Siorac, le carrefour du Périgord noir
Le village-carrefour du Périgord noir : le confluent Dordogne-Nauze, deux châteaux dont un devenu mairie, une gare de 1863 toujours vivante sur la ligne de Sarlat, un nom gravé sur Mars par la NASA — et Belvès, Cadouin, Les Eyzies en voisins. Tout comprendre avant de venir, à ~2h20 de Bordeaux.
En bref
- Siorac-en-Périgord compte 1 082 habitants (2023) — +38 % depuis 1968, une trajectoire rare pour un village rural du Périgord.
- Le bourg s'est bâti au confluent de la Dordogne et de la Nauze — un carrefour d'eau, de routes et de rails qui explique toute son histoire.
- Première trace écrite : une bulle du pape Eugène III, en 1153, cite les « curtes de Ciourac » parmi les paroisses de l'abbaye de Sarlat.
- Le village possède deux châteaux — et la mairie siège dans celui du XVIIIᵉ siècle, inscrit aux Monuments historiques en 2013.
- La commune ne s'appelle « Siorac-en-Périgord » que depuis un décret du 22 novembre 1923 — avant, elle s'appelait Siorac-et-Fongauffier… et le courrier se perdait.
- La gare de 1863 est toujours vivante : desservie par le TER Bordeaux-Sarlat, sa fréquentation a été multipliée par 6 depuis 2020 (23 491 voyageurs en 2024, SNCF Open Data).
- Le marché du mercredi remonte à des lettres patentes de Louis XIII (1612) — plus de 400 ans de continuité.
- En mars 2021, la NASA a baptisé « Siorac » une cible d'analyse du rover Curiosity — le village a son nom sur Mars.
- Comptez ~2h20 depuis Bordeaux par la route (environ 163 km via Bergerac) — ou le TER direct en moins de 2h.
Avant de partir : ce que Siorac est vraiment
8h45, un mercredi de juillet. Sur la place, les étals du marché s'installent — comme chaque mercredi depuis que Louis XIII l'a accordé au village, en 1612. Côté gare, le TER de Bordeaux glisse le long du quai ; deux cyclistes en descendent, sacoches pleines, cap sur la vallée. Entre les deux, le pont de 1857 enjambe la Dordogne exactement là où passait le gué que Blaise de Monluc franchit avec son armée en 1562. Siorac n'est pas un décor : c'est un carrefour qui fonctionne encore.
Ne cherchez pas ici la falaise de Beynac ou la bastide de Domme : Siorac est un village de confluent — la Nauze y rejoint la Dordogne — et de passage. Un gué stratégique, puis un pont à péage, puis une gare de bifurcation : trois siècles de la même fonction. C'est aussi l'un des rares villages du Périgord qui gagne des habitants depuis un demi-siècle, précisément parce qu'il a gardé son train, son marché et ses commerces.
Et il cache des histoires étonnantes : un château où siège la mairie, un coseigneur girouette exécuté en 1439, un nom gravé sur Mars par la NASA, et le héros d'une saga vendue à 6 millions d'exemplaires — Pierre de Siorac, de Fortune de France — qui lui doit son nom.
Ce guide reprend tout dans l'ordre — les origines, la guerre de Cent Ans, les deux châteaux, le nom de 1923, la gare, la rivière et les environs — et les aspects pratiques, y compris comment rejoindre Siorac depuis Bordeaux, en train, en voiture ou avec un chauffeur privé.
Siorac en un coup d'œil : géographie et démographie
Siorac occupe la rive gauche de la Dordogne, au sud-ouest du Périgord noir. La rivière borde la commune sur 6,5 km ; la Nauze, descendue de Belvès, la traverse sur plus de 4 km avant de s'y jeter — le confluent est sur la commune, face à Coux-et-Bigaroque. Un troisième cours d'eau, la Vallée, complète ce nœud hydrographique.
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Statut | Commune de la Dordogne (24), Périgord noir |
| Population | 1 082 habitants (2023) — les Sioracois |
| Évolution | +38 % depuis 1968 · +2,75 % depuis 2017 (Dordogne : +0,97 %) |
| Altitude | 46 m à 193 m |
| Superficie | 11,77 km² |
| Label | 1 fleur — Villes et Villages Fleuris (2025) |
| Belvès | ≈ 6,5 km (7 min) |
| Sarlat-la-Canéda | ≈ 29 km (une petite demi-heure) |
| Distance de Bordeaux | ≈ 163 km via Bergerac · ~2h20 (TER direct : moins de 2h) |
La courbe démographique raconte deux histoires. La longue : un pic à 1 377 habitants en 1846, l'exode rural, un plancher à 784 en 1968. La récente, plus surprenante : une remontée quasi continue depuis — près de 300 habitants regagnés en un demi-siècle, quand tant de villages voisins se vident. L'Insee classe la commune « rurale à habitat dispersé », hors de toute aire d'attraction urbaine : cette croissance, Siorac ne la doit qu'à ses propres atouts — la gare, le pont, les commerces, la vallée.
