Coux-et-Bigaroque, trois villages en un
La commune aux trois villages : Mouzens le wisigoth, Coux le péage fluvial, Bigaroque le castrum acheté par le futur pape Clément V — plus une plage surveillée, un canoë malin dont tous les parcours arrivent au village, et Proumeyssac, Le Bugue, Belvès en voisins. Tout comprendre avant de venir, à ~2h20 de Bordeaux.
En bref
- Coux-et-Bigaroque-Mouzens n'est pas un village mais trois, réunis par deux fusions : une ordonnance royale de 1825 (Coux + Bigaroque) et une commune nouvelle au 1ᵉʳ janvier 2016 (+ Mouzens).
- 1 244 habitants (2023) — les Couzensois, un gentilé mot-valise choisi par les habitants en 2021, fusion de « Couxois » et « Mouzensois ».
- Un inventaire des Archives départementales de la Gironde rattache en 1304 des terres de Bigarroque aux possessions de l'archevêché de Bordeaux, alors dirigé par Bertrand de Got, futur Clément V.
- Avant lui, la châtellenie eut pour suzerains Richard Cœur de Lion et son routier Mercadier — puis les archevêques de Bordeaux la gardèrent jusqu'en 1789.
- La commune borde la Dordogne sans pont routier sur son territoire : elle conserve une plage surveillée, une base de canoë et la mémoire des anciens bacs de Bigaroque et Port-Muzard.
- Le seul monument historique est le château de Monsec (Mouzens), dans la même famille depuis 1610 — mais les églises cachent 44 objets classés ou inscrits, dont deux retables du XVIIᵉ.
- À moins de 15 minutes : le gouffre de Proumeyssac, Le Bugue et son marché « perpétuel » de 1319, Belvès, Saint-Cyprien et Limeuil.
- La gare de Siorac, à 3,7 km, est sur la ligne TER Bordeaux-Sarlat — rare luxe pour un village de cette taille.
- Comptez ~184 km et environ 2h20 depuis Bordeaux, par la vallée de la Dordogne.
Avant de partir : ce que Coux est vraiment
En été, la plage du Coux réunit baignade, canoë et guinguette au bord de la Dordogne. Les conditions de surveillance et les horaires des activités changent selon la saison : consultez la mairie et les prestataires avant de venir. Ce cadre paisible contraste avec l'ancien rôle fiscal du site, longtemps lié aux terres des archevêques de Bordeaux.
Coux-et-Bigaroque-Mouzens est une commune-gigogne : trois villages aux trois histoires. Mouzens, le domaine du chef wisigoth Mozo ; Coux, le péage fluvial et sa grange de surveillance ; Bigaroque, le castrum « réputé imprenable » qui fermait la rive droite de la Dordogne. L'administration les a réunis en deux temps, 1825 puis 2016 — l'histoire, elle, les avait liés depuis le Moyen Âge.
C'est aussi la destination la plus discrète de ce guide : pas de forteresse à 12,50 €, pas de file d'attente — une plage, des canoës, deux églises à bestiaire sculpté, un château de cinéma qu'on admire depuis la route, et le meilleur camp de base qui soit entre Le Bugue, Belvès et Saint-Cyprien.
Ce guide reprend tout dans l'ordre — les fusions, Bigaroque et son pape, Coux et son péage, Mouzens et son château, la rivière et les environs — et les aspects pratiques, y compris comment venir depuis Bordeaux, en voiture, en train via Siorac ou avec un chauffeur privé.
Coux-et-Bigaroque-Mouzens en un coup d'œil
La commune s'étire entre la Dordogne, face à Allas-les-Mines et Berbiguières, et les premiers contreforts de la forêt Bessède. Pour traverser le fleuve par la route, l'itinéraire rejoint le pont de Siorac-en-Périgord ; les Archives départementales conservent par ailleurs la trace des anciens bacs de Bigaroque et Port-Muzard.
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Nom officiel | Coux et Bigaroque-Mouzens (graphie INSEE) |
| Statut | Commune nouvelle (1ᵉʳ janvier 2016), Dordogne (24), Périgord noir |
| Population | 1 244 habitants (2023) — les Couzensois |
| Superficie | 27,47 km² (densité ~45 hab/km²) |
| Altitude | 45 m à 245 m |
| Rives de Dordogne | rive droite — sans pont routier sur la commune |
| Le Bugue | ≈ 12,5 km (15 min) |
| Sarlat-la-Canéda | ≈ 31 km (~30 min) |
| Distance de Bordeaux | ≈ 184 km (~2h20 par la vallée) |
La démographie raconte trois trajectoires : Mouzens culminait à 785 habitants en 1726 (150 à peine au XIVᵉ siècle, quand la vallée « marécageuse » faisait fuir) ; Bigaroque n'était plus qu'un hameau de 117 âmes à son dernier recensement de commune (1821) ; et l'ensemble remonte doucement depuis la fusion — +1,97 % entre 2017 et 2023.
