La Chapelle-Grésignac, une motte féodale du Ribéracois
103 habitants et une énigme féodale : une motte castrale attestée dès 1243, un territoire qui fut jadis une enclave de l'Angoumois en plein Périgord, tenu par des sénéchaux venus de Charente. Deux vieilles églises et une campagne des confins. À ~1 h 56 de Bordeaux.
La Chapelle-Grésignac en bref
- La Chapelle-Grésignac (les Chapellois) est une toute petite commune du Ribéracois, en Dordogne (24320), à ~6 km de Verteillac — code INSEE 24109, canton de Ribérac.
- Un minuscule territoire de 6,95 km², 103 habitants en 2023[1] (densité ~15 hab/km²), au relief doux entre 78 et 174 mètres.
- Son trésor : une motte castrale — le castrum de Grésignac, attesté dès 1243 (POP, notice IA24000866) sous le nom de « Greziniaco » —, l'une des mieux documentées du nord du Périgord.
- Fait rare : ce territoire formait au Moyen Âge une enclave de l'Angoumois en plein Périgord, relevant de l'évêché d'Angoulême et non de celui de Périgueux.
- La motte, un cône tronqué de terre, n'est ni classée ni inscrite[2] aux Monuments historiques — seulement recensée à l'Inventaire général.
- Elle était tenue par les sires de Lageard, une famille angoumoisine qui fut Grand Sénéchal héréditaire de l'Angoumois.
- Deux églises se partagent la mémoire du village : la romane Saint-Jean (POP, notice IA24000839) (XIIe, en ruines) et Saint-Étienne (POP, notice IA24000840) (XVIIe), au bourg.
- Depuis Bordeaux : ~131 km, environ 1 h 56 par la route — dès 235 € en chauffeur privé, porte-à-porte.
Avant de partir : ce que La Chapelle-Grésignac est vraiment
Un matin d'automne, sur les hauteurs de Grésignac. Dans un pré bordé de haies, un grand tertre de terre couronné d'herbe se dresse, ceint d'un fossé encore lisible. Rien, au premier regard, n'indique qu'on se tient au pied d'une forteresse : le bois qui la surmontait a disparu depuis huit siècles. Et pourtant, cette motte — attestée dès 1243 — commandait jadis la vallée de la Pude, aux mains d'une famille venue d'Angoumois. Car ici, en plein Périgord, on vivait autrefois « à l'angoumoise ». Bienvenue à La Chapelle-Grésignac, 103 habitants et une énigme féodale.
La Chapelle-Grésignac est l'un de ces micro-villages du Ribéracois qu'on ne traverse pas par hasard. Son intérêt tient à trois choses, toutes liées : une motte castrale remarquablement documentée, un statut singulier d'enclave de l'Angoumois en terre périgourdine, et deux vieilles églises. C'est un condensé d'histoire féodale des marches, là où la carte politique médiévale ne recoupait pas les frontières que nous croyons naturelles.
Ce guide sépare le vérifié du raconté. Sur un site aussi confidentiel, l'érudition locale a beaucoup brodé : des dimensions de motte parfois mal comprises, des fouilles attribuées à divers chercheurs, une étymologie donnée pour certaine. Nous présentons ces éléments avec prudence, en distinguant le fait sourcé (la mention de 1243, l'enclave angoumoisine, les deux églises) de la tradition savante. Un point à retenir d'emblée : la motte est recensée au patrimoine, mais non protégée comme Monument historique.
Côté accès, le village est à l'écart de tout : pas de route nationale, seulement trois petites départementales. Pour venir de Bordeaux — à ~1 h 56 — découvrir la motte, les vestiges romans et la campagne des confins Périgord-Angoumois, un chauffeur privé depuis Bordeaux reste la solution la plus simple en porte-à-porte.
103 habitants aux confins de deux provinces
Un bourg de crête au-dessus de la Pude
La Chapelle-Grésignac occupe le quart nord-ouest de la Dordogne, en Ribéracois, à quelques kilomètres de la frontière charentaise. C'est un pays de bas plateaux calcaires où le regard porte loin. Le bourg se perche à 112 mètres, sur une crête qui domine la vallée de la Pude — un petit cours d'eau, affluent de la Lizonne, qui façonne tout le paysage communal. Un second noyau, le hameau de Grésignac, se trouve à un kilomètre à l'est : c'est là qu'a vécu l'essentiel de l'histoire féodale du lieu.