Sept communes sont limitrophes, dont Le Buisson-de-Cadouin au nord-ouest et Sagelat au sud-est — où se trouve aujourd'hui le hameau de Fongauffier, l'ancien bourg abbatial qui donna son nom à la commune jusqu'en 1923. Sous les pieds : le plateau calcaire du Crétacé supérieur — étage Santonien, avec ses calcaires à huîtres et à silex —, la même pierre blonde qui a bâti l'église, les châteaux et les maisons du bourg.
Aux origines : Severus, une bulle papale et une bastide anglaise
Du dolmen au domaine gallo-romain
La plus ancienne trace monumentale du territoire est préhistorique : le dolmen de Cayre Leva, au sud du bourg. Le nom du village, lui, vient de l'Antiquité : Siorac renvoie au patronyme gallo-romain Severus — c'était le « domaine de Severus », formé avec le suffixe -acum. En occitan, on dit toujours Sieurac de Perigòrd.
1153 : les « curtes de Ciourac » dans une bulle papale
La première trace écrite est prestigieuse : au premier semestre 1153, quelques mois avant sa mort, le pape Eugène III adresse une bulle à l'abbaye bénédictine de Sarlat qui cite les « curtes de Ciourac » parmi ses paroisses. Dix ans plus tôt, en 1143, la première église du village — l'actuelle Saint-Pierre-ès-Liens — avait été bâtie. Détruite pendant la guerre de Cent Ans, reconstruite en gothique, brûlée par les troupes protestantes du vicomte de Turenne, réparée au début du XVIIᵉ siècle : l'édifice actuel résume à lui seul l'histoire mouvementée du Périgord. Ses quatre chapelles furent édifiées par les coseigneurs de Siorac pour leurs sépultures ; sa plus grosse cloche date de 1764, ses verrières sont signées Jean Besseyrias et Antoine Bernard, et le cimetière l'entoura jusqu'en 1900.

Fongauffier : un duc assassiné et une abbaye fondée par une femme
L'autre racine du village est à Fongauffier, sur la Nauze. La tradition y place la fuite de Waïfre, dernier duc d'Aquitaine : surpris par les soldats de Pépin le Bref alors qu'il se rafraîchissait à la fontaine — qui prit son nom, Font-Gauffier —, il aurait « passé la Dordogne au gué de Siorac » avant d'être assassiné en 768. Légende locale, à prendre comme telle — mais l'abbaye de Fongauffier, fondée en 1095 par une femme nommée Eubolène — fait rare pour l'époque — et rattachée à Saint-Géraud d'Aurillac, est bien documentée ; son bourg abbatial avait été érigé dès 1094.
Castel-Réal, la bastide anglaise qui finit au tribunal
Avant mai 1288, les Anglais fondent une bastide au lieu-dit « Castel-Réal » — « château royal » — sur le domaine de Siorac, possession de l'abbaye de Sarlat. L'affaire tourne au contentieux : le litige monte jusqu'au parlement de Paris, avec des actes de procédure conservés de 1268 et 1291. Il ne reste aujourd'hui de cette bastide que le toponyme — mais peu de villages peuvent dater leurs querelles de voisinage du XIIIᵉ siècle.
Guerre de Cent Ans : la coalition de 1373 et la girouette d'Abzac
Position de passage oblige, Siorac vit la guerre de Cent Ans en première ligne : sa forteresse — bâtie vers 1100 — est occupée par les Anglais.
Mai 1373 : la coalition périgourdine
En mai 1373, en pleine reconquête de Charles V, une coalition très périgourdine attaque le château : Gilbert de Domme, Pons de Beynac — sieur de Commarque — et les troupes de la ville de Sarlat. Les Anglais quittent la place… avant que des troupes à leur solde ne la réoccupent. La victoire fut éphémère : dans cette vallée, rien n'était jamais acquis.
Bertrand d'Abzac, coseigneur girouette
Le personnage le plus romanesque de cette période est un coseigneur de Siorac : Bertrand d'Abzac. Capitaine au service des Anglais, il passe au roi de France en 1414 — son mariage avec Jeanne de Beynac lui rapporte Domme-Vieille en dot —, se laisse surprendre à Domme en 1417 par le capitaine anglais Bertrand Suran… et repasse aux Anglais, qui le récompensent du gouvernement de Domme. Capturé en 1438 par Jean de Carbonnières et livré au roi, il est exécuté à Limoges le 11 mars 1439 — il « a eu la tranchée », disent les sources. L'ambiguïté des allégeances de cette zone frontière, résumée en une seule vie.
1440 : la peste, et une rançon nommée « sufferte »
En 1440, la peste frappe la région — et les consuls de Sarlat, pour acheter la paix, versent une « sufferte » (rançon) aux garnisons anglaises qui tiennent encore le pays : Cuzorn, Belvès, Montferrand, Berbiguières, Castelnaud… et Siorac. Le village figure nommément sur la liste des places anglaises que l'on payait pour être tranquille. Épilogue familial : capturé, Bertrand d'Abzac vit ses fils Jean et Gantonet rendre Domme aux conditions du traité de Gourdon, signé le 15 septembre 1438.
1595 : les croquants déposent les armes… à Siorac
Un siècle et demi plus tard, Siorac s'offre une dernière page d'histoire nationale : après leur défaite près de Saint-Crépin le 26 août 1595, les croquants — la grande jacquerie paysanne du Périgord — tiennent assemblée à Siorac et y décident de rendre les armes. Le roi accordera en 1596 la remise des arriérés de tailles. La première révolte des croquants s'est donc éteinte ici, au bord de la Dordogne.
