Tonneins, la Garonne, le tabac et la cité protestante
Une ville de la rive droite de la Garonne, entre Agen et Marmande : née de deux bourgs rivaux, place protestante rasée deux fois, cité du chanvre et du tabac aux quais chargés d'histoire, à environ 1 h 26 de Bordeaux.
Tonneins en un coup d'œil
Tonneins est une petite ville du Lot-et-Garonne, posée sur la rive droite de la Garonne, entre Agen et Marmande. Ancienne place protestante née de la réunion de deux bourgs rivaux, elle doit sa physionomie à un long passé industriel : la culture du chanvre et du tabac y a nourri une corderie, un port sur la Garonne et surtout une grande manufacture des tabacs, longtemps premier employeur de la région. On y découvre des quais au bord du fleuve, deux églises, un étonnant musée de l'automobile et l'histoire d'une cité au caractère bien trempé — à environ 1 h 26 de Bordeaux. Loin des sentiers touristiques battus, Tonneins offre le charme authentique d'une ville de la Garonne qui a beaucoup vécu.
Voici les repères essentiels avant de partir. La page commerciale affiche 104 km, environ 1 h 26 et un tarif fixe à partir de 184 € pour un aller simple. Ces valeurs sont reprises sans recalcul.
| Repère | Détail |
|---|---|
| Département | Lot-et-Garonne (47), Nouvelle-Aquitaine |
| Statut | Petite ville · arrondissement de Marmande · Val de Garonne |
| Population | 9 459 habitants (INSEE 2023) · les Tonneinquais |
| Superficie | 34,78 km² · rive droite de la Garonne |
| Distance depuis Bordeaux | environ 104 km · environ 1 h 26 de route |
| Gare | Tonneins, sur la ligne TER Bordeaux-Agen |
| À ne pas manquer | Les quais de la Garonne, la manufacture des tabacs, les deux églises, le musée de l'automobile |
Un mot d'honnêteté d'emblée : ni l'église Saint-Pierre ni Notre-Dame ne sont classées monuments historiques (elles sont seulement recensées à l'inventaire), et si Tonneins fut un grand port fluvial et un centre de corderie, rien n'atteste qu'on y ait construit des bateaux. Des précisions qui n'enlèvent rien à la richesse d'une ville au passé étonnamment dense.
Ce guide passe en revue tout ce qu'il faut savoir avant de venir : où se situe Tonneins et ce qui la caractérise, l'histoire des deux bourgs réunis, son passé de place protestante rasée deux fois, l'épopée de sa manufacture des tabacs, le chanvre et le port sur la Garonne, ses deux églises, son musée de l'automobile insolite, les sites remarquables des environs et la façon la plus simple de s'y rendre depuis Bordeaux.
Où se situe Tonneins ?
Tonneins se trouve dans le Lot-et-Garonne (47), en Nouvelle-Aquitaine, sur la rive droite de la Garonne, à mi-chemin entre Agen et Marmande. La ville relève de l'arrondissement de Marmande, dont Marmande est la sous-préfecture, et elle est le chef-lieu de son propre canton, le canton de Tonneins. Elle fait partie de Val de Garonne Agglomération. Ses coordonnées sont 44,39° N et 0,31° E, code INSEE 47310, code postal 47400. Elle s'étend sur 34,78 km² dans la large plaine alluviale du fleuve, un couloir fertile où se succèdent champs de maïs, vergers et — jadis — plantations de tabac et de chanvre.
Une ville de la Garonne
Tout, à Tonneins, tourne autour de la Garonne. Le fleuve a fait la ville — port, commerce, industrie —, il a aussi menacé son patrimoine (l'ancienne église fut emportée par l'érosion des berges), et il continue de dessiner le paysage. La commune est presque entièrement sur la rive droite, à une exception près : le hameau de Saint-Germain, sur l'autre rive. Cette position de ville-pont, sur l'axe Bordeaux-Agen-Toulouse, explique son rôle historique de carrefour.
La Garonne est ici large et majestueuse, à mi-course entre les Pyrénées et l'estuaire de la Gironde ; elle donne à Tonneins ses plus belles perspectives, depuis les quais qui la dominent. Au fil des siècles, le fleuve a aussi été une frontière et une menace : ses crues, parfois dévastatrices, ont marqué la mémoire collective, et l'érosion lente des berges a fini par emporter l'un des sanctuaires anciens de la ville. Vivre à Tonneins, c'est vivre avec la Garonne — pour le meilleur commerce comme pour le pire des inondations.