Deux repères pour situer le terroir : le socle est un plateau calcaire dont les formations affleurantes les plus anciennes datent du Jurassique supérieur (Kimméridgien-Tithonien), et 100 % du territoire est couvert par la Réserve de biosphère UNESCO du bassin de la Dordogne — avec deux sites Natura 2000, quatre sites inscrits et 26 km de cours d'eau. Climat océanique doux (13,3 °C de moyenne, ~870 mm de pluie par an) : la vallée vit dehors une bonne partie de l'année.
1825, 2016 : comment trois villages sont devenus une commune
L'ordonnance de 1825
Les Archives départementales de la Dordogne, consultées en juillet 2026, indiquent que Coux et Bigaroque ont été réunies le 23 septembre 1825. Cette première fusion crée Coux-et-Bigaroque ; la commune actuelle résulte d'une seconde fusion avec Mouzens, entrée en vigueur le 1er janvier 2016.
La commune nouvelle de 2016
Deuxième étape 191 ans plus tard : l'arrêté du 21 décembre 2015 (n° PREF/DDL/2015/0229) crée au 1ᵉʳ janvier 2016 la commune nouvelle Coux et Bigaroque-Mouzens, en y ajoutant Mouzens — 972 habitants d'un côté, 238 de l'autre (populations légales alors en vigueur). La transition eut son folklore : un conseil municipal XXL de 26 élus, les deux anciennes communes en « communes déléguées » jusqu'à leur suppression au 1ᵉʳ janvier 2020.
Restait à nommer les habitants. En février 2021, après consultation, le conseil municipal valida « Couzensois » — un mot-valise fusionnant les Couxois et les Mouzensois, jolie métaphore de la commune elle-même. Le chef-lieu, lui, est resté au bourg du Coux, à l'intersection des départementales 51 et 703 ; premier maire de la commune nouvelle, Michel Rafalovic, auquel succéda en 2020 l'agriculteur Jean-Louis Chazelas.
| Date | Étape |
|---|---|
| Moyen Âge | Trois paroisses : Le Coux, Bigaroque, Mozens (attesté 1333) |
| 23 septembre 1825 | Ordonnance royale : Coux + Bigaroque = Coux-et-Bigaroque |
| 21 décembre 2015 | Arrêté indicatif de fusion avec Mouzens |
| 1ᵉʳ janvier 2016 | Naissance de la commune nouvelle (1 210 habitants « officiels ») |
| 1ᵉʳ janvier 2020 | Suppression des communes déléguées |
| Février 2021 | Les habitants deviennent les Couzensois |
Anecdote de longévité pour finir : le premier maire de Mouzens, Jean-Baptiste de Touchebœuf-Lafage, fils du châtelain de Monsec, fut élu en 1793 à 20 ans… et resta en poste 60 ans, jusqu'à sa mort en 1854. Le statut de commune déléguée de Mouzens, lui, n'aura duré que quatre ans.
Bigaroque : le castrum qu'un futur pape acheta pour Bordeaux
C'est l'histoire la plus étonnante de la commune — et le brouillon des guides la rate souvent. Bigaroque (en occitan Bigaròca, « le village du rocher » selon l'office de tourisme, castrum de Bigarupe dans les textes latins) fermait la rive droite de la Dordogne — « comme Beynac, dont il avait le même seigneur dès le XIᵉ siècle », écrit la commune. Un cartulaire du XVIᵉ siècle le décrit précisément : deux tours, un puits, une porte-barbacane, une chapelle Saint-Blaise, et environ 160 feux — 700 habitants — à la fin du XIVᵉ siècle.
1304 : Bigaroque dans les terres de l'archevêché
Un inventaire analytique des Archives départementales de la Gironde, consulté en juillet 2026, mentionne des terres de Bigarroque parmi les possessions de l'archevêché lors de la visite pastorale menée en 1304 par Bertrand de Got. Celui-ci est élu pape en juin 1305 sous le nom de Clément V. La synthèse archivistique ne permet pas, à elle seule, d'affirmer une date précise d'achat du castrum.
Les archevêques de Bordeaux garderont la châtellenie jusqu'en 1789 — avec un cérémonial d'hommage spectaculaire, fixé par un titre de 1333 : à chaque prise de possession, le prieur de Saint-Cyprien déposait la clé de sa plus haute tour sur l'autel, puis les gens de l'archevêque montaient au sommet et criaient trois fois « Bordeux ! » et trois fois « Bigarupe ! » — premier hommage rendu par le prieur Hugo dès 1307. En 1609 encore, l'archevêque rendait hommage au roi pour Belvès, Bigaroque, Couze, Mauzac et Milhac. La châtellenie regroupait une dizaine de paroisses et étendait ses droits jusque sur l'abbaye de Cadouin, le monastère de Saint-Cyprien, Siorac et Campagne.