Les deux châteaux de Siorac — et la mairie qui loge dans l'un d'eux
Surprise pour qui lit trop vite les brochures : Siorac possède deux châteaux. Le curé Robert Laguionie le notait déjà en 1838 : « Siorac possède deux châteaux, un est moderne puisqu'il n'a que 61 ans. » — c'est d'ailleurs cette phrase qui permet de dater l'achèvement du grand château vers 1777.

Quatre lignées en cinq siècles
| Période | Famille | Ce qu'il faut retenir |
|---|---|---|
| Moyen Âge → 1585 | d'Abzac | Coseigneurs pendant ~2 siècles ; la veuve Marquèze d'Abzac vend en 1585 — pour 40 000 livres |
| 1585 → 1598 | de Sireuil | Le « capitaine Sireuil » obtient de Louis XIII, en 1612, deux foires et le marché du mercredi |
| 1598 → ~1706 | du Lion | Barons de Belcastel ; Jean du Lion épouse en 1657 Damaris de Vivans, descendante du fameux Geoffroy |
| ~1706 → XIXᵉ | de Laverrie de Vivans | Gagnent le droit d'ajouter « de Vivans » à leur nom en 1745, après procès ; bâtissent le château actuel |
Quelques dates jalonnent cette longue histoire de famille. La demeure apparaît dans un arrêt du parlement de 1281 — près de 750 ans d'existence documentée. Chez les d'Abzac, on croise Adémar (mort en 1414), également seigneur de La Douze et de Montastruc, puis Jean dit « Pochi », marié en 1460 à Hélène de Montferrand, et Jean II « le Jeune » (1474-1546). Chez les Sireuil, le « capitaine Sireuil » — fils naturel légitimé par Henri III en 1583 — s'illustre en 1597 à la conjuration d'Amiens contre les Espagnols : capturé, il est échangé contre des prisonniers. Quant au passage aux Laverrie, il se joue au tribunal : les biens des du Lion leur sont adjugés en 1705 par le parlement de Bordeaux, avec prise de possession en mai 1706.
Le château du XVIIIᵉ : de la Terreur à la mairie
François-Antoine de Laverrie de Vivans (1742-1798) fait élever le château entre 1760 et 1780 — un logis de deux niveaux entre deux pavillons dissymétriques, bâti sur un édifice plus ancien dont subsistent caves et maçonneries. La Révolution le rattrape : ses meubles sont réquisitionnés par le district de Belvès le 16 mars 1794, le châtelain et deux de ses filles sont emprisonnés, son fils aîné émigre — avant l'amnistie de 1804. En 1818, l'aile ouest est vendue ; la commune la réquisitionne dès 1825 pour le presbytère… et c'est ainsi que la mairie de Siorac siège aujourd'hui dans un château, inscrit aux Monuments historiques le 23 mai 2013 — le seul MH de la commune.
Et l'autre château ? C'est le médiéval — bâti vers 1100, celui des Anglais et de la coalition de 1373, incendié pendant les guerres de Religion, racheté en ruines vers 1810 par les de Lavalle et reconstruit avec ses propres pierres. Il fait face à la mairie : les deux châteaux de Siorac se regardent. À noter : l'intérieur ne se visite pas — un musée des arts culinaires et de la table a été installé dans le château MH, mais vérifiez son ouverture auprès de la mairie avant de venir.
1923 : l'année où Siorac a changé de nom (à cause du courrier)
Voici l'anecdote administrative préférée du village — que beaucoup de guides racontent mal. Avant 1923, la commune s'appelait officiellement Siorac-et-Fongauffier (graphié « Sivrac et Fongaufier » au Bulletin des lois de 1801). Mais dans l'usage — et sur le fronton de la gare —, tout le monde disait « Siorac-de-Belvès ». Deux noms pour un même village : le courrier s'égarait.
Le 11 mars 1923, le conseil municipal constate que cette double appellation provoque « d'importants retards dans l'acheminement des correspondances » et demande un nom unique. Le conseil général de la Dordogne approuve le 25 avril, avec l'aval du directeur des Postes — et le décret du 22 novembre 1923 autorise le nouveau nom : Siorac-en-Périgord. La gare est débaptisée la même année.
| Période | Nom officiel de la commune |
|---|---|
| 1793 | Siorac |
| 1801 | Siorac-et-Fongauffier (« Sivrac et Fongaufier ») |
| Usage courant | « Siorac-de-Belvès » (nom de la gare 1863-1923) |
| Depuis 1923 | Siorac-en-Périgord |
Trois noms officiels en 130 ans, plus un nom d'usage : le centenaire du nom actuel est passé en 2023. Et pour dissiper une confusion fréquente : Siorac-de-Ribérac, l'autre Siorac de Dordogne, est une commune bien distincte, à l'ouest du département — sans lien avec cette histoire.