Une nuance de vocabulaire, au passage : selon les sources, on situe le village « dans la vallée de la Pude » ou « dans la vallée de la Lizonne ». Les deux sont vraies — la Pude est un affluent de la Lizonne, et le territoire communal appartient au bassin de la seconde par la première. Nous parlerons ici de la Pude, le cours d'eau qui traverse effectivement la commune et fait tourner ses moulins.
Un des plus petits territoires du Ribéracois
Le territoire est l'un des plus petits du secteur — 6,95 km² —, ce qui explique sa faible population. Il n'est limitrophe que de quatre communes : Cherval, Champagne-et-Fontaine, Nanteuil-Auriac-de-Bourzac et Saint-Martial-Viveyrol (le territoire de Gout-Rossignol, tout proche à l'est, n'est en revanche pas limitrophe). Aucune route nationale ne le traverse : seules les départementales RD 100, RD 101 et RD 102 desservent le bourg et ses hameaux.
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Code postal / INSEE | 24320 / 24109 |
| Région naturelle | Ribéracois, Périgord vert |
| Canton / Intercommunalité | Ribérac / CC du Périgord Ribéracois |
| Superficie | 6,95 km² |
| Altitude | 78 m (moulin de Galy) à 174 m ; bourg 112 m |
| Cours d'eau | la Pude (affluent de la Lizonne) |
| Population | 103 habitants (2023) — les Chapellois |
| Densité | ~15 hab/km² |
Deux précisions de géographe, pour les amateurs d'exactitude. La commune se situe par 45°23′40″ de latitude nord et 0°20′18″ de longitude est — presque sur le méridien de Greenwich, une curiosité pour un village du Sud-Ouest. Et elle possède, comme toutes les communes françaises, deux superficies officielles : la superficie cadastrale (6,95 km², celle des actes administratifs) et la superficie géographique (6,97 km², mesurée sur le terrain réel). L'écart de deux hectares tient aux méthodes de mesure ; c'est la valeur cadastrale qui fait référence. Quant aux distances, elles trompent facilement dans ce pays de petites routes : Ribérac est à 16 km à vol d'oiseau, mais à ~18,4 km par la route (une vingtaine de minutes), et Périgueux, à 38 km à vol d'oiseau vers le sud-est, demande près du double par les départementales.
Une démographie de micro-commune
Côté démographie, l'Insee donne 103 habitants en 2023 (en baisse de 4,63 % depuis 2017) ; d'autres bases avancent une centaine d'habitants selon les millésimes. L'écart tient aux méthodes de comptage. Ce qui est certain, c'est que La Chapelle-Grésignac appartient à cette catégorie de communes rurales à habitat très dispersé, hors unité urbaine, qui parsèment le Ribéracois.
La vie municipale, elle, continue à l'échelle du village : la commune est administrée par un maire — Philippe Bogaert, dont le mandat a débuté aux municipales de mars 2026 — et reste rattachée à la communauté de communes du Périgord Ribéracois, qui mutualise les services qu'un territoire de cent habitants ne peut porter seul.
Le domaine de Grisinius : une étymologie prudente
Un nom en -ac hérité de l'Antiquité
Le nom se décompose en deux strates. « Grésignac » est un classique nom en « -ac » (du suffixe latin -acum, « domaine de ») : il remonterait à un propriétaire gallo-romain, dont le nom reste hypothétique — les sources proposent, au conditionnel, Grisinius (ou Gracillius). Il faut le dire honnêtement : ce nom antique n'est pas épigraphiquement attesté ; « le domaine de Grisinius » est une reconstruction toponymique plausible, pas une certitude.
Huit siècles de formes écrites
« La Chapelle », le second élément, renvoie à l'édifice religieux du lieu. Les formes anciennes montrent une belle continuité : Capella de Grazinhaco au XIIIe siècle, La Chapelle Gresinhac au XVIe, tandis que le hameau apparaît « (in castro de) Greziniaco » dès 1243 — la mention même de la motte. La carte de Cassini (XVIIIe siècle) note « Grezignac », et la forme occitane est La Chapela de Gresinhac. Dès le XIIIe siècle, le nom combinait donc déjà « chapelle » et « Grésignac », dans une forme très proche de l'actuelle.
