Castillonnès, la bastide de 1259 sur le Dropt
Une bastide du Haut-Agenais, au-dessus de la vallée du Dropt : fondée en 1259 par Alphonse de Poitiers, elle garde sa Place des Cornières, sa halle, ses remparts et un hôtel particulier bâti sur le sucre des Antilles, à 2 h 15 de Bordeaux.
Castillonnès en un coup d'œil
Castillonnès est une bastide du Lot-et-Garonne fondée le 10 septembre 1259 par un paréage initié par Alphonse de Poitiers. [1] Perchée au-dessus de la vallée du Dropt, elle conserve sa Place des Cornières, ses couverts et une halle du début du XXe siècle — et non médiévale. [6] L'église Saint-Pierre abrite un retable du XVIIe siècle classé au titre des objets, transféré de la cathédrale d'Agen vers 1846. [4] L'Hôtel de Cours de Thomazeau, élevé vers 1770-1775 et inscrit aux monuments historiques, témoigne de la fortune liée au sucre des Antilles. La bastide compte 1 346 habitants en 2023, n'a plus de gare voyageurs et se situe à environ 147 km de Bordeaux. Le mardi, son marché anime les couverts ; elle constitue aussi une base pratique pour Eymet, Issigeac, Bergerac et Monbazillac. Les références détaillées en fin d'article distinguent la halle néo-médiévale du patrimoine réellement protégé.
Voici les repères essentiels avant de partir. Les valeurs de distance, de durée et de tarif reprennent la page commerciale Bordeaux–Castillonnès ; les tarifs correspondent à une réservation de chauffeur privé depuis Bordeaux, prix fixe communiqué à l'avance.
| Repère | Détail |
|---|---|
| Département | Lot-et-Garonne (47), Nouvelle-Aquitaine |
| Statut | Bastide · Haut-Agenais · canton du Val du Dropt |
| Population | 1 346 habitants (INSEE 2023) · les Castillonnésiens |
| Superficie | 19,4 km² · sur le Dropt, entre Bergerac et Agen |
| Distance depuis Bordeaux | environ 147 km · 2 h 15 de route |
| Gare la plus proche | Bergerac — gare TER voisine ; pas de gare à Castillonnès |
| À ne pas manquer | La Place des Cornières, la halle, l'église et son retable, l'Hôtel de Thomazeau |
Un mot d'honnêteté d'emblée, car Castillonnès mêle le vrai patrimoine et le décor : sa jolie halle n'est pas médiévale mais date du XXᵉ siècle, et le trésor de son église — un immense retable classé — ne vient pas d'ici mais de la cathédrale d'Agen. Détails qui, une fois connus, rendent la visite plus savoureuse encore.
Ce guide passe en revue tout ce qu'il faut savoir avant de venir : où se situe Castillonnès et ce qui la caractérise, l'histoire de sa fondation en bastide, sa Place des Cornières et sa halle, l'église Saint-Pierre et son retable, les remparts et la vieille ville, l'Hôtel de Cours de Thomazeau, son côté insolite (cinéma et jumelages), les sites remarquables des environs et la façon la plus simple de s'y rendre depuis Bordeaux.
Où se situe Castillonnès ?

Castillonnès se trouve dans le Lot-et-Garonne (47), en Nouvelle-Aquitaine, au nord du département, dans le Haut-Agenais, sur un promontoire dominant la vallée du Dropt. La ville est posée sur la route nationale 21, l'axe qui relie Bergerac au nord à Agen au sud. Ses coordonnées sont 44,65° N et 0,59° E, code INSEE 47057, code postal 47330. Elle s'étend sur 19,4 km² et fait partie de la communauté de communes des Bastides en Haut-Agenais Périgord — un nom qui résume bien sa position, à la charnière du Lot-et-Garonne et de la Dordogne. Le Dropt, la rivière qui coule en contrebas, a creusé une vallée fertile, aujourd'hui quadrillée de champs, de vergers et de vignes, que la bastide surveille depuis sa hauteur.
Plus proche de Bergerac que de sa préfecture
Voici une singularité géographique : Castillonnès est bien plus proche de Bergerac (environ 26 km, en Dordogne) que d'Agen, sa préfecture (environ 64 km). Culturellement comme géographiquement, la petite bastide regarde autant vers le Périgord pourpre et son vignoble que vers l'Agenais. Le Dropt, la rivière qui coule à ses pieds, prend d'ailleurs sa source en Dordogne et court vers la Garonne, reliant tout un chapelet de bastides. Cette position de frontière — entre deux départements, deux terroirs, deux « pays » — n'a rien d'anecdotique : elle explique le patrimoine, la gastronomie et jusqu'à l'accent de Castillonnès, qui tient à la fois de l'Agenais et du Périgord.