La gare de Siorac : 160 ans de rails, et une seconde jeunesse
S'il y a un fil rouge dans l'histoire moderne de Siorac, ce sont les rails. La « station de Siorac » ouvre le 3 août 1863, sur la ligne Niversac-Agen de la Compagnie du Paris-Orléans — un axe rêvé dès 1853 par le comte de Morny comme tronçon d'un Paris-Madrid. À l'ouverture, trois trains directs Agen-Paris par jour ; le plus rapide met 14h45.

1882 : la bifurcation qui change tout
Le 2 juillet 1882, la ligne vers Sarlat ouvre au départ de Siorac : le village devient gare de bifurcation. Les recettes le disent mieux qu'un discours : 73 225 francs en 1878, 143 339 en 1881 — presque le double. Dès 1883, il faut agrandir le bâtiment voyageurs (l'original n'avait que deux ouvertures, et le vestibule servait de salle d'attente) et poser une deuxième voie depuis Le Buisson. En 1943, l'occupant allemand démonte l'une des deux voies vers le sud : la configuration actuelle — double voie jusqu'à Siorac, voie unique au-delà — date de là.
| Date | Chronologie ferroviaire |
|---|---|
| 3 août 1863 | Mise en service par la Compagnie du Paris-Orléans (ligne Niversac-Agen) |
| 2 juillet 1882 | Ouverture de la ligne vers Sarlat — Siorac devient bifurcation |
| 1883 | Agrandissement du bâtiment voyageurs + 2ᵉ voie Le Buisson-Siorac |
| 1923 | La gare « Siorac-de-Belvès » devient « Siorac-en-Périgord » |
| 1er juin 1980 | Fermeture de la section Sarlat-Cazoulès (déclassée en 1992) |
| 2007 / 2013 | Halte modernisée (71 000 €) / voie régénérée (25 000 t de ballast) |
| 2024 | 23 491 voyageurs — ×6 depuis 2020 (jeu de données SNCF Open Data 2015–2024) |
Le tracé qui a évité Villeneuve-sur-Lot
Anecdote de coulisses ferroviaires : si la ligne passe par Siorac et la vallée de la Lémance plutôt que par Villeneuve-sur-Lot, c'est que la Compagnie du Paris-Orléans, propriétaire des forges de Fumel, imposa le tracé qui desservait ses propres usines. Le Bugue avait pourtant plaidé sa cause en vantant ses expéditions de bœufs gras, marrons, truffes et volailles truffées — l'argumentaire commercial du XIXᵉ siècle dans toute sa splendeur. Après l'âge d'or, le reflux fut brutal : les recettes de la station retombent de 143 339 francs (1881) à 41 721 francs en 1886.
Aujourd'hui : le TER, et une fréquentation qui explose
La halte de Siorac relie le bourg aux TER Bordeaux–Sarlat et Périgueux–Agen. Pour Bordeaux–Siorac, SNCF Connect affichait cinq trajets quotidiens et un meilleur temps de 1 h 55 le 24 juillet 2026 ; les horaires varient selon la date. Cette desserte maintient Siorac comme point d'accès ferroviaire au centre de la vallée (source officielle).
La fréquentation mesurée par SNCF Gares & Connexions passe de 3 943 voyageurs en 2020 à 23 491 voyageurs en 2024, selon le jeu de données « Fréquentation en gares » couvrant 2015 à 2024. La voie a par ailleurs été régénérée en 2013, et Sarlat est aujourd'hui le terminus de la branche.
Quant à la section Sarlat-Cazoulès, fermée en 1980, elle vit une seconde vie : sa plateforme est devenue une voie verte de 21 km — tunnel de 464 mètres compris. Elle se prend à Sarlat (à une demi-heure de Siorac) : parfait complément vélo d'une journée dans la vallée.

Tabac, truffes et circuits courts : l'économie d'un bourg-relais
Le tabac, grandeur et fin d'une filière
Les terres alluviales des vallées périgourdines ont longtemps porté le tabac, culture exigeante mais rémunératrice des petites exploitations — le musée du Tabac de Bergerac, installé depuis 1983 dans la maison Peyrarède et unique en France, en raconte l'épopée, et une coopérative s'appelle encore « Périgord Tabac ». La chute est datée : la dernière usine de transformation de tabac de France a fermé en septembre 2019… à Sarlat, à une demi-heure de Siorac. Le Périgord noir fut le premier et le dernier bastion du tabac français.
La truffe : gare aux légendes
On lit parfois qu'un « marché aux truffes » aurait fait la gloire de Siorac — méfiance : le fameux « Truffadou » est en réalité le train qui expédiait les truffes du marché de Martel, dans le Lot voisin (jusqu'à 10 tonnes proposées !), vers Bordeaux et Paris. Ce qui est attesté à Siorac, c'est un vrai trafic marchandises : la halle à marchandises de la gare existe toujours — et l'ancienne gare de marchandises abrite aujourd'hui le Comptoir des Producteurs, magasin de vente directe fermière. Du wagon au circuit court : la reconversion parfaite.
Un bourg qui travaille
Avec 127 établissements recensés (commerces, artisans, services), Siorac joue les bourgs-relais pour toute la vallée — son supermarché pesait 13 millions d'euros de chiffre d'affaires, au 48ᵉ rang des entreprises de commerce de Dordogne : pas mal, pour un village de mille âmes. Fils du village devenu industriel : Élie Creyssensac, né à Siorac en 1896, fonda en 1934 la société de compresseurs d'air qui porte encore son nom au sein du groupe Atlas Copco. Et le marché du mercredi matin perpétue, quatre siècles plus tard, les lettres patentes de Louis XIII.
