
| Transport en commun direct | — | inexistant au bourg — pas de gare, pas d'arrêt de car |
Le Ribéracois est un angle mort du rail. Bertric-Burée n'a jamais eu de gare, et celle de Ribérac est fermée aux voyageurs depuis 1940. La gare TER active la plus proche est Mussidan (14 km, sur la ligne Bordeaux-Périgueux, desservie par la navette lancée en 2022) — mais aucun transport public ne relie ensuite Mussidan au bourg, et aucun car régional ne s'arrête à Bertric-Burée. Pour un village comme celui-ci, le chauffeur privé depuis Bordeaux (1 h 46, dès 218 €) n'est pas un luxe : c'est la seule porte-à-porte réelle. Idée d'itinéraire : la D708 passant par Ribérac, on combine facilement le village, son marché du vendredi et les églises à coupoles dans la même journée.
Nos conseils pour réussir Bertric-Burée
- Venez début mai pour la fête des cagouilles (dates de la prochaine édition à confirmer auprès de l'office de tourisme Périgord inattendu) : c'est le seul moment où l'on déguste les escargots « à la bertricoise » — le reste de l'année, il n'y a pas de restaurant au village.
- Cherchez le clocher byzantin rue des Escargots : la statue d'escargot près de la mairie et les cagouilles sculptées sur les façades complètent le tableau.
- Repérez l'if millénaire : il est sur une propriété privée (il ne se visite pas), mais sa silhouette dépasse les murs — le plus vieil arbre de Dordogne.
- Photographiez la ruelle Gary Gygax : la première rue de France au nom du créateur de Donjons & Dragons, une curiosité que peu de villages peuvent revendiquer.
- Faites la boucle des coupoles : Cherval (4 coupoles, classée) et Grand-Brassac (église-forteresse) sont les vrais joyaux romans du secteur.
- Un vendredi de préférence : le marché de Ribérac (150 exposants) est l'un des plus beaux du Périgord vert — le samedi, celui de Verteillac prend le relais.
- Poussez jusqu'à Aubeterre (24 min) : l'église monolithe souterraine, la plus vaste d'Europe, vaut à elle seule l'excursion en Charente.
- Ne comptez pas sur le train : pas de gare, pas de car au bourg. Le chauffeur privé depuis Bordeaux (1 h 46, dès 218 €) est la seule vraie porte-à-porte.
Bertric-Burée ne figurera jamais sur une carte postale du Périgord — et c'est très bien ainsi. Ce village de 445 habitants n'a pas de château, pas de baron, pas de foule ; il a mieux, à sa façon discrète : l'histoire de deux paroisses fondues en une, un clocher d'Orient égaré dans les blés, l'arbre le plus vieux du département, une fête de l'escargot qui fait venir les Belges, et une rue de jeu de rôle. C'est le Périgord ordinaire — celui des milliers de communes qui ont fait le pays sans jamais entrer dans les chroniques —, et c'est le plus attachant, parce qu'il ne se raconte pas d'histoires. Autour, les églises à coupoles, Ribérac et Aubeterre complètent une échappée dans un Périgord vert que personne ne surveille. Le tout est à deux heures de Bordeaux.
Questions fréquentes
Combien coûte un VTC Bordeaux → Bertric-Burée ?
Le trajet Bordeaux → Bertric-Burée en chauffeur privé démarre à 249 € l'aller simple (1 à 3 passagers, berline), porte-à-porte. Le prix est fixe et annoncé à l'avance — pas de compteur ni de majoration surprise. Van jusqu'à 8 passagers disponible pour les familles et petits groupes. Demandez votre devis : réponse écrite en moins de 30 minutes.
Combien de temps dure le trajet Bordeaux → Bertric-Burée ?
Comptez environ 1 h 46 pour 121 km : rocade de Bordeaux, A89 jusqu'à la sortie de Montpon-Ménestérol, puis la D708 qui remonte vers Ribérac et le Ribéracois. Le village étant à 7 km de Ribérac, on combine facilement les deux dans la même journée.
Pourquoi Bertric-Burée porte-t-elle un nom composé ?
Parce que la commune est née en 1824 de la fusion de deux villages autrefois indépendants, Bertric et Burée, qui figurent séparément sur la carte de Cassini (sous les formes « Bertricq » et « Buree »). Le nom composé garde la mémoire de cette double origine — tout comme le nom occitan Bertric e Burèia, « Bertric et Burée ». La fusion n'a jamais été défaite depuis deux siècles.
Qu'est-ce que la fête des cagouilles ?
C'est la fête patronale de Bertric-Burée, centrée sur la cagouille — l'escargot petit-gris en patois charentais — et organisée au début du mois de mai. Les dates de la prochaine édition sont à confirmer auprès de l'office de tourisme Périgord inattendu. Cette fête mobilise bénévoles, habitants et visiteurs autour de grandes tablées et d'une recette locale à base de petits-gris farcis.
Quel est l'arbre remarquable de Bertric-Burée ?
Un if (Taxus baccata) réputé être le plus vieil arbre de Dordogne : 9,70 mètres de circonférence, plus de 13 mètres de haut, et un âge estimé à environ 980 ans par carottage — d'où son surnom d'« if millénaire ». Labellisé « Arbre remarquable de France » en 2002, c'est l'un des quatre seuls arbres ainsi distingués dans le département. Il pousse sur une propriété privée et ne se visite pas librement, mais on le devine par-dessus les murs.
Pourquoi le clocher de l'église est-il byzantin ?