La place fut disputée avant même la guerre de Cent Ans : le 8 juin 1312, une trêve impose à Hélie d'Estissac, « capitaine anglais de Bigaroque », de restituer la place à l'archevêque. Et les adjudications des revenus du port se tenaient, clin d'œil au patron de l'église, vers la fête de la Saint-Jean-Baptiste.

« Imprenable » — donc rachetée, puis rasée
Pendant la guerre de Cent Ans, la place tient pour les Anglais « sans être ni attaquée, ni assiégée, à cause qu'on l'estimait imprenable » (Tarde). En 1393, les trois États du Périgord réunis à Sarlat préfèrent donc… la racheter à sa garnison. Reprise par les Anglais en 1407 — sous le capitaine Guiraud del Peyrounenq —, assiégée par le connétable de France en 1409, elle est démantelée une dernière fois en 1415 — les archives de l'archevêque « enlevées, perdues et dispersées ». Le bilan est vertigineux : de 160 feux en 1307 à 18 feux « très pauvres » en 1415, et une châtellenie « inhabitée pendant trente ans et plus ». Réutilisé pendant les guerres de Religion, le site aurait été définitivement rasé en 1625 (selon la commune).
Aujourd'hui, il reste le hameau, quelques pans de murailles épaisses signalés dès 1910 sur le plateau, l'église du pape — dont l'autel de pierre du XIIᵉ proviendrait de la chapelle Saint-Blaise disparue —, et une protection au titre des sites inscrits depuis le 25 janvier 1944. Détail comptable pour finir : en 1337, la dîme du blé de Bigaroque s'éleva très exactement à 430 setiers, avoine en tête. On sait compter, chez les archevêques.
Coux : le péage de la rivière et la grange qui surveillait tout
Le Coux — Lo Cos en occitan — vivait de la rivière. Le territoire relevait de la châtellenie de Bigaroque, dont les suzerains résument un siècle de grande histoire : Richard Cœur de Lion, mort à Châlus en 1199 ; son capitaine de routiers Mercadier, assassiné à Bordeaux le lundi de Pâques 1200 ; puis Martin Algai, routier navarrais devenu sénéchal de Gascogne et du Périgord le 4 décembre 1202 — « Nous estimons le service de Martin Algais plus que celui de toute autre personne », écrivait Jean sans Terre, qui l'avait même racheté après sa capture par les troupes de Philippe Auguste. Mal lui en prit de trahir : après sa fuite du champ de bataille de Saint-Martin-Lalande (1211) et son ralliement au camp toulousain, Simon de Montfort le captura au siège de Biron (juillet 1212), le fit traîner par un cheval à travers l'armée, puis pendre.

Saint-Martin et son bestiaire
L'église Saint-Martin vaut l'arrêt pour sa façade de la fin du XIIᵉ siècle et son bestiaire sculpté savoureux : une sirène, un acrobate, un musicien jouant de la viole — et, à la clef de voûte, un homme qui tire sa barbe à deux mains. Clocher-mur à quatre baies, restaurations en 1782 et 1844, clocher à tribune ajouté en 1888. À l'intérieur, un retable du XVIIᵉ siècle provenant de l'abbaye de Fongauffier, inscrit aux Monuments historiques — l'église elle-même ne l'est pas, mais elle abrite une partie des 44 objets protégés de la commune, jusqu'à un « costume de suisse » du XXᵉ siècle.
La grange dîmière, douane de la Dordogne
Au bord de l'eau, au hameau de Bigaroque, la « grange dîmière » — bâtisse à tourelle à colombage — servait de magasin et de dortoir aux douanes terrestres et fluviales : surveillance du trafic, relais de tire, aide aux bateliers. La perception de la dîme elle-même reste hypothétique, préviennent les historiens locaux — mais le péage, lui, est certain : le port de Bigaroque, « par terre et par eau », était affermé 200 livres par an. À la descente passaient merrain, vin, blé, meules de moulin, huile de noix, cuirs et châtaignes ; à la remonte, sel et poisson salé.

Deux curiosités pour finir : en 1891, une villa gallo-romaine a été mise au jour près de l'église (mosaïques, bronzes — au musée de Périgueux) ; et la Dordogne a littéralement déménagé — d'anciens quais retrouvés près de l'église prouvent que le bourg était jadis au bord de l'eau, avant que la rivière ne déplace son lit. Plus ancien encore : la grotte sépulcrale d'Eybral a livré des crânes néolithiques portant des traces de trépanation… réussie — le plateau voisin ajoutant haches polies, pointes de flèches et galets servant de poids pour les filets de pêche. Et à Saint-Georges, les résidus d'une forge gauloise de plein air qui aurait fonctionné jusqu'au XIIIᵉ siècle : trente siècles d'activité humaine documentés sur une seule commune.
