Serres-et-Montguyard, deux collines du Bergeracois

Une commune tout entière dans son nom : deux paroisses, deux collines, réunies sous la Révolution. À Montguyard, la commune documente une chapelle romane du XIIIe siècle ; les attributions aux Templiers ou aux Hospitaliers restent non établies faute de référence précise. 231 habitants, le Dropt et des vignes, à 124 km de Bordeaux.

5,0 · 40 avis Google~124 km · 1h49 de Bordeaux20 min de lecture
En bref

Serres-et-Montguyard en bref

  • Serres-et-Montguyard est une petite commune du Bergeracois, dans le sud de la Dordogne (24500), à la limite du Lot-et-Garonne — juste au nord d'Eymet.
  • Son nom double dit tout : deux paroisses, deux collines, réunies en une seule commune sous la Révolution (entre 1790 et 1794, traditionnellement rattachée à 1793).
  • Une commune minuscule et rurale : 231 habitants (2023) sur 6,85 km², un habitat très dispersé, aucun bourg dense — le contraire d'un village-tas de maisons.
  • Son patrimoine est modeste et discret : deux édifices romans (une église et une chapelle), aucun classé Monument historique, et un site ancien qui alimente une légende locale.
  • Sur le coteau de Montguyard, la source communale établit l’existence d’une chapelle romane Saint-Pierre du XIIIe siècle. Elle ne documente ni commanderie templière ni commanderie hospitalière.
  • La commune est traversée par le Dropt, la rivière qui structure tout ce pays entre Eymet et la Garonne.
  • Depuis Bordeaux : ~124 km, environ 1h49 par la route — dès 223 € en chauffeur privé. Aucune gare sur la commune.

Avant de partir

Avant de partir : ce que Serres-et-Montguyard est vraiment

Serres-et-Montguyard réunit deux hauteurs du Bergeracois. Le Dropt traverse un territoire rural composé de hameaux, de vignes, de noyers et de fermes dispersées. La commune résulte de la réunion de deux anciennes paroisses sous la Révolution. Son patrimoine comprend une église à Serres et une chapelle romane à Montguyard.

Serres-et-Montguyard est l'archétype de la petite commune rurale du Bergeracois, ce Périgord pourpre du vignoble et des collines, juste au contact du Lot-et-Garonne. On n'y vient pas pour un site touristique : on y vient pour un paysage, une lumière, un silence — et, si l'on aime les énigmes, pour un vieux site religieux dont la vraie histoire est plus intéressante que la légende.

Un guide qui trie le vrai du faux

Ce guide sépare les faits documentés des traditions locales. La date de « reconstruction en 1474 » n’apparaît pas dans la source communale consacrée aux monuments. Les récits de Templiers, d’Hospitaliers ou d’un « Ordre de Saint-Pierre » ne sont pas accompagnés ici d’une publication scientifique ou d’une cote d’archives vérifiable : ils restent donc des hypothèses.

Côté accès, la commune est à l'écart, sans gare ni axe rapide vers l'ouest — comptez ~1h49 depuis Bordeaux, soit près de 60 % de plus que la distance à vol d'oiseau : le signe d'un pays enclavé, à découvrir tranquillement. Pour explorer Serres-et-Montguyard, Eymet et la vallée du Dropt en porte-à-porte, un chauffeur privé depuis Bordeaux reste la formule la plus simple.


Géographie

Un territoire de collines entre Eymet et le Lot-et-Garonne

Serres-et-Montguyard occupe le sud du Bergeracois, dans le quart sud-ouest de la Dordogne, tout contre la frontière du Lot-et-Garonne. Le territoire, de 6,85 km², est un pays de collines douces : l'altitude oscille entre 47 et 129 mètres, et l'habitat, très dispersé, se répartit en hameaux et fermes isolées plutôt qu'en un bourg unique. La commune est hors de toute unité urbaine et hors de l'attraction directe des villes — c'est du rural profond, calme et vallonné.

Vignes du Bergeracois autour de Serres-et-Montguyard en automne
Le vignoble du Bergeracois, à l'automne, autour de Serres-et-Montguyard. (Illustration.)