L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, d'origine XIIIᵉ siècle, a été remaniée à la fin du XIXᵉ, époque où le style byzantin (celui du Sacré-Cœur ou de Saint-Front de Périgueux) était très en vogue. On l'a alors dotée d'un clocher octogonal à dôme de style byzantin — surprenant dans un si petit village agricole, et visible de loin dans la plaine. L'église est aujourd'hui un lieu de culte anglican ; elle n'est ni classée ni inscrite aux monuments historiques.
Est-ce vrai qu'il y a une rue Donjons & Dragons ?
Oui : le 9 juillet 2022, Bertric-Burée a inauguré une « ruelle Gary Gygax », du nom du co-créateur américain de Donjons & Dragons, considéré comme le « premier maître du donjon ». C'est présenté comme la première voie de France baptisée à son nom, et un week-end de jeu de rôle s'y organise. Une curiosité de plus dans ce village décidément excentrique.
Que reste-t-il de l'ancienne commune de Burée ?
Presque plus rien de visible. Son église Saint-Léonard, médiévale, a disparu à la fin du XVIIIᵉ siècle. Il ne subsiste, à 800 mètres au sud du bourg, que le château de Burée — un manoir des XVIIᵉ-XVIIIᵉ siècles, ancienne place forte noble (haute justice sur Burée en 1760), aujourd'hui propriété privée qui ne se visite pas. C'est le dernier témoin de ce qui fut une paroisse à part entière.
Y a-t-il un dolmen à Bertric-Burée ?
Non — c'est une confusion fréquente. Le dolmen de Peyrelevade et la « Peyre d'Ermale » qu'on rattache parfois à Bertric-Burée se trouvent en réalité à Paussac-et-Saint-Vivien, à environ 22 km à l'est, où ils sont classés monuments historiques depuis 1960. Ce sont de beaux mégalithes néolithiques du Périgord vert, mais ils ne sont pas sur le territoire de Bertric-Burée.
Que voir autour de Bertric-Burée ?
Le meilleur du Ribéracois. Les églises romanes à coupoles : Cherval (Saint-Martin, quatre coupoles, classée 1913, à 11 km) et Grand-Brassac (église-forteresse). Ribérac (7 km) et son grand marché du vendredi. Verteillac (5 km) et son marché du samedi. Aubeterre-sur-Dronne (24 min, Charente) et son église monolithe. Et, plus loin, les baronnies de Mareuil et Bourdeilles, ou Brantôme, la « Venise du Périgord ».
Bertric-Burée a-t-elle un lien avec les baronnies du Périgord ?
Non. Contrairement aux quatre grandes baronnies historiques (Beynac, Biron, Bourdeilles et Mareuil), Bertric-Burée n'a jamais été un centre seigneurial : ni château fort, ni baron, ni fief stratégique. Son seul édifice castral est le manoir de Burée, demeure de notable des XVIIᵉ-XVIIIᵉ siècles. Le village représente le Périgord rural le plus courant — celui des milliers de communes qui ont fait le territoire loin des grands récits féodaux.
Comment venir à Bertric-Burée sans voiture ?
C'est très difficile : le village n'a jamais eu de gare, et aucun car régional ne s'y arrête. La gare TER active la plus proche est Mussidan (14 km, ligne Bordeaux-Périgueux) — mais il reste ensuite les derniers kilomètres sans transport public. Le chauffeur privé Bordeaux → Bertric-Burée (1 h 46, dès 218 €) est en pratique la seule solution directe et porte-à-porte.
Combien d'habitants compte Bertric-Burée ?
445 habitants au recensement de 2023, les Bertricois. Après le creux de 1975 (308 habitants), la population a crû pendant quarante ans jusqu'à un pic de 451 en 2016, avant de se stabiliser autour de 435-445 — une résistance rare dans un Ribéracois où la plupart des villages continuent de se dépeupler.
Pour aller plus loin
- L'église-donjon voisine, à 10 minutes : voir le Guide de Celles (Ribéracois, prieuré, église fortifiée)
- La Venise du Périgord : voir le Guide de Brantôme (abbaye troglodytique, Dronne)
- Le berceau de la baronnie de Mareuil : voir le Guide de Vieux-Mareuil (château de Mareuil, église à coupoles)
- La préfecture aux deux mille ans : voir le Guide de Périgueux (Vesunna, Saint-Front)
- Organiser le trajet : réserver un chauffeur privé Bordeaux → Bertric-Burée ou explorer toutes nos destinations
Sources et références
- Wikipédia — Bertric-Burée — géographie, fusion 1824, église, if, château de Burée
- Base Mérimée (Inventaire général) — Bertric-Burée — présentation commune, fusion, statut non protégé
- Base Mérimée — ancienne église Saint-Léonard de Burée — médiévale, disparue fin XVIIIe, vocables
- Les têtards arboricoles — l'if millénaire — carottage 2002 (~980 ans), 9,70 m, propriété privée
- A.R.B.R.E.S. — Arbres remarquables de France — label janvier 2002, 4 arbres en Dordogne
- Wikipédia — Cherval — église Saint-Martin à 4 coupoles, MH 1913, source Sauvanie
- Wikipédia — Grand-Brassac — église-forteresse à coupoles, MH 1885
- Wikipédia — Ribérac — marché du vendredi, Arnaut Daniel, gare fermée
- Wikipédia — Aubeterre-sur-Dronne — Plus Beaux Villages, église monolithe
- OT Périgord inattendu (Ribéracois) — fête des cagouilles, agenda, marchés
- Insee — dossier complet Bertric-Burée — populations, densité, série démographique
Article publié et mis à jour le .
En route pour le Ribéracois
Trajet direct depuis Bordeaux (1 h 46) par l'A89, arrêts libres en chemin — Ribérac, Cherval, Aubeterre. Devis fixe par écrit sous 30 minutes, berline ou van jusqu'à 8 passagers, chauffeur anglophone.