Mouzens : le wisigoth, le château de cinéma et les kiwis
Le troisième village doit son nom à Mozo, chef d'une peuplade wisigothe qui occupa l'Aquitaine aux IVᵉ-Vᵉ siècles. La paroisse apparaît en 1333 (« Mozens ») ; en 1365, elle compte 27 feux et demi — 150 âmes accrochées aux coteaux, la vallée étant « marécageuse et peu sûre ». Son vrai pic est ancien : 785 habitants en 1726.
Notre-Dame-de-l'Assomption : Louise, Marie et un retable classé
L'église Notre-Dame-de-l'Assomption (chœur du XIIᵉ siècle) cache le trésor du village : un retable monumental du XVIIᵉ — 5 mètres sur 4, bois polychrome peint faux or — provenant du couvent des bénédictines de Fongauffier, acquis à la Révolution et classé Monument historique en 1980. En 1618, le cardinal-archevêque de Bordeaux François de Sourdis concéda à la famille du château le droit de banc et de litre funéraire — la bande noire se voyait encore au début de ce siècle. Et depuis 1901, les deux cloches, Louise et Marie, sonnent chaque jour à 7h, midi et 19h : la petite tinte trois fois trois coups, la grosse part à la volée.
Monsec, la maison forte anti-Vikings devenue décor de cinéma
Sur son promontoire, le château de Monsec — bâti sur les fondations d'un oppidum gallo-romain — surveillait jadis la rivière contre les intrusions : les Vikings avaient incendié Saint-Cyprien au IXᵉ siècle. Connu dès le XIVᵉ siècle, remanié du XVᵉ au XIXᵉ, il appartient à la même famille depuis 1610, année où Anne de Feletz épousa François de Clermont. C'est le seul monument historique de la commune (inscrit en 2005, jusqu'à sa « tour de la Vierge ») — et un décor de cinéma : Léon Poirier y tourna « Jeannou » en 1943. Propriété privée : on l'admire depuis la route. Parmi ses trésors inventoriés, une chocolatière classée Monument historique — l'objet du quotidien le plus chic du Périgord.

Aujourd'hui, la plaine alluviale de Mouzens cultive la noix… et le kiwi, qui gagne du terrain sur le maïs et le tabac — contre-pied inattendu au cliché foie gras-truffe. Le village a aussi ses figures : le Docteur Boissel (1872-1939), poète en occitan sarladais ; Pigeon de la Grange, l'un des soixante délégués du district de Sarlat à la Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790 à Paris ; et une maison périgourdine si typique, place du Docteur-Boissel, que sa maquette figure au Musée des Arts populaires de Strasbourg. Dans la crypte de l'église reposent sept membres des familles Feletz et Clermont-Touchebœuf, inhumés avant 1774.
Ce que la commune garde en réserve
Transparence de guide : aucune des trois églises n'est protégée au titre des Monuments historiques — le seul immeuble MH est Monsec. Mais l'inventaire réserve des surprises : 44 objets mobiliers protégés (retables, calice-patène en vermeil, chaire du XVIIIᵉ, chasubles…), un record méconnu pour 1 244 habitants.
Le territoire comptait au XVIIᵉ siècle une vingtaine de demeures nobles — Salibourne, le Suquet, la Pomarède, les Bretoux, les Constancies, la chartreuse de la Milhale… Au château de Cazenac naquit Jean-Baptiste Charles d'Abzac (1754-1794), officier de la guerre d'Indépendance américaine, guillotiné à Agen comme émigré en 1794. Toutes sont privées.
Ajoutez le petit patrimoine — lavoir, fontaines, four à pain, cabanes en pierre sèche, pigeonniers, la pêcherie de Bigaroque et la cale de Port Muzard — et une bibliographie sérieuse : « Nous, de Coux et Bigaroque-Mouzens en Périgord » de Monique Bourgès Audivert (2022), 400 pages pour une seule commune. La densité d'histoire au kilomètre carré, ici, ne se voit pas depuis la route : elle se raconte.
La plage, le canoë et la rivière sans pont routier
La plage du Coux
Le site départemental Dordogne-Périgord Tourisme, consulté en juillet 2026, répertorie la plage du Coux parmi les lieux de baignade surveillée. Les dates, horaires, équipements et conditions sanitaires variant selon la saison, vérifiez la fiche officielle et les informations de la mairie avant le déplacement.

