Créon, la bastide de la voie verte
Une bastide anglaise de 1315 devenue la capitale vélo de la Gironde : Créon, sa place à arcades et son marché du mercredi vieux de sept siècles, sa station vélo pionnière inaugurée par Bernard Hinault et la mythique voie verte Roger-Lapébie — le méga-guide complet, et votre transfert privé de porte à porte depuis Bordeaux, vélos compris.
Créon en un coup d'œil
Créon est une bastide médiévale de l'Entre-deux-Mers, fondée en 1315 pour le roi d'Angleterre, à environ 26 km à l'est de Bordeaux — et la « capitale vélo » de la Gironde, cœur battant de la voie verte Roger-Lapébie. Ce double visage fait tout son intérêt : d'un côté, une authentique ville neuve du Moyen Âge, avec sa place à arcades, son marché du mercredi vieux de sept siècles et son plan en damier ; de l'autre, l'ancienne gare devenue l'un des tout premiers « Points relais vélo » de France, inauguré par Bernard Hinault, au bord d'une piste cyclable mythique aménagée sur une ancienne voie ferrée.
Ce méga-guide couvre les deux : la bastide ET la voie verte, l'histoire ET la pratique — itinéraire, bornes kilométriques, tunnel, gares reconverties, location de vélos, boucles balisées. Avec, comme toujours, le vérifié séparé du répété : dates exactes, longueurs sourcées, et ce qui a changé (le festival Ouvre la Voix, par exemple, est en pause en 2026). Et la façon la plus simple d'y aller : un transfert privé de porte à porte, vélos compris si besoin.
Voici les repères essentiels avant de partir. Les distances sont recalculées porte-à-porte depuis Bordeaux ; le tarif indiqué correspond à une réservation de chauffeur privé, à prix fixe communiqué à l'avance, sans surprise au compteur. Les données patrimoniales, cyclables et démographiques sont vérifiées d'après Wikipédia, la base Mérimée, l'INSEE, Gironde Tourisme, France Vélo Tourisme, l'AF3V, la mairie de Créon et la Station Vélo ; les horaires, variables, sont à confirmer sur place.
| Repère | Détail |
|---|---|
| Ville | Créon (Gironde, arrondissement de Bordeaux) |
| Situation | cœur de l'Entre-deux-Mers, surnommée sa « capitale » |
| Habitants | 4 950 Créonnais (2023) |
| À voir | la place de la Prévôté, le marché du mercredi, la voie verte, l'abbaye de La Sauve à 4 min |
| Distance depuis Bordeaux | environ 26 km · environ 40 min de route (ou 23 km à vélo par la piste) |
Où se situe Créon ?

Créon se situe à environ 26 km à l'est de Bordeaux, au cœur de l'Entre-deux-Mers — ce vaste plateau de vignes et de vallons compris entre la Garonne et la Dordogne, dont elle est surnommée la « capitale ». La ville, de 4 950 habitants, relève de l'arrondissement de Bordeaux et donne son nom au Créonnais, sa communauté de communes. Le surnom de capitale n'est pas usurpé : sous l'Ancien Régime, Créon était le siège de la Grande Prévôté royale de l'Entre-deux-Mers, dont la juridiction s'étendait sur 48 paroisses. Aujourd'hui, cette centralité s'exprime autrement : Créon est le grand carrefour cyclable de la Gironde, à peu près à mi-parcours de la voie verte Roger-Lapébie, avec sa station vélo pionnière installée dans l'ancienne gare. À une demi-heure de Bordeaux en voiture — ou à 23 km de piste plate et sécurisée pour les cyclistes —, c'est l'escapade verte par excellence au départ de la métropole.
La « capitale de l'Entre-deux-Mers »
Le titre est un surnom, mais son fondement historique est réel. Créon fut, pendant des siècles, le siège de la Grande Prévôté royale de l'Entre-deux-Mers : le prévôt du roi y rendait la justice et administrait un territoire de 48 paroisses, jusqu'à la Révolution. La place centrale de la bastide en garde le nom — place de la Prévôté — et la mairie occupe l'emplacement de l'ancienne institution royale. Cette vocation de petite capitale rurale ne s'est jamais démentie : chef-lieu de canton, siège de la communauté de communes du Créonnais, Créon concentre commerces, services, collège et équipements d'un large bassin de vie. Sa démographie en témoigne : 4 697 habitants en 2017, 4 950 en 2023 — une bastide médiévale en pleine croissance, portée par la proximité de Bordeaux et une qualité de vie enviée. Pour le visiteur, c'est une vraie petite ville vivante, pas un décor : marché réputé, terrasses sous les arcades, artisans et vignerons alentour.
Le carrefour vert de la Gironde
L'autre centralité de Créon est cyclable. La ville se trouve à la borne 25,5 (comptée depuis la place de la Bourse à Bordeaux) de la voie verte Roger-Lapébie, l'ancienne voie ferrée de l'Entre-deux-Mers convertie en piste — un peu avant le milieu exact du parcours vers Sauveterre-de-Guyenne, ce qui en fait l'étape-phare et le pôle-relais naturel de l'itinéraire. Son ancienne gare de 1892 abrite l'office de tourisme et la fameuse Station Vélo, l'un des tout premiers « Points relais vélo » de France : location, information, services. De là rayonnent les boucles balisées vers les vignes et les villages — et la piste elle-même, maillon girondin de la véloroute nationale V80 « Canal des 2 mers à vélo », qui relie Royan à Sète sur quelque 750 km. Créon est ainsi devenue, en un quart de siècle, la référence du slow tourisme girondin : on y vient pour pédaler, flâner, déguster — à 30 minutes de Bordeaux.
Une bastide anglaise fondée en 1315
Créon est une bastide : une ville neuve du Moyen Âge, fondée en 1315 par Amaury III de Craon, sénéchal d'Aquitaine, pour le roi d'Angleterre Édouard II — et l'une des rares villes françaises à porter le nom de son fondateur. Son plan en damier et sa place à arcades se lisent encore parfaitement, sept siècles plus tard. Voici son histoire vérifiée.
Amaury de Craon, un fondateur devenu toponyme
La charte de coutumes présentée par la mairie de Créon est datée de 1315 — c'est la date de fondation à retenir (elle fut ensuite authentifiée par la Cour ducale de Bordeaux le 9 mars 1316, puis confirmée par un édit de Westminster : d'où le « 1316 » qu'on lit parfois). Le fondateur, Amaury III de Craon, était sénéchal d'Aquitaine — le plus haut représentant du roi d'Angleterre Édouard II, duc d'Aquitaine, dont il était d'ailleurs cousin issu de germain. Issu de la puissante Maison de Craon, en Anjou, dont il fut le dernier sénéchal héréditaire, il donna son patronyme à la ville neuve : « Craon » devint « Créon ». Peu de communes françaises peuvent en dire autant. La charte accordait aux habitants franchises, un marché hebdomadaire et six foires annuelles — l'outillage économique classique des bastides, ces villes fondées pour peupler, commercer et affirmer une autorité sur le territoire.
Un damier gascon : carreyras et carreyrous
Comme toutes les bastides, Créon fut dessinée d'un seul geste : un plan orthogonal en damier, organisé autour d'une place centrale non bâtie. Le vocabulaire gascon de ce damier a survécu : les rues principales sont les carreyras, les ruelles transversales les carreyrous — des mots que l'on retrouve dans les études sur la bastide et qui disent l'origine méridionale de cet urbanisme. La Fédération des bastides d'Aquitaine note même que le plan de Créon « anticipe celui de Geaune » (1318) : la ville servit en quelque sorte de prototype. En parcourant aujourd'hui les rues rectilignes qui convergent vers la place de la Prévôté, on lit ce projet urbain de 1315 comme sur un plan d'architecte — sept siècles d'histoire n'ont pas brouillé le dessin. C'est l'un des grands plaisirs de la visite : comprendre, à l'échelle d'une petite ville vivante, ce qu'était une « ville nouvelle » au Moyen Âge, pensée pour le commerce et la vie communale.