Un bourg rural qui vieillit
Avec 1 346 habitants (recensement 2023), Castillonnès est classée « bourg rural ». Sa population décline doucement — elle a perdu environ 5 % de ses habitants depuis 2017, après un pic à près de 1 500 vers 2006 — et elle est âgée : près de la moitié des habitants ont 65 ans ou plus. C'est le visage d'une petite ville de campagne, à l'écart des grands flux, qui vit de son marché, de son agriculture et d'un tourisme discret. Les habitants s'appellent les Castillonnésiens. Ce n'est pas un village qui se transforme en musée l'été : c'est un vrai bourg vivant, avec ses commerces, son école et ses services, ce qui fait précisément son authenticité — on y croise plus d'habitants que de touristes, même en pleine saison.
Une bastide née d'un paréage en 1259
Castillonnès est une bastide, c'est-à-dire une ville neuve fondée au Moyen Âge selon un plan régulier et un projet politique. Sa naissance est précisément datée : un acte de paréage signé le 10 septembre 1259, à l'initiative d'Alphonse de Poitiers, comte de Poitiers et de Toulouse, frère du roi Louis IX — Saint Louis. [1] Le même prince fonda, dans la même région et dans les mêmes années, les bastides de Villeneuve-sur-Lot et de Monflanquin. On notera au passage une petite querelle d'érudits : quelques sources évoquent un paréage de mars 1259, mais la date la mieux établie, et la plus couramment retenue, reste le 10 septembre 1259.
Un paréage à trois voix
Le paréage — un contrat d'association pour créer et administrer la ville — réunit ici trois parties, dans une répartition précise que les archives ont conservée. L'abbé de Cadouin, Élie, cède les deux tiers des terres ; les frères Bertrand et Arnaud de Mons, seigneurs locaux, le tiers restant ; et le tout est formalisé au nom d'Alphonse de Poitiers par son sénéchal d'Agenais, Guillaume de Bagnols. Le site n'était pas vierge : il dépendait de l'abbaye de Cadouin depuis le milieu du XIIᵉ siècle, à la confluence de la Douyne et du Dropt.
Ce montage à trois — un puissant prince, une abbaye et des seigneurs locaux — dit tout de l'esprit des bastides : mutualiser terres, revenus et pouvoir pour créer, de toutes pièces, une ville nouvelle. Chacun y trouvait son compte : le prince étendait son autorité et ses recettes fiscales, l'abbaye valorisait ses terres, les seigneurs partageaient les profits. Les habitants, eux, gagnaient la sécurité et des libertés — un marché qui, au XIIIᵉ siècle, attirait volontiers de nouveaux venus dans un Sud-Ouest encore à peupler.
Alphonse de Poitiers fut, à ce jeu, l'un des plus grands fondateurs de villes de son temps : on lui doit des dizaines de bastides dans tout le grand Sud-Ouest, de l'Agenais au Quercy en passant par le Rouergue. Frère cadet de Saint Louis, comte par mariage de Toulouse, il administra ses vastes domaines avec une efficacité redoutable, semant les villes neuves comme autant de jalons de son pouvoir et de sa fiscalité. Castillonnès est l'une de ces créations — modeste par la taille, mais parfaitement représentative de cette politique d'aménagement du territoire avant l'heure.
Comme toutes les bastides, Castillonnès reçoit ensuite ses libertés : une charte de coutumes lui est octroyée par Alphonse de Poitiers en août 1266, sur le modèle de Monflanquin. Ces chartes fixaient les droits et devoirs des habitants — franchises fiscales, règles du marché, justice locale, libertés municipales — et constituaient le véritable acte de naissance civique de la ville. Dès 1269, la nouvelle bastide devient chef-lieu de baylie — une circonscription administrative —, signe de son importance rapide dans le maillage du Haut-Agenais : à peine dix ans après sa fondation, Castillonnès était déjà un centre qui comptait.
Un plan de bastide adapté au relief
On imagine toujours les bastides comme des damiers parfaits. Castillonnès nuance ce cliché : bâtie sur un éperon rocheux, elle a dû adapter son plan au relief. Les rues, parallèles et perpendiculaires, convergent vers la place centrale, mais l'ensemble épouse la colline plutôt qu'il ne l'ignore. C'est une bastide, oui, mais une bastide de hauteur, pensée aussi pour la défense — ce que la suite de son histoire allait amplement justifier. Ce mariage du plan régulier théorique et des contraintes du terrain est fréquent dans les bastides du Haut-Agenais, souvent perchées : loin d'un damier abstrait posé sur une plaine, elles composent avec les crêtes, les pentes et les vallées, et c'est aussi ce qui fait leur silhouette si caractéristique dans le paysage.