Le canoë malin : tous les parcours arrivent ici
La route de la Plage accueille une base de canoë, mais parcours, navettes, tarifs et ouvertures sont saisonniers. La page officielle Canoë de Dordogne-Périgord Tourisme, consultée en juillet 2026, permet de comparer les loueurs et de vérifier les conditions en vigueur avant de réserver.
La rivière sans pont
La commune borde la Dordogne sans pont routier sur son territoire ; l'itinéraire automobile traverse le fleuve à Siorac-en-Périgord. Le répertoire des Archives départementales de la Dordogne, consulté en juillet 2026, conserve la trace des anciens bacs de Bigaroque et de Port-Muzard, rappelant que les franchissements locaux se faisaient autrefois par bateau.
Le réseau d'eau ne s'arrête pas au fleuve : 26 km de cours d'eau irriguent la commune, dont le ruisseau d'Aurival — qui prend sa source sur place — et le Boule. Et l'avenir se prépare à vélo : la liaison de la véloroute V91 « vallée de la Dordogne » entre Castels-et-Bézenac et Coux est à l'étude, portée par la communauté de communes — pour l'heure, on pédale sur les petites routes, qui s'y prêtent très bien.
Autour de Coux : Proumeyssac, Le Bugue, Belvès et la vallée
Camp de base discret, rayon d'action exceptionnel : les sites et monuments de Dordogne ont frôlé les 3,5 millions de visiteurs en 2024, et plusieurs des plus courus sont à moins d'un quart d'heure.
Le gouffre de Proumeyssac, « cathédrale de cristal » (10 min)

À Audrix, la plus grande cavité aménagée du Périgord (158 000 visiteurs en 2022) se visite en son et lumière sous une voûte d'une cinquantaine de mètres. Le grand frisson : la descente en nacelle rotative — en 1907, les pionniers descendaient à trois, dans le noir, dans un panier tiré par un cheval ; la nacelle actuelle embarque 11 personnes en tournant à 360°. Bonus : une fontaine pétrifiante qui transforme des poteries en calcaire en un an, et des cristaux triangulaires que seules trois grottes de France abritent.
Le Bugue : le marché « perpétuel » de 1319 (15 min)
Au Bugue, le marché du mardi est tenu « perpétuellement » par ordre royal de Philippe le Long depuis novembre 1319 — l'acte est toujours en vigueur. La petite capitale de la Vézère aligne le Village du Bournat (un village périgourdin « en l'an 1900 » sur 8 hectares, dans le top 5 des sites les plus visités de Dordogne en 2024 avec 150 000 entrées) et l'Aquarium du Périgord noir, qui se présente comme le plus grand aquarium privé d'eau douce d'Europe — le duo pèse 270 000 visiteurs par an. L'ensemble Univerland (aquarium, labyrinthe préhistorique, Jungle Golf et la tour Big Bird, 22 mètres et 57 parcours acrobatiques) a totalisé 230 800 entrées en 2022. Clins d'œil de personnalités : Martin Walker, l'auteur écossais des polars « Bruno, chef de police », habite Le Bugue — patrie, quatre siècles plus tôt, de Jean Rey (1583-1645), le chimiste qui formula la conservation de la masse avant Lavoisier et inventa le thermoscope, ancêtre du thermomètre.
Belvès, la « belle vue » aux sept clochers (9 min)
À 9 minutes par la vallée de la Nauze, Belvès (Plus Beaux Villages de France — Bellovidere, « belle vue », attesté dès 1351) superpose sept clochers… et cache l'essentiel sous ses pavés : huit habitats troglodytiques occupés par les plus pauvres du XIIIᵉ au XVIIIᵉ siècle, qui se visitent à 6 mètres sous la halle du XVᵉ (7 €). Écho direct avec Bigaroque : le seigneur de Belvès n'était autre que Bertrand de Got — décidément, le futur Clément V possédait tout le quartier. Traditions locales : un meeting aérien chaque 15 août depuis 1913, et la course d'ultrafond des « 100 km de Belvès ».
Saint-Cyprien : le marché du dimanche et le pont « style Eiffel » (12 min)
À 12 minutes, Saint-Cyprien tient chaque dimanche le marché élu « plus beau du Périgord » (TF1, 2019) — 80 commerçants l'hiver, jusqu'à 180 l'été, rue fermée dès 6 heures du matin. Deux savoureuses notes de bas de page : Joséphine Baker, châtelaine des Milandes voisines, était la marraine du club de rugby local (fondé en 1904) ; et le pont du Garrit, ouvrage métallique « style Eiffel » de 1894 long de 176 mètres, a rouvert aux piétons et vélos le 8 juin 2024 — la balade toute fraîche du secteur.