La place de la Prévôté et son marché de 1315

Le cœur de Créon est sa place de la Prévôté, bordée d'arcades sur trois côtés — et son marché du mercredi matin, accordé par la charte de 1315, qui se tient toujours sept siècles plus tard avec une centaine de commerçants. Peu de lieux en Gironde offrent une telle continuité. Voici ce que les sources documentent.
Des arcades pensées pour le commerce
La place de la Prévôté — environ 60 à 70 mètres de côté selon les sources — est l'archétype de la place de bastide : un vaste quadrilatère non bâti, ceint de maisons sur arcades (les « couverts ») sous lesquelles s'abritaient étals et marchands. Précision d'honnêteté : les arcades bordent trois côtés de la place, non les quatre, contrairement à ce qu'on lit souvent. Détail d'urbanisme savoureux : à l'origine, les arcades se rejoignaient aux angles de la place, si bien que tout le trafic — charrettes comprises — devait passer sous les couverts ; on démolit plus tard les arcades d'angle pour dévier les véhicules. Le nom de la place rappelle la Grande Prévôté royale qui siégeait ici et administrait 48 paroisses ; la mairie actuelle en occupe l'emplacement. Autour, les terrasses des cafés, les commerces et les façades anciennes composent un décor à la fois monumental et familier — le vrai centre d'un pays.
Sept siècles de marché le mercredi
Le grand rendez-vous de Créon est son marché du mercredi matin (8 h-13 h), que la mairie documente sur la place de la Prévôté et les rues adjacentes : une centaine de commerçants, priorité aux producteurs locaux, une affluence qui en fait — selon la Fédération des bastides — le 7e marché de Gironde. Sa longévité est exceptionnelle : la charte de 1315 accordait déjà à la bastide un marché hebdomadaire... fixé au mercredi, très précisément pour concurrencer le marché du mardi de l'abbaye voisine de La Sauve-Majeure — une guerre commerciale médiévale dont le calendrier actuel garde la trace. Plus de 700 ans plus tard, le marché a toujours lieu le mercredi (la continuité absolue sur sept siècles relève de la tradition, mais la charte et le jour sont documentés). Un second rendez-vous, plus modeste — une dizaine d'exposants —, anime la place le samedi matin. Pour goûter Créon, venez donc un mercredi : la bastide y joue exactement le rôle pour lequel elle fut fondée.
De la guerre de Cent Ans à la bastide d'aujourd'hui
Fondée par les Anglais, pillée pendant la guerre de Cent Ans, fortifiée, puis paisiblement devenue chef-lieu de canton : Créon a traversé sept siècles en gardant son plan et sa vocation de petite capitale rurale. Voici les repères vérifiés, de 1315 à nos jours.
Pillée, incendiée, fortifiée
La jeune bastide connut des débuts mouvementés. Sa fondation même était un acte de concurrence : ville neuve du roi d'Angleterre implantée à quelques kilomètres de la puissante abbaye de La Sauve-Majeure, dont elle défiait la domination économique — jusqu'au choix du jour de marché. La guerre de Cent Ans la rattrapa vite : vers 1337-1338, Créon fut pillée et incendiée. La réponse fut militaire : entre 1342 et 1351, la bastide se fortifia de fossés, de palissades et de quatre portes. Ces défenses ont disparu, mais elles rappellent que l'Entre-deux-Mers fut une terre disputée entre les couronnes de France et d'Angleterre pendant plus d'un siècle. La paix revenue, Créon reprit sa vie de ville-marché : la Grande Prévôté royale s'y installa, faisant d'elle le centre administratif du plateau — la « capitale de l'Entre-deux-Mers », un surnom qui a survécu à l'Ancien Régime.
L'église Notre-Dame, gothique flamboyant signé et daté
Le monument majeur de la bastide est l'église Notre-Dame, qui borde la place. L'édifice actuel n'est pas contemporain de la fondation : une première église (1316-1320) l'a précédé, mais ce que l'on voit relève du gothique tardif et flamboyant, bâti entre la fin du XVe et le XVIe siècle. Deux dates sont gravées dans la pierre : 1490 sur le portail occidental, 1538 sur le chevet — avec la signature du maître maçon Marsault Roux, rare exemple d'artisan médiéval ayant « signé » son œuvre. Nef unique de cinq travées voûtée d'ogives, abside pentagonale, portail en accolade sous un clocher-porche du XVIIe : l'ensemble est inscrit au titre des Monuments historiques depuis le 16 avril 2002 (notice Mérimée PA00083530) — inscrit, et non « classé », la nuance est vérifiée. Avec la place, les carreyras et le marché, l'église complète le portrait d'une bastide qui a tout gardé : le plan, les pierres et les usages.
La voie verte Roger-Lapébie, la piste mythique

La voie verte Roger-Lapébie est LA piste cyclable de la Gironde : environ 55 km de Bordeaux à Sauveterre-de-Guyenne sur une ancienne voie ferrée — un ruban d'enrobé lisse, plat et sans voitures, qui traverse l'Entre-deux-Mers avec Créon pour étape-phare. Tracé, chiffres exacts, tunnel, ambiance : voici le guide vérifié de l'itinéraire.
47, 54 ou 57,5 km ? Les vraies longueurs
Les chiffres divergent selon les guides, et pour cause : tout dépend du point de départ. La voie verte Roger-Lapébie documentée par Gironde Tourisme relie Latresne à Sauveterre-de-Guyenne sur 47 km. Depuis Bordeaux, les étapes officielles de France Vélo Tourisme indiquent 23 km jusqu'à Créon, puis 31 km jusqu'à Sauveterre ; l'itinéraire Gironde Tourisme partant de la place de la Bourse affiche, lui, 57,5 km — dont une dizaine de kilomètres de quais et de raccordement urbain avant Latresne. Retenez « environ 55 km » et, surtout, le profil : un enrobé lisse, une pente de voie ferrée (quasi nulle — 95 m de dénivelé cumulé seulement entre Bordeaux et Créon, point culminant à 98 m), et zéro voiture. La piste, gérée par le Département de la Gironde, est le maillon girondin de la V80 « Canal des 2 mers à vélo », l'itinéraire national Royan–Sète (~750 km).
La vallée de la Pimpine et le tunnel de La Sauve
Le parcours a ses paysages et son folklore. De Latresne à Sadirac, la piste remonte la vallée de la Pimpine, petit affluent frais et boisé — sous-bois, prairies, passages ombragés — avant de déboucher sur les vignes du plateau créonnais. Après Créon et La Sauve, l'ouvrage emblématique du parcours attend les cyclistes : le tunnel de La Sauve, un souterrain de 259 mètres, éclairé, percé pour le chemin de fer — le seul tunnel de l'itinéraire (on lit parfois « tunnel de Lignan » ou « de Sadirac » : c'est inexact). Il a même sa légende contemporaine : lors du festival Ouvre la Voix, il servait de salle au « grand concours de cri » — l'acoustique s'y prête. Au-delà, la piste file par Espiet, les anciennes carrières de Frontenac — dont la pierre a bâti une partie de Bordeaux — et Saint-Brice, jusqu'aux portes de la bastide de Sauveterre-de-Guyenne. Trois joyaux médiévaux s'enfilent ainsi sur le ruban : la bastide de Créon (1315), l'abbaye de La Sauve-Majeure (1079, UNESCO) et Sauveterre (1281).
| Borne (depuis pl. de la Bourse) | Halte | Ce qu'on y trouve |
|---|---|---|
| km 10,5 | Latresne | début de la voie verte ; ancienne gare = café-restaurant |
| km 17,5 | Lignan-de-Bordeaux | ancienne gare = Bistrot de la Pimpine |
| km 20 | Sadirac | ancienne gare = Maison du patrimoine naturel du Créonnais |
| km 25,5 | Créon | ancienne gare = office de tourisme + Station Vélo |
| km 29,5 | La Sauve | abbaye UNESCO à deux pas ; tunnel de 259 m juste après |
| km 33 | Espiet | ancienne gare = restaurant champêtre |
| km 45 | Frontenac | anciennes carrières de pierre ; commanderie de Sallebruneau voisine |
| km 57,5 | Sauveterre-de-Guyenne | terminus : bastide de 1281 aux quatre portes, relais-vélos |
L'ancienne voie ferrée qui a bâti Bordeaux

Avant les vélos, il y eut les trains : la voie verte occupe l'emprise de la ligne de Bordeaux-Benauge à La Sauvetat-du-Dropt, ouverte en 1873 — une ligne née pour descendre la pierre calcaire de l'Entre-deux-Mers vers Bordeaux, dont les façades ont littéralement voyagé sur ce tracé. Une histoire ferroviaire méconnue, vérifiée aux meilleures sources.