Cette fondation s'inscrit dans un vaste mouvement : au XIIIᵉ siècle, des centaines de bastides sont créées dans le Sud-Ouest pour organiser le territoire, peupler les campagnes et développer le commerce, en offrant aux habitants des franchises attractives. Castillonnès en est un exemple typique, et son histoire se résume en quelques dates clés :
| Repère chronologique | Événement |
|---|---|
| v. 1150 | Le site dépend de l'abbaye de Cadouin (confluence Douyne / Dropt) |
| 10 septembre 1259 | Acte de paréage fondant la bastide (Alphonse de Poitiers) |
| août 1266 | Charte de coutumes octroyée aux habitants |
| 1269 | Castillonnès devient chef-lieu de baylie |
| 1312-1315 | Fortification de la bastide sous domination anglaise |
| Guerre de Cent Ans | La bastide change sept fois de mains |
| 1961 | Tournage de « Tout l'or du monde » (René Clair) |
La Place des Cornières et la halle

Le cœur de Castillonnès est sa place centrale, la Place des Cornières, bordée de couverts — ces galeries à arcades sous lesquelles s'abritaient les marchands. C'est le trait de caractère de toute bastide : une place carrée, entourée de maisons montées sur arcades, où se tenait — et se tient toujours — le marché. Ici, il a lieu le mardi, sous les couverts, comme depuis des siècles. Le mot « cornières » désigne précisément ces angles couverts d'arcades : d'une bastide à l'autre, on parle de cornières, de couverts, de garlandes ou d'embans, mais le principe est le même — offrir aux marchands et aux chalands un abri contre le soleil et la pluie, tout autour de la place du négoce.
Une halle plus jeune qu'elle n'en a l'air
Au centre trône une halle couverte, charpente de bois et toit de tuiles, coiffée d'un petit clocheton et d'une échauguette en poivrière qui lui donnent un air médiéval. Air seulement : contrairement à ce que le décor laisse croire, cette halle n'est pas un vestige de la bastide. Elle a été construite au début du XXᵉ siècle par un charpentier local, dans un style « troubadour » qui pastiche joliment le Moyen Âge. [6] C'est un faux ancien parfaitement assumé, et l'un des plus photogéniques du secteur. Attention aussi à une confusion répandue : on lui prête parfois une « tour de l'horloge », mais celle-ci n'est attestée par aucune source pour Castillonnès — le terme exact est bien clocheton, et l'échauguette relève du décor néo-gothique cher au début du XXᵉ siècle.
Rien de choquant à cela : partout, les villages ont embelli leurs places au fil du temps, et beaucoup de halles que l'on admire aujourd'hui datent en réalité du XIXᵉ ou du XXᵉ siècle, dans un goût romantique pour le Moyen Âge. La halle de Castillonnès fait aujourd'hui pleinement partie du charme du lieu — mais il fallait rétablir la vérité, car de nombreux guides la présentent, à tort, comme un monument médiéval. Sous ses arcades, l'ambiance des jours de marché, elle, n'a rien de factice : c'est bien l'héritage vivant de sept siècles de négoce.
Sous les couverts, le marché du mardi
La Place des Cornières prend toute sa vie le mardi matin, jour de marché. Sous les couverts et autour de la halle, les étals s'installent — produits fermiers, fruits de la vallée du Dropt, spécialités du Sud-Ouest —, et la petite ville retrouve son animation d'autrefois, quand les bastides étaient avant tout des places de commerce. C'est le meilleur moment pour visiter Castillonnès : on saisit alors, mieux que devant n'importe quel monument, à quoi servait une bastide et pourquoi sa place à couverts occupe le centre exact de la ville.
L'église Saint-Pierre et son retable venu d'Agen

L'église paroissiale de Castillonnès est dédiée à saint Pierre. Comme souvent dans les bastides du Haut-Agenais, éprouvées par les guerres, l'édifice a beaucoup souffert — l'église fut même détruite une première fois pendant la guerre de Cent Ans — et son architecture actuelle mêle les époques, fruit de reconstructions successives. On notera au passage une méprise fréquente : son vocable est bien « Saint-Pierre » tout court, et non « Saint-Pierre-ès-Liens » comme on le lit parfois. Mais ce n'est pas le bâtiment qui fait sa réputation : c'est ce qu'il abrite.
