Eauze, capitale de l'Armagnac

La capitale de l'Armagnac et la capitale antique de la Novempopulanie : le trésor gallo-romain de 28 054 monnaies, la domus de Cieutat, la cathédrale bâtie avec les briques d'Elusa et les chais du Bas-Armagnac — à environ 1h58 de Bordeaux.

5,0 · 40 avis Google~146 km · 1h58 de Bordeaux26 min de lecture
Repères

Eauze en un coup d'œil

Eauze est la capitale de l'Armagnac : une petite ville du Gers, en Gascogne, héritière de l'antique Elusa — capitale romaine de la province de Novempopulanie — et gardienne d'un trésor gallo-romain de 28 054 monnaies, exposé sur place au musée du Trésor. Située au cœur du Bas-Armagnac, le cru le plus réputé de l'eau-de-vie gasconne, la ville abrite le siège de l'interprofession (le BNIA) et vit au rythme de la vigne, des marchés et des fêtes. On y vient pour l'archéologie — la domus de Cieutat, le musée du Trésor, la villa de Séviac toute proche, réunis dans l'ensemble « Elusa Capitale antique » —, pour la cathédrale Saint-Luperc, bâtie avec les briques de la ville romaine, et pour l'art de vivre gascon, entre férias de juillet et marché au gras d'hiver.

À environ 1h58 de Bordeaux, voici une capitale méconnue et passionnante, que ce guide vous fait découvrir, faits vérifiés à l'appui.

Voici les repères essentiels avant de partir. Les distances sont recalculées porte-à-porte depuis Bordeaux ; le tarif indiqué correspond à une réservation de chauffeur privé, à prix fixe communiqué à l'avance, sans surprise au compteur quels que soient le trafic ou les arrêts en chemin.

RepèreDétail
DépartementGers (32), Occitanie · arrondissement de Condom
Titrecapitale de l'Armagnac · ville principale du Bas-Armagnac
AntiquitéElusa, capitale de la Novempopulanie (Bas-Empire)
Rivièrela Gélise (affluent de la Baïse)
Population4 108 habitants (INSEE 2023)
Distance depuis Bordeauxenviron 146 km · environ 1h58 de route

Un mot de repère d'emblée, pour situer Eauze. La ville est dans le Gers (32), en Occitanie, dans l'arrondissement de Condom, dont elle est l'un des pôles (elle est aujourd'hui bureau centralisateur du canton d'Armagnac-Ténarèze). Elle compte 4 108 habitants (INSEE 2023) — en croissance, fait notable pour une petite ville rurale — que l'on appelle les Élusates, du nom de la cité antique. Son titre officiel, revendiqué par la ville elle-même : « capitale de l'Armagnac et capitale antique ». Chaque information de ce guide s'appuie sur des sources vérifiables — Wikipédia, base Mérimée, INSEE, INAO/BNIA, sites officiels —, citées en fin d'article, et nous signalons au passage les idées reçues à écarter (non, le trésor n'est pas fait de pièces d'or ; non, Eauze n'est pas une bastide).

On passe ici en revue tout ce qu'il faut savoir : la situation d'Eauze dans le Gers et le Bas-Armagnac, Elusa la capitale antique et ses Élusates, le trésor d'Eauze et ses 28 054 monnaies, la cathédrale Saint-Luperc et son étonnante histoire, la vieille ville et le souvenir de la reine Margot, l'Armagnac et ses sables fauves, que faire à Eauze concrètement (marchés, férias, voie verte), les alentours (Barbotan-les-Thermes, Montréal-du-Gers, Larressingle), la meilleure saison pour venir, et la façon la plus simple de s'y rendre depuis Bordeaux — le tout sourcé et vérifié.


Situation

Où se situe Eauze ?

Clocher de la cathédrale Saint-Luperc au-dessus d'Eauze
Eauze, capitale de l'Armagnac, et le clocher de la cathédrale Saint-Luperc.

Eauze se situe dans l'ouest du département du Gers (32), en région Occitanie, au cœur de la Gascogne et du Bas-Armagnac, sur la petite rivière Gélise. La ville occupe le centre d'un pays de collines douces, de vignes, de chênaies et de fermes à colombier — le Bas-Armagnac, à cheval sur l'ouest du Gers et l'est des Landes. La Gélise, qui draine la commune, file vers le nord rejoindre la Baïse à Lavardac : Eauze appartient ainsi, par ses eaux, au même bassin que Condom et Nérac. Positionnée entre Condom (au nord-est), Nogaro (au sud-ouest) et la station thermale de Barbotan-les-Thermes (à ~18 km à l'ouest), à environ 1h58 de Bordeaux par l'autoroute A65, Eauze est la porte d'entrée occidentale de la Gascogne gersoise — un pays rural, préservé et gourmand, où l'histoire antique affleure sous les vignes.

La capitale de l'Armagnac

Le titre n'est pas usurpé : Eauze est officiellement reconnue comme la capitale de l'Armagnac — c'est ainsi que la ville se présente — et elle est la ville principale du Bas-Armagnac, le cru occidental de l'appellation. La confirmation institutionnelle est là : le BNIA, le Bureau national interprofessionnel de l'Armagnac, siège à Eauze, à la Maison du Vignoble Gascogne Armagnac, route de Manciet. C'est donc ici que bat le cœur de la filière : les grands rendez-vous professionnels, le concours des eaux-de-vie (né en 1947 de la première « Foire aux grandes eaux-de-vie d'Armagnac »), les fêtes de la distillation. Autour de la ville, les coteaux portent les vignes d'ugni blanc, de baco et de folle blanche qui donneront, après passage dans l'alambic, la plus ancienne eau-de-vie de Gascogne.