1873-1994 : la « voie Eymet »
La ligne — officiellement ligne de Bordeaux-Benauge à La Sauvetat-du-Dropt, surnommée la « voie Eymet » bien qu'elle n'ait jamais atteint Eymet en propre — fut déclarée d'utilité publique par décret impérial du 1er mai 1869 et ouverte au public au printemps 1873 (le premier tronçon Bordeaux–La Sauve, retardé par la guerre de 1870-71), puis prolongée jusqu'à La Sauvetat-du-Dropt en 1899 — 78,8 km de voie unique au total. Sa vocation première : transporter la pierre calcaire des carrières de l'Entre-deux-Mers vers les chantiers bordelais — puis le vin, les champignons des carrières souterraines, le ciment. Le déclin fut long : fin du trafic voyageurs en 1951, déclassements partiels dès 1954... mais la ligne survécut 43 ans à ses voyageurs grâce aux trains de la cimenterie d'Espiet, qui la maintinrent vivante jusqu'en 1987, avant la fermeture définitive en 1994. Le Département de la Gironde racheta alors l'emprise à la SNCF et aménagea la voie verte par étapes, des années 1980 aux années 2000 — fruit, aussi, d'un long combat associatif documenté dès 1982.
Des gares à la seconde vie gourmande
Le charme de la piste tient beaucoup à ses anciennes gares, presque toutes reconverties — un chapelet de haltes qui rythment le parcours. À Latresne (km 10,5), la gare est devenue café-restaurant ; à Citon-Cénac, un gîte d'étape accueille les itinérants de la V80 ; à Lignan-de-Bordeaux, le Bistrot de la Pimpine a pris ses quartiers dans le bâtiment de 1873 ; à Sadirac (km 20), la gare abrite la Maison du patrimoine naturel du Créonnais et ses expositions sur la vallée ; à Créon (km 25,5), l'office de tourisme et la Station Vélo ; à Espiet (km 33), un restaurant champêtre. À Sauveterre enfin, le terminus s'accompagne d'un relais-vélos. (On lit parfois que la gare de Frontenac serait un café : ce n'est pas sourcé — à Frontenac, ce sont les carrières et la commanderie voisine de Sallebruneau qui méritent l'arrêt.) Pour les cyclistes, ces haltes changent tout : on pédale de terrasse en terrasse, sur les quais où l'on chargeait jadis la pierre de Bordeaux.
Roger Lapébie, le champion du Tour 1937
La piste porte le nom de Roger Lapébie, vainqueur du Tour de France 1937 — le premier Tour disputé avec dérailleur — et enfant d'adoption de la Gironde, où il vécut de ses six ans à sa mort, à Pessac, en 1996. Un palmarès et une légende rocambolesque, vérifiés aux sources. Voici l'homme derrière le nom.
De Bayonne à Talence, un Girondin d'adoption
Précision d'état civil d'abord : le champion s'appelait Henri Fernand Lapébie, « dit Roger » — et il n'était pas girondin de naissance. Né à Bayonne le 16 janvier 1911, il grandit à Talence, où sa famille s'installa dès 1917, et mourut à Pessac le 11 octobre 1996 : un Girondin d'adoption, ce qui explique le baptême de la voie verte (Gironde Tourisme le justifie sobrement : « célèbre coureur cycliste girondin, vainqueur du Tour de France 1937 » — la légende selon laquelle il s'entraînait sur la ligne n'est, elle, documentée nulle part). Son palmarès est solide : champion de France sur route 1933, Paris-Nice 1937, deux Critériums nationaux, et neuf étapes du Tour de France — dont cinq lors de la seule édition 1934, où il termina 3e. Le cyclisme était une affaire de famille : son frère cadet Guy Lapébie fut double champion olympique en 1936 et 3e du Tour 1948 ; son fils Christian et son neveu Serge coururent aussi chez les professionnels.
1937 : le premier Tour à dérailleur, et quel Tour !
Sa victoire dans le Tour de France 1937 est doublement historique. D'abord par la technique : c'est le premier Tour disputé avec dérailleur, autorisé cette année-là par Jacques Goddet — fini le démontage de roue pour changer de braquet ; un clin d'œil parfait pour une piste accessible à tous les mollets. Ensuite par le feuilleton : l'édition fut rocambolesque.
Lapébie, pénalisé de 90 secondes pour des poussettes, découvrit avant une étape pyrénéenne sa potence de guidon sciée ; puis, à l'arrivée de la 16e étape à Bordeaux — chez lui —, une pénalité de 15 secondes infligée au maillot jaune belge Sylvère Maes mit le feu aux poudres : dénonçant jets de pierres, passage à niveau fermé et même poivre dans les yeux, toute l'équipe belge se retira, laissant la voie au Français, vainqueur final avec 7 min 17 s d'avance sur l'Italien Mario Vicini. Une victoire à jamais discutée — et à jamais bordelaise. Sa carrière s'acheva en 1939, à l'arrivée de Bordeaux-Paris : percutant un portillon mal refermé au Parc des Princes, rotule fracturée, il échappa de peu à l'amputation. Le nom de la voie verte honore ce destin hors norme.
La Station Vélo pionnière de l'ancienne gare

Dans l'ancienne gare de Créon (1892) fonctionne l'un des tout premiers « Points relais vélo » de France — un projet pilote national né en 1999 et inauguré le 23 juillet 2003 par Bernard Hinault en personne. Location, services, accessibilité exemplaire : voici, vérifié, ce que la Station Vélo offre réellement au visiteur.
Une pionnière inaugurée par Hinault
L'histoire mérite d'être racontée avec exactitude : à la fin des années 1990, Créon fut retenue pour un projet pilote national de « Point relais vélo » (dès 1999), concrétisé par l'équipement de l'ancienne gare et une inauguration en grande pompe le 23 juillet 2003 — par Bernard Hinault, quintuple vainqueur du Tour. Souvent citée comme « la première station vélo de France », elle est plus prudemment « l'une des toutes premières » (aucun label officiel ne tranche le superlatif). La fiche officielle de la Station Vélo, consultée en juillet 2026, précise que la mairie de Créon est propriétaire des lieux et des vélos et qu'Entre-deux-Mers Tourisme gère l'équipement par convention. La station partage la gare avec le bureau d'information touristique, au bord immédiat de la piste — position idéale pour équiper une sortie au débotté. Elle porte les labels Accueil Vélo et Tourisme et Handicap, et anime la vie cyclable locale : vélo-école pour adultes depuis 2018, « Sortie de Piste », « Échappées Créonnaises », Vélonotte, bourse aux vélos.
Louer, gonfler, rouler : les services vérifiés
Côté location, l'offre est remarquablement large : VTC, vélos à assistance électrique, tandems, vélos enfants, remorques et sièges bébé — et, fait rare, une vraie flotte accessible : tricycles, handbikes, vélo-cargo électrique adapté aux fauteuils roulants. Les tarifs publiés par la mairie donnent l'ordre de grandeur : vélo enfant dès 6 €, VTC dès 10 €, VAE dès 17 €, cargo adapté dès 20 € la journée. Précision utile : la station propose un point de gonflage et une mallette d'outils en libre-service, mais pas d'atelier de réparation à demeure — un réparateur indépendant (Évasion Cycles) opère en ville. L'ouverture est saisonnière : 7 j/7 de juin à septembre (9 h-13 h / 14 h-19 h), les week-ends, fériés et vacances en avril-mai et octobre-novembre, fermeture l'hiver — vérifiez avant de venir hors saison. Pour une famille débarquant de Bordeaux en transfert, le scénario est imbattable : dépose à la gare de Créon, location sur place, et la piste s'ouvre à droite comme à gauche.