Siorac sur Mars, Siorac en librairie : une célébrité discrète
Une roche martienne nommée Siorac
C'est l'anecdote la plus improbable de ce guide : en mars 2021, la NASA a baptisé « Siorac » l'une des cibles d'analyse du rover Curiosity, sur un affleurement rocheux de la planète Mars. La mission nommait alors ses cibles d'après des villages du Périgord — la région de Nontron a même donné son nom à un minéral, la nontronite. Un village de 1 082 habitants dont le nom est gravé sur la planète rouge : voilà de quoi nourrir les conversations du marché du mercredi.
Pierre de Siorac, héros de « Fortune de France »
L'autre gloire du nom est littéraire. Robert Merle (1908-2004) a situé à Siorac l'ouverture de sa grande fresque historique Fortune de France — treize tomes, 6 millions d'exemplaires vendus, dont un million pour le seul premier volume. Son héros, Pierre de Siorac, jeune noble protestant du pays sarladais, porte le nom du village. Depuis septembre 2024, la série adaptée est diffusée sur France 2 — tournée en partie au château de Beynac, à seize minutes d'ici. Lire Merle avant de venir, c'est arriver en terrain connu.
Le pont, le gué et la rivière : Siorac côté Dordogne
Du gué de Waïfre au pont à péage
Avant le pont, il y avait le gué — celui de la légende de Waïfre, celui que l'armée catholique de Blaise de Monluc, renforcée de troupes espagnoles, franchit le 6 octobre 1562 en pleine guerre de Religion. Le pont de 1857, bâti sous le Second Empire légèrement en amont du gué et placé sous la protection de la Vierge, remplaça plusieurs ouvrages emportés par les crues — et fut d'abord à péage. La fête du Pont, le premier week-end d'août, en perpétue joyeusement la mémoire (feu d'artifice compris).
Canoë : la Dordogne, première rivière de France
Le Comité départemental du tourisme l'écrit sans détour : la Dordogne est « la première destination française pour la pratique du canoë de loisirs ». À Siorac même, la base A Canoë Raid (au Port, à Campeyral) propose des parcours de 7 à 28 km, de quelques heures à plusieurs jours, sur la Dordogne comme sur la Vézère. Sens du courant oblige, on descend d'ici vers Le Buisson et Limeuil ; pour le grand décor des châteaux, les loueurs vous navettent en amont — la descente classique Beynac → Saint-Cyprien (13 km) déroule falaises et forteresses.

Pour la baignade : on se trempe le long de la rivière près du pont (non surveillé), et la plage surveillée la plus proche est à Coux-et-Bigaroque, à moins de 3 km. Le camping du Port (3 étoiles), en bord de Dordogne avec base canoë-paddle intégrée, complète la panoplie fluviale. Bon à savoir : les grandes crues qui emportaient jadis les ponts sont atténuées depuis plus d'un demi-siècle par les barrages d'Argentat et de Bort-les-Orgues, en amont — la rivière estivale est douce et régulière.
Autour de Siorac : Belvès, Cadouin, Les Eyzies et la vallée
C'est l'autre grand atout de Siorac : un carrefour d'excursions. Dans un rayon de 20 minutes, deux Plus Beaux Villages de France, une abbaye UNESCO, une grotte « aux étoiles » et la capitale mondiale de la préhistoire.
Belvès, la ville aux sept clochers (7 min)

Perchée au-dessus de la Nauze, Belvès (Plus Beaux Villages de France) aligne ses sept clochers — et cache sa curiosité la plus étonnante sous la place : huit habitats troglodytiques occupés par les plus pauvres du XIIIᵉ au XVIIIᵉ siècle, qui se visitent à 6 mètres sous terre (7 €). La halle du XVᵉ siècle repose sur 23 piliers, dont un porte encore les vestiges du pilori. Pedigree inattendu : le seigneur de Belvès Bertrand de Got fut élu pape en 1305 — Clément V, celui de l'affaire des Templiers. Le village cultive aussi ses traditions : un meeting aérien chaque 15 août depuis 1913, le festival Bach (25ᵉ édition en 2025), et la mythique course d'ultrafond des « 100 km de Belvès », née dans les années 1970 et support des championnats d'Europe 2013.
Cadouin : le cloître de Louis XI et un « suaire » venu d'Égypte (14 min)
L'abbaye de Cadouin (fondée en 1115, inscrite à l'UNESCO en 1998 au titre des chemins de Compostelle) doit son cloître gothique flamboyant à Louis XI, qui finança sa reconstruction en 1482. Huit siècles de pèlerins vinrent y vénérer le « suaire du Christ »… jusqu'en 1934, quand un jésuite lut les inscriptions coufiques du tissu : un textile fatimide d'Égypte de la fin du XIᵉ siècle, ouvert par la profession de foi islamique. Pèlerinage annulé en 1936 — mais le tissu, l'un des deux seuls fatimides intacts connus au monde, reste un trésor (un fac-similé est exposé depuis 2012). Poésie de bâtisseurs : à chaque équinoxe, un rayon de soleil traverse les trois oculi alignés de l'abbatiale, consacrée en 1154. Le site (31 000 visiteurs en 2022) se complète de la halle du village — elle aussi offerte par Louis XI.