Cinq voisines et une frontière départementale

La commune est limitrophe de cinq voisines. Un point mérite d'être corrigé, car les listes en ligne se trompent souvent sur les orientations : Serres-et-Montguyard touche Razac-d'Eymet au nord, Fonroque au nord-ouest, Saint-Aubin-de-Cadelech au nord-est, Eymet à l'ouest, et Lauzun au sud-est — cette dernière étant déjà en Lot-et-Garonne. À noter une curiosité de géographie : la commune passe à moins de 500 mètres du territoire de Saint-Julien-Innocence-Eulalie, sans jamais le toucher.

Donnée Valeur
Code postal / INSEE 24500 / 24532
Région naturelle Bergeracois (Périgord pourpre)
Arrondissement Bergerac
Intercommunalité CC des Portes Sud Périgord
Superficie 6,85 km² (cadastrale)
Altitude 47 m à 129 m
Population 231 habitants (2023)
Densité ~34 hab/km²
À voir Église romane, chapelle et site de Montguyard, vallée du Dropt

Un ancrage administratif bergeracois

Administrativement, la commune est solidement arrimée au sud du département : elle relève de l'arrondissement de Bergerac et, depuis le redécoupage cantonal de 2015, du canton du Sud-Bergeracois — elle appartenait auparavant au canton d'Eymet, ce qui dit bien vers quelle petite ville elle a toujours regardé. À l'échelle intercommunale, elle fait partie de la communauté de communes des Portes Sud Périgord, dont le nom résume la situation : c'est ici, très exactement, que le Périgord s'achève et que commence l'Agenais. Les coordonnées du village — 44°40′30″ nord, 0°27′13″ est — le placent presque sur le méridien de Greenwich, à un demi-degré près.

Un détail de géomètre mérite au passage d'être signalé, car il explique de petites divergences entre les fiches : la commune possède deux superficies officielles. La surface cadastrale est de 6,85 km² — c'est elle qui sert de référence, notamment pour la densité — tandis que la surface géographique atteint 6,87 km². L'écart est infime, mais il suffit à faire varier d'une décimale les densités publiées ici ou là. Sur la base cadastrale, la densité 2022 s'établit à environ 34,6 habitants au km² : une commune « très peu dense » au sens de l'INSEE, parfaitement dans la norme de ce Bergeracois méridional de vignes et de fermes isolées.

Deux collines et une rivière

Ce relief de collines n'est pas décoratif : il commande le nom même de la commune. « Serres » et « Montguyard » désignent tous deux, on va le voir, des hauteurs. Entre elles, le Dropt a creusé son vallon d'est en ouest, servant de frontière naturelle avec les communes du nord. Ce sont donc bien deux collines et une rivière qui dessinent tout le territoire — une géographie lisible à l'œil nu, qui explique aussi pourquoi le peuplement s'est fait en deux paroisses distinctes.


Démographie

Une courbe en U : le déclin, puis le retour

La démographie de Serres-et-Montguyard raconte, en miniature, l'histoire de tout le rural français : un long déclin, puis un redressement récent. Au milieu du XXᵉ siècle, la commune comptait encore 238 habitants (1962). Puis l'exode rural fait son œuvre : 196 en 1968, 181 en 1975, 151 en 1982, jusqu'à un creux réel de 139 habitants en 1990. En moins de trente ans, la commune avait perdu près de 40 % de sa population.

Année Population
1962 238 habitants
1982 151
1990 139 (minimum historique)
1999 152
2017 237
2023 231 (population récente)

Du creux de 1990 au plateau des années 2010

Depuis les années 1990, la tendance s'est inversée — le classique « effet de desserrement » des campagnes proches d'un pôle (ici Eymet, sa bastide et ses services, à quelques minutes). La population a regagné une centaine d'habitants pour former un plateau autour de 237-250 habitants à la fin des années 2010. Attention toutefois à une nuance que les fiches en ligne ratent souvent : 2017 et 2022 affichent exactement le même chiffre, 237 — ce n'est donc pas un « pic » de 2022, mais un palier ; et la population 2023 (231) est déjà légèrement en repli sur le sommet de 2019-2020 (autour de 248-250).

Le détail des dernières années confirme cette lecture en plateau plutôt qu'en flèche. Les recensements successifs donnent 248 habitants en 2019, 250 en 2020 — le vrai sommet de la série récente —, puis 243 en 2021 et 237 en 2022, avant les 231 de 2023, qui constituent la population légale la plus récente. Rapportée au point de comparaison officiel de 2017 (237 habitants), l'évolution s'établit à −2,53 % : autrement dit, après trois décennies de regain, la courbe s'est stabilisée et oscille désormais dans une fourchette étroite, entre 230 et 250 âmes. À cette échelle, quelques naissances, deux ou trois déménagements ou la vente d'une ferme suffisent à faire bouger le chiffre — c'est toute la démographie d'une commune de ce format : sensible, mais sans drame.