Préparer sa sortie vélo depuis Créon

Depuis Créon, tout est simple : la piste est plate, l'ancienne gare loue les vélos, les haltes gourmandes s'égrènent d'ancienne gare en ancienne gare, et deux boucles balisées partent vers les vignes. Voici les itinéraires vérifiés, du tour familial d'une heure à la traversée complète — avec l'astuce du retour en transfert.
Trois sorties types, du plus doux au plus long
Sortie famille (1-2 h) : de Créon vers La Sauve (borne 29,5, à 4 km), pour combiner un aller-retour très doux avec la visite de l'abbaye de La Sauve-Majeure et, juste après la halte, le passage du tunnel de 259 m — frisson garanti pour les enfants, l'ouvrage est éclairé. Demi-journée : la descente vers Latresne par la fraîche vallée de la Pimpine (15 km), pauses possibles au Bistrot de la Pimpine (Lignan) et à la Maison du patrimoine naturel (Sadirac), retour dans l'autre sens ou en véhicule. Journée : la traversée vers Sauveterre-de-Guyenne (31,4 km d'étape officielle), par Espiet, les carrières de Frontenac et Saint-Brice, jusqu'à la bastide aux quatre portes — puis retour en transfert privé avec les vélos, la formule qui évite de refaire les kilomètres en sens inverse. S'ajoutent deux boucles balisées documentées par l'office de tourisme : la boucle de Citon-Cénac et la boucle de la bastide de Créon, qui quittent la piste pour les coteaux et les villages.
L'astuce logistique : vélo à l'aller, chauffeur au retour
Le point faible de toute voie verte linéaire est le retour : refaire 25 ou 30 km dans l'autre sens ne tente pas tout le monde, surtout en famille ou après une dégustation. D'où la formule qui fait mouche : l'aller à vélo, le retour en transfert privé — un van jusqu'à 8 places embarque passagers et vélos, depuis Sauveterre, Créon ou n'importe quelle halte de la piste, et vous ramène à Bordeaux ou à votre hébergement à l'heure convenue. L'inverse fonctionne aussi : dépose matinale à Créon avec ou sans vos vélos (la Station Vélo loue sur place, VAE compris), journée sur la piste et dans les villages, et retour souple.
C'est également la solution idéale pour les groupes dépareillés — les cyclistes pédalent, les autres visitent l'abbaye et la bastide, tout le monde se retrouve au restaurant d'une ancienne gare. Notez enfin que le festival cyclo-musical Ouvre la Voix, qui animait la piste chaque début septembre (21e édition en 2025, concours de cri dans le tunnel), est en pause en 2026 — son édition a été annulée par la Rock School Barbey. On surveillera son retour.
| Sortie | Distance | Pour qui / Bon à savoir |
|---|---|---|
| Créon → La Sauve (abbaye + tunnel) | ~4 km (aller) | familles ; abbaye UNESCO + tunnel éclairé de 259 m |
| Créon → Latresne (vallée de la Pimpine) | ~15 km | demi-journée ; haltes bistrot à Lignan, expo à Sadirac |
| Créon → Sauveterre-de-Guyenne | 31,4 km (étape officielle) | journée ; retour possible en van avec les vélos |
| Boucles balisées | Citon-Cénac · bastide de Créon | départ Station Vélo, coteaux et villages |
| Location Station Vélo | VTC dès 10 €, VAE dès 17 €/j | juin-sept 7j/7 ; PMR : tricycles, handbikes, cargo adapté |
Dates, longueurs, superlatifs : ce qu'on lit souvent
Créon et sa voie verte charrient leur lot d'approximations : dates de fondation divergentes, longueurs contradictoires, superlatifs invérifiés. Un guide sérieux tranche sources à l'appui — voici le vrai du faux, en deux volets : la bastide, puis la piste.
Côté bastide : 1315, un sénéchal d'Aquitaine, une église inscrite
La date de fondation d'abord : on lit 1312, 1315 ou 1316 selon les sites. La bonne référence est la charte de coutumes du 1er juin 1315 (le « 1316 » correspond aux confirmations ultérieures — Cour ducale de Bordeaux, puis édit de Westminster). Le titre d'Amaury III de Craon ensuite : les sources disent « sénéchal d'Aquitaine », non « de Guyenne ». L'église Notre-Dame selon sa notice POP, mise à jour en mars 2026, n'est pas « gothique du XIVe siècle » : l'édifice actuel date de 1490 et 1538, et il est inscrit aux Monuments historiques depuis 2002, non « classé » — attention d'ailleurs à la notice Mérimée homonyme d'une autre « église Notre-Dame » girondine qui sème la confusion. La place de la Prévôté a ses arcades sur trois côtés, pas quatre. Et le slogan « pays des 1 000 vignerons », qu'on croise parfois : introuvable dans les sources — l'AOC Entre-deux-Mers fédère environ 300 vignerons. « Capitale de l'Entre-deux-Mers », en revanche, est un surnom au fondement historique documenté : la Grande Prévôté royale et ses 48 paroisses.
Côté piste : le tunnel, les kilomètres et le festival
Sur la voie verte, trois précisions s'imposent. La longueur : ni « 50 » ni « 57 km » tout court — 47 km de voie verte stricte (Latresne-Sauveterre), ~54 km depuis le centre de Bordeaux, 57,5 km depuis la place de la Bourse ; précisez toujours le point de départ. Le tunnel : le seul du parcours est le souterrain de La Sauve (259 m), juste après La Sauve vers Sauveterre — les « tunnels de Lignan ou de Sadirac » qu'on lit parfois n'existent pas. Le statut : la piste est un maillon de la véloroute nationale V80 (« Canal des 2 mers à vélo »), pas un « EuroVelo ».
N'affirmez pas non plus une date d'inauguration unique de la voie verte (elle fut aménagée par étapes, des années 1980 aux années 2000, sur la ligne fermée en 1994), ni que la gare de Frontenac serait un café (non sourcé). Enfin, l'actualité qui change les plans : le festival Ouvre la Voix n'aura pas lieu en 2026 — annulation annoncée par la Rock School Barbey et vérifiée en juillet 2026 en raison notamment des baisses de subventions. Et la Station Vélo est « l'une des toutes premières » de France — le superlatif absolu n'a jamais été tranché par un label officiel.
L'Entre-deux-Mers, le terroir de Créon

Créon est au cœur de l'AOC Entre-deux-Mers, l'appellation de blancs secs créée en 1937 — l'année même du Tour de Lapébie — et dont la vitrine officielle, la Maison des Vins, occupe une grange dîmière du XIVe siècle au pied de l'abbaye de La Sauve, à 4 minutes de la bastide. Voici le terroir, vérifié.
Des blancs secs — et un rouge tout neuf
L'AOC Entre-deux-Mers fut créée par décret le 31 juillet 1937 — savoureuse coïncidence : l'année même où Roger Lapébie remportait son Tour de France, deux icônes de 1937 se partagent donc l'itinéraire. C'est historiquement une appellation de blancs secs : sauvignon en chef de file, sémillon, muscadelle et sauvignon gris, pour des vins vifs et aromatiques, compagnons classiques des huîtres du Bassin. Nouveauté que peu de guides signalent : le rouge y est autorisé depuis août 2023 — le premier millésime (2023) est en vente depuis janvier 2025 ; les rouges du secteur relevaient jusque-là de l'AOC Bordeaux. L'appellation fédère environ 300 vignerons sur le plateau. Autour de Créon, les châteaux familiaux ponctuent les coteaux, et les boucles balisées à vélo passent littéralement dans les rangs de vigne : l'œnotourisme se pratique ici en pédalant — avec modération pour qui tient le guidon, ou en toute liberté pour qui a un chauffeur.