Séjourner à Eauze, c'est loger à la source même de l'Armagnac — et au milieu d'un terroir qui se visite, chais ouverts et alambics fumants en saison.

Une petite ville qui gagne des habitants

Selon l’Insee, Eauze compte 4 108 habitants au recensement de 2023, contre 3 918 en 2017. La croissance annuelle moyenne atteint 0,8 % sur cette période, un rythme supérieur à celui de l’ensemble de la France. Les habitants portent le nom d’Élusates, hérité de l’antique Elusa.

La ville demeure le pôle de services et de commerce du Bas-Armagnac gersois : son marché du jeudi, ses écoles, ses arènes et ses équipements rayonnent sur les villages alentour. Ce gentilé, Élusates, rappelle directement le peuple aquitain établi dans le pays avant Rome et la cité antique d’Elusa.


Elusa

Elusa, capitale antique de la Novempopulanie

Mosaïque romaine de la domus de Cieutat à Eauze
Les mosaïques gallo-romaines d'Elusa : Eauze fut capitale de la Novempopulanie.

Eauze est l'héritière d'Elusa, chef-lieu du peuple aquitain des Élusates, devenue au Bas-Empire la capitale de la Novempopulanie, la province romaine du Sud-Ouest — un passé prestigieux que fait revivre l'ensemble archéologique « Elusa Capitale antique ». L'une des grandes villes romaines de la Gascogne.

Les Élusates, un peuple aquitain

Avant Rome, le pays appartenait aux Élusates, un peuple aquitain — de langue proto-basque, et non celtique : il ne faut pas en faire des « Gaulois », la nuance est chère aux historiens. Vaincus en 56 avant J.-C. par Publius Crassus, lieutenant de César (après quoi, écrit César, « la plus grande partie de l'Aquitaine se rendit »), ils entrèrent dans l'orbite romaine. La ville d'Elusa fut créée ex nihilo au début du Ier siècle de notre ère, non pas sous le centre actuel, mais à environ un kilomètre à l'est, dans l'actuel quartier de Cieutat — le centre-ville moderne n'est donc pas le site antique, autre idée reçue à corriger.

La cité prospéra sur la grande route d'Aquitaine, se dota de monuments, de riches demeures et de remparts, et devint l'une des principales villes du Sud-Ouest romain — avant de connaître une ascension plus remarquable encore.

Capitale de la Novempopulanie

Vers 285, la réforme de l'empereur Dioclétien détache de l'Aquitaine une nouvelle province : la Novempopulanie, le « pays des neuf peuples » (qui en compta en réalité douze), couvrant en gros la future Gascogne. Sa métropole — sa capitale — fut Elusa. Attention à la chronologie, souvent malmenée : ce statut de capitale date du Bas-Empire (fin IIIe-IVe siècle), pas de la fondation de la ville. Elusa fut aussi l'un des premiers évêchés de Gaule : son évêque Mamertin siège au concile d'Arles dès 314, et un synode provincial se tient à Eauze en 551. La ville antique déclina au haut Moyen Âge — très probablement ruinée lors des invasions du Ve siècle —, et son titre métropolitain passa à Auch vers 829.

Aujourd'hui, l'ensemble « Elusa Capitale antique » (créé en 2008) fait revivre ce passé : la domus de Cieutat et le musée du Trésor à Eauze, la villa de Séviac à Montréal-du-Gers.

Elusa, la capitale antiqueDétail
Peupleles Élusates, Aquitains (proto-basques, non celtes)
Ville romainecréée au Ier siècle, quartier de Cieutat (1 km à l'est)
Apogéecapitale de la Novempopulanie (Bas-Empire, v. 285)
Évêchédès 314 (concile d'Arles) · synode d'Eauze en 551
Aujourd'hui« Elusa Capitale antique » : domus + musée + Séviac

Le trésor

Le trésor d'Eauze

Le 18 octobre 1985, une fouille de sauvetage met au jour, près de l'ancienne gare d'Eauze, l'un des plus grands trésors gallo-romains de France : 28 054 monnaies — pour l'essentiel d'argent — et une cinquantaine de bijoux et objets précieux, enfouis vers 261 après J.-C. Il est exposé sur place, au musée du Trésor.

120 kilos d'argent enfouis vers 261

Selon le site officiel d’Elusa Capitale antique, le trésor d’Eauze réunit 28 054 monnaies et une cinquantaine de bijoux et objets précieux. Mis au jour en 1985, cet ensemble avait été volontairement enfoui vers 261 et il est aujourd’hui présenté au musée archéologique d’Eauze.

Le dépôt n’est donc pas composé de « 28 000 pièces d’or » : il comprend 28 003 monnaies d’argent et de billon — 4 706 deniers et 23 297 antoniniens —, 45 bronzes et seulement 6 pièces d’or, soit environ 120 kilos de métal. Les pièces étaient réparties dans quatre sacs de cuir placés dans une fosse d’environ 50 centimètres de diamètre.

Les bijoux et objets comprennent notamment des colliers d’or ornés de pierres et de perles, un rare collier monétaire, un phylactère en or, des bagues, bracelets, camées et couteaux à manche d’ivoire. L’enfouissement intervient pendant la crise du IIIe siècle ; la fouille de sauvetage était dirigée par Daniel Schaad près de l’ancienne gare.