Sur la route, au Buisson, les grottes de Maxange déploient leurs fameuses excentriques, ces concrétions qui poussent dans tous les sens (~40 000 visiteurs/an). Leur histoire est un conte : découvertes le 15 août 2000 par Angel Caballero dans la carrière familiale de pierre à bâtir, ouvertes au public un jour de Pâques 2003 — la famille a arrêté la carrière pour la grotte. Le nom ? La contraction de Maximilien et Angel, le père et le fils.
Saint-Cyprien, Limeuil, Les Eyzies
À 9 minutes, Saint-Cyprien tient chaque dimanche le marché élu « plus beau marché du Périgord » (TF1, 2019) — 80 commerçants l'hiver, jusqu'à 180 l'été. À 13 minutes, Limeuil (Plus Beaux Villages de France, 342 habitants) veille sur le confluent Dordogne-Vézère depuis ses jardins panoramiques — créés après 1902 par Fernand Linarès, médecin du sultan du Maroc, rachetés par la commune en 1997. On y brasse même « la Lutine », une bière bio… aux noix, et le marché des potiers y tient sa 28ᵉ édition.
Et à 20 minutes, Les Eyzies, « capitale mondiale de la préhistoire » : le Musée national de Préhistoire (~6 millions d'objets, dans un bâtiment de Jean-Pierre Buffi intégré à la falaise) et la grotte de Font-de-Gaume, l'une des dernières grottes polychromes majeures ouvertes au public — 78 visiteurs par jour, pas un de plus, pour laisser la cavité « récupérer » chaque nuit. En 2026, une étude a daté son grand bison au radiocarbone : peint il y a environ 13 300 ans.
| Excursion | Route depuis Siorac | Pourquoi y aller |
|---|---|---|
| Belvès | ≈ 6,5 km · 7 min | PBVF, 7 clochers, troglos sous la halle |
| Le Buisson / grottes de Maxange | ≈ 7-8 km · 8-10 min | Les « grottes aux étoiles » et leurs excentriques |
| Saint-Cyprien | ≈ 8,4 km · 9 min | Le marché du dimanche élu plus beau du Périgord |
| Limeuil | ≈ 12,3 km · 13 min | PBVF, confluent Dordogne-Vézère, jardins panoramiques |
| Abbaye de Cadouin | ≈ 13 km · 14 min | Cloître flamboyant, UNESCO, le « suaire » fatimide |
| Beynac | ≈ 17 km · 16 min | La forteresse sur sa falaise — voir notre guide |
| Les Eyzies | ≈ 18,5 km · 21 min | Capitale de la préhistoire, Font-de-Gaume |
| Sarlat-la-Canéda | ≈ 29 km · 29 min | Capitale du Périgord noir — voir notre guide |
Quand venir à Siorac
- Mercredi matin, toute l'année : le marché — héritier direct des lettres patentes de Louis XIII (1612) ;
- Vendredis soir de juillet-août : marchés gourmands place du Général-de-Gaulle (food trucks, concerts, dès 18h30) ;
- Premier week-end d'août : la fête du Pont — feu d'artifice sur la Dordogne ;
- Troisième dimanche d'août : foire aux vins et produits régionaux ;
- Dimanche matin : le grand marché de Saint-Cyprien, à 9 minutes.
| Saison | Ambiance | Atouts | À savoir |
|---|---|---|---|
| Printemps (avr.-juin) | Verte, paisible | Canoë dès mai, vallée fleurie, villages sans foule | Notre saison préférée |
| Été (juil.-août) | Vivante | Marchés gourmands, fête du Pont, baignade, canoë | La vallée se remplit — Siorac reste respirable |
| Automne (sept.-oct.) | Dorée | Noyeraies, lumières, cèpes sur les marchés | Idéal vélo et photo |
| Hiver (nov.-mars) | Silencieuse | Truffe sur les marchés voisins, village authentique | Canoë et baignade fermés |
Le bon rythme : marché du mercredi matin, canoë ou Belvès l'après-midi — et les grands sites (Cadouin, Les Eyzies, Sarlat) en étoile depuis le village, un par demi-journée.
Comment venir à Siorac depuis Bordeaux
Particularité rare pour un village de 1 000 habitants : Siorac a un TER direct depuis Bordeaux — souvent plus simple que la voiture. Par la route, comptez environ 2h20.
| Mode | Durée Bordeaux → Siorac | Coût indicatif | À savoir |
|---|---|---|---|
| TER direct | dès 1h56 | ≈ 15-25 € | Ligne Bordeaux-Sarlat, ~5 directs/jour, arrivée au cœur du village |
| Voiture personnelle | ≈ 2h20 (163 km via Bergerac) | Carburant ≈ 25-35 € (peu de péages) | 163 km via la D936 et Bergerac, ou par l'A89 via Périgueux, avec péages |
| VTC privé (porte-à-porte) | ≈ 2h20 | dès 287 € · aller simple | Arrêts libres (Saint-Émilion, Bergerac, Belvès…) |
| Car | — | — | Pas de liaison directe pertinente |
En train : l'option maligne
Le TER Bordeaux-Sarlat (ligne 33 : 166,6 km et 24 arrêts de bout en bout, assurés en autorails bimodes) dessert Siorac directement — meilleur temps 1h56, environ 5 allers par jour via Libourne et Bergerac. La halte est à entrée libre, avec parking et parc à vélos ; on débarque à cinq minutes à pied du pont et du marché. Peu de destinations de ce guide peuvent en dire autant — c'est même la seule où nous écrivons sans détour : le train est souvent la meilleure option. Attention seulement au retour : pas de desserte en soirée.