Un retable monumental transféré de la cathédrale d'Agen
L'église conserve en effet un retable du maître-autel du XVIIᵉ siècle, véritable pièce de musée : un ensemble monumental d'environ 12 mètres de haut sur 6 de large, à trois registres, classé au titre des objets depuis 1959. Son histoire est singulière : ce retable ne fut pas fait pour Castillonnès. Il provient de la cathédrale Saint-Étienne d'Agen, d'où il fut transféré vers 1846. [4] Un chef-d'œuvre baroque, échoué par les hasards de l'histoire dans une modeste église de bastide. Ces déplacements d'œuvres étaient fréquents au XIXᵉ siècle, quand on réaménageait les grandes cathédrales : ce qui était jugé démodé à Agen a trouvé, à Castillonnès, une seconde vie et une église à sa mesure. Face à ses douze mètres de bois doré et sculpté, on mesure la disproportion — heureuse — entre le contenant et le contenu.
Précision utile pour les amateurs de patrimoine : c'est le retable qui est protégé (au titre des objets mobiliers), et non l'édifice lui-même, qui n'est ni inscrit ni classé monument historique. L'église vaut donc surtout pour ce trésor intérieur, aujourd'hui en campagne de restauration — un ensemble qui, à lui seul, justifie de pousser la porte.
Cette distinction — retable protégé, édifice non protégé — illustre une réalité méconnue du patrimoine français : la protection au titre des monuments historiques concerne tantôt un bâtiment, tantôt un simple objet qu'il abrite. À Castillonnès, le vrai « monument » officiellement reconnu est ce retable, plus l'Hôtel de Cours de Thomazeau. Voici l'état des protections :
| Patrimoine protégé | Protection | Année |
|---|---|---|
| Retable du maître-autel (église Saint-Pierre) | Classé au titre des objets | 1959 |
| Hôtel de Cours de Thomazeau | Inscrit monument historique | 1996 |
| Église Saint-Pierre (l'édifice) | Aucune protection MH | — |
| Halle de la Place des Cornières | Aucune (construction du XXᵉ s.) | — |
Les remparts et la bastide fortifiée

Castillonnès conserve de beaux vestiges de son enceinte médiévale : poternes, pans de muraille et portes de ville. On les découvre au fil des ruelles — les poternes du XIVᵉ siècle le long de la promenade de la Moutte, les murailles du XVIᵉ siècle rue de la Paix, et deux anciennes portes de ville, la Porte des Valets et la Porte Guirlity. Ces éléments, disséminés dans le tissu urbain, sont autant de jalons d'un parcours à pied : à Castillonnès, les remparts ne se visitent pas comme un monument fermé, mais se croisent au coin des rues, intégrés aux maisons.
Fortifiée sous les rois-ducs anglais
Chose surprenante, la bastide ne fut pas fortifiée à sa fondation, mais une cinquantaine d'années plus tard, entre 1312 et 1315, alors que l'Agenais était passé sous domination anglaise. Le financement illustre à merveille le système du paréage anglo-gascon : la commune payait les murailles, le roi-duc Édouard II les portes. Chacun sa part, comme au premier jour de la bastide. Que le roi d'Angleterre, aussi duc d'Aquitaine, ait financé les portes d'une bastide fondée par le frère du roi de France en dit long sur l'imbroglio féodal du Sud-Ouest médiéval, où les allégeances se superposaient et où une même ville pouvait relever de deux couronnes rivales.
Ces fortifications n'étaient pas de trop. Place stratégique du Haut-Agenais, sur la frontière mouvante entre possessions françaises et anglaises, Castillonnès fut âprement disputée pendant la guerre de Cent Ans : la bastide aurait changé sept fois de mains au cours du conflit. De cette histoire tourmentée, elle a gardé une silhouette de place forte, dominant la vallée.
Il faut se figurer ce que fut cette frontière : l'Agenais, terre disputée entre les rois de France et les rois d'Angleterre (également ducs d'Aquitaine), passait d'un camp à l'autre au gré des batailles et des trêves. Une bastide comme Castillonnès, perchée et fortifiée, valait comme un verrou : la tenir, c'était contrôler un morceau de la vallée du Dropt et une portion de la route entre Bergerac et Agen. D'où les sièges, les prises et les reprises — et l'église détruite une première fois, avant d'être relevée. Marcher aujourd'hui sur la promenade de la Moutte, le long des poternes, c'est suivre le tracé de cette ligne de défense médiévale.
La vieille ville et l'Hôtel de Cours de Thomazeau

Au-delà de sa place, Castillonnès se découvre à pied, dans un lacis de ruelles bordées de maisons anciennes. Façades de pierre et de pans de bois, étages en encorbellement, portes ouvragées : le vieux bourg a gardé son échelle médiévale, entre la Place des Cornières et les vestiges des remparts. C'est une promenade courte mais dense, où chaque rue raconte un pan d'histoire — et où l'on comprend, en levant les yeux, la superposition des siècles, du colombage médiéval aux belles façades classiques.