Le musée du Trésor et l'énigme de Libo

Le trésor n'a pas quitté Eauze — ni pour Toulouse, ni pour le Louvre : il est exposé depuis 1995 au musée archéologique « Le Trésor d'Eauze », place de la République, labellisé « Musée de France » et placé sous la tutelle scientifique de la conservation départementale (celle de Flaran). On y découvre les monnaies, les bijoux, et le contexte de la cité antique. Une énigme accompagne la visite : le nom « Libo », gravé sur des cuillères d'argent du dépôt, désigne le probable propriétaire — un riche notable d'Elusa qui, dans la tourmente du IIIe siècle, enfouit sa fortune… et n'est jamais revenu la chercher. Dix-sept siècles plus tard, son trésor fait la fierté de la ville, qui le présente comme l'un des trésors majeurs découverts en France ces quarante dernières années.

Complété par la domus de Cieutat voisine — une riche demeure urbaine de 2 700 m², fouillée de 2001 à 2012, dont le centre d'interprétation occupe l'ancienne gare —, il fait d'Eauze une destination archéologique de premier plan.

Le trésor d'EauzeDétail
Découverte18 octobre 1985, fouille de sauvetage (D. Schaad)
Monnaies28 054 (28 003 argent/billon, 45 bronzes, 6 or) · ~120 kg
Bijouxune cinquantaine (collier monétaire, phylactère d'or…)
Enfouissementd'après le début de 261 apr. J.-C.
Expositionmusée du Trésor, Eauze (depuis 1995, Musée de France)

La cathédrale

La cathédrale Saint-Luperc

Cathédrale Saint-Luperc en brique et pierre à Eauze
La cathédrale Saint-Luperc d'Eauze, bâtie avec les briques de la ville antique d'Elusa.

Selon la notice POP/Mérimée du ministère de la Culture, la construction de l’église Saint-Luperc débute en 1464 à la demande du prieur Jean Marre et s’achève vers 1500. L’édifice, inscrit au titre des monuments historiques depuis le 4 janvier 1945, forme le grand repère patrimonial du centre d’Eauze.

Le chantier de Jean Marre, bâtie avec Elusa

La construction débute en 1464, à la demande de Jean Marre, prieur d'Eauze et vicaire général d'Auch, et s'achève vers 1500 (certaines sources prolongent le chantier au XVIe siècle). L'homme est un bâtisseur hors pair : devenu évêque de Condom en 1497, c'est lui qui lancera aussi la reconstruction de la cathédrale de Condom — deux « cathédrales » gasconnes dues au même homme. L'édifice est un bel exemple de gothique méridional : une nef unique, large d'environ 10,70 mètres et haute d'environ 22 mètres, bordée de chapelles logées entre les contreforts, au chevet polygonal. Sa singularité saute aux yeux depuis la restauration de 1972, qui a décapé les enduits : les murs mêlent la pierre et un remploi massif de moellons et de briques tirés des ruines d'Elusa

l'église médiévale est littéralement bâtie avec la capitale antique. Un recyclage monumental qui résume l'histoire d'Eauze, où chaque époque a construit sur — et avec — la précédente.

Une cathédrale sans évêque

Pourquoi « cathédrale », alors qu'Eauze n'a plus d'évêque depuis onze siècles ? L'évêché antique d'Eauze — l'un des premiers de Gaule — a disparu au IXe siècle : ruiné par les invasions, le siège fut réuni à celui d'Auch vers 829, quelque six cents ans avant la construction de l'église actuelle. Celle-ci n'a donc jamais été le siège d'un évêque : c'est en 1865 que l'archevêque d'Auch lui a rendu, à titre honorifique, le titre de cathédrale, en mémoire de la métropole ecclésiastique disparue. Autre précision d'exactitude : l'église est inscrite au titre des monuments historiques (arrêté du 4 janvier 1945) — et non « classée », comme on le lit parfois. Quant à ses vitraux du XIXe siècle, ils sont l'œuvre d'un enfant du pays qui signait fièrement « J.-B. Anglade Élusate » ;

les verrières anciennes, elles, ne sont pas d'Arnaud de Moles, le maître d'Auch, malgré une attribution qui circule. Une église-palimpseste, à lire autant qu'à admirer.


Vieille ville

La place d'Armagnac et la reine Margot

Le cœur d'Eauze est la place d'Armagnac, l'ancienne place du marché bordée d'arcades et de maisons anciennes, où la maison dite « de Jeanne d'Albret » garde le souvenir d'un séjour royal de 1579 — celui d'Henri de Navarre et de la reine Margot. Un bourg monastique devenu capitale gourmande.

Un bourg monastique — pas une bastide

Corrigeons une confusion fréquente : Eauze n'est pas une bastide. Après la ruine d'Elusa, la ville médiévale renaît vers 980 autour d'un prieuré clunisien dédié à saint Luperc, sur la hauteur — un bourg monastique, donc, antérieur de trois siècles au mouvement des bastides, qui reçut ses coutumes en 1352 d'un paréage entre le comte d'Armagnac et le prieur. Trois capitales se sont ainsi succédé sur la commune : l'oppidum protohistorique d'Esberous, la ville antique d'Elusa dans la plaine, puis le bourg médiéval perché — une stratigraphie de deux mille ans d'histoire gasconne.

Le cœur de ce bourg est la place d'Armagnac, l'ancienne place du marché (jadis « place de l'Église »), bordée d'arcades et de maisons à colombages, face à la cathédrale : c'est ici que bat, les jours de marché, le cœur de la capitale de l'Armagnac, dans un décor qui n'a guère changé depuis la Renaissance.

1579 : la reine Margot à Eauze

En juin 1579, Henri de Navarre — le futur Henri IV — séjourne à Eauze avec son épouse Marguerite de Valois, dite la reine Margot. Le couple est associé à la maison à pans de bois de la place d’Armagnac, traditionnellement appelée « maison de Jeanne d’Albret », bien qu’aucun séjour de cette dernière n’y soit documenté.