Une densité de campagne dispersée

Rapportée à sa surface, cette population donne une densité d'environ 34 habitants au km² — très en dessous de la moyenne française, mais parfaitement cohérente avec ce Bergeracois de collines et de vignes, où l'on habite dispersé. C'est une commune où l'on compte plus de rangs de vigne et de noyers que de toits.


Étymologie

Deux collines, deux noms : l'histoire d'une fusion

Peu de communes portent leur géographie aussi clairement dans leur nom. « Serres » vient de l'occitan sèrra — une crête, un rebord de plateau, une ligne de hauteur. « Montguyard », lui, associe mont (la colline) au nom de personne germanique Guyard (de Wid-hard) : c'est « la colline de Guyard ». Deux mots, deux reliefs voisins — et donc, à l'origine, deux communautés distinctes installées chacune sur sa hauteur.

Chemin de crête et vignes près de Serres-et-Montguyard
Chemin de crête (une « serre ») au-dessus de la vallée du Dropt. (Illustration.)

1467, la première mention de Montguyard

L'histoire écrite confirme cette dualité. La forme « Parochia de Serris » (la paroisse de Serres) apparaît sans date précise dans les textes médiévaux ; Montguyard, lui, est mentionné dès 1467 sous la forme latine « Sanctus Perdulphus de Monte Guiardo » — littéralement « saint Pardoux de Montguyard ». Ce détail est précieux : il montre que, dès le XVᵉ siècle, le lieu était nommé d'après le vocable de son église (saint Pardoux). Nous verrons plus loin que ce glissement de nom est à la source d'une belle confusion.

La toponymie ajoute un indice élégant : le nom du hameau naît, dès l'origine, accolé au vocable de son église. En 1467, on ne dit pas « Montguyard » tout court, mais « saint Pardoux de Montguyard » — le lieu et son saint patron forment un seul nom. Ce réflexe médiéval, banal à l'époque, aura des conséquences durables : quand le vocable de l'église changera, des générations plus tard, le souvenir du nom ancien flottera encore, prêt à nourrir les confusions que l'on démonte plus bas. À Serres-et-Montguyard, littéralement, l'histoire des noms est l'histoire du village.

Une fusion révolutionnaire précoce

La réunion des deux paroisses en une seule commune s'est faite sous la Révolution. La date exacte n'est pas établie à l'année près — les sources administratives (Cassini/EHESS) la situent entre 1790 et 1794, la tradition retenant le plus souvent 1793. Ce qui est sûr, c'est que la fusion fut précoce : à titre de comparaison, la voisine Loubès-Bernac n'a réuni ses hameaux qu'en 1827, et Montpon-Ménestérol n'a fusionné ses deux bourgs qu'au XXᵉ siècle. Serres-et-Montguyard, elle, est née d'emblée double — et l'est restée dans son nom.

Ces points de comparaison méritent d'être précisés, car ils donnent la mesure de cette précocité. Loubès-Bernac — commune aujourd'hui située en Lot-et-Garonne, de l'autre côté de la limite départementale — n'a opéré sa réunion qu'en 1827, soit plus de trois décennies après Serres-et-Montguyard. Quant à Montpon-Ménestérol, dans l'ouest de la Dordogne, ses deux bourgs n'ont fusionné qu'en 1964-1965 — près de cent soixante-dix ans plus tard. La petite commune du Dropt a donc réglé sous la Révolution, en quelques années, ce que d'autres ont mis un siècle et demi à accomplir : un mariage de paroisses si ancien qu'il ne reste, aujourd'hui, aucun souvenir d'une identité séparée — sinon le trait d'union du nom.


Patrimoine

L'église et la chapelle : de saint Pardoux à saint Pierre

Le patrimoine bâti de Serres-et-Montguyard est à l'image de la commune : modeste, ancien, et un peu déroutant. Il comporte deux édifices romans — une église à Serres et une chapelle à Montguyard — dont aucun n'est protégé au titre des Monuments historiques (la base Mérimée est, sur ce point, muette : ni classement, ni inscription).

Illustration de l’église de Serres-et-Montguyard
L'église romane de Serres, cœur de l'ancienne paroisse. (Illustration.)