Un hôtel particulier bâti sur le sucre des Antilles
La plus belle demeure de la ville est l'Hôtel de Cours de Thomazeau, un élégant hôtel particulier bâti vers 1770-1775, rue du Petit-Paris, sur les vestiges d'un château médiéval. Il fut construit par la famille de Cours de Thomazeau, dont la fortune venait… du sucre de canne de la Martinique : un rappel, en plein Haut-Agenais, des échanges coloniaux du XVIIIᵉ siècle. L'hôtel est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1996 — une inscription partielle qui protège les façades et toitures, la terrasse et son garde-corps en ferronnerie, la clôture sur rue et son portail en fer forgé, les deux salons et l'escalier principal. Autant d'éléments qui témoignent du raffinement de l'architecture civile du siècle des Lumières.
Une anecdote a fait le tour de la région : en décembre 2014, lors de travaux, on a découvert dans un mur de l'hôtel une bourse de soie contenant 45 pièces d'or, datant de l'époque de Philippe II d'Espagne et d'Henri IV. Un vrai trésor caché, comme dans les contes — la preuve que, dans ces vieilles pierres, l'histoire réserve encore des surprises.
Que cet hôtel ait été bâti sur une fortune sucrière antillaise en dit long sur l'économie du XVIIIᵉ siècle : les grandes familles de province investissaient dans les plantations des Caraïbes, et le retour de ces capitaux faisait fleurir, jusque dans les petites villes du Haut-Agenais, de belles demeures de pierre. L'Hôtel de Cours de Thomazeau est le témoin, à Castillonnès, de cette France ouverte sur l'Atlantique et ses échanges — une histoire moins reluisante qu'il n'y paraît, mais qui explique la présence, ici, d'un hôtel particulier d'une telle qualité.
Cinéma et jumelages : Castillonnès côté insolite
Cette petite bastide a aussi une histoire plus légère, entre septième art et amitiés lointaines. Derrière la façade médiévale, Castillonnès cultive deux singularités inattendues pour un bourg de sa taille : un passé de décor de cinéma et des jumelages qui portent son nom bien au-delà de la vallée du Dropt.
Castillonnès fait du cinéma
En 1961, le grand cinéaste René Clair — l'un des maîtres du cinéma français, membre de l'Académie française — choisit Castillonnès (et la bastide voisine de Monflanquin) pour tourner une partie de son film « Tout l'or du monde », une satire de la société de consommation avec Bourvil et Alfred Adam. Le film raconte la résistance d'un village paysan face à des promoteurs voulant le transformer en station touristique — un thème qui résonne joliment avec l'authenticité préservée de la bastide. Le temps d'un tournage, la place et les ruelles de Castillonnès devinrent un décor de cinéma, et cette parenthèse entretient, aujourd'hui encore, une petite fierté locale.
Des amitiés d'Alsace au Québec
Castillonnès entretient deux jumelages qui racontent son histoire récente. Le premier, avec Soultzeren, en Alsace, noué en 1976, a une origine mémorielle émouvante : il rappelle l'accueil des Alsaciens réfugiés en Lot-et-Garonne pendant la Seconde Guerre mondiale, quand une partie de la population du Haut-Rhin fut évacuée vers le Sud-Ouest. Un lien scellé dans l'épreuve, entretenu depuis par les générations. Le second, tout récent (mai 2024), lie la ville à Trois-Pistoles, au Québec, via une association qui réunit sept communes de la vallée du Dropt. De la campagne agenaise à l'Amérique du Nord, la petite bastide cultive le goût des liens — preuve qu'un village de 1 300 âmes peut avoir des horizons étonnamment larges.
Que voir autour de Castillonnès ?

Castillonnès est au cœur d'un pays de bastides et de villages médiévaux, à cheval sur le Lot-et-Garonne et la Dordogne. La vallée du Dropt en aligne un véritable chapelet — Castillonnès, mais aussi Villeréal, Monpazier un peu plus loin, Eymet —, et le vignoble du Bergeracois n'est qu'à quelques minutes. On loge à Castillonnès, on rayonne alentour : les distances sont courtes, les routes de campagne agréables, et chaque village a sa personnalité.