Dans ses Mémoires numérisés par la Bibliothèque nationale de France, Marguerite raconte que son mari souffrit d’« une grande fièvre continue » pendant dix-sept jours et qu’elle le veilla. Ce témoignage de première main explique pourquoi le séjour royal de 1579, plutôt que celui de Jeanne d’Albret, est retenu par l’article.

En pratique, la maison se repère sur la place d’Armagnac, face à la cathédrale. Sa façade du XVe siècle est inscrite aux monuments historiques depuis 1929 ; les marguerites sculptées sur les piliers de bois perpétuent localement le souvenir de ce séjour forcé. La visite consiste à observer la façade depuis l’espace public.


L'Armagnac

Le Bas-Armagnac et les sables fauves

Vignes du Bas-Armagnac sur les sables fauves près d'Eauze
Les sables fauves du Bas-Armagnac : le cru le plus réputé de l'Armagnac, autour d'Eauze.

Eauze commande le Bas-Armagnac, le cru occidental et le plus réputé de l'eau-de-vie gasconne — l'« armagnac noir » des chênaies et des sables fauves —, dont l'appellation fut délimitée en 1909 et consacrée AOC en 1936. Le terroir-roi de la plus ancienne eau-de-vie de France.

Le cru des sables fauves

L'aire de l'Armagnac se divise en trois crus : le Bas-Armagnac à l'ouest, l'Armagnac-Ténarèze au centre et le Haut-Armagnac à l'est. Le Bas-Armagnac — 67 % des surfaces, le plus étendu ET le plus réputé — est surnommé l'« armagnac noir » : non pour la couleur de l'eau-de-vie, mais pour ses chênaies qui assombrissent le paysage (par symétrie, le Haut-Armagnac calcaire est dit « blanc »). Son terroir signature : les sables fauves, d'anciens sables marins déposés au Miocène, quand la mer couvrait la Gascogne, et roussis par l'oxydation du fer. Ils donnent, dit-on, les eaux-de-vie les plus fines et les plus bouquetées, aux fameuses notes de pruneau. Côté dates, soyons précis : la délimitation des trois crus date du décret du 25 mai 1909

signé par le président Armand Fallières, lui-même producteur d'armagnac à Mézin ! — et l'AOC du décret du 6 août 1936. Deux actes distincts, qu'on fusionne trop souvent.

Le BNIA, le concours et la Flamme

La primauté d'Eauze est institutionnelle : la ville abrite le siège du BNIA, le Bureau national interprofessionnel de l'Armagnac, installé à la « Maison du Vignoble Gascogne Armagnac », route de Manciet — la maison commune de toute la filière. Elle accueille aussi le grand concours des eaux-de-vie, héritier de la « Foire aux grandes eaux-de-vie d'Armagnac » créée en 1947 par Joseph Miquel et relancée en 1960 avec le BNIA. Et quand vient la saison de la distillation — d'octobre à janvier-février —, le pays s'embrase au sens propre : c'est la « Flamme de l'Armagnac », quand les chais ouvrent leurs portes au pied de l'alambic fumant, dégustations à la clé ; Eauze a son édition, « Eauze s'enflamme », fin novembre.

Autour de la ville, les domaines du Bas-Armagnac accueillent toute l'année pour visiter les chais et goûter les millésimes — l'occasion rêvée de comprendre, verre en main, pourquoi ce petit pays de sables roux produit l'une des plus grandes eaux-de-vie du monde.


Activités

Que faire à Eauze ?

Maisons à colombages et arcades sur une place gasconne
La place d'Armagnac et ses maisons à colombages : le cœur marchand d'Eauze.

À Eauze, on peut plonger dans l'Antiquité aux trois sites d'« Elusa Capitale antique » (musée du Trésor, domus de Cieutat, villa de Séviac — ouverts du 15 avril au 1er novembre), flâner au grand marché du jeudi matin, vibrer aux fêtes de juillet (la feria du premier week-end, la Fête romaine d'Elusa du troisième), pédaler sur la voie verte de l'Armagnac et déguster dans les chais du Bas-Armagnac. Voici, concrètement, les activités réelles et vérifiées qui remplissent une journée — ou un week-end — dans la capitale de l'Armagnac, entre archéologie, marchés gascons et terroir. L'hiver a son rendez-vous propre : le marché au gras du dimanche matin, sous la halle Belle-Marie, où la vente des canards gras s'ouvre à la cloche de 10 heures précises. Un programme gascon complet, à composer selon la saison.

  • Visiter le musée du Trésor — place de la République : les 28 054 monnaies et les bijoux du trésor d'Eauze, labellisé Musée de France (sites Elusa ouverts du 15 avril au 1er novembre)
  • Explorer la domus de Cieutat — la riche demeure gallo-romaine de 2 700 m² et son centre d'interprétation installé dans l'ancienne gare d'Eauze
  • Flâner au marché du jeudi matin — l'un des plus fréquentés du Gers, de la place du 19-Mars à la place d'Armagnac ; marché gourmand le dimanche matin en juillet-août
  • Le marché au gras d'hiver — le dimanche matin sous la halle Belle-Marie, de novembre à mars : canards gras et foies vendus à la cloche de 10h, petits-déjeuners gascons
  • Les fêtes de juillet — la feria d'Eauze le premier week-end (bodegas, bandas, arènes Nimeño II) ; la Fête romaine d'Elusa le troisième (gladiateurs, visites théâtralisées de la domus)
  • Pédaler sur la voie verte de l'Armagnac — tronçon Cazeneuve → Eauze (8 km, commun avec le GR65 de Compostelle) ; vélorail de l'Armagnac sur l'ancienne voie entre Nogaro et Sorbets
  • Déguster dans les chais du Bas-Armagnac — domaines ouverts autour d'Eauze ; en saison de distillation (oct.-févr.), la « Flamme de l'Armagnac » au pied de l'alambic