Le glissement de vocable, de Pardoux à Pierre

C'est ici qu'il faut être précis, car deux erreurs circulent. La première est une question de vocable. Le site de Montguyard est historiquement placé sous le patronage de saint Pardoux (Pardulphe, abbé du VIIᵉ-VIIIᵉ siècle, né vers 658 à Sardent, mort entre 737 et 743) — d'où la mention de 1467, « Sanctus Perdulphus ». Mais la chapelle romane qui s'y dresse aujourd'hui est dédiée à saint Pierre. Le vocable a donc glissé au fil des siècles, de Pardoux à Pierre, sur le même lieu. Retenez ce glissement : il explique presque à lui seul la légende du coteau, que nous abordons juste après.

Précisons les identités de ces deux édifices, car les sources locales permettent de les nommer : à Serres se dresse l'église Saint-Pierre-ès-Liens, cœur de l'ancienne paroisse ; sur le coteau de Montguyard, la chapelle Saint-Pierre, un édifice roman que la seule datation sourcée situe au XIIIᵉ siècle. On rencontre parfois une fourchette de construction « étalée du XIIᵉ au XVᵉ siècle » : elle ne repose sur aucune source vérifiable, et mieux vaut s'en tenir prudemment au XIIIᵉ siècle documenté. Détail savoureux : les deux édifices de la commune partagent aujourd'hui le même saint patron, Pierre — alors que le site de Montguyard s'appelait, au XVᵉ siècle, « saint Pardoux ». C'est tout le paradoxe de ce patrimoine : modeste par la taille, mais riche d'une histoire de noms qui a semé la pagaille dans les fiches en ligne.

La date fantôme de 1474

La seconde erreur est une date fantôme. On lit régulièrement que l'église aurait été « reconstruite en 1474 (nef et clocher) ». Cette date ne concerne pas Serres-et-Montguyard : elle appartient à une homonyme corrézienne, l'église Saint-Pardoux de Dampniat (Corrèze). La confusion, née d'un même vocable, s'est propagée de fiche en fiche. Le site officiel de la commune n'en fait aucune mention. Mieux vaut donc s'en tenir à ce qui est sûr : deux édifices romans, un vocable ancien (Pardoux) devenu Pierre, et pas de « reconstruction de 1474 » à Serres.


Histoire

Le coteau de Montguyard : faits établis et traditions

Ce qui est établi : la commune décrit à Montguyard une chapelle romane Saint-Pierre du XIIIe siècle (source communale, consultée le 24 juillet 2026). Elle date aussi la première mention connue de Montguyard de 1467, sous le nom Sanctus Perdulphus de Monte Guiardo (même source). Ce qui reste incertain : cette page officielle ne mentionne ni Templiers, ni Hospitaliers, ni « Ordre de Saint-Pierre ». Sans publication scientifique ou cote d’archives précise, aucune de ces affiliations ne peut être affirmée ; elles doivent rester présentées comme des traditions locales non vérifiées.

Illustration de la chapelle et de la fontaine de Montguyard
La chapelle de Montguyard et sa fontaine ancienne, cœur du site. (Illustration.)

Une attribution qui reste à documenter

Le vocable Saint-Pierre appartient à la chapelle actuelle ; il ne suffit pas à prouver l’existence d’un ordre religieux portant ce nom. De même, attribuer le site aux Templiers ou aux Hospitaliers exige une référence identifiable. Les noms de Falgueyrat, Pierre de Valbéon et des annexes voisines ont donc été retirés de l’argumentation tant qu’aucun inventaire d’archives précis ne les relie à Montguyard.

La prudence porte sur les deux sens de la légende : l’absence de preuve templière ne démontre pas automatiquement une origine hospitalière. La seule conclusion soutenue par la source officielle disponible est l’existence d’une chapelle romane Saint-Pierre. Toute affiliation institutionnelle demande encore une source primaire ou une étude publiée.

Conséquence pour la visite

Présentez le coteau comme un site religieux ancien associé à la chapelle romane, sans le qualifier de commanderie. Le lieu étant privé, il s’observe uniquement depuis l’espace public et sans franchir les accès. Une éventuelle attribution future devra citer l’auteur, le titre, l’éditeur ou le fonds, l’année, la page ou la cote et un lien stable.