Bastides et cités médiévales
Eymet, à proximité, est une superbe bastide « royale » du Périgord pourpre, avec une place à couverts sur ses quatre côtés — l'une des plus complètes de la région. Issigeac, tout près, n'est pas une bastide mais une cité médiévale au plan circulaire « en escargot », célèbre pour sa Maison des Têtes et son Palais des Évêques : le contraste avec le plan quadrillé des bastides y est saisissant, à quelques kilomètres de distance. Villeneuve-sur-Lot, la grande bastide du Lot-et-Garonne (dont Castillonnès dépend pour l'arrondissement), complète ce circuit des villes neuves médiévales. À elles trois, ces cités offrent un cours vivant d'urbanisme médiéval.
Vignoble et gastronomie
Côté vignoble, Monbazillac et son château Renaissance (classé monument historique) produisent l'un des plus célèbres vins liquoreux du monde, et Bergerac, non loin, offre sa vieille ville, ses quais sur la Dordogne et ses appellations. C'est tout le charme de Castillonnès : être posée à la jonction de deux terroirs — l'Agenais du pruneau et le Périgord du vin —, à portée de dégustation. En une seule journée, on peut enchaîner une bastide, un village médiéval et une cave de liquoreux, sans jamais rouler longtemps : c'est l'un des plus beaux condensés de patrimoine et de gastronomie du Sud-Ouest.
Les amateurs de nature ajouteront à ce programme les paysages de la vallée du Dropt elle-même : petite rivière tranquille, elle a jadis fait tourner de nombreux moulins et alimente aujourd'hui étangs et lacs de loisirs. Toute la région, entre bastides, vignes, vergers et cours d'eau, se prête à un tourisme lent, à l'écart des foules — le genre d'échappée que l'on savoure d'autant mieux qu'on la partage à plusieurs, sans se soucier de conduire.
| Autour de Castillonnès | Distance / repère | Intérêt |
|---|---|---|
| Eymet | à proximité | Bastide « royale » du Périgord pourpre |
| Issigeac | ~15 km | Cité médiévale « en escargot » |
| Bergerac | à proximité | Vieille ville, vignoble, gare TER |
| Monbazillac | ~25 km | Vin liquoreux, château Renaissance |
| Villeneuve-sur-Lot | ~30 km | Grande bastide du Lot-et-Garonne |
Quand visiter Castillonnès ?
Castillonnès se visite agréablement du printemps à l'automne, avec un temps fort chaque mardi : le marché sous les couverts. Comme souvent dans le Sud-Ouest, chaque saison a ses charmes, mais toutes ne se valent pas selon ce qu'on cherche — patrimoine, nature, vignoble ou animations. Le printemps (avril-juin) habille la vallée du Dropt de vergers en fleur et offre une lumière idéale pour flâner dans la bastide et longer la campagne ; les températures y sont douces, parfaites pour la marche. L'été est chaud et lumineux : c'est la pleine saison touristique du Périgord voisin, propice aux marchés nocturnes et aux dégustations dans les vignobles alentour, et la Place des Cornières offre alors l'ombre bienvenue de ses couverts.
L'automne est superbe dans ce pays de vignes et de pruniers : c'est la saison des vendanges à Monbazillac et à Bergerac, où l'on récolte, sur les coteaux dorés, les raisins des grands liquoreux. Les couleurs de la vallée du Dropt, entre or et pourpre, valent alors le déplacement. L'hiver, plus calme, laisse la bastide au repos, mais son patrimoine — place, halle, église, remparts — se visite sans la foule, dans une lumière rasante qui met en valeur la pierre.
Pour une escapade d'une journée depuis Bordeaux, un mardi de printemps ou d'automne est idéal : on arrive pour le marché sous les cornières, on flâne dans les ruelles et l'on visite le retable et l'Hôtel de Thomazeau ; l'après-midi, on enchaîne sur la bastide d'Eymet, la cité d'Issigeac ou une cave de Monbazillac pour une dégustation de liquoreux. Avec un chauffeur qui gère les trajets, la journée reste fluide et sans souci de conduite, dégustations comprises — de quoi profiter pleinement de ce concentré de patrimoine et de terroir aux confins de l'Agenais et du Périgord.
Rejoindre Castillonnès depuis Bordeaux
Castillonnès se situe à environ 147 km de Bordeaux, soit 2 h 15 de route. Depuis Bordeaux, on rejoint l'A62 (l'autoroute des Deux Mers) puis les départementales de la vallée du Dropt — la RN21, elle, est l'axe local qui traverse la bastide du nord au sud, entre Bergerac et Agen. Contrairement à ce qu'on lit parfois, on ne vient donc pas de Bordeaux « par la RN21 » : cette nationale relie Limoges à Tarbes en passant par Périgueux et Bergerac, et l'on n'y accède qu'une fois arrivé dans la vallée du Dropt.