La Maison des Vins, dans une grange dîmière
La halte œnotouristique de référence est la Maison des Vins de l'Entre-deux-Mers, à La Sauve — c'est-à-dire à 3,6 km et 4 minutes de Créon, au pied de l'abbaye. Le lieu vaut à lui seul la visite : une grange dîmière abbatiale du XIVe siècle, où les moines de La Sauve-Majeure engrangeaient la dîme, aujourd'hui vitrine des 240 vignerons et 1 500 hectares de l'appellation. On y déguste — formule vérifiée : trois vins commentés pour 65 € —, on y achète à prix de propriété, et l'exposition « Moines et vins au Moyen Âge » relie l'histoire monastique au verre que l'on tient. Le combo idéal d'une après-midi : l'abbaye UNESCO, la grange dîmière, puis un château du Créonnais sur rendez-vous. C'est là que le transfert privé prend tout son sens : on déguste sans compter ni conduire, le chauffeur enchaîne les étapes, et les cartons voyagent dans le coffre. Les horaires de la Maison des Vins et des domaines, variables, sont à confirmer avant la visite.
| Le vin autour de Créon | Détail (d'après les sources) |
|---|---|
| Appellation | AOC Entre-deux-Mers, décret du 31 juillet 1937 (l'année du Tour de Lapébie) |
| Couleurs | blancs secs historiques ; rouge autorisé depuis 2023 (1er millésime en vente 2025) |
| Cépages blancs | sauvignon (majoritaire), sémillon, muscadelle, sauvignon gris |
| Ampleur | ~300 vignerons ; vitrine de 240 vignerons / 1 500 ha à la Maison des Vins |
| Où déguster | Maison des Vins (grange dîmière XIVe, La Sauve, 3 vins 5 €) · châteaux sur RDV |
Que faire à Créon ?
À Créon, on fait le marché du mercredi sous les arcades, on loue un vélo à l'ancienne gare pour la voie verte Roger-Lapébie, on visite l'abbaye UNESCO de La Sauve-Majeure à 4 minutes, on déguste à la Maison des Vins et l'on pousse jusqu'à Sadirac, le village des potiers. Voici, concrètement, les activités réelles et vérifiées — dans la bastide et à ses portes immédiates.
- Le marché du mercredi matin — 8 h-13 h, place de la Prévôté, ~100 commerçants : le marché accordé par la charte de 1315, 7e marché de Gironde
- La bastide à pied — place à arcades, carreyras et carreyrous, église Notre-Dame (1490-1538, inscrite MH)
- La Station Vélo — location VTC/VAE/tandems/vélos adaptés dans l'ancienne gare (dès 6-65 €/j, juin-sept 7j/7)
- La voie verte Roger-Lapébie — vers La Sauve et son tunnel (4 km), Latresne (15 km) ou Sauveterre (31 km)
- L'abbaye de La Sauve-Majeure — à 3,6 km (4 min) : ruines romanes UNESCO, 80+ chapiteaux, clocher panoramique (CMN)
- La Maison des Vins de l'Entre-deux-Mers — grange dîmière XIVe à La Sauve : dégustation 3 vins commentés 5 €
- La Maison de la Poterie de Sadirac — à 10 min : 200+ céramiques du XIVe au XIXe, entrée gratuite (mar-sam 14 h-18 h)
Un mercredi idéal dans la bastide
Le scénario parfait commence un mercredi matin : le marché bat son plein sous et autour des arcades — une centaine de commerçants, les producteurs du plateau, l'ambiance d'une institution née avec la ville en 1315. On flâne ensuite dans le damier : les carreyras rectilignes, l'église Notre-Dame et ses dates gravées (1490 au portail, 1538 au chevet), les façades anciennes de la place de la Prévôté, un café en terrasse sous les couverts. L'après-midi bascule côté nature et patrimoine : l'abbaye de La Sauve-Majeure — fondée en 1079, classée UNESCO au titre des chemins de Compostelle, gérée par le Centre des monuments nationaux — n'est qu'à 4 minutes ; on y grimpe au clocher pour le panorama sur tout l'Entre-deux-Mers, avant la Maison des Vins voisine pour la dégustation commentée. Retour par Créon, ou détour par Sadirac (10 minutes), village potier depuis l'Antiquité — au XVIIIe siècle, on y comptait « au moins un potier dans chaque famille » —, dont la Maison de la Poterie, gratuite, expose plus de 200 céramiques issues des fouilles locales.
Une journée à vélo, clé en main
L'autre visage d'une journée créonnaise est cyclable. On se fait déposer à l'ancienne gare — la Station Vélo équipe tout le monde, du VAE au tandem, jusqu'aux handbikes et au cargo adapté aux fauteuils (labels Accueil Vélo et Tourisme et Handicap) — et l'on choisit son programme : l'aller-retour familial vers La Sauve et son tunnel de 259 m ; la vallée de la Pimpine vers Latresne, de bistrot d'ancienne gare en maison du patrimoine ; ou la grande traversée vers Sauveterre-de-Guyenne (31,4 km), avec retour en van, vélos chargés. Les boucles balisées de Citon-Cénac et de la bastide ajoutent les coteaux et les villages au menu. En chemin, tout est prétexte à halte : une dégustation à la Maison des Vins, un déjeuner au restaurant de l'ancienne gare d'Espiet, les carrières de Frontenac dont la pierre a bâti Bordeaux. C'est le slow tourisme dans sa version girondine la plus aboutie — plat, sûr, gourmand — à une demi-heure de Bordeaux. Les horaires saisonniers de la Station Vélo sont à vérifier avant de venir.
| Activité | Où / Quand | Bon à savoir |
|---|---|---|
| Marché de la bastide | pl. de la Prévôté, mercredi 8h-13h | ~100 commerçants ; petit marché le samedi |
| Location de vélos | Station Vélo (ancienne gare) | VAE dès 17 €/j ; PMR ; juin-sept 7j/7 |
| Voie verte Roger-Lapébie | borne 25,5, au pied de la gare | La Sauve à 4 km, Sauveterre à 31 km |
| Abbaye de La Sauve-Majeure | 3,6 km / 4 min | UNESCO, CMN ; clocher panoramique |
| Maison des Vins / Poterie de Sadirac | 4 min / 10 min | 3 vins 5 € · musée gratuit mar-sam 14h-18h |
Que voir autour de Créon ?

Autour de Créon, tout est proche : l'abbaye UNESCO de La Sauve-Majeure à 4 minutes, Sadirac le village des potiers à 10, Targon et le Haut-Benauge à 12, la bastide de Sauveterre à 28 — et Bordeaux à une demi-heure. Voici les excursions vérifiées, avec les vraies distances routières.
La Sauve-Majeure, la grande voisine UNESCO
Impossible de visiter Créon sans pousser jusqu'à l'abbaye de La Sauve-Majeure, à 3,6 km (4 minutes de route, ou une vingtaine à vélo par la piste) : fondée en 1079 par Gérard de Corbie avec le soutien du duc d'Aquitaine, ce chef-d'œuvre roman en ruines — classé UNESCO en 1998 au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle — aligne plus de 80 chapiteaux sculptés et offre, du haut de son clocher du XIIIe siècle, un panorama sur tout l'Entre-deux-Mers. Le site est géré par le Centre des monuments nationaux. L'ironie de l'histoire fait sourire : la bastide de Créon fut précisément fondée, en 1315, pour concurrencer la puissante abbaye — jusqu'au choix du mercredi de marché contre le mardi des moines. Sept siècles plus tard, les deux rivales composent le plus beau tandem de visite du plateau, reliées par quatre kilomètres de voie verte. À leurs pieds, la Maison des Vins dans la grange dîmière ferme la boucle — pierre, histoire et dégustation en un après-midi.
Sadirac, Targon, Sauveterre : le plateau en étoile
Les autres excursions s'égrènent en étoile. À Sadirac (6,7 km, 10 minutes), c'est l'argile qui raconte l'histoire : village potier depuis l'Antiquité, il conserve dans son ancienne gare la Maison du patrimoine naturel et, au bourg, la Maison de la Poterie — musée gratuit riche de 200 céramiques du XIVe au XIXe siècle, doublé d'ateliers céramiques. À Targon (9,4 km, 12 minutes), l'église fortifiée Saint-Romain et les ruines templières de Montarouch gardent le cœur du plateau, aux portes du Haut-Benauge viticole. À Sauveterre-de-Guyenne (26,4 km par la route, ou 31,4 km de piste), la bastide de 1281 et ses quatre portes classées marquent le terminus de la voie verte. Et Bordeaux n'est qu'à 26 km : on peut loger en ville et vivre l'Entre-deux-Mers à la journée. Un chauffeur privé qui connaît le secteur compose l'itinéraire à la carte — abbaye, poterie, bastides, dégustations — sans souci de conduite ni de stationnement ; et si une partie du groupe pédale, il assure la jonction, vélos compris.