Marchés et saveurs gasconnes

Eauze est une ville de marchés. Le grand rendez-vous est le jeudi matin : l'un des marchés les plus fréquentés du Gers, qui déborde de la place du 19-Mars-1962 jusqu'à la place d'Armagnac, au pied de la cathédrale — producteurs, volailles, melons, fromages et accent gascon garantis. L'hiver, de début novembre à fin mars, s'y ajoute le marché au gras du dimanche matin, sous la halle Belle-Marie : la vente des canards gras et des foies s'ouvre « à la cloche », à 10 heures précises, et l'on peut s'attabler sur place pour un petit-déjeuner gascon. L'été, en juillet-août, un marché gourmand du dimanche matin réunit une vingtaine de producteurs place d'Armagnac. Complétez par les boutiques de terroir et les chais du Bas-Armagnac alentour —

dégustations d'Armagnac, de Floc et de vins de Gascogne —, et Eauze s'affirme comme l'une des grandes étapes gourmandes du Gers, en toute saison. Un chauffeur rend l'exercice parfaitement serein : on goûte, on achète, on ne conduit pas.

Elusa, la voie verte et les fêtes

Le versant actif est tout aussi riche. Les trois sites d'« Elusa Capitale antique » — musée du Trésor et domus de Cieutat à Eauze, villa de Séviac à Montréal-du-Gers — se visitent d'avril à début novembre et se complètent en une belle journée d'archéologie. Les cyclistes ont leur bonheur : la voie verte de l'Armagnac, sur l'ancienne voie ferrée Condom-Riscle, offre un tronçon Cazeneuve → Eauze de 8 kilomètres, que partage le GR65 de Compostelle (Eauze est une étape de la via Podiensis) ; plus insolite, un vélorail parcourt 12 kilomètres de l'ancienne ligne, entre Nogaro et Sorbets.

Et en juillet, la ville vit deux temps forts : la feria du premier week-end, avec ses bodegas et ses arènes Nimeño II, et la Fête romaine d'Elusa (l'ex-« Galop romain ») du troisième, avec gladiateurs et village antique autour de la domus. La baignade, elle, se trouve au lac de l'Uby, à Barbotan (16 km).

ActivitéOù / QuandBon à savoir
Musée du Trésor + domusEauze · 15 avril-1er novembreElusa Capitale antique (avec Séviac)
Marché du jeudicentre-ville, jeudi matinl'un des plus fréquentés du Gers
Marché au grashalle Belle-Marie · dim. matin, nov.-marsvente à la cloche de 10h
Feria d'Eauze1er week-end de juilletbodegas, bandas, arènes Nimeño II
Fête romaine d'Elusa3e week-end de juilletgladiateurs, domus théâtralisée
Voie verte de l'ArmagnacCazeneuve → Eauze (8 km)tracé commun avec le GR65

Alentours

Barbotan, Montréal et les villages du Bas-Armagnac

Rivière Gélise sous les arbres près d'Eauze
La Gélise, la rivière d'Eauze, qui rejoint la Baïse à Lavardac.

Autour d'Eauze, le Bas-Armagnac aligne la station thermale de Barbotan-les-Thermes et son lac de l'Uby, Montréal-du-Gers et la villa de Séviac, et les plus beaux villages de la Ténarèze voisine — Fourcès, Larressingle. Un pays de curistes, d'archéologie et de bastides.

Barbotan-les-Thermes et le lac de l'Uby

À environ 18 kilomètres à l'ouest, Barbotan-les-Thermes (sur la commune de Cazaubon) est la grande station thermale du Gers, spécialisée dans les affections rhumatismales et phlébologiques : curistes et visiteurs s'y pressent en saison, dans un joli bourg fleuri à la douceur landaise. Tout à côté, le lac de l'Uby offre la baignade, la plage et les activités nautiques — c'est le plan d'eau des Élusates, à un quart d'heure de la ville. Au sud, Nogaro aligne son circuit automobile et ses arènes ; à l'ouest, en Landes voisines, Labastide-d'Armagnac (29 km) est une ravissante bastide de 1291, célèbre pour son étonnante chapelle Notre-Dame-des-Cyclistes, sanctuaire national du cyclisme où les maillots des champions tapissent les murs. Entre thermes, lac et bastides, l'ouest gersois compose ainsi un arrière-pays varié, qui complète à merveille une étape éluzate — le tout dans un rayon d'une demi-heure de route.

Montréal-du-Gers, Séviac et la Ténarèze

Au nord-est, la route de Condom égrène les merveilles. Montréal-du-Gers (15 km), première bastide du Gers (fondée le 30 mars 1255 par Alphonse de Poitiers) et « Plus Beau Village de France », veille sur la villa gallo-romaine de Séviac — le troisième site d'Elusa Capitale antique : une somptueuse résidence du IVe siècle aux quelque 625 m² de mosaïques restaurées in situ, classée monument historique. Plus loin, Fourcès, la seule bastide circulaire du Gers, et Larressingle, la minuscule cité fortifiée du XIIIe siècle (213 habitants… et quelque 133 000 visiteurs par an !), prolongent la ronde des villages. Condom, la capitale de la Ténarèze, sa cathédrale et ses Mousquetaires de bronze, est à une demi-heure. Depuis Eauze, on rayonne ainsi, en étoile, sur tout le nord-ouest gersois — archéologie le matin, bastides l'après-midi, chais au retour : la Gascogne dans un mouchoir de poche.