Limeuil, Cadouin, Campagne, Les Eyzies
À un quart d'heure, Limeuil (PBVF) veille sur le confluent Dordogne-Vézère depuis ses jardins panoramiques, et l'abbaye de Cadouin (UNESCO) déploie son cloître payé par Louis XI — et son « suaire » démasqué en 1934 comme tissu fatimide d'Égypte. Plus près encore : le domaine départemental de Campagne, château et parc « Jardin remarquable » en accès gratuit (12 min). Et aux Eyzies (18 min), capitale mondiale de la préhistoire, la grotte polychrome de Font-de-Gaume n'admet que 78 visiteurs par jour — réservez tôt.
| Excursion | Route depuis Coux | Pourquoi y aller |
|---|---|---|
| Siorac-en-Périgord | ≈ 3 km · 3 min | Gare TER, marché du mercredi — voir notre guide |
| Belvès | ≈ 9 km · 9 min | PBVF, troglos sous la halle |
| Gouffre de Proumeyssac | ≈ 10 km · 13 min | La « cathédrale de cristal », nacelle 360° |
| Domaine de Campagne | ≈ 10 km · 12 min | Château et parc départemental, gratuit |
| Saint-Cyprien | ≈ 11 km · 12 min | Le marché du dimanche élu plus beau du Périgord |
| Le Bugue (Bournat, Aquarium) | ≈ 12,5 km · 15 min | Marché de 1319, village 1900, aquarium géant |
| Limeuil | ≈ 15 km · 16 min | PBVF, confluent Dordogne-Vézère |
| Abbaye de Cadouin | ≈ 16 km · 17 min | Cloître flamboyant, UNESCO |
| Les Eyzies | ≈ 16 km · 18 min | Capitale de la préhistoire, Font-de-Gaume |
| Beynac | ≈ 21 km · 23 min | La forteresse de la vallée — voir notre guide |
Quand venir à Coux
- Mardis soir de juillet-août : le marché gourmand du Coux, dès 19h place de la salle des fêtes ;
- En saison estivale : plage et canoë, sous réserve des dates et conditions publiées par la mairie et les opérateurs ;
- Un marché voisin chaque jour ou presque : Le Bugue le mardi, Siorac le mercredi, Le Buisson le vendredi, Belvès le samedi, Saint-Cyprien le dimanche ;
- Printemps et automne : la vallée pour soi, les grands sites sans file.
| Saison | Ambiance | Atouts | À savoir |
|---|---|---|---|
| Printemps (avr.-juin) | Verte, secrète | Canoë dès mai, villages vides, sites fluides | Notre saison préférée |
| Été (juil.-août) | Familiale | Plage surveillée, marché gourmand, guinguette | Le coin reste calme vs la haute vallée |
| Automne (sept.-oct.) | Dorée | Noix, cèpes sur les marchés voisins, lumières | Idéal photo et vélo |
| Hiver (nov.-mars) | Silencieuse | Truffe à Sarlat, patrimoine pour soi | Plage et canoë fermés |
Le bon rythme : matinée à Proumeyssac ou au Bournat, déjeuner au bourg, après-midi plage ou canoë (arrivée sur place !), et le mardi soir, marché gourmand — le Périgord noir version douce.
Comment venir à Coux depuis Bordeaux
Coux est à ~184 km de Bordeaux — comptez environ 2h20 par la vallée de la Dordogne. Attention aux distances « à vol d'oiseau » qui circulent en ligne (120-130 km) : par la route, c'est bien 180 et quelques kilomètres.
| Mode | Durée Bordeaux → Coux | Coût indicatif | À savoir |
|---|---|---|---|
| Voiture personnelle | ≈ 2h20 (181-184 km) | Carburant ≈ 25-35 € (peu de péages) | D936 via Bergerac, puis la vallée |
| VTC privé (porte-à-porte) | ≈ 2h20 | dès 312 € · aller simple | Arrêts libres (Saint-Émilion, Bergerac, Limeuil…) |
| TER + 4 km | ≈ 2h + 5 min | ≈ 15-25 € + taxi | Gare de Siorac à 3,7 km (ligne Bordeaux-Sarlat) |
| Car | — | — | Pas de liaison pertinente |
En train, via Siorac
Le TER Bordeaux-Sarlat s'arrête à Siorac-en-Périgord, à 3,7 km du bourg (5 minutes de route) — environ 5 allers par jour, dès 1h56 de trajet. Le nœud ferroviaire du Buisson, à 10 km, ajoute la ligne Périgueux-Agen. Pour un village de cette taille, être à 5 minutes d'une gare TER directe Bordeaux est un luxe rare.