Quand visiter Créon ?
Créon se visite toute l'année, mais la voie verte donne le tempo : de mai à septembre, la Station Vélo tourne à plein régime et la piste est un bonheur — avec le mercredi, jour de marché, comme meilleur jour de la semaine. Le printemps (avril-juin) est idéal : vignes d'un vert tendre, sous-bois frais de la vallée de la Pimpine, location de vélos ouverte (week-ends en avril-mai, puis tous les jours), terrasses sous les arcades. L'été (juillet-août) est la pleine saison cyclable : la station ouvre 7 j/7, les haltes des anciennes gares tournent à plein, et l'ombre du damier comme le tunnel de La Sauve offrent des refuges de fraîcheur aux heures chaudes. L'automne (septembre-octobre) a la faveur des connaisseurs : vendanges dans l'Entre-deux-Mers, lumière dorée sur la piste, affluence en baisse — et la station encore ouverte les week-ends jusqu'en novembre.
L'hiver, la Station Vélo ferme, mais la bastide vit toujours : le marché du mercredi ne s'interrompt pas — il ne s'est guère interrompu depuis 1315 —, l'abbaye de La Sauve-Majeure se visite dans une belle lumière rasante, et la piste reste ouverte aux marcheurs et aux cyclistes équipés. Quelle que soit la saison, le mercredi reste le jour roi : marché le matin, abbaye et Maison des Vins l'après-midi, c'est la journée créonnaise parfaite. Comptez une demi-journée pour la bastide seule, une journée pleine avec le vélo ou les visites voisines, un week-end pour la traversée complète de la voie verte avec nuit à Sauveterre et retour véhiculé. À 30 minutes de Bordeaux, Créon est l'échappée verte la plus simple de la métropole — quatre saisons sur douze mois.
| Saison | Ambiance | Idéal pour |
|---|---|---|
| Printemps (avril-juin) | vignes tendres, Pimpine fraîche | vélo, abbaye, marché du mercredi |
| Été (juil.-août) | station 7j/7, haltes animées | famille, tunnel, journées complètes |
| Automne (sept.-oct.) | vendanges, lumière dorée | œnotourisme, boucles des coteaux |
Rejoindre Créon depuis Bordeaux

Créon est à environ 26 km de Bordeaux, soit environ 40 minutes de route — ou 23 km de piste cyclable plate et sécurisée pour les cyclistes. C'est la destination d'excursion la plus accessible de l'Entre-deux-Mers. Il n'y a pas de gare ferroviaire en service : le transfert privé ou le vélo sont les deux belles façons d'arriver.
| Trajet | Distance | Durée | Détail |
|---|---|---|---|
| Bordeaux → Créon | ~26 km | ~30 min | dès ~65 € en VTC |
| Aéroport Bordeaux-Mérignac → Créon | ~35 km | ~40 min | prise en charge au terminal |
| Bordeaux → Créon à vélo (piste) | 23 km | ~1 h 30 | 95 m de dénivelé cumulé seulement |
| Créon → La Sauve-Majeure (abbaye) | ~3,6 km | ~4 min | UNESCO, à 4 km par la voie verte aussi |
Par la route, Créon est à une petite demi-heure de Bordeaux — l'excursion la plus simple du plateau. À vélo, l'étape officielle Bordeaux–Créon de la V80 fait 23 km pour 95 m de dénivelé cumulé : l'une des arrivées les plus douces de France, par les quais rive droite puis la vallée de la Pimpine. La ligne ferroviaire ayant fermé aux voyageurs en 1951, il n'y a pas de train : c'est tout l'intérêt du transfert privé, qui vous prend en charge à l'aéroport, à la gare Saint-Jean ou à votre hôtel et vous dépose de porte à porte — à la place de la Prévôté pour le marché, à l'ancienne gare pour louer les vélos, ou directement à l'abbaye de La Sauve-Majeure. Le chauffeur enchaîne ensuite vos étapes (Maison des Vins, Sadirac, Targon, Sauveterre...) et assure, si besoin, le fameux retour avec les vélos depuis n'importe quelle halte de la piste. Pour une journée entre bastide, abbaye et voie verte — a fortiori avec dégustations —, c'est la formule la plus souple et la plus reposante.
Que ce soit pour le marché du mercredi, une journée de vélo en famille sur la voie verte Roger-Lapébie ou le tandem abbaye-dégustation, réserver un chauffeur privé garantit un trajet confortable et ponctuel — réserver un chauffeur Bordeaux → Créon ou explorer toutes nos destinations.
Questions fréquentes
Où se situe Créon ?
Créon est une bastide médiévale de la Gironde, à environ 26 km à l'est de Bordeaux (40 minutes de route), au cœur de l'Entre-deux-Mers dont elle est surnommée la « capitale » — un titre au fondement historique réel, puisqu'elle fut le siège de la Grande Prévôté royale, dont la juridiction couvrait 48 paroisses jusqu'à la Révolution. La ville, de 4 950 habitants (2023), relève de l'arrondissement de Bordeaux et donne son nom à la communauté de communes du Créonnais. Elle est aussi le grand carrefour cyclable du département : la voie verte Roger-Lapébie passe à sa borne 25,5, et son ancienne gare abrite l'une des toutes premières stations vélo de France. L'abbaye UNESCO de La Sauve-Majeure est à 4 minutes, Sadirac à 10, Sauveterre-de-Guyenne à 28. Il n'y a pas de gare ferroviaire en service : transfert privé ou vélo par la piste (23 km depuis Bordeaux) sont les deux accès.
Combien coûte un transfert de Bordeaux à Créon ?
Nous assurons le transfert Bordeaux → Créon à prix fixe, dès environ 72 € pour l'aller (environ 26 km, environ 40 minutes de route), en berline Mercedes ou van jusqu'à 8 places, avec chauffeur professionnel. Le trajet est direct, de porte à porte : prise en charge à l'aéroport, à la gare Saint-Jean ou à votre hôtel bordelais, et dépose place de la Prévôté, à la Station Vélo de l'ancienne gare ou à l'abbaye de La Sauve-Majeure. Le devis, fixe, est communiqué et confirmé par écrit avant le départ, sans surprise au compteur. Le van permet aussi d'embarquer les vélos : c'est la formule idéale pour l'aller pédalé / retour véhiculé sur la voie verte, ou pour récupérer un groupe à Sauveterre en fin de traversée. À plusieurs, c'est souvent la solution la plus simple et la plus économique pour rejoindre la bastide et sa piste.
Qui a fondé la bastide de Créon, et quand ?
Créon fut fondée par Amaury III de Craon, sénéchal d'Aquitaine — c'est-à-dire le plus haut représentant du roi d'Angleterre Édouard II, duc d'Aquitaine, dont il était cousin issu de germain. La charte de coutumes est datée du 1er juin 1315 : c'est la date de fondation à retenir (elle fut ensuite authentifiée par la Cour ducale de Bordeaux le 9 mars 1316, puis confirmée par un édit de Westminster — d'où le « 1316 » qu'on lit parfois). Issu de la puissante Maison de Craon, en Anjou, Amaury donna son patronyme à la ville neuve : « Craon » devint « Créon » — l'une des rares communes françaises à porter le nom de son fondateur. La charte accordait franchises, un marché hebdomadaire fixé au mercredi (pour concurrencer le mardi de l'abbaye voisine de La Sauve-Majeure) et six foires annuelles. Le plan en damier, la place à arcades et le marché du mercredi perpétuent ce projet urbain de 1315.
Qu'est-ce que la voie verte Roger-Lapébie ?