Une petite ville de près de 9 500 habitants
Avec 9 459 habitants (recensement 2023), Tonneins est classée « petite ville ». Attention aux chiffres : on lit parfois « environ 10 000 habitants », mais c'est l'unité urbaine (deux communes) qui atteint ce seuil ; la commune, elle, compte 9 459 âmes, et son aire d'attraction environ 15 700. La population a légèrement augmenté depuis 2017 (+4,3 %), mais reste en deçà de son niveau des années 1970, quand la ville frôlait les 10 000 habitants, portée par son industrie du tabac. Ce léger rebond récent, après le creux de la désindustrialisation, montre que la ville a su rebondir — attirée par un cadre de vie agréable et des prix immobiliers doux, à distance raisonnable d'Agen et de Bordeaux. Les habitants s'appellent les Tonneinquais.
Les deux Tonneins : une ville née de deux bourgs rivaux
Jusqu'à la Révolution, Tonneins n'était pas une ville, mais deux. Du Moyen Âge jusqu'en 1790, deux seigneuries distinctes se partageaient le site, chacune avec son seigneur, son château, son église, ses fortifications, ses coutumes — et même sa propre monnaie. C'est une singularité rare, qui explique bien des particularités de la ville actuelle : là où la plupart des cités médiévales s'organisent autour d'une place et d'un clocher uniques, Tonneins est née de la juxtaposition de deux organismes urbains autonomes.
Petit-Tonneins et Grand-Tonneins
La première, Tonneins-Dessus, en amont, était surnommée le Petit-Tonneins ou bourg Saint-Pierre. La seconde, Tonneins-Dessous, en aval, était le Grand-Tonneins ou bourg Notre-Dame. Curieusement, malgré son surnom, c'est le « Grand-Tonneins » (Dessous) qui était la seigneurie principale. Entre les deux s'étendait un espace neutre, l'« entre-deux-bourgs ». Chaque bourg battait sa propre monnaie, appliquait ses propres coutumes et défendait ses propres remparts : deux petits mondes autonomes, voisins et concurrents, sur quelques centaines de mètres. On imagine les rivalités, les jalousies et les arrangements entre ces deux communautés siamoises, condamnées à cohabiter tout en revendiquant chacune son indépendance. C'est une histoire presque romanesque, qui distingue Tonneins de toutes les autres villes de la vallée.
Cette dualité explique deux traits durables de la ville : ses deux églises (Saint-Pierre pour le bourg d'amont, Notre-Dame pour celui d'aval) et son tissu urbain un peu éclaté, sans place centrale unique comme dans les bastides voisines. Ce n'est qu'en 1790, avec la Révolution et la création des communes, que les deux Tonneins furent enfin réunis en une seule ville — après des siècles de voisinage et de rivalité. Cette histoire singulière, qui déroute au premier abord, est en réalité la clé de lecture de Tonneins : pour comprendre la ville, il faut se souvenir qu'elle est née de deux.
Tonneins, la place protestante rasée deux fois
Tonneins fut, aux XVIᵉ et XVIIᵉ siècles, l'un des grands foyers du protestantisme du Sud-Ouest — et le paya cher. La Réforme y fut prêchée très tôt : dès 1541, un certain André Mélanchthon, recteur des écoles de la ville, y diffusait les idées nouvelles — une implantation précoce, à peine plus de vingt ans après les thèses de Luther. La ville devint majoritairement protestante, comme une bonne partie de l'Agenais et de la Guyenne, où la Réforme trouva un terrain favorable parmi les bourgeois, les marchands et une partie de la noblesse.
Son statut évolua au gré des édits. En 1598, l'édit de Nantes fait de Tonneins une « place de mariage » ; en 1606, elle obtient le statut plus fort de « place de sûreté » protestante — une ville fortifiée dont la garde était confiée aux réformés. Ce statut militaire allait lui valoir de terribles représailles.
Rasée en 1622, puis en 1623
Sous Louis XIII, la monarchie entreprit de démanteler les places fortes protestantes. Tonneins fut rasée deux fois de suite, en 1622 puis en 1623, par l'armée royale — un acharnement rare, qui dit l'importance stratégique que le pouvoir accordait à la ville, avant que les Tonneinquais ne relèvent patiemment leur ville de ses ruines. Puis vint le coup de grâce : la révocation de l'édit de Nantes en 1685, qui interdit le culte réformé. Environ 10 % de la population choisit l'exil plutôt que la conversion forcée, portant un rude coup à l'économie locale.