Autour d'EauzeDistanceIntérêt
Barbotan-les-Thermes / lac de l'Uby~18 kmstation thermale, baignade, plage
Montréal-du-Gers / Séviac~15 km1re bastide du Gers (1255), mosaïques de Séviac
Fourcès~20 kmseule bastide circulaire du Gers
Larressingle~25 kmcité fortifiée XIIIe, « petite Carcassonne du Gers »
Condom~30 kmcathédrale, Mousquetaires, croisières sur la Baïse
Labastide-d'Armagnac~29 kmbastide de 1291, Notre-Dame-des-Cyclistes

Conseils

Quand visiter Eauze ?

Eauze et les collines viticoles du Bas-Armagnac
Eauze et le Bas-Armagnac : vignes, chênaies et sables fauves à perte de vue.

Eauze vit quatre saisons bien distinctes : les sites antiques d'avril à novembre, les fêtes en juillet, la distillation et sa Flamme d'octobre à février, le marché au gras tout l'hiver. Il y a toujours une bonne raison de venir dans la capitale de l'Armagnac.

Les saisons de la capitale de l'Armagnac

Le calendrier éluzate a son rythme propre. D'avril à début novembre, les trois sites d'Elusa Capitale antique sont ouverts : c'est la saison de l'archéologie, idéale au printemps et à l'automne, quand la lumière dore les vignes. Juillet est le mois des fêtes : la feria du premier week-end — bodegas, bandas et arènes pleines —, puis la Fête romaine d'Elusa du troisième week-end, quand gladiateurs et artisans antiques envahissent la domus. L'automne et l'hiver appartiennent à l'Armagnac : d'octobre à février, la distillation bat son plein et la « Flamme de l'Armagnac » ouvre les chais au pied de l'alambic — Eauze a son édition fin novembre —, tandis que, de novembre à mars, le marché au gras du dimanche régale la halle Belle-Marie.

Ajoutez le marché du jeudi, immuable toute l'année, et l'on comprend qu'Eauze ne connaît pas de morte-saison : chaque période a son visage, son goût et son rendez-vous.

Une journée type depuis Bordeaux

À environ 1h58 de Bordeaux, Eauze se prête très bien à l'escapade d'une journée. Le matin : le musée du Trésor et la domus de Cieutat — comptez deux bonnes heures pour les deux sites, complices et complémentaires. À midi : déjeuner gascon en ville, ou pique-nique au bord de la Gélise. L'après-midi, au choix : la villa de Séviac à Montréal-du-Gers pour boucler la trilogie antique, la ronde des villages (Fourcès, Larressingle), une dégustation dans un chai du Bas-Armagnac, ou, l'été, la baignade au lac de l'Uby. Si l'on vient un jeudi, on inverse : marché le matin, sites l'après-midi. Retour à Bordeaux en début de soirée, le coffre garni d'Armagnac, de Floc et de conserves. Avec un chauffeur, l'itinéraire se module à l'envie, dégustations comprises — la formule idéale pour goûter au Bas-Armagnac sans compter les kilomètres ni les verres.


Accès

Rejoindre Eauze depuis Bordeaux

Eauze se situe à environ 146 km de Bordeaux, soit environ 1h58 de route : autoroute A62 puis A65 (échangeur de Langon), sortie 2 « Captieux », puis la N524 à travers la forêt landaise et le Bas-Armagnac, via Gabarret et Barbotan, jusqu'à Eauze. Clin d'œil pour la route : cette N524 Langon-Bazas-Captieux-Gabarret-Eauze est l'« itinéraire à grand gabarit » créé pour convoyer les tronçons de l'Airbus A380 — on suit littéralement la route des avions géants. Une variante de découverte passe par Agen, Nérac et Condom, plus longue mais plus riche en étapes. Pas de train en revanche : la gare d'Eauze est fermée aux voyageurs depuis les années 1930-1940, et les gares les plus proches (Agen, Auch, Mont-de-Marsan) laissent à une bonne heure de route.

Pour une escapade archéologie et Armagnac, le véhicule avec chauffeur, de porte à porte, s'impose comme la solution la plus simple et la plus souple.

Train ou chauffeur privé ?

Pour rejoindre Eauze et surtout pour rayonner dans le Bas-Armagnac — les sites d'Elusa, Séviac, Barbotan, les villages, les chais —, faire appel à un chauffeur privé VTC Bordeaux offre une vraie liberté : un trajet direct depuis Bordeaux, de porte à porte, sans changement, avec la possibilité d'arrêts libres — à Captieux, à Barbotan ou dans un domaine. C'est particulièrement précieux pour une escapade œnologique, où l'on veut pouvoir déguster l'Armagnac et le Floc sans reprendre le volant, en toute sécurité. Nous proposons ce trajet à prix fixe communiqué à l'avance : comptez environ 292 € pour l'aller, en berline Mercedes ou en van jusqu'à 8 places, avec un chauffeur professionnel. Le prix, arrêté à la réservation, ne bouge pas : il ne dépend ni du trafic, ni des arrêts, contrairement au compteur d'un taxi.

C'est une formule idéale pour une journée archéologie (le Trésor, la domus, Séviac), une escapade Armagnac avec dégustations, une cure ou un séjour thermal à Barbotan, les fêtes de juillet, ou un événement dans le Gers. On peut voyager seul, à deux ou en petit groupe jusqu'à 8 personnes, avec les bagages et les achats du terroir (Armagnac, Floc, conserves, foie gras du marché), et demander des arrêts où bon vous semble. Concrètement, réserver est simple et rapide : on indique l'adresse de départ à Bordeaux et la destination à Eauze (ou le domaine, l'hôtel, les thermes de Barbotan), la date, l'heure souhaitée et le nombre de passagers, et l'on reçoit en retour un devis fixe par écrit. Le jour venu, le chauffeur vient chercher les voyageurs à l'adresse convenue et les conduit directement dans le Bas-Armagnac, sans détour.