Nature

Le Dropt : la rivière qui structure le pays

Impossible de comprendre Serres-et-Montguyard sans le Dropt. Cette rivière de quelque 132 km naît près de Capdrot (au sud-est du Bergeracois, vers 160 m d'altitude — Cap-Drot signifie d'ailleurs « la tête du Drot ») et rejoint la Garonne à Caudrot, en Gironde. Elle traverse la commune sur environ 5,5 km d'est en ouest, et sert de frontière naturelle face à Razac-d'Eymet puis à Eymet.

Illustration du Dropt dans la campagne de Serres-et-Montguyard
Le Dropt, à hauteur de la commune : saules, pont de pierre, brume du matin. (Illustration.)

Le Dropt n'est pas seul : la commune est irriguée par un réseau d'une dizaine de petits cours d'eau (le Réveillou, le Marzelou, le Pontillou, le Payot, le Rieu du Lac...), qui totalisent environ 18 km de linéaire. L'affluent Payot sert lui aussi de limite, sur près d'un kilomètre, avec Eymet. C'est un pays d'eau discrète, de fonds humides et de sources — dont celle, fameuse, du coteau de Montguyard.

Crues, tempête et gestion du bassin

Comme toute vallée, celle du Dropt connaît ses colères. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle pour inondation lors des crues de décembre 1999 et de février 2021 (arrêté du 21 juin 2021) ; un PPRI « vallée du Dropt » encadre l'urbanisme dans les zones exposées. À l'échelle du bassin, un SAGE (schéma d'aménagement et de gestion des eaux) « Dropt », portant sur 1 522 km², a été approuvé le 13 janvier 2022 et est piloté par le syndicat EPIDROPT — dont le siège, à Allemans-du-Dropt, est en Lot-et-Garonne : preuve que cette rivière ignore, elle, les frontières départementales.

Deux précisions pour lire ces chiffres sans les mélanger. D'abord, la chronologie des catastrophes naturelles : on attribue parfois à la commune une « inondation de 1982 » — en réalité, l'arrêté de 1982 concerne une tempête, celle du 19 novembre 1982 ; les reconnaissances pour inondation proprement dites sont bien celles de 1999 et 2021. Le PPRI de la vallée du Dropt, lui, a été prescrit vers 2013 et approuvé vers 2015. Ensuite, les ordres de grandeur, qu'il ne faut pas confondre : les 132,4 km mesurent la longueur du cours d'eau (la fiche communale retient 132,47 km, simple écart d'arrondi) ; les 1 522 km² correspondent au périmètre administratif du SAGE ; et le bassin versant physique de la rivière avoisine, lui, 1 300 km². Trois chiffres, trois réalités emboîtées — longueur, périmètre de gestion, bassin naturel — que les résumés en ligne fusionnent trop souvent en un seul.


Accès

Venir de Bordeaux : distances et temps réels

Serres-et-Montguyard est une commune enclavée, sans axe rapide vers l'ouest. Depuis Bordeaux, comptez environ 124 km et 1h49 par la route — soit près de 60 % de plus que la distance à vol d'oiseau (~83 km). C'est le prix d'un pays de collines desservi par des routes secondaires : on ne « fonce » pas sur Serres, on y monte tranquillement.

Vol d'oiseau et route : deux mesures à ne pas confondre

L'écart entre carte et bitume est ici spectaculaire, et il vaut la peine d'être chiffré. À vol d'oiseau, Serres-et-Montguyard n'est qu'à 83,5 km de Bordeaux ; par la route, le calculateur d'itinéraire mesure 130,6 km, pour environ 1h47 de conduite — soit +57 % de distance. Le même phénomène joue à toutes les échelles : Eymet, à 4,3-4,6 km en ligne droite, demande 6,3 km et environ 8 minutes par la route ; Sainte-Foy-la-Grande, à 26,3 km à vol d'oiseau, en exige 32,8 par le réseau routier. C'est la signature d'un pays de collines sans axe rapide, où chaque trajet épouse les vallons — et la raison pour laquelle tant de fiches en ligne, qui confondent les deux mesures, sous-estiment systématiquement les temps de parcours vers cette commune.

Méfiez-vous des raccourcis que l'on trouve en ligne. On lit souvent « Bordeaux ~81 km » : c'est faux — ce chiffre correspond en réalité, à peu près, au trajet Bergerac→Bordeaux, pas à Serres. De même, la « gare la plus proche » n'est pas Sainte-Foy-la-Grande (qui est en fait la plus éloignée, à ~33 km par la route) : les gares réellement les plus proches sont Lamonzie-Saint-Martin (~19 km) et Bergerac (~20 km). Eymet, tout près, n'a plus de gare (sa ligne est fermée).