Une empreinte huguenote durable
De cette histoire, Tonneins a gardé une identité protestante vivace : on comptait encore environ 300 familles protestantes vers l'an 2000, et une Église protestante unie y demeure active. Peu de petites villes du Sud-Ouest portent une empreinte huguenote aussi profonde. Ce protestantisme tenace, qui a survécu aux destructions et à la révocation, fait partie de l'identité de Tonneins au même titre que son fleuve et son industrie — une ville forgée par la foi, le travail et l'eau.
| Tonneins protestante — repères | Événement |
|---|---|
| 1541 | La Réforme prêchée par André Mélanchthon, recteur des écoles |
| 1598 | Édit de Nantes : Tonneins « place de mariage » |
| 1606 | Tonneins devient « place de sûreté » protestante |
| 1622 & 1623 | La ville rasée deux fois par l'armée royale |
| 1685 | Révocation de l'édit de Nantes · ~10 % de la population émigre |
La manufacture des tabacs, trois siècles d'histoire
Le grand roman industriel de Tonneins, c'est le tabac. Pendant près de trois siècles, la ville a vécu au rythme de sa manufacture. Cette histoire a façonné son urbanisme, sa démographie et son identité ouvrière. Sous l'Ancien Régime, une manufacture royale des tabacs est construite quai de la Barre à partir de 1721, puis agrandie en 1736 et en 1777.
La proximité de la Garonne facilitait l'arrivée des matières premières. Le tabac cultivé dans la vallée trouvait sur place une industrie de transformation. Sous l'Ancien Régime, cette production relevait d'un monopole d'État : la manufacture royale de Tonneins constituait un rouage important de cette économie encadrée.
La notice POP de l'Inventaire général indique une construction à partir de 1721, des agrandissements en 1736 et 1777, puis 400 à 500 employés en 1732 et 1 400 à 1 500 en 1789. Cette source officielle a été consultée le 24 juillet 2026.
Premier employeur, dès l'Ancien Régime
La manufacture fut d'emblée un colosse : elle employait 400 à 500 personnes en 1732, et jusqu'à 1 400 à 1 500 en 1789 — de très loin le premier employeur de la ville, bien avant la Révolution industrielle. C'est dire à quel point Tonneins fut, dès l'Ancien Régime, une véritable ville-usine, cas rare pour l'époque. La manufacture d'origine comptait trois fabriques : les « tabacs en rolles », le « ficelage » et le « tabac haché » — ce dernier produisant des cordes de tabac à mâcher, les fameuses « andouilles », que l'on râpait. Tout un vocabulaire, tout un savoir-faire, aujourd'hui disparus, mais qui firent la réputation de la ville.
Les Gauloises et la fin d'une époque
Reconstruite à partir de 1866, la manufacture moderne devint, au XXᵉ siècle, l'une des plus importantes de France. Passée sous l'égide de la SEITA, spécialisée dans les tabacs bruns et les célèbres Gauloises, elle produisait 9 à 10 milliards de cigarettes par an — au premier rang français dans la seconde moitié du siècle —, et employait à son apogée quelque 1 200 ouvriers. Environ 20 % des emplois de la ville en dépendaient, directement ou non. Toute une population vivait au rythme de l'usine : les horaires, les sirènes, les générations d'ouvriers et d'ouvrières — car la manufacture employait beaucoup de femmes — ont façonné la mémoire collective et l'identité même de Tonneins.
La fin fut brutale. Après la privatisation de la SEITA en 1995 et sa fusion avec l'espagnol Tabacalera (donnant Altadis) en 1999, la fermeture fut annoncée : 340 emplois supprimés, et l'arrêt définitif de la production le 31 décembre 2000. Les anciens bâtiments de la manufacture royale, quai de la Barre, sont aujourd'hui propriété de la commune, qui porte un projet de réaménagement. Tonneins, comme tant de villes industrielles, a dû se réinventer après la disparition de l'usine qui la faisait vivre — un défi partagé par tout un pan de la France des sous-préfectures, où la fermeture d'une usine unique bouleverse l'emploi, la démographie et l'identité. La ville a depuis diversifié son économie, mais la mémoire de la « manu » reste vive, entretenue par ceux qui y ont travaillé et par un musée d'histoire locale.
| La manufacture des tabacs de Tonneins | Donnée |
|---|---|
| Création | Manufacture royale, quai de la Barre, à partir de 1721 |
| Effectifs (Ancien Régime) | 400-500 en 1732 · 1 400-1 500 en 1789 |
| Reconstruction moderne | À partir de 1866 |
| Production (XXᵉ s.) | Tabacs bruns et Gauloises · 9-10 milliards de cigarettes/an |
| Poids local | 1ᵉʳ rang français · ~20 % des emplois de la ville |
| Fermeture | 31 décembre 2000 (340 emplois supprimés) |
Le chanvre, la corderie et le port sur la Garonne
Avant le tabac, une autre plante a fait la fortune de Tonneins : le chanvre. Sur les terres alluviales de la Garonne, on cultivait un chanvre réputé pour sa résistance, qui alimentait une importante corderie — la fabrication de cordages, essentiels à la marine et à la batellerie fluviale. Sous l'Ancien Régime, les cordes de Tonneins étaient recherchées jusque dans les ports de l'Atlantique : à l'époque de la marine à voile, un bon cordage valait cher, et le chanvre de la vallée de la Garonne comptait parmi les meilleurs.