| Époque | Forme attestée | Ce qu'elle nous apprend |
|---|---|---|
| 1243 | « (in castro de) Greziniaco » | Première mention écrite — et la preuve d'un castrum dès le XIIIe siècle |
| XIIIe siècle | « Capella de Grazinhaco » | Le nom associe déjà « chapelle » et « Grésignac » |
| 1318-1322 | « Grezinhaco » | Graphie occitanisée du hameau |
| XVIe siècle | « La Chapelle Gresinhac » | Le nom composé, quasi définitif |
| ~1756-1789 | « Grezignac » (carte de Cassini) | La cartographie royale note le hameau |
| Occitan limousin | « La Chapela de Gresinhac » | La forme vivante dans la langue du pays |
Cette petite table vaut mieux qu'un long discours : elle montre une continuité graphique remarquable sur près de huit siècles, du latin notarial de 1243 à l'occitan encore parlé au XXe siècle. La forme de 1243 est la plus précieuse : le « in castro de » qui précède « Greziniaco » établit noir sur blanc l'existence du castrum dès le XIIIe siècle — c'est l'acte de naissance documentaire de la motte, sur lequel repose toute l'histoire qui suit.
1243 : la motte castrale de Grésignac
Ce que dit le texte de 1243
La Chapelle-Grésignac possède l'une des premières mentions écrites datées du Ribéracois pour ce type de site fortifié. En 1243, un texte cite le castrum sous le nom de « Greziniaco ». Le mot latin castrum désigne alors un site fortifié — généralement une motte et ses dépendances —, résidence seigneuriale et point de contrôle militaire. Cette date de 1243 ne dit pas quand la motte fut bâtie : ces ouvrages de terre datent le plus souvent des XIe-XIIe siècles, comme le confirme d'ailleurs la datation retenue par l'inventaire du patrimoine.

Un tertre plus modeste qu'on ne le raconte
La motte se présente comme un cône tronqué, surmonté d'une terrasse sommitale ovale — la silhouette typique de ces fortifications. Un mot sur ses dimensions, souvent mal rapportées : les sources donnent une circonférence d'environ 350 pieds (soit un périmètre de ~115 mètres, pour un diamètre de base d'à peine une trentaine de mètres). Ce n'est donc pas un ouvrage colossal, mais un tertre de belle taille, qui a tout de même exigé un considérable travail de terrassement, à la corvée, de la part des paysans du lieu. Le site culmine à 146 mètres.
Donjon de bois, basse-cour et chevaliers du château
Son organisation suivait le schéma classique des mottes du XIe-XIIe siècle : sur la terrasse, un donjon de bois où résidait le seigneur ou son châtelain, dominant toute la vallée de la Pude ; en contrebas, une basse-cour abritant les dépendances et les logements des chevaliers du château (les milites castri). Un siècle plus tard, en 1365, le site de Grésignac est officiellement rattaché à la châtellenie de la Tour-Blanche — dont le siège relevait de l'Angoumois. C'est ce rattachement qui nous mène à la singularité la plus frappante du village.
Une enclave de l'Angoumois en plein Périgord
Vivre « à l'angoumoise » en terre périgourdine
Voici l'élément le plus singulier de l'histoire de La Chapelle-Grésignac. Pendant tout le Moyen Âge et une bonne partie de l'Ancien Régime, ce territoire, pourtant géographiquement périgourdin, relevait de l'évêché d'Angoulême, et non de celui de Périgueux. À cela s'ajoutait, depuis 1365, un rattachement féodal à la châtellenie de la Tour-Blanche, elle-même possession angoumoisine. Politiquement et religieusement, Grésignac vivait donc « à l'angoumoise », tout en étant entourée de paroisses pleinement périgourdines : une véritable enclave.
De telles enclaves résultent de l'histoire complexe des successions féodales — mariages, héritages, acquisitions — qui ont redessiné la carte du Sud-Ouest entre le Xe et le XIVe siècle. Une famille angoumoisine a acquis des droits sur ce petit territoire, et ces droits se sont perpétués administrativement pendant des siècles. C'est là un rappel salutaire : la frontière que nous tenons pour naturelle, celle de la Dordogne, est une construction récente (1790) qui ne recoupe qu'imparfaitement les territoires vécus par les populations médiévales.
Les sires de Lageard, sénéchaux d'Angoumois
Les seigneurs qui tenaient la motte étaient les sires de Lageard, une famille angoumoisine qui cumulait les seigneuries de Grésignac et de Cherval (la commune voisine, où se trouvait leur château du Bourbet). Ce n'étaient pas de simples hobereaux : les Lageard furent Grands Sénéchaux héréditaires de l'Angoumois, une charge de premier plan. L'un des leurs, Hélie de Lageard, fut même maire d'Angoulême en 1504 et proche du futur roi François Ier ; la charge sénéchale resta dans la famille jusqu'à Pierre de Lageard, mort en 1830. Leur allégeance à l'Angoumois, plutôt qu'au Périgord, illustre parfaitement cette porosité des frontières féodales : ce ne sont pas les limites géographiques qui fixaient l'appartenance d'un lignage, mais les liens d'hommage et d'héritage.