Castillonnès n'a plus de gare : la ligne Marmande-Bergerac, ouverte en 1930, n'a desservi la ville qu'une vingtaine d'années avant de fermer aux voyageurs en 1953. Deux omnibus par jour, à peine deux décennies de service : la parenthèse ferroviaire de Castillonnès fut brève, comme dans beaucoup de petites communes rurales que le train n'a fait qu'effleurer avant l'ère de l'automobile. Les gares TER à considérer sont aujourd'hui celles de Bergerac et d'Agen. Autant dire que, sans voiture, atteindre cette bastide rurale est compliqué — bus rares, correspondances multiples —, d'où l'intérêt d'un chauffeur privé.
Le confort du porte-à-porte
Le chauffeur privé (VTC) prend ici tout son sens : un trajet direct depuis Bordeaux, de porte à porte, sans correspondance, avec la liberté de rayonner ensuite dans la vallée du Dropt et le Bergeracois — Eymet, Issigeac, Monbazillac, Bergerac. Depuis Bordeaux, nous proposons ce trajet à prix fixe communiqué à l'avance : environ 293 € pour l'aller, en berline Mercedes ou van jusqu'à 8 places, chauffeur professionnel. Le devis est écrit, sans surprise au compteur — idéal à plusieurs, ou pour profiter des dégustations du Bergeracois sans se soucier du retour.
| Trajet | Distance | Durée | Repère |
|---|---|---|---|
| Bordeaux → Castillonnès | ~147 km | 2 h 15 | dès ~293 € en VTC |
| Castillonnès → Bergerac | trajet local | selon circulation | gare TER la plus proche |
| Castillonnès → Eymet | trajet local | selon circulation | bastide du Périgord pourpre |
| Castillonnès → Agen | ~64 km | ~1 h | préfecture du Lot-et-Garonne |
L'intérêt du porte-à-porte se mesure surtout à plusieurs, ou dès qu'on veut goûter aux vins du Bergeracois. On monte à Bordeaux, on descend sur la Place des Cornières, et le chauffeur peut attendre ou enchaîner les étapes — un verger, une bastide, une cave —, ce qu'aucune ligne régulière ne permet dans ce coin de campagne. Le prix, fixé à l'avance, ne bouge pas, quels que soient le trafic ou les arrêts.
Que ce soit pour une journée patrimoine et vignoble, un marché du mardi ou un événement dans le Haut-Agenais, réserver un chauffeur privé garantit un trajet confortable et ponctuel — réserver un chauffeur Bordeaux → Castillonnès ou explorer toutes nos destinations.
Questions fréquentes
Où se trouve Castillonnès ?
Castillonnès est une bastide du Lot-et-Garonne (47), en Nouvelle-Aquitaine, dans le Haut-Agenais, sur un promontoire au-dessus de la vallée du Dropt, à la frontière du Périgord. Village de 1 346 habitants, elle est sur la RN21 entre Bergerac et Agen, à environ 147 km au sud-est de Bordeaux.
Quelle distance entre Bordeaux et Castillonnès ?
Environ 147 km par la route (A62 puis départementales), soit 2 h 15 de trajet. En chauffeur privé depuis Bordeaux, le tarif est fixe et communiqué à l'avance, à partir d'environ 293 € pour l'aller (berline ou van, prix porte-à-porte).
Quand la bastide de Castillonnès a-t-elle été fondée ?
Le 10 septembre 1259, par un acte de paréage à l'initiative d'Alphonse de Poitiers, comte de Poitiers et de Toulouse, frère de Saint Louis. Le contrat associait l'abbé de Cadouin (deux tiers des terres) et les frères de Mons (un tiers). La charte de coutumes fut octroyée en 1266.
Qu'est-ce que la Place des Cornières ?
C'est la place centrale de la bastide, bordée de couverts (galeries à arcades) sous lesquels se tient le marché, chaque mardi. C'est le cœur historique de Castillonnès. En son milieu se dresse une halle couverte à clocheton — pittoresque, mais construite au début du XXᵉ siècle, et non médiévale.
La halle de Castillonnès est-elle médiévale ?
Non. Malgré son allure ancienne, avec clocheton et échauguette en poivrière, la halle a été construite au début du XXᵉ siècle par un charpentier local, dans un style « troubadour ». Ce n'est pas un vestige de la bastide, mais un décor néo-médiéval assumé, aujourd'hui emblématique de la place.
Que voir dans l'église de Castillonnès ?
Son trésor est un retable du maître-autel du XVIIᵉ siècle, monumental (environ 12 m de haut sur 6 de large), classé au titre des objets depuis 1959. Fait remarquable, il ne fut pas conçu pour Castillonnès : il provient de la cathédrale Saint-Étienne d'Agen, d'où il a été transféré vers 1846.