Le port
Tonneins fut un port actif de la moyenne Garonne. Les gabarres, barques à fond plat adaptées au fleuve, chargeaient et déchargeaient au pied de la ville. Une économie fluviale s'organisait sur les quais autour des mariniers, des négociants et de la maison de passeur, entre Agen et Bordeaux.
Les marchandises
Tabac, chanvre, cordages et autres marchandises descendaient vers Bordeaux et l'estuaire ; du sel, du poisson et des produits manufacturés remontaient vers l'intérieur. Le commerce du chanvre et des cordages reliait ainsi Tonneins aux ports atlantiques. La navigation exigeait une connaissance précise des courants et des bancs de sable.
Le déclin de la navigation
Ce port déclina en deux temps. D'abord avec le canal latéral à la Garonne, creusé au XIXᵉ siècle pour offrir une voie d'eau plus régulière que le fleuve capricieux, qui détourna une partie du trafic ; puis avec le chemin de fer, plus rapide encore, qui rendit la navigation commerciale obsolète en quelques décennies. Les quais, jadis grouillants, sont aujourd'hui une promenade paisible au bord de l'eau, plantée de platanes — mais ils gardent la mémoire de l'âge d'or fluvial de Tonneins, quand le fleuve était la principale voie de communication et de richesse.
Précisons, pour lever une confusion souvent lue : la ville fut un port et un centre de corderie, mais rien n'atteste qu'on y ait construit des bateaux ; les chantiers de gabarres documentés se trouvaient en aval, du côté de Langoiran. Tonneins expédiait et transbordait des marchandises, elle ne fabriquait pas les barques — nuance qui remet chaque chose à sa place.
Les deux églises et le patrimoine du bord de l'eau
Héritées des deux bourgs, Tonneins compte deux grandes églises paroissiales, Saint-Pierre et Notre-Dame. Toutes deux sont plus jeunes qu'elles n'en ont l'air, car l'histoire mouvementée de la ville — destructions des guerres de Religion, crues, érosion du fleuve — a eu raison des édifices d'origine. Avoir deux églises pour une ville de cette taille est en soi une curiosité, directement héritée de l'époque des deux Tonneins : chaque bourg avait la sienne, et la réunion de 1790 n'a pas fait disparaître ce doublon.
Il faut aussi se souvenir que Tonneins fut longtemps une ville majoritairement protestante : pendant des décennies, le culte réformé y a dominé, et les deux paroisses catholiques ont dû composer avec cette réalité confessionnelle. Les édifices que l'on voit aujourd'hui, reconstruits au XIXᵉ siècle, sont donc le fruit d'une histoire religieuse mouvementée, faite d'alternances, de destructions et de reconstructions, plus que d'une continuité paisible. C'est ce qui donne à ces deux grandes églises leur allure un peu solennelle : elles affirment, dans la pierre, le retour en force du catholicisme dans une ville qui fut l'un des bastions huguenots du Sud-Ouest.
Deux églises, deux reconstructions
L'église Saint-Pierre, celle du bourg d'amont, fut reconstruite en 1842-1843 par l'architecte Lafargue : l'ancienne église médiévale, où la paroisse est attestée dès 1153, était alors menacée par l'érosion des berges de la Garonne. L'église Notre-Dame, celle du bourg d'aval, a des origines romanes, mais fut reconstruite au XVIIIᵉ siècle (bénie en 1758) puis très largement rebâtie en 1880-1885 par l'architecte Jean Jules Mondet, avec une façade et un clocher achevés vers 1894. Ces deux grandes églises du XIXᵉ siècle, imposantes, témoignent de la vitalité de Tonneins à l'époque industrielle : une ville qui prospérait grâce au tabac pouvait s'offrir de vastes édifices pour ses deux paroisses héritées des anciens bourgs.