En voiture
Itinéraire vallée : D936 via Libourne, Castillon et Bergerac, puis Lalinde et la rive de la Dordogne — quasi sans péage, avec Saint-Émilion ou Bergerac en pause. Variante autoroute : A89 vers Périgueux puis descente par Le Bugue — comparable en temps. Repères utiles : Bergerac est à 48 km (~55 min), Sarlat à 31 km (~30 min).
En chauffeur privé
Le porte-à-porte brille ici en circuit : pause à Saint-Émilion à l'aller, arrivée par Limeuil et la vallée, dépose au camping ou à la chambre d'hôtes — puis rayonnement sans souci de parking entre Proumeyssac, Belvès et les marchés. Avec un chauffeur privé, tarif fixe garanti par écrit, dès 312 € l'aller simple pour 1 à 3 passagers.
Infos pratiques
Combien de temps sur place ?
Coux se vit en camp de base : une demi-journée suffit pour le patrimoine (les deux églises, la grange dîmière, Monsec depuis la route), mais c'est en 2-4 jours que la formule prend son sens — plage et canoë les après-midis, un grand site chaque matin, un marché différent chaque jour.
Sur place
- Commerces du bourg : bar-tabac-presse, cave à vins, magasin de producteurs « Les Croquants », deux hôtels-restaurants — l'essentiel y est ;
- Marché gourmand : mardis soir de juillet-août dès 19h (pas de marché hebdomadaire — Siorac le mercredi à 3 km) ;
- Plage : route de la Plage, surveillée en juillet-août, parking gratuit ;
- Campings : Le Clou (4★) et Slow Village Séveilles (13 ha, étang) sur les coteaux ;
- Label : « Notre village, terre d'avenir » (Agenda 21) · jumelée avec Schœnau (Alsace).
Budget indicatif
| Profil | Budget/jour | Hébergement | Restauration |
|---|---|---|---|
| Petit budget | 45-70 € | Campings (Le Clou, Séveilles) | Marché gourmand + pique-nique plage |
| Couple découverte | 100-150 € | Chambres d'hôtes, hôtels-restaurants du bourg | Tables périgourdines |
| Confort | 150-220 € | Demeures de caractère de la vallée | Gastronomie à Saint-Cyprien ou Sarlat |
Familles : plage surveillée + canoë avec arrivée sur place + nacelle de Proumeyssac + Bournat = le carré gagnant. Bon réflexe : ici, pas de billetterie ni de file — le village lui-même est gratuit, seuls les grands sites voisins se réservent en été.
Questions fréquentes
Pourquoi la commune s'appelle-t-elle Coux-et-Bigaroque-Mouzens ?
Parce qu'elle réunit trois anciens villages en deux fusions. Les Archives départementales de la Dordogne datent la réunion de Coux et Bigaroque du 23 septembre 1825 ; l'arrêté préfectoral du 21 décembre 2015 ajoute ensuite Mouzens et crée la commune nouvelle au 1er janvier 2016. La graphie officielle est « Coux et Bigaroque-Mouzens ».
Que veut dire « Couzensois » ?
C'est le gentilé choisi par les habitants et validé par le conseil municipal en février 2021 : un mot-valise fusionnant les « Couxois » (habitants de Coux-et-Bigaroque) et les « Mouzensois » (habitants de Mouzens) — jolie métaphore de la fusion communale elle-même, cinq ans après la naissance de la commune nouvelle.
Quel est le lien entre Bigaroque et le pape Clément V ?
Les Archives départementales de la Gironde mentionnent en 1304 des terres de Bigarroque parmi les possessions de l'archevêché dirigé par Bertrand de Got. Celui-ci devient le pape Clément V en juin 1305. La synthèse archivistique consultée ne documente toutefois pas une date précise d'achat du castrum ; cette formulation prudente évite de transformer une tradition locale en certitude.
Qui furent les suzerains de la châtellenie de Bigaroque ?
Un défilé de grande histoire : Richard Cœur de Lion (mort en 1199), son capitaine de routiers Mercadier (assassiné à Bordeaux en 1200), puis Martin Algai, sénéchal de Gascogne et du Périgord — capturé au siège de Biron en 1212, traîné par un cheval et pendu pour avoir trahi Simon de Montfort. Ensuite, les archevêques de Bordeaux, de 1305 à la Révolution.
Que reste-t-il du castrum de Bigaroque ?
Le castrum aux deux tours, « réputé imprenable », fut racheté aux Anglais par les États du Périgord en 1393, démantelé en 1409 et 1415, puis rasé définitivement en 1625 selon la commune. Restent le hameau, quelques pans de murailles épaisses, l'église Saint-Jean-Baptiste voulue par Clément V — et une protection au titre des sites inscrits depuis 1944.
Y a-t-il une plage à Coux-et-Bigaroque ?