Depuis / vers Distance route Temps
Bordeaux → Serres-et-Montguyard ~124 km ~1h49
Eymet (bastide voisine) ~6 km ~8 min
Bergerac (et son aéroport) ~28 km ~32 min
Gare de Bergerac ~20 km ~25 min
Sainte-Foy-la-Grande ~33 km ~35 min

Sans gare ni transport en commun structurant, et avec un habitat très dispersé, la voiture est ici indispensable. Pour une journée dans le Bergeracois sud — Serres-et-Montguyard, la bastide d'Eymet, un domaine viticole, la vallée du Dropt — sans se soucier de l'itinéraire ni du stationnement, un chauffeur privé au départ de Bordeaux permet d'enchaîner les étapes en porte-à-porte, à son rythme.


Alentours

Aux alentours : une base pour le Bergeracois sud

Serres-et-Montguyard ne se visite pas en soi : elle se savoure comme une étape dans un chapelet de sites plus connus, tous à moins de trois quarts d'heure. La commune fait une base tranquille et centrale pour rayonner dans ce sud du Bergeracois, entre bastides, vignoble et villages perchés.

Ferme et pigeonnier du Bergeracois près de Serres-et-Montguyard
Ferme à pigeonnier, typique de l'habitat dispersé du Bergeracois. (Illustration.)
Destination Distance Pourquoi s'y arrêter
Eymet ~6 km Bastide du XIIIᵉ s., place à cornières, château, marché
Issigeac ~15 km Village médiéval circulaire, marché du dimanche réputé
Duras (47) ~20 km Château des ducs, vignoble des Côtes-de-Duras
Monbazillac ~25 km Château Renaissance et vins liquoreux
Bergerac ~28 km Vieille ville, quais de Dordogne, Cyrano, aéroport

Sur place, Serres-et-Montguyard offre l'essentiel de la campagne bergeracoise : des chemins de crête pour marcher, des points de vue sur la vallée du Dropt, l'église de Serres et le site de Montguyard à découvrir de l'extérieur (la chapelle du coteau étant privée). C'est une destination de lenteur : quelques heures pour respirer, photographier les vignes et les fermes à pigeonnier, avant de filer vers Eymet ou un domaine viticole voisin.

Bon à savoir : la commune ne dispose ni d'hébergement structuré, ni de restauration, ni de commerces — Eymet, à six kilomètres, concentre tous les services (restaurants, marché, hôtels, chambres d'hôtes). Prévoyez donc Serres-et-Montguyard comme une halte au sein d'un itinéraire, et non comme une destination autonome. C'est précisément ce qui en fait le charme : ici, il n'y a rien à « faire » — seulement à regarder.


FAQ

Questions fréquentes

Où se trouve Serres-et-Montguyard ?

Dans le sud de la Dordogne, en Bergeracois (Périgord pourpre), tout contre la frontière du Lot-et-Garonne, juste au nord de la bastide d'Eymet. Code postal 24500, code INSEE 24532. C'est une petite commune rurale de 231 habitants sur 6,85 km², à environ 124 km (1h49) de Bordeaux.

Pourquoi ce nom en deux parties, Serres-et-Montguyard ?

Parce que la commune est née de la réunion de deux paroisses, chacune installée sur sa colline. « Serres » vient de l'occitan sèrra (une crête, une hauteur) ; « Montguyard » associe mont (la colline) au nom germanique Guyard, soit « la colline de Guyard ». Les deux paroisses ont fusionné sous la Révolution, entre 1790 et 1794 (souvent datée de 1793).

Y a-t-il un site templier à Serres-et-Montguyard ?

Aucune source précise citée dans ce guide ne permet de l’affirmer. La commune documente une chapelle romane Saint-Pierre du XIIIe siècle, mais ne mentionne ni Templiers ni Hospitaliers. L’attribution templière doit donc rester une tradition locale non vérifiée, et son rejet ne suffit pas à prouver une origine hospitalière.

Qu'est-ce que l'« Ordre de Saint-Pierre » dont on parle localement ?