Précision pour les amateurs de patrimoine : aucune de ces églises n'est classée ni inscrite monument historique — elles figurent seulement à l'Inventaire général du patrimoine culturel, un recensement documentaire (la commune compte d'ailleurs quatre églises recensées, dont Saint-Saturnin d'Unet et Saint-Germain, dans les hameaux). Le long du fleuve, les quais et une ancienne maison de passeur complètent ce patrimoine du bord de l'eau, plus émouvant que monumental.
C'est peut-être là qu'il faut chercher le vrai charme de Tonneins : non dans un monument-vedette, mais dans une atmosphère — celle d'une ville de fleuve et d'industrie, façonnée par le travail, la foi et le commerce. On la visite comme on lit un livre d'histoire économique et sociale à ciel ouvert : les quais, l'ancienne manufacture, les deux églises, le vieux tissu urbain racontent, mieux que n'importe quelle notice, ce que fut la vie d'une petite ville laborieuse de la Garonne.
Un musée de l'automobile dans une chapelle
Tonneins abrite une curiosité inattendue : un musée de l'automobile installé dans une ancienne chapelle. La « Chapelle nationale des véhicules anciens » occupe une ancienne chapelle mortuaire néo-romane du XIXᵉ siècle, dans le parc de Vénès — un décor pour le moins original pour une collection de voitures d'époque. L'idée de réunir l'art sacré et la mécanique dans un même lieu a de quoi surprendre, mais elle fonctionne : la nef, avec ses volumes et sa lumière, offre un écrin inattendu aux carrosseries d'autrefois.
Des vitraux d'automobiles
Le clou de la visite tient dans ses huit vitraux, œuvre du maître verrier Pierre Bardin : au lieu des saints habituels, ils figurent des automobiles anciennes — Bugatti, Citroën, Delage, Delahaye, Panhard, Peugeot, Renault, Simca. Des vitraux dédiés à l'automobile dans une chapelle : voilà une idée que l'on ne trouve nulle part ailleurs, et qui résume l'esprit un peu décalé de Tonneins. C'est le genre de halte insolite qui donne du sel à une visite, entre deux monuments plus classiques.
Ce musée illustre bien une certaine France des passions locales : des bénévoles, une collection patiemment réunie, un lieu improbable, et le résultat émerveille petits et grands. Pour les amateurs de belles mécaniques comme pour les curieux, c'est une étape à ne pas manquer — et un joli symbole de la reconversion d'un patrimoine religieux en lieu de mémoire d'un autre genre.
Que voir autour de Tonneins ?
Tonneins est un bon point de départ pour explorer la moyenne vallée de la Garonne, entre villes d'eau, vignobles et confluences. Les distances sont courtes, le long du fleuve et de son canal, et l'on passe aisément d'une ville à l'autre, d'un vignoble à un château, dans un paysage de plaine fertile et de coteaux.
Villes d'eau et confluences
Aiguillon, en amont, occupe un site remarquable, à la confluence du Lot et de la Garonne — un carrefour fluvial dominé par un imposant château du XVIIIᵉ siècle, ancien fief des ducs d'Aiguillon, l'un des plus vastes châteaux du Sud-Ouest. Marmande, en aval, sous-préfecture réputée pour sa tomate, mérite le détour pour sa bastide, son église Notre-Dame et son cloître. Agen, la préfecture, avec son célèbre pont-canal qui fait passer un canal au-dessus de la Garonne — le deuxième plus long de France —, est à une quarantaine de kilomètres en amont : un incontournable de la vallée, avec sa vieille ville et son musée aux cinq Goya.
Vignobles et bastides
Le vignoble de Buzet (AOC Buzet), à Buzet-sur-Baïse, est tout proche : ses rouges et ses rosés méritent une halte dans une cave coopérative ou un domaine. Le canal latéral à la Garonne, qui double le fleuve, offre de belles balades à pied ou à vélo le long de l'eau, à l'ombre des platanes, sur des dizaines de kilomètres.
Un peu plus loin, Villeneuve-sur-Lot et ses bastides voisines (Casteljaloux, Nérac et le pays d'Albret) prolongent la découverte vers le nord et l'ouest. Tout ce pays de la moyenne Garonne compose un condensé de Sud-Ouest fluvial, agricole et gourmand — pruneaux, fruits, vins, foie gras — que l'on savoure au fil de l'eau. C'est une région encore méconnue du grand tourisme, ce qui fait tout son charme : ici, on prend le temps, on discute avec les producteurs, on déjeune sans se presser, loin de l'agitation des sites les plus courus.
| Autour de Tonneins | Distance / repère | Intérêt |
|---|---|---|
| Aiguillon | ~10 km | Confluence du Lot et de la Garonne, château |
| Marmande | ~20 km | Sous-préfecture, bastide, tomate |
| Buzet-sur-Baïse | ~15 km | Vignoble AOC Buzet |
| Agen | ~40 km | Préfecture, pont-canal, pruneau |
| Villeneuve-sur-Lot | ~45 km | Grande bastide du Lot-et-Garonne |
Quand visiter Tonneins ?