TrajetDistanceDuréeRepère
Bordeaux → Eauze~146 km~1h58dès 254 € en VTC
Eauze → Barbotan-les-Thermes~18 km~20 minthermes, lac de l'Uby
Eauze → Montréal / Séviac~15 km~15 minbastide 1255, mosaïques
Eauze → Condom~30 km~30 mincathédrale, Mousquetaires

Que l'on vienne pour le trésor gallo-romain et la capitale antique de la Novempopulanie, pour la cathédrale bâtie avec les briques d'Elusa, pour les marchés gascons et les férias, ou pour les chais du Bas-Armagnac et sa Flamme d'hiver, Eauze récompense les curieux d'histoire et les gourmands — la capitale de l'Armagnac, à moins de deux heures de Bordeaux.

Que ce soit pour une journée archéologie, une escapade Armagnac ou un séjour thermal à Barbotan, réserver un chauffeur privé garantit un trajet confortable et ponctuel — réserver un chauffeur Bordeaux → Eauze ou explorer toutes nos destinations.


FAQ

Questions fréquentes

Où se trouve Eauze ?

Eauze est une petite ville de l'ouest du Gers (32), en région Occitanie, dans l'arrondissement de Condom, au cœur de la Gascogne et du Bas-Armagnac, sur la petite rivière Gélise. Elle compte 4 108 habitants (INSEE 2023) — les Élusates, du nom de la cité antique Elusa — et se présente officiellement comme la « capitale de l'Armagnac » : le BNIA, l'interprofession de l'eau-de-vie, y a son siège. La ville est entourée par Condom (30 km), Barbotan-les-Thermes (~18 km), Montréal-du-Gers (15 km) et Nogaro. Depuis Bordeaux, comptez environ 146 km, soit 1h58 de route par l'A62 puis l'A65 (sortie Captieux) et la N524. En chauffeur privé, le transfert se fait de porte à porte.

Quelle distance entre Bordeaux et Eauze ?

Environ 146 km par la route, soit environ 1h58 de trajet : autoroute A62 puis A65 (échangeur de Langon), sortie 2 « Captieux », puis la N524 via Gabarret et Barbotan jusqu'à Eauze — l'« itinéraire à grand gabarit » créé pour les convois de l'Airbus A380. En chauffeur privé, le tarif est fixe et communiqué à l'avance, à partir de 292 € pour l'aller (berline ou van, prix porte-à-porte). Attention : Eauze n'a plus de gare voyageurs depuis les années 1930-1940 (l'ancienne gare abrite le centre d'interprétation d'Elusa) ; les gares les plus proches (Agen, Auch, Mont-de-Marsan) restent à une bonne heure. Sur place, un véhicule est indispensable pour rayonner — un chauffeur privé est donc particulièrement adapté.

Qu'est-ce que le trésor d'Eauze ?

L'un des plus grands trésors gallo-romains découverts en France : 28 054 monnaies — 28 003 en argent et billon (4 706 deniers et 23 297 antoniniens), 45 bronzes et 6 pièces d'or, soit environ 120 kg —, accompagnées d'une cinquantaine de bijoux et objets précieux (colliers d'or, un rarissime collier monétaire, un phylactère d'or, camées, couteaux à manche d'ivoire). Enfoui vers 261 après J.-C., pendant la crise du IIIe siècle, il fut mis au jour le 18 octobre 1985 par une fouille de sauvetage dirigée par Daniel Schaad, près de l'ancienne gare. Le nom « Libo », gravé sur des cuillères d'argent, désigne son probable propriétaire, jamais revenu le chercher. Il est exposé depuis 1995 au musée du Trésor, place de la République, à Eauze même.

Qu'est-ce qu'Elusa ?

Elusa est la ville antique dont Eauze est l'héritière — et dont ses habitants, les Élusates, tirent leur nom. Chef-lieu du peuple aquitain des Élusates (de langue proto-basque, et non des « Gaulois »), vaincus en 56 av. J.-C. par Crassus, lieutenant de César, la ville fut créée au Ier siècle à environ un kilomètre à l'est du centre actuel, dans le quartier de Cieutat. Vers 285, la réforme de Dioclétien en fit la capitale de la Novempopulanie, la province romaine du Sud-Ouest ; elle fut aussi l'un des premiers évêchés de Gaule (dès 314). Ruinée au haut Moyen Âge, elle renaît en bourg médiéval. Aujourd'hui, l'ensemble « Elusa Capitale antique » regroupe la domus de Cieutat, le musée du Trésor et la villa de Séviac (Montréal-du-Gers).

Pourquoi la cathédrale d'Eauze n'a-t-elle pas d'évêque ?

Parce que l'évêché d'Eauze a disparu... six siècles avant la construction de l'église actuelle. Le siège épiscopal antique — l'un des premiers de Gaule, attesté dès 314 — fut ruiné par les invasions et réuni à celui d'Auch vers 829. L'église Saint-Luperc, elle, fut bâtie à partir de 1464 à l'initiative du prieur Jean Marre (futur évêque de Condom), en gothique méridional, avec un remploi massif de briques et moellons tirés des ruines d'Elusa — révélé par la restauration de 1972. C'est en 1865 que l'archevêque d'Auch lui a rendu, à titre purement honorifique, le titre de « cathédrale », en mémoire de la métropole disparue. L'édifice est inscrit (et non classé) aux monuments historiques depuis le 4 janvier 1945.

Que faire à Eauze ?