Oui. Dordogne-Périgord Tourisme répertorie la plage du Coux parmi les lieux de baignade surveillée. Les dates de surveillance, les horaires et les équipements pouvant changer d'une saison à l'autre, consultez la fiche officielle et les informations de la mairie avant de vous déplacer.
Où faire du canoë à Coux ?
Une base est installée route de la Plage. Les parcours, navettes, tarifs et périodes d'ouverture étant saisonniers, comparez les offres sur la page Canoë de Dordogne-Périgord Tourisme puis confirmez directement les conditions auprès du loueur choisi.
Peut-on visiter le château de Monsec ?
Non — c'est une propriété privée, dans la même famille depuis 1610. On l'admire depuis la route et la vallée : bâti sur un oppidum gallo-romain pour surveiller la Dordogne (les Vikings avaient incendié Saint-Cyprien au IXᵉ siècle), inscrit aux Monuments historiques en 2005, il servit de décor au film « Jeannou » de Léon Poirier en 1943.
Comment aller de Bordeaux à Coux-et-Bigaroque-Mouzens ?
Par la route : ~184 km, environ 2h20 — D936 via Bergerac puis la vallée, quasi sans péage (méfiez-vous des « 120-130 km » qui circulent : c'est le vol d'oiseau). En train : TER Bordeaux-Sarlat jusqu'à Siorac (dès 1h56), puis 3,7 km. En chauffeur privé porte-à-porte : dès 312 € l'aller simple (1-3 passagers), arrêts libres en chemin.
Y a-t-il un marché à Coux ?
Pas de marché hebdomadaire — mais un marché gourmand nocturne tous les mardis soir de juillet-août, dès 19h place de la salle des fêtes. Et un marché voisin presque chaque jour : Le Bugue le mardi (perpétuel depuis 1319 !), Siorac le mercredi (3 km), Le Buisson le vendredi, Belvès le samedi, Saint-Cyprien le dimanche — élu plus beau marché du Périgord en 2019.
Que voir autour de Coux-et-Bigaroque ?
Un rayon de 15 minutes très dense : le gouffre de Proumeyssac et sa nacelle rotative (13 min), Belvès et ses troglos (9 min), le domaine gratuit de Campagne (12 min), Saint-Cyprien et son marché (12 min), Le Bugue avec le Bournat et l'Aquarium (15 min), Limeuil au confluent (16 min), Cadouin (17 min) — et Beynac à 23 minutes.
Pourquoi n'y a-t-il pas de pont sur la Dordogne à Coux ?
La commune ne possède pas de pont routier sur son tronçon de Dordogne ; l'itinéraire automobile passe par Siorac-en-Périgord. Le répertoire des Archives départementales de la Dordogne conserve la trace des anciens bacs de Bigaroque et Port-Muzard, utilisés autrefois pour franchir le fleuve.
Coux avec des enfants : bonne idée ?
Excellente : plage de galets surveillée avec aire de jeux, canoë qui se termine sur place (pas d'attente de navette), descente en nacelle rotative au gouffre de Proumeyssac, village « 1900 » du Bournat et aquarium géant au Bugue — le tout dans un rayon d'un quart d'heure, avec guinguette pour le goûter.
Pour aller plus loin
- La gare et le pont à 3 minutes : voir le Guide de Siorac-en-Périgord
- La forteresse de la vallée : voir le Guide de Beynac-et-Cazenac (château, gabarres)
- La bastide perchée et sa grotte : voir le Guide de Domme
- La capitale du Périgord noir : voir le Guide de Sarlat
- Organiser le trajet : réserver un chauffeur privé Bordeaux → Coux ou explorer toutes nos destinations
Sources et références
- Wikipédia — Coux et Bigaroque-Mouzens — géographie, démographie, patrimoine
- Wikipédia — Coux-et-Bigaroque — histoire de l'ancienne commune
- Wikipédia — Mouzens — toponymie, château de Monsec
- Mairie — Histoire et patrimoine — châtellenie, grange dîmière, castrum
- Dordogne-Périgord Tourisme — lieux de baignade — classement de la plage du Coux et conditions saisonnières
- Dordogne-Périgord Tourisme — canoë — annuaire officiel des loueurs et informations pratiques
- Base Mérimée / Palissy (POP) — château de Monsec, retables, 44 objets protégés
- Gouffre de Proumeyssac — la « cathédrale de cristal »
- Village du Bournat — le village de l'an 1900
- Aquarium du Périgord noir — le géant d'eau douce du Bugue
- Mairie de Saint-Cyprien — le marché du dimanche
- Insee — données démographiques
Article vérifié le .
En route pour les trois villages
Trajet direct depuis Bordeaux (~2h20), arrêts libres en chemin — Saint-Émilion, Bergerac, Limeuil. Devis fixe par écrit sous 30 minutes, berline ou van, chauffeur anglophone.