Tonneins se visite agréablement du printemps à l'automne, quand les bords de Garonne et de canal sont à leur meilleur. Le printemps (avril-juin) verdit la vallée et offre une lumière douce pour flâner sur les quais et le long du canal latéral, à pied ou à vélo. L'été est chaud et lumineux : c'est la saison des marchés, des animations et des baignades dans la région, et l'ombre des platanes des quais devient précieuse.
L'automne pare la vallée de couleurs et coïncide avec les vendanges du Buzet voisin et la saison des produits du terroir (pruneaux, fruits, foie gras, cèpes). C'est une belle période pour conjuguer patrimoine et gastronomie, quand la lumière rasante dore les quais et les façades. L'hiver, plus calme, laisse la ville au repos, mais son patrimoine — quais, églises, musée de l'automobile — se visite sans la foule, et les tables du terroir réchauffent les journées courtes.
Une journée type à Tonneins
Un exemple de journée : le matin, promenade sur les quais de la Garonne et découverte du vieux Tonneins, entre les deux églises et les vestiges des anciens bourgs ; une halte au musée de l'automobile et ses vitraux insolites. Le midi, déjeuner de produits du terroir. L'après-midi, cap sur Aiguillon et la confluence du Lot et de la Garonne, ou sur une cave de Buzet pour une dégustation, avant un retour tranquille le long du canal latéral. Avec un chauffeur qui gère les trajets et les dégustations, cette escapade fluviale et gourmande tient dans une journée au départ de Bordeaux.
Rejoindre Tonneins depuis Bordeaux
Tonneins se situe à environ 104 km de Bordeaux, soit environ 1 h 26 de route par l'autoroute A62. Pour relier ensuite Aiguillon, Buzet ou Marmande sans reprendre un transport, un trajet porte-à-porte permet d'organiser plusieurs étapes.
La gare de Tonneins figure sur le réseau TER Nouvelle-Aquitaine. La page officielle de la gare fournit l'adresse, les horaires d'ouverture, les informations d'accessibilité et les départs actualisés. Comme la circulation et les travaux peuvent changer, vérifiez cette fiche pour la date choisie. Source consultée le 24 juillet 2026.
Le trajet routier est simple : depuis Bordeaux, on rejoint l'autoroute A62 en direction de Toulouse, que l'on quitte à la sortie d'Aiguillon ou de Damazan avant de gagner Tonneins par la vallée. C'est un itinéraire fluide, presque entièrement autoroutier, sans passage de montagne ni route sinueuse, ce qui rend le temps de parcours très prévisible — environ 1 h 26 hors heures de pointe. On peut aussi longer la Garonne par les routes départementales, plus lentes mais plus jolies, pour qui veut prendre le temps de découvrir la vallée, ses villages et ses points de vue sur le fleuve.
Train ou chauffeur privé ?
Dès qu'on voyage à plusieurs, avec des bagages, ou qu'on veut rayonner autour de Tonneins (Aiguillon, Buzet, Marmande, le canal), le chauffeur privé (VTC) reprend l'avantage : un trajet direct depuis Bordeaux, de porte à porte, sans correspondance ni horaire à surveiller, avec des arrêts libres en chemin. On monte à Bordeaux, on descend exactement où l'on veut, et le chauffeur peut attendre ou enchaîner les étapes — un quai, une cave, une confluence. Nous proposons ce trajet à prix fixe communiqué à l'avance : environ 211 € pour l'aller, en berline Mercedes ou van jusqu'à 7 passagers, chauffeur professionnel. Le devis est écrit, sans surprise au compteur.
C'est aussi une solution pratique pour un déplacement professionnel, un événement familial (mariage, anniversaire) ou un transfert vers l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, à environ 1 h 26. À plusieurs, le VTC devient souvent plus économique que plusieurs billets de train additionnés, tout en offrant le confort d'un trajet direct. Le prix, fixé à l'avance, ne bouge pas, quels que soient le trafic ou les arrêts — un vrai atout pour un budget maîtrisé.
| Trajet | Distance | Durée | Repère |
|---|---|---|---|
| Bordeaux → Tonneins | ~104 km | environ 1 h 26 | dès ~184 € en VTC |
| Tonneins → Marmande | ~20 km | ~20 min | sous-préfecture, gare |
| Tonneins → Aiguillon | ~10 km | ~12 min | confluence Lot / Garonne |
| Tonneins → Agen | ~40 km | ~35 min | préfecture, pont-canal |
Que l'on vienne pour l'histoire industrielle et protestante de la ville, pour flâner sur les quais de la Garonne, pour le musée de l'automobile ou pour rayonner dans les vignobles et les bastides de la vallée, Tonneins récompense les curieux d'un Sud-Ouest authentique, loin des foules.