En voiture
Itinéraire vallée : D936 via Libourne, Castillon et Bergerac, puis la rive de la Dordogne — 163 km, très peu de péages, et Saint-Émilion ou Bergerac en pause possible. Itinéraire autoroute : A89 via Périgueux puis descente sur la vallée, avec péages — un peu plus long en kilomètres, comparable en temps.
En chauffeur privé
Le porte-à-porte garde deux atouts : les bagages et le retour tardif (le dernier TER part tôt), et le circuit — pause à Saint-Émilion à l'aller, détour par Belvès ou Cadouin, dépose au camping ou à la chambre d'hôtes. Avec un chauffeur privé, tarif fixe garanti par écrit, dès 287 € l'aller simple pour 1 à 3 passagers.
Infos pratiques
Combien de temps sur place ?
Siorac se vit en camp de base plus qu'en visite sèche : une demi-journée suffit pour le bourg (les deux châteaux, l'église, le pont, la gare), mais le village prend tout son sens sur 2-3 jours, en étoile — canoë un matin, Belvès et Cadouin un après-midi, Les Eyzies ou Sarlat le lendemain. Le camping du Port et les chambres d'hôtes de la vallée s'y prêtent.
Sur place
- Marché : mercredi matin (8h30-12h30), devant la salle polyvalente ;
- Comptoir des Producteurs : vente directe fermière dans l'ancienne gare de marchandises (lun.-sam.) ;
- Gare TER : halte à entrée libre, parking et parc à vélos ;
- Baignade : au fil de l'eau près du pont (non surveillée) ; plage surveillée à Coux, à 3 km ;
- Stationnement : aisé dans le bourg hors pics d'été — un luxe dans cette vallée.
Budget indicatif
| Profil | Budget/jour | Hébergement | Restauration |
|---|---|---|---|
| Petit budget | 45-70 € | Camping du Port (bord de Dordogne) | Marché + marchés gourmands l'été |
| Couple découverte | 100-150 € | Chambres d'hôtes du village et de la vallée | Tables périgourdines du bourg |
| Confort | 150-220 € | Demeures de caractère (vallée, Belvès, Sarlat) | Gastronomie, truffe en hiver à Sarlat |
Familles : canoë (parcours courts dès 7 km), grottes de Maxange, troglos de Belvès, arrivée en train — le combo gagnant. Vélo : routes calmes de la vallée en attendant la véloroute V91, et la voie verte de Sarlat à une demi-heure.
Questions fréquentes
D'où vient le nom de Siorac-en-Périgord ?
Du patronyme gallo-romain Severus : Siorac était le « domaine de Severus » (suffixe -acum). En occitan, on dit Sieurac de Perigòrd. La première trace écrite date de 1153 : une bulle du pape Eugène III cite les « curtes de Ciourac » parmi les paroisses de l'abbaye de Sarlat. Le suffixe « en-Périgord », lui, ne date que de 1923.
Pourquoi la commune a-t-elle changé de nom en 1923 ?
Parce que le courrier se perdait. La commune s'appelait officiellement Siorac-et-Fongauffier, mais l'usage — et la gare — disaient « Siorac-de-Belvès » : deux noms pour un même village, d'où « d'importants retards dans l'acheminement des correspondances ». Délibération du 11 mars 1923, accord du conseil général le 25 avril, décret le 22 novembre 1923 : Siorac-en-Périgord était né.
Siorac-de-Belvès et Siorac-en-Périgord, est-ce le même village ?
Oui — mais « Siorac-de-Belvès » n'a jamais été le nom officiel de la commune : c'était un nom d'usage, et celui de la gare de 1863 à 1923. La succession officielle est Siorac (1793), puis Siorac-et-Fongauffier (1801), puis Siorac-en-Périgord (1923). À ne pas confondre avec Siorac-de-Ribérac, une autre commune de Dordogne, à l'ouest du département.
Qui a construit le château de Siorac ?
Le village en a deux ! Le château inscrit aux Monuments historiques (2013) a été bâti entre 1760 et 1780 par François-Antoine de Laverrie de Vivans — la mairie occupe aujourd'hui son aile ouest. En face se dresse l'autre château, le médiéval (~1100), occupé par les Anglais pendant la guerre de Cent Ans, incendié pendant les guerres de Religion et reconstruit vers 1810 avec ses propres pierres.
Peut-on visiter le château de Siorac ?
Les deux châteaux se découvrent librement de l'extérieur, au cœur du bourg — et la mairie occupe l'aile ouest du château du XVIIIᵉ. Un musée des arts culinaires et de la table y a été installé, mais son ouverture actuelle est à vérifier auprès de la mairie avant de venir. L'église Saint-Pierre-ès-Liens, elle, se visite librement.