C'est la grande piste cyclable de la Gironde, aménagée par le Département sur l'ancienne voie ferrée de l'Entre-deux-Mers (ligne de Bordeaux-Benauge à La Sauvetat-du-Dropt, ouverte en 1873, fermée définitivement en 1994). La voie verte proprement dite court de Latresne à Sauveterre-de-Guyenne sur 47 km ; comptez environ 54 km depuis le centre de Bordeaux, ou 57,5 km depuis la place de la Bourse selon le guide officiel. Revêtue d'un enrobé lisse, quasiment plate (95 m de dénivelé cumulé entre Bordeaux et Créon), réservée aux circulations douces, elle est le maillon girondin de la véloroute nationale V80 « Canal des 2 mers à vélo » (Royan-Sète). Ses anciennes gares reconverties (café à Latresne, bistrot à Lignan, expositions à Sadirac, restaurant à Espiet), son tunnel éclairé de 259 m après La Sauve et ses trois joyaux médiévaux — Créon, l'abbaye de La Sauve-Majeure, Sauveterre — en font l'une des plus belles voies vertes de France. Elle honore Roger Lapébie, vainqueur du Tour 1937.
Qui était Roger Lapébie ?
Henri Fernand Lapébie, dit Roger (1911-1996), fut l'un des grands coureurs français de l'entre-deux-guerres — et un Girondin d'adoption : né à Bayonne, installé à Talence dès ses six ans, mort à Pessac. Son palmarès : champion de France sur route 1933, Paris-Nice 1937, neuf étapes du Tour de France (dont cinq en 1934, année de sa 3e place) et surtout la victoire finale au Tour de France 1937 — le premier Tour disputé avec dérailleur. Une édition rocambolesque : pénalisé pour poussettes, victime d'une potence de guidon sciée, il vit toute l'équipe belge se retirer après une pénalité infligée au maillot jaune Sylvère Maes à Bordeaux, et s'imposa avec 7 min 17 s d'avance. Sa carrière s'acheva en 1939 sur une rotule fracturée à l'arrivée de Bordeaux-Paris. Son frère Guy fut double champion olympique en 1936 et 3e du Tour 1948. La voie verte de l'Entre-deux-Mers porte son nom en hommage au champion girondin.
Peut-on louer des vélos à Créon ?
Oui — c'est même l'une des spécialités de la ville. La Station Vélo de Créon, installée dans l'ancienne gare de 1892 avec le bureau d'information touristique, est l'une des toutes premières stations vélo de France : née d'un projet pilote national en 1999, elle fut inaugurée le 23 juillet 2003 par Bernard Hinault. La mairie est propriétaire des lieux et des vélos. À la location : VTC, vélos à assistance électrique, tandems, vélos enfants, remorques — et une flotte accessible rare (tricycles, handbikes, vélo-cargo électrique adapté aux fauteuils roulants), avec les labels Accueil Vélo et Tourisme et Handicap. Ordres de prix publiés par la mairie : vélo enfant dès 6 €, VTC dès 10 €, VAE dès 17 €, cargo adapté dès 20 € la journée. Sur place : gonflage et mallette d'outils en libre-service (pas d'atelier de réparation à demeure). Ouverture saisonnière : 7 j/7 de juin à septembre, week-ends et vacances en avril-mai et octobre-novembre, fermeture l'hiver.
Que faire à Créon ?
Le programme type mêle bastide et vélo. Côté bastide : le marché du mercredi matin (8 h-13 h, ~100 commerçants, le marché accordé par la charte de 1315), la place de la Prévôté et ses arcades, les carreyras du damier, l'église Notre-Dame (gothique flamboyant daté 1490-1538, inscrite aux Monuments historiques). Côté vélo : location à la Station Vélo de l'ancienne gare, puis la voie verte Roger-Lapébie — aller-retour familial vers La Sauve et son tunnel de 259 m, descente de la vallée de la Pimpine vers Latresne, ou traversée vers Sauveterre-de-Guyenne (31,4 km). À 4 minutes : l'abbaye UNESCO de La Sauve-Majeure (80+ chapiteaux, clocher panoramique) et la Maison des Vins de l'Entre-deux-Mers dans sa grange dîmière (3 vins commentés 5 €). À 10 minutes : Sadirac, village potier, et sa Maison de la Poterie gratuite. De quoi remplir une journée pleine — ou un week-end avec la traversée complète de la piste.
Quel jour a lieu le marché de Créon ?
Le grand marché se tient le mercredi matin, de 8 h à 13 h, sur la place de la Prévôté et les rues adjacentes : une centaine de commerçants, avec priorité aux producteurs locaux — la Fédération des bastides d'Aquitaine le donne comme le 7e marché de Gironde. Sa longévité est exceptionnelle : la charte de fondation de 1315 accordait déjà un marché hebdomadaire fixé au mercredi, très précisément pour concurrencer le marché du mardi de l'abbaye de La Sauve-Majeure — une guerre commerciale médiévale dont le calendrier garde la trace plus de 700 ans après. Un second rendez-vous, plus modeste (une dizaine d'exposants), anime la place le samedi matin — à ne pas confondre avec le grand marché. Si vous ne devez venir qu'une fois à Créon, choisissez donc le mercredi : marché le matin, abbaye de La Sauve-Majeure et Maison des Vins l'après-midi — la journée créonnaise parfaite, à 30 minutes de Bordeaux.
Y a-t-il un tunnel sur la voie verte Roger-Lapébie ?
Oui, un seul — et il vaut le détour : le souterrain de La Sauve, long de 259 mètres, percé pour le chemin de fer au XIXe siècle, situé juste après la halte de La Sauve en direction de Sauveterre. Il est éclairé et se franchit sans difficulté ; pour les enfants, c'est souvent le grand frisson de la sortie. On lit parfois « tunnel de Lignan » ou « tunnel de Sadirac » : c'est inexact, aucune source ne place de tunnel ailleurs qu'après La Sauve. L'ouvrage a même son folklore : lors du festival cyclo-musical Ouvre la Voix, il servait de salle au « grand concours de cri », profitant d'une acoustique hors norme (le festival est en pause en 2026, son édition ayant été annulée par la Rock School Barbey). Depuis Créon, le tunnel est à environ 5 km par la piste : l'aller-retour, combiné à la visite de l'abbaye de La Sauve-Majeure, compose la sortie familiale idéale — plate, ombragée et spectaculaire.
Peut-on aller de Bordeaux à Créon à vélo ?
Oui, et c'est l'une des plus belles approches : l'étape officielle Bordeaux–Créon de la V80 « Canal des 2 mers à vélo » fait 23 km, avec seulement 95 m de dénivelé cumulé (point culminant à 98 m) — un profil idéal pour les familles. L'itinéraire suit les quais rive droite, rejoint le début de la voie verte à Latresne (km 10,5), puis remonte la fraîche vallée de la Pimpine par Lignan-de-Bordeaux et Sadirac, jusqu'à l'ancienne gare de Créon et sa Station Vélo. Comptez environ 1 h 30 à allure tranquille, sur enrobé lisse et sans voitures à partir de Latresne. Beaucoup de visiteurs combinent : l'aller à vélo le matin, le marché ou l'abbaye à midi, puis le retour en transfert privé avec les vélos — un van jusqu'à 8 places embarque cyclistes et montures depuis Créon ou toute halte de la piste. L'inverse fonctionne aussi : dépose à Créon, location sur place, et journée à la carte sur la piste.
Que voir autour de Créon ?
Tout est proche. À 3,6 km (4 minutes), l'abbaye de La Sauve-Majeure — fondée en 1079, classée UNESCO au titre des chemins de Compostelle, gérée par le CMN — et, à ses pieds, la Maison des Vins de l'Entre-deux-Mers dans sa grange dîmière du XIVe siècle. À 6,7 km (10 minutes), Sadirac, village potier depuis l'Antiquité, sa Maison de la Poterie gratuite (200+ céramiques) et la Maison du patrimoine naturel dans l'ancienne gare. À 9,4 km (12 minutes), Targon, son église fortifiée et les ruines templières de Montarouch. À 26,4 km (28 minutes) — ou 31,4 km par la piste —, Sauveterre-de-Guyenne, la bastide de 1281 aux quatre portes classées, terminus de la voie verte. Bordeaux enfin n'est qu'à 26 km : on peut loger en ville et rayonner à la journée. Un chauffeur privé compose l'itinéraire à la carte entre ces étapes, et assure au besoin la logistique des vélos.