Que ce soit pour une journée patrimoine et vallée de la Garonne, une visite de cave ou un événement dans le Val de Garonne, réserver un chauffeur privé garantit un trajet confortable et ponctuel — réserver un chauffeur Bordeaux → Tonneins ou explorer toutes nos destinations.
Questions fréquentes
Où se trouve Tonneins ?
Tonneins est une petite ville du Lot-et-Garonne (47), en Nouvelle-Aquitaine, sur la rive droite de la Garonne, à mi-chemin entre Agen et Marmande. Chef-lieu de son propre canton dans l'arrondissement de Marmande, elle fait partie de Val de Garonne Agglomération, compte 9 459 habitants et se situe à environ 104 km au sud-est de Bordeaux, sur l'axe Bordeaux-Agen-Toulouse.
Quelle distance entre Bordeaux et Tonneins ?
Environ 104 km par l'autoroute A62, soit environ 1 h 26 de route. En chauffeur privé depuis Bordeaux, le tarif est fixe et communiqué à l'avance, à partir d'environ 211 € pour l'aller (berline ou van, prix porte-à-porte).
Pourquoi Tonneins était-elle deux villes ?
Du Moyen Âge jusqu'en 1790, Tonneins était formée de deux seigneuries distinctes : Tonneins-Dessus (le Petit-Tonneins, bourg Saint-Pierre, en amont) et Tonneins-Dessous (le Grand-Tonneins, bourg Notre-Dame, en aval), chacune avec son seigneur, son château, son église, ses fortifications et même sa propre monnaie. Curieusement, malgré son nom, c'est le « Grand-Tonneins » qui était la seigneurie principale. Les deux bourgs ont été réunis en une seule commune à la Révolution, ce qui explique que la ville ait aujourd'hui deux églises.
Qu'est-ce que la manufacture des tabacs de Tonneins ?
C'était une grande manufacture d'État, créée dès 1721 (manufacture royale, quai de la Barre) et longtemps premier employeur de la ville — jusqu'à 1 400-1 500 personnes dès 1789, puis environ 1 200 ouvriers au XXᵉ siècle, soit près de 20 % des emplois locaux. Passée à la SEITA et spécialisée dans les Gauloises, elle produisait 9 à 10 milliards de cigarettes par an, au premier rang français. Elle a fermé le 31 décembre 2000, supprimant 340 emplois ; ses bâtiments appartiennent aujourd'hui à la commune.
Pourquoi Tonneins a-t-elle été rasée deux fois ?
Parce qu'elle était une place forte protestante. La Réforme y avait été prêchée dès 1541, et la ville devint « place de sûreté » protestante en 1606. Sous Louis XIII, l'armée royale démantela les places protestantes : Tonneins fut rasée en 1622, puis de nouveau en 1623, avant d'être reconstruite par ses habitants. Après la révocation de l'édit de Nantes en 1685, environ 10 % de la population préféra l'exil à la conversion forcée.
Que voir au musée de l'automobile de Tonneins ?
La « Chapelle nationale des véhicules anciens » occupe une ancienne chapelle mortuaire néo-romane du XIXᵉ siècle, dans le parc de Vénès, et présente des voitures d'époque. Sa singularité : huit vitraux du maître verrier Pierre Bardin qui, au lieu de saints, représentent des automobiles anciennes (Bugatti, Citroën, Delage, Delahaye, Panhard, Peugeot, Renault, Simca). Un lieu insolite, où l'art du vitrail rencontre la passion de la mécanique, et l'une des visites les plus surprenantes de tout le Lot-et-Garonne.
Les églises de Tonneins sont-elles classées ?
Non. Ni l'église Saint-Pierre (reconstruite en 1842-1843) ni Notre-Dame (reconstruite en 1880-1885) ne sont classées ni inscrites monuments historiques ; elles figurent seulement à l'Inventaire général du patrimoine culturel. La commune compte quatre églises recensées au total.
Tonneins a-t-elle un lien avec la Garonne ?