Qu'est-ce que l'Hôtel de Cours de Thomazeau ?
C'est le plus bel hôtel particulier de Castillonnès, bâti vers 1770-1775 par une famille enrichie dans le sucre de canne de la Martinique, sur les vestiges d'un château médiéval. Il est inscrit monument historique depuis 1996. En 2014, on a découvert dans un de ses murs une bourse contenant 45 pièces d'or anciennes.
Castillonnès a-t-elle un lien avec le cinéma ?
Oui : en 1961, René Clair y a tourné une partie de son film « Tout l'or du monde », avec Bourvil, en utilisant aussi la bastide voisine de Monflanquin. La place et les ruelles de Castillonnès ont servi de décor à cette satire de la société de consommation.
Que voir autour de Castillonnès ?
Eymet, superbe bastide du Périgord pourpre, Issigeac et son plan médiéval « en escargot », Bergerac et sa vieille ville, le vignoble de Monbazillac et son château Renaissance, et Villeneuve-sur-Lot, la grande bastide du Lot-et-Garonne. On est au cœur d'un pays de bastides et de vignobles.
Y a-t-il une gare à Castillonnès ?
Non. La ligne Marmande-Bergerac, qui desservait la ville depuis 1930, a fermé aux voyageurs en 1953. Les gares TER à considérer sont Bergerac et Agen. Pour un trajet direct de porte à porte depuis Bordeaux, sans correspondance ni horaire à surveiller, un chauffeur privé reste de loin la solution la plus pratique dans ce territoire rural.
Castillonnès est-elle plus proche de Bergerac ou d'Agen ?
De Bergerac plutôt que d’Agen, pourtant sa préfecture. Castillonnès, dans le Haut-Agenais aux confins de la Dordogne, sur la RN21 entre les deux villes, regarde autant vers le Périgord pourpre et son vignoble (Bergerac, Monbazillac) que vers l'Agenais. C'est d'ailleurs à Bergerac que se trouve la gare TER la plus proche.
Quelle est la meilleure période pour visiter Castillonnès ?
Le printemps et l'automne, pour une lumière douce et les couleurs de la vallée du Dropt ; l'automne coïncide avec les vendanges du Bergeracois voisin et la gastronomie de saison (foie gras, vins liquoreux). Un mardi est idéal pour profiter du marché sous les couverts de la Place des Cornières, le temps fort de la semaine. L'été offre les marchés nocturnes et les dégustations, l'hiver le calme et le patrimoine sans la foule.
Peut-on réserver un chauffeur privé de Bordeaux à Castillonnès ?
Oui. Nous assurons le trajet Bordeaux → Castillonnès (~147 km, 2 h 15) à prix fixe, dès environ 293 € l'aller, en berline Mercedes ou van jusqu'à 8 places. Le trajet est direct, de porte à porte, avec arrêts libres possibles en chemin (Eymet, Issigeac, une cave de Monbazillac).
Pour aller plus loin
- La grande bastide du Lot-et-Garonne : voir le Guide de Villeneuve-sur-Lot (bastide sur le Lot, Pont-Vieux, pruneau)
- La bastide « anglaise » du Périgord pourpre, voisine : voir le Guide d'Eymet (place à arcades, château médiéval)
- Une bastide et un vignoble du Bergeracois : voir le Guide de Monestier (bastide inachevée, golf et vin)
- Organiser le trajet : réserver un chauffeur privé Bordeaux → Castillonnès ou explorer toutes nos destinations
Sources et références
- Office de tourisme Cœur de Bastides — Castillonnès — fondation en 1259, retable baroque et halle du XXe siècle
- Base POP / Mérimée — Hôtel de Cours de Thomazeau — inscription MH 1996 (PA47000003), datation ~1770-1775
- INSEE — commune de Castillonnès (47057) — population 2023 (1 346 hab.), superficie, données communales
- Fondation du patrimoine — retable de Castillonnès — retable XVIIe (~12×6 m), classé objet 1959, venu de la cathédrale d'Agen
- Wikipédia — Tout l'or du monde (René Clair, 1961) — film tourné en partie à Castillonnès
- Office de tourisme Cœur de Bastides — fiche Castillonnès — place des Cornières, halle (XXᵉ s.), marché, patrimoine
Article mis à jour le .
En route pour la vallée du Dropt
Trajet direct depuis Bordeaux (~2 h 15) vers Castillonnès, arrêts libres en chemin — Eymet, Issigeac, une cave de Monbazillac. Devis fixe écrit, sans surprise au compteur.