Une paroisse tournée vers Aubeterre
L'enclave ne se lisait pas seulement sur la carte féodale : elle structurait aussi la vie religieuse. Dès le XIIIe siècle, la chapelle de Grésignac relevait de la juridiction du chapitre d'Aubeterre — Aubeterre-sur-Dronne, aujourd'hui en Charente, alors solidement ancrée dans la sphère angoumoisine. Ce rattachement précoce est parfaitement cohérent avec l'appartenance du territoire à l'évêché d'Angoulême : dîmes, nominations de desservants, juridiction spirituelle, tout passait par l'Angoumois. On en retrouvera la trace jusque dans l'histoire de l'église Saint-Étienne, longtemps considérée comme une simple « chapelle annexe » d'Aubeterre. Pour les habitants du Moyen Âge, être Chapellois, c'était donc regarder vers Angoulême pour l'impôt, le seigneur et la paroisse — tout en vivant, géographiquement, au cœur du Périgord.
Ce que le site révèle — et son statut fragile
Puits, cavités et souterrains supposés
Peu de mottes de cette taille, dans le Périgord, bénéficient d'une documentation aussi fournie — même si celle-ci repose surtout sur l'érudition locale, à manier avec prudence. Plusieurs observateurs ont examiné le site au fil du temps : Christian Carcauzon a repéré l'ouverture d'un puits partiellement obstrué au sommet, ainsi que des encoches de descente ; Serge Avrilleau a signalé une cavité horizontale encombrée à l'arrière du dôme. On évoque aussi, au conditionnel, des caves-silos et des poteries des XIe-XIIe siècles — découvertes rapportées par la tradition savante plus que par des rapports de fouille publiés. L'essentiel de ce savoir est rassemblé dans un ouvrage récent (Noël & Stevens, Souterrains et mottes castrales, 2022).

Ce qui reste visible sur le terrain
Ce qui subsiste concrètement, c'est le tracé des fossés, encore visible dans le paysage — un marqueur remarquable de la persistance des formes du terrain. En revanche, comme presque toujours, aucun vestige de la palissade de bois qui couronnait le sommet n'a survécu : le bois, périssable, a disparu depuis longtemps. Des souterrains sont jugés vraisemblables au pied de la motte, sans qu'une fouille systématique ne les ait localisés.
Inventaire général ou Monument historique : deux régimes
Un point à énoncer clairement, car c'est le principal piège du dossier : la motte de Grésignac est recensée à l'Inventaire général du patrimoine (elle y a une notice), mais elle n'est ni classée ni inscrite au titre des Monuments historiques — deux régimes bien distincts. Sa préservation, sur une propriété privée, dépend donc surtout de la vigilance des propriétaires et de la communauté locale. À quelques kilomètres, le château de Clauzuroux est, lui, protégé (le château inscrit dès 1947, le reste du domaine en 2002 ; POP, notice PA00082463) — preuve que le patrimoine castral du secteur n'est pas ignoré, mais que la motte, elle, attend toujours une protection formelle.
Pour qui veut vérifier par lui-même, la plateforme patrimoniale de l'État (POP) rend la distinction lisible dans les codes mêmes des notices : les références commençant par « IA » désignent un bien simplement recensé à l'Inventaire général — un travail de connaissance, sans effet juridique —, tandis que le préfixe « PA » signale une protection au titre des Monuments historiques. La motte de Grésignac a sa notice IA24000866, mais aucune notice PA. Le dossier Clauzuroux illustre l'autre régime : sa notice PA00082463 couvre un domaine à cheval sur trois communes — Champagne-et-Fontaine (où se dresse le château lui-même, inscrit dès 1947), Cherval et La Chapelle-Grésignac. Détail méconnu : une partie du domaine protégé en 2002 (parc, jardins, dépendances) déborde sur le territoire chapellois — si bien que la commune abrite bel et bien un morceau de Monument historique, sans posséder le château qui lui vaut cette protection.