L'église de Créon est-elle classée ?
Elle est inscrite au titre des Monuments historiques — depuis le 16 avril 2002, en totalité (notice Mérimée PA00083530) —, ce qui est un niveau de protection réel mais distinct du classement. Attention d'ailleurs, en cherchant la notice, à ne pas la confondre avec une église Notre-Dame homonyme d'une autre commune girondine. L'édifice actuel n'est pas contemporain de la fondation de 1315 : une première église (1316-1320) l'a précédé, et ce que l'on voit relève du gothique tardif et flamboyant, bâti entre la fin du XVe et le XVIe siècle. Deux dates sont gravées dans la pierre — 1490 sur le portail occidental, 1538 sur le chevet — avec la signature du maître maçon Marsault Roux, rare exemple d'artisan ayant « signé » son chantier. Nef unique de cinq travées voûtée d'ogives, abside pentagonale, portail en accolade sous clocher-porche du XVIIe : un beau témoin du gothique de bastide, à voir en flânant depuis la place de la Prévôté.
Qu'est-ce que le festival Ouvre la Voix ?
Ouvre la Voix est le festival cyclo-musical itinérant de la Rock School Barbey : chaque début septembre, concerts et animations s'égrenaient le long de la voie verte Roger-Lapébie, avec des étapes à Créon, Sauveterre, Latresne, Sadirac et Bordeaux — en grande partie gratuit (la tête d'affiche 2025, Dominique A aux Arcades de Créon, était payante), avec navettes entre Créon et Sauveterre le samedi et l'insolite « grand concours de cri » disputé dans le tunnel de La Sauve. La 21e édition s'est tenue du 5 au 7 septembre 2025. Information importante pour vos plans : l'édition 2026 a été officiellement annulée par la Rock School Barbey (baisses de subventions et contexte électoral) — le festival est donc en pause, et son retour reste à surveiller. La voie verte, elle, se parcourt évidemment toute l'année, et les haltes des anciennes gares restent le meilleur du parcours, festival ou pas.
Quelle distance entre Bordeaux et Créon ?
Environ 26 km par la route (26,1 km mesurés depuis le centre), soit environ 40 minutes de trajet — Créon est l'excursion la plus accessible de l'Entre-deux-Mers. À vélo, l'étape officielle de la V80 fait 23 km par les quais et la voie verte, quasiment plate. En chauffeur privé, le tarif est fixe et communiqué à l'avance, à partir d'environ 65 € pour l'aller — van possible pour embarquer les vélos. Il n'y a pas de train : la ligne ferroviaire de l'Entre-deux-Mers a fermé aux voyageurs en 1951 (et définitivement en 1994), c'est précisément son emprise que la voie verte occupe. Le transfert privé est donc la solution porte à porte : dépose au marché, à la Station Vélo ou à l'abbaye de La Sauve-Majeure, enchaînement des étapes à la carte (Maison des Vins, Sadirac, Targon, Sauveterre), et retour à Bordeaux à l'heure convenue — vélos chargés si besoin.
Quand visiter Créon ?
La belle saison donne le tempo : de mai à septembre, la Station Vélo tourne à plein (7 j/7 de juin à septembre), la piste est un bonheur et les haltes des anciennes gares sont ouvertes. Le printemps offre les vignes tendres et la fraîcheur de la vallée de la Pimpine ; l'été, les refuges d'ombre du damier et du tunnel ; l'automne, les vendanges et une lumière dorée sur les coteaux — la station reste ouverte les week-ends jusqu'en novembre. L'hiver, la location ferme, mais la bastide vit : le marché du mercredi ne s'interrompt pas (il ne s'est guère interrompu depuis 1315), et l'abbaye de La Sauve-Majeure se visite toute l'année. Le meilleur jour reste le mercredi : marché le matin, abbaye et Maison des Vins l'après-midi. Comptez une demi-journée pour la bastide, une journée avec le vélo, un week-end pour la traversée complète de la voie verte avec retour véhiculé depuis Sauveterre.
La voie verte est-elle adaptée aux personnes à mobilité réduite ?
Oui, remarquablement — c'est l'un des points forts vérifiés de la destination. La voie verte elle-même est revêtue d'un enrobé lisse, quasiment plate (l'étape Bordeaux–Créon ne cumule que 95 m de dénivelé), sans voitures, et officiellement ouverte aux personnes à mobilité réduite comme aux piétons et aux rollers. Surtout, la Station Vélo de Créon dispose d'une flotte adaptée rare en France : tricycles, handbikes et même un vélo-cargo électrique adapté au transport de fauteuils roulants (dès 65 € la journée), le tout labellisé Tourisme et Handicap — en plus du label Accueil Vélo. La station propose aussi une vélo-école pour adultes depuis 2018. Combiné à un transfert privé porte à porte depuis Bordeaux (van accessible aux bagages et matériels), cela fait de la voie verte Roger-Lapébie l'une des sorties nature les plus inclusives de la région — abbaye de La Sauve-Majeure et dégustation à la grange dîmière comprises.
Pour aller plus loin
- L'abbaye rivale devenue complice : voir le Guide de l'abbaye de La Sauve-Majeure (chef-d'œuvre roman UNESCO à 4 minutes)
- Le terminus de la piste : voir le Guide de Sauveterre-de-Guyenne (la bastide aux quatre portes, au bout des 57,5 km)
- Le village templier voisin : voir le Guide de Targon (église fortifiée et commanderie de Montarouch, à 12 minutes)
- Comprendre nos tarifs et véhicules : voir la page Réserver un chauffeur (berline & van 8 places, vélos acceptés, devis fixe)
- Organiser le trajet : réserver un chauffeur privé Bordeaux → Créon ou explorer toutes nos destinations
Sources et références
- Wikipédia — Créon (Gironde) — bastide fondée en 1315 par Amaury III de Craon, sénéchal d'Aquitaine pour Édouard II ; charte du 1er juin 1315 ; 4 950 hab. (2023) ; pillée v. 1337-38, fortifiée 1342-51 ; station vélo inaugurée en 2003 par Bernard Hinault
- Gironde Tourisme — La Station Vélo de Créon & la piste Roger-Lapébie — guide officiel de la voie verte (bornes km, gares reconverties, tunnel après La Sauve), Roger Lapébie « vainqueur du Tour de France 1937 », station « l'une des premières de France »
- France Vélo Tourisme — Bordeaux/Créon — étape officielle de 23 km du Canal des 2 mers à vélo
- France Vélo Tourisme — Créon/Sauveterre — étape officielle de 31 km sur voie cyclable
- Wikipédia — Ligne de Bordeaux-Benauge à La Sauvetat-du-Dropt — ligne ouverte en 1873, voyageurs jusqu'en 1951, cimenterie d'Espiet jusqu'en 1987, fermeture 1994 ; souterrain de La Sauve (259 m)
- Wikipédia — Roger Lapébie — Henri Fernand dit Roger Lapébie (Bayonne 1911 – Pessac 1996), vainqueur du Tour 1937 (premier Tour à dérailleur), champion de France 1933, Paris-Nice 1937, 9 étapes du Tour
- Mairie de Créon — marchés — marché du mercredi 8h-13h et animation du samedi
- Mairie de Créon — Station Vélo — gestion, services, horaires et tarifs publiés
- POP Mérimée — Église Notre-Dame de Créon — église gothique flamboyant (1490 portail – 1538 chevet, maître maçon Marsault Roux), inscrite MH en totalité le 16 avril 2002
- Rock School Barbey — annulation d'Ouvre la Voix 2026 — le festival cyclo-musical de la voie verte (21e édition du 5 au 7 septembre 2025) n'aura pas lieu en 2026
Informations et agenda vérifiés le .
En route pour la bastide et la voie verte
Transfert direct depuis Bordeaux (~30 min) vers Créon — le marché de la bastide, la Station Vélo de l'ancienne gare ou l'abbaye de La Sauve-Majeure. Van 8 places, vélos embarqués, retour depuis n'importe quelle halte de la piste. Devis fixe écrit, sans surprise au compteur.