Comment aller de Bordeaux à Siorac-en-Périgord ?
Le plus simple est souvent le TER direct Bordeaux-Sarlat : dès 1h56, environ 5 trains par jour, arrivée au cœur du village. En voiture : ~2h20 par la D936 via Bergerac (163 km, presque sans péage) ou par l'A89 via Périgueux, avec péages. En chauffeur privé porte-à-porte : dès 287 € l'aller simple (1-3 passagers), avec arrêts libres à Saint-Émilion ou Bergerac.
La gare de Siorac est-elle toujours desservie ?
Oui : la halte est desservie par les TER Bordeaux-Sarlat et Périgueux-Agen, et sa fréquentation a été multipliée par six depuis 2020 (3 943 voyageurs en 2020, 23 491 en 2024 selon SNCF Open Data). Ouverte en 1863 par la Compagnie du Paris-Orléans, elle est devenue bifurcation vers Sarlat en 1882.
Quel jour a lieu le marché de Siorac ?
Le mercredi matin (8h30-12h30), devant la salle polyvalente — et ce n'est pas un hasard : en 1612, le capitaine Jean de Sireuil obtint de Louis XIII des lettres patentes créant deux foires par an et un marché « le mercredi de chaque semaine ». Plus de 400 ans de continuité. L'été s'y ajoutent les marchés gourmands du vendredi soir.
Où faire du canoë ou se baigner à Siorac ?
La base A Canoë Raid, au Port (Campeyral), propose des parcours de 7 à 28 km sur la Dordogne et la Vézère — et la Dordogne est officiellement « la première destination française du canoë de loisirs ». Pour le décor des châteaux, descente classique Beynac → Saint-Cyprien. Baignade libre près du pont (non surveillée) ou plage surveillée de Coux-et-Bigaroque, à 3 km.
Que voir autour de Siorac ?
Un rayon de 20 minutes exceptionnel : Belvès et ses habitats troglodytiques (7 min), les grottes de Maxange et leurs excentriques (10 min), le marché du dimanche de Saint-Cyprien (9 min), l'abbaye UNESCO de Cadouin (14 min), Limeuil au confluent Dordogne-Vézère (13 min), Beynac (16 min), Les Eyzies et Font-de-Gaume (21 min), Sarlat (29 min).
Pourquoi le nom de Siorac est-il sur Mars ?
En mars 2021, la NASA a baptisé « Siorac » l'une des cibles d'analyse du rover Curiosity, sur un affleurement rocheux martien — la mission nommait alors ses cibles d'après des villages du Périgord (la région de Nontron a même donné son nom au minéral nontronite). Un village de 1 082 habitants dont le nom est gravé sur la planète rouge.
Quel est le lien entre Siorac et « Fortune de France » ?
Robert Merle a situé à Siorac le début de sa fresque historique en 13 tomes : son héros s'appelle Pierre de Siorac, jeune noble protestant du pays sarladais. La saga s'est vendue à 6 millions d'exemplaires, et son adaptation en série est diffusée sur France 2 depuis septembre 2024 — tournée en partie au château de Beynac, à 16 minutes du village.
Siorac avec des enfants : bonne idée ?
Très bonne : arrivée en train (une aventure en soi), canoë sur des parcours courts dès 7 km, grottes de Maxange et leurs concrétions « en étoiles », visite des troglos de Belvès à 6 mètres sous la place, baignade et camping en bord de Dordogne. Le tout dans un village-carrefour où tout se fait à pied.
Pour aller plus loin
- La forteresse de la vallée à 16 minutes : voir le Guide de Beynac-et-Cazenac (château, gabarres)
- La bastide perchée et sa grotte : voir le Guide de Domme
- La capitale du Périgord noir : voir le Guide de Sarlat (marché, vieille ville)
- La préhistoire de la Vézère : voir le Guide de Lascaux
- Organiser le trajet : réserver un chauffeur privé Bordeaux → Siorac ou explorer toutes nos destinations
Sources et références
- Wikipédia — Siorac-en-Périgord — histoire, géographie, démographie
- Wikipédia — Gare de Siorac-en-Périgord — 160 ans d'histoire ferroviaire, fréquentation
- Wikipédia — Château de Siorac — les quatre lignées seigneuriales
- Wikipédia — Abbaye de Cadouin — le cloître et le suaire
- Wikipédia — Belvès — la ville aux sept clochers
- Mairie de Siorac-en-Périgord — vie locale, marché
- Office de tourisme Sarlat-Périgord Noir — visites et vallée
- Pays de Belvès — sites — les habitats troglodytiques
- Grottes de Maxange — les « grottes aux étoiles »
- Base Mérimée (POP) — protection du château (2013)
- Insee — données démographiques
- SNCF Open Data — fréquentation en gare de Siorac-en-Périgord — voyageurs 2015–2024
Article publié le .
En route pour le confluent
Trajet direct depuis Bordeaux (~2h20), arrêts libres en chemin — Saint-Émilion, Bergerac, Belvès. Devis fixe par écrit sous 30 minutes, berline ou van, chauffeur anglophone.