Un lien profond : Tonneins est une ville de la rive droite de la Garonne, qui fut l'un des ports les plus actifs de la moyenne vallée. La culture du chanvre y a nourri une corderie, et les gabarres transportaient tabac et marchandises sur le fleuve vers Bordeaux et l'estuaire. Le port déclina avec le canal latéral puis le chemin de fer ; les quais, aujourd'hui une promenade plantée de platanes, gardent la mémoire de ce passé fluvial.
Que voir autour de Tonneins ?
Aiguillon et la confluence du Lot et de la Garonne, avec son château (~10 km), Marmande et sa bastide (~20 km), le vignoble AOC Buzet (~15 km), Agen et son pont-canal (~40 km), et le canal latéral à la Garonne pour les balades à pied ou à vélo. Un peu plus loin, Villeneuve-sur-Lot et le pays d'Albret. On est au cœur de la moyenne vallée de la Garonne, entre villes d'eau, vignobles et bastides.
Y a-t-il une gare à Tonneins ?
Oui. La gare de Tonneins figure sur le réseau TER Nouvelle-Aquitaine. Sa fiche officielle présente l'adresse, les horaires d'ouverture, l'accessibilité et les départs actualisés. Les horaires et travaux pouvant évoluer, vérifiez-la pour la date choisie. Source consultée le 24 juillet 2026.
Combien d'habitants compte Tonneins ?
9 459 habitants au recensement de 2023, ce qui en fait une « petite ville » du Lot-et-Garonne. On lit parfois « 10 000 habitants » : ce chiffre correspond à l'unité urbaine (deux communes), et non à la commune seule, dont l'aire d'attraction avoisine 15 700 habitants. La population, en légère hausse depuis 2017, reste sous son niveau des années 1970, quand l'industrie du tabac employait des centaines de Tonneinquais.
Quelle est la meilleure période pour visiter Tonneins ?
Le printemps et le début de l'automne, pour flâner sur les quais et le long du canal latéral à la Garonne avec une lumière douce et des températures agréables. L'automne coïncide avec les vendanges du Buzet voisin et la saison des produits du terroir (pruneaux, fruits, foie gras). L'été offre marchés et animations le long du fleuve ; l'hiver, plus calme, un patrimoine à découvrir sans la foule.
Peut-on réserver un chauffeur privé de Bordeaux à Tonneins ?
Oui. Nous assurons le trajet Bordeaux → Tonneins (~104 km, environ 1 h 26 par l'A62) à prix fixe, dès environ 211 € l'aller, en berline Mercedes ou van jusqu'à 7 passagers, avec chauffeur professionnel. Le trajet est direct, de porte à porte, sans correspondance, avec arrêts libres possibles en chemin (Aiguillon, une cave de Buzet, Marmande). C'est la solution idéale à plusieurs, pour un événement familial ou pour rayonner ensuite dans la vallée de la Garonne sans souci de conduite.
Pour aller plus loin
- La préfecture et son pont-canal, en amont : voir le Guide d'Agen (pont-canal, vieille ville, pruneau)
- La grande bastide du Lot-et-Garonne : voir le Guide de Villeneuve-sur-Lot (Pont-Vieux, pruneau)
- La capitale du pays d'Albret, non loin : voir le Guide de Nérac (château d'Henri IV, parc de la Garenne)
- Une bastide entre Marmande et le pays de Duras : lire le guide de Lévignac-de-Guyenne
- Organiser le trajet : réserver un chauffeur privé Bordeaux → Tonneins ou explorer toutes nos destinations
Sources et références
- Wikipédia — Tonneins — géographie, démographie, deux Tonneins, protestantisme, patrimoine
- Base POP / Mérimée — Manufacture royale des tabacs de Tonneins — création 1721, quai de la Barre, effectifs, histoire industrielle
- INSEE — commune de Tonneins (47310) — population 2023 (9 459 hab.), superficie, unité urbaine
- Base POP / Mérimée — Église Saint-Pierre de Tonneins — reconstruction 1842-1843, paroisse attestée 1153
- TER Nouvelle-Aquitaine — Gare de Tonneins — desserte, horaires, arrêts, correspondances et travaux à vérifier selon la date (consulté le 24 juillet 2026)
- Base POP / Mérimée — Église Notre-Dame de Tonneins — origine romane, reconstruction 1880-1885 (J. J. Mondet)
Article mis à jour en juillet 2026.
En route pour la vallée de la Garonne
Trajet direct depuis Bordeaux (environ 1 h 26) vers Tonneins, arrêts libres en chemin — Aiguillon, une cave de Buzet, Marmande. Devis fixe écrit, sans surprise au compteur.