Deux églises pour un village de cent habitants
Saint-Jean de Grésignac, la romane délaissée
La commune compte, dans son histoire, non pas une mais deux églises — ce qui est rare pour un village de cette taille. La plus ancienne, l'église romane Saint-Jean de Grésignac, remonte au XIIe siècle. Elle se dressait près de la motte, et resta l'église paroissiale jusqu'au XVIIe siècle. Il n'en subsiste que des vestiges, mais remarquablement lisibles : deux arcs en plein cintre retombant sur des colonnes ornées de chapiteaux cubiques, typiques du vocabulaire roman. La carte de Belleyme la montre déjà semi-ruinée vers 1780.

La carte de Belleyme, ce grand inventaire cartographique de la Guyenne dressé vers 1780, apporte ici un jalon précieux : elle figure Saint-Jean déjà semi-ruinée. Le déclin de la vieille romane est donc daté — il est consommé dès la fin du XVIIIe siècle, un bon siècle après que la paroisse eut basculé vers l'église du bourg. Ce glissement du centre de gravité, de Grésignac (le hameau castral, avec sa motte et son église romane) vers La Chapelle (le bourg actuel), résume à lui seul l'histoire du village : quand le château de bois cessa de compter, le hameau qui vivait à son ombre s'effaça à son tour.
Saint-Étienne, l'annexe devenue paroissiale
La seconde, l'église Saint-Étienne, fut construite au XVIIe siècle pour prendre le relais de la vieille Saint-Jean. Détail révélateur des rapports de pouvoir : à l'origine dédiée à saint Pierre (le vocable Saint-Étienne n'est pas primitif), elle appartenait à la seigneurie d'Aubeterre et n'était considérée que comme une simple « chapelle annexe » — cohérent avec le rattachement religieux de la paroisse au chapitre d'Aubeterre, dans la sphère angoumoisine. Sur le plan architectural, elle suit un plan à vaisseau unique, avec un clocher carré occidental coiffé d'un toit en pavillon de tuiles creuses, et une fausse voûte en berceau. À l'intérieur, des retables honorent les deux saints patrons — saint Jean, en souvenir de l'ancienne église, et saint Étienne.

La Boucle de La Chapelle-Grésignac et les environs
La Boucle en pratique
La meilleure façon de découvrir la commune est à pied. La « Boucle de La Chapelle-Grésignac », un itinéraire de randonnée inscrit au Plan départemental (PDIPR), relie en ~7,5 km (environ 2h30, niveau facile, balisage jaune, départ place de la mairie) les trois joyaux patrimoniaux — la motte, l'église Saint-Étienne et les vestiges de Saint-Jean — en passant aussi par le château de Beaumont et les moulins du Cacaud et de Galy sur la Pude. Le moulin du Cacaud, ancien moulin à eau devenu minoterie, a cessé son activité en 1975.
Quelques repères concrets pour organiser la marche : le départ se prend place de la mairie, en empruntant d'abord la D102, et certaines fiches donnent 7,4 km au lieu de 7,5 — la marge d'un tracé de campagne. Les deux moulins qui jalonnent la vallée, Cacaud et Galy, sont datés du XVIIIe siècle : deux témoins de l'économie hydraulique qui fit vivre la Pude bien après les seigneurs de la motte, jusqu'à la fermeture de la minoterie du Cacaud en 1975 — mille ans, ou presque, d'histoire condensés en deux heures et demie de marche facile.

| Destination | Distance / temps depuis La Chapelle-Grésignac | Intérêt |
|---|---|---|
| Cherval | ~5 km · ~7 min | Église romane à coupoles, château du Bourbet des Lageard |
| Verteillac | ~6 km · ~9 min | Ancien chef-lieu de canton, mémoire des La Brousse |
| La Tour-Blanche | ~10 km · ~13 min | Chef-lieu de l'ancienne châtellenie, bourg castral |
| Ribérac | ~18 km · ~22 min | Capitale du Ribéracois, grand marché du vendredi |
| Angoulême | ~35 km · ~40 min | Cité de la BD, remparts, cathédrale |
| Périgueux | ~48 km · ~55 min | Vesunna gallo-romaine, cathédrale Saint-Front |
Tout ce secteur, entre Dronne et Lizonne, est un pays de mottes oubliées et d'églises romanes à coupoles, à la charnière du Périgord et de l'Angoumois. Un territoire de campagne authentique, à l'écart des grands flux touristiques.
Venir à La Chapelle-Grésignac depuis Bordeaux
La Chapelle-Grésignac est à environ 131 km de Bordeaux, soit ~1 h 56 de route — bien loin des « 94 km » que l'on lit parfois, qui ne valent qu'à vol d'oiseau. Le village est à l'écart de tout grand axe : pas de route nationale, pas de gare, seulement trois petites départementales (RD 