La source communale parle d’une chapelle Saint-Pierre, pas d’un ordre religieux de ce nom. Sans référence bibliographique précise, l’expression doit être comprise comme une appellation locale ou une confusion, non comme une institution historique attestée. La mention de 1467 concerne Sanctus Perdulphus de Monte Guiardo.

L'église de Serres-et-Montguyard a-t-elle été reconstruite en 1474 ?

Non : c'est une confusion avec une homonyme. La « reconstruction de 1474 » concerne l'église Saint-Pardoux de Dampniat, en Corrèze, qui partage le même vocable. Le site officiel de Serres-et-Montguyard n'en fait aucune mention. La commune possède deux édifices romans (une église à Serres, une chapelle à Montguyard), dont aucun n'est classé Monument historique.

Serres-et-Montguyard a-t-elle une gare ?

Non. La commune n'a pas de gare, et Eymet, tout proche, n'en a plus (sa ligne est fermée). Contrairement à ce qu'on lit parfois, la gare la plus proche n'est pas Sainte-Foy-la-Grande (~33 km, la plus éloignée) mais Lamonzie-Saint-Martin (~19 km) ou Bergerac (~20 km). L'accès se fait donc en voiture ou en chauffeur privé.

Combien coûte un trajet Bordeaux → Serres-et-Montguyard en chauffeur privé ?

À partir de 222 € pour le trajet aller, en porte-à-porte, pour 1 à 3 passagers (berline) — tarif indicatif pour ~124 km et environ 1h49 de route. Le prix exact dépend de l'horaire, du véhicule (berline ou van jusqu'à 8 places) et des arrêts souhaités. Un devis fixe et écrit est fourni avant le départ.

Quelle rivière traverse la commune ?

Le Dropt, une rivière d'environ 132 km qui naît près de Capdrot et rejoint la Garonne à Caudrot, en Gironde. Il traverse Serres-et-Montguyard sur environ 5,5 km et sert de frontière avec Razac-d'Eymet puis Eymet. La commune a connu des inondations reconnues catastrophe naturelle en 1999 et 2021, et un PPRI encadre les zones exposées.

Que voir autour de Serres-et-Montguyard ?

La bastide d'Eymet (~6 km), le village médiéval d'Issigeac et son marché du dimanche (~15 km), le château et le vignoble de Duras en Lot-et-Garonne (~20 km), le château de Monbazillac et ses liquoreux (~25 km), et Bergerac avec sa vieille ville et son aéroport (~28 km). Serres-et-Montguyard fait une base tranquille pour rayonner dans le Bergeracois sud.

Peut-on visiter la chapelle et le site de Montguyard ?

Le site du coteau de Montguyard, avec sa chapelle romane et sa fontaine ancienne, est aujourd'hui une propriété privée qui ne se visite pas librement. On peut en revanche découvrir de l'extérieur l'église de Serres et profiter des chemins de crête et des points de vue sur la vallée du Dropt, en pleine campagne bergeracoise.

De quel canton et de quelle intercommunalité dépend Serres-et-Montguyard ?

La commune relève de l'arrondissement de Bergerac et, depuis le redécoupage cantonal de 2015, du canton du Sud-Bergeracois — elle appartenait auparavant au canton d'Eymet. Elle fait partie de la communauté de communes des Portes Sud Périgord, dans la région naturelle du Bergeracois (Périgord pourpre). Un ancrage cohérent : Eymet reste la petite ville de référence pour les services, et Bergerac la sous-préfecture de rattachement.

Peut-on combiner Serres-et-Montguyard avec Eymet dans une même journée ?

Oui, c'est même l'itinéraire naturel : Eymet n'est qu'à ~6 km (8 minutes). Un chauffeur privé au départ de Bordeaux permet d'enchaîner dans la journée Serres-et-Montguyard, la bastide d'Eymet, un domaine viticole du Bergeracois et la vallée du Dropt, en porte-à-porte et sans se soucier du stationnement ni de l'itinéraire.

Aller plus loin

Pour aller plus loin

Sources

Sources et références

Article mis à jour en juillet 2026.

Réservation 24h/24

En route pour le Bergeracois sud

Trajet direct depuis Bordeaux (~1h49) vers Serres-et-Montguyard et la vallée du Dropt, arrêts libres en chemin — Eymet, Issigeac, un domaine viticole. Devis fixe par écrit sous 30 minutes, berline ou van 8 places, chauffeur anglophone.

Illustration des collines autour de Serres-et-Montguyard
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