Concrètement : visiter le musée du Trésor (place de la République) et la domus de Cieutat — deux des trois sites d'« Elusa Capitale antique », ouverts du 15 avril au 1er novembre, à compléter par la villa de Séviac à Montréal-du-Gers ; flâner au grand marché du jeudi matin, l'un des plus fréquentés du Gers ; en hiver (nov.-mars), vivre le marché au gras du dimanche matin sous la halle Belle-Marie, vente à la cloche de 10h ; en juillet, la feria (1er week-end, arènes Nimeño II) et la Fête romaine d'Elusa (3e week-end, gladiateurs à la domus) ; pédaler sur la voie verte de l'Armagnac (Cazeneuve → Eauze, 8 km, commune avec le GR65) ou tester le vélorail de Nogaro ; se baigner au lac de l'Uby à Barbotan (16 km) ;

et déguster dans les chais du Bas-Armagnac — pendant la « Flamme de l'Armagnac » en saison de distillation (oct.-févr.).

Eauze est-elle vraiment la capitale de l'Armagnac ?

Oui — c'est son titre officiel, que la ville revendique (« capitale de l'Armagnac et capitale antique ») et que confirment les institutions : le BNIA, le Bureau national interprofessionnel de l'Armagnac, siège à Eauze, à la Maison du Vignoble Gascogne Armagnac. La ville est le pôle du Bas-Armagnac, le cru occidental — 67 % des surfaces de l'appellation et le plus réputé, surnommé « armagnac noir » pour ses chênaies (pas pour la couleur de l'eau-de-vie !), au terroir de sables fauves. Elle accueille le grand concours des eaux-de-vie, héritier de la foire créée en 1947, et son édition de la « Flamme de l'Armagnac » en saison de distillation. Nuance utile : la délimitation des crus date de 1909 (décret Fallières), l'AOC de 1936 — deux actes distincts.

Qui a séjourné dans la maison de Jeanne d'Albret à Eauze ?

Le séjour royal documenté n'est pas celui de Jeanne d'Albret — rien ne l'atteste, et la base Mérimée intitule sobrement l'édifice « Maison du 15e siècle » (façade inscrite MH en 1929) : on dit donc la maison « dite » de Jeanne d'Albret. En revanche, en juin 1579, Henri de Navarre — le futur Henri IV — s'y arrêta avec son épouse Marguerite de Valois, la « reine Margot ». Le roi tomba malade d'« une grande fièvre continue » qui, raconte Marguerite dans ses Mémoires, « lui dura dix-sept jours » — elle le veilla sans se dévêtir. En souvenir de ce séjour forcé, des marguerites furent gravées sur les piliers de bois de la maison, que l'on peut encore chercher sur la place d'Armagnac, face à la cathédrale.

Que voir autour d'Eauze ?

Dans un rayon d'une demi-heure : Barbotan-les-Thermes (~18 km), la station thermale du Gers, et son lac de l'Uby (baignade, plage) ; Montréal-du-Gers (15 km), première bastide du Gers (1255) et Plus Beau Village de France, avec la villa gallo-romaine de Séviac et ses ~625 m² de mosaïques — troisième site d'Elusa Capitale antique ; Fourcès (20 km), la seule bastide circulaire du Gers ; Larressingle (25 km), la minuscule cité fortifiée du XIIIe siècle (213 habitants, ~133 000 visiteurs par an) ; Condom (30 km), capitale de la Ténarèze, sa cathédrale et sa statue des Mousquetaires ; et, côté Landes, Labastide-d'Armagnac (29 km) et son étonnante chapelle Notre-Dame-des-Cyclistes. Archéologie, thermes, bastides et chais : le grand chelem gascon.

Quand visiter Eauze ?

Chaque saison a son visage. D'avril à début novembre, les trois sites d'Elusa Capitale antique sont ouverts — printemps et automne offrent la plus belle lumière sur les vignes. Juillet est le mois des fêtes : la feria le premier week-end (bodegas, bandas, arènes Nimeño II), la Fête romaine d'Elusa le troisième (gladiateurs, village antique). D'octobre à février, place à la distillation : la « Flamme de l'Armagnac » ouvre les chais au pied de l'alambic — Eauze a son édition fin novembre —, et, de novembre à mars, le marché au gras du dimanche matin anime la halle Belle-Marie (vente à la cloche de 10h). Le grand marché du jeudi, lui, est immuable toute l'année. Bref : pas de morte-saison dans la capitale de l'Armagnac — seulement des raisons différentes de venir.

Peut-on réserver un chauffeur privé de Bordeaux à Eauze ?

Oui. Nous assurons le trajet Bordeaux → Eauze (environ 146 km, environ 1h58 par l'A62, l'A65 sortie Captieux puis la N524) à prix fixe, dès 292 € l'aller, en berline Mercedes ou van jusqu'à 8 places, avec chauffeur professionnel. Le trajet est direct, de porte à porte, avec arrêts libres possibles — à Barbotan-les-Thermes, à Montréal-du-Gers ou dans un chai du Bas-Armagnac. C'est la formule idéale pour une journée archéologie (le Trésor, la domus, Séviac), une escapade Armagnac avec dégustations (sans reprendre le volant), un séjour thermal à Barbotan ou les fêtes de juillet. On peut emporter bagages et achats du terroir. Le devis, fixe, est communiqué et confirmé par écrit avant le départ, sans surprise au compteur. Sur place, le chauffeur conduit de site en site, en toute sérénité.

Aller plus loin

Pour aller plus loin

Sources

Sources et références

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Réservation 24h/24

En route pour la capitale de l'Armagnac

Trajet direct depuis Bordeaux (~1h58) vers Eauze et le Bas-Armagnac, arrêts libres — Barbotan, Montréal-du-Gers, un chai. Devis fixe écrit, sans surprise au compteur.

Clocher de la cathédrale Saint-Luperc au-dessus d'Eauze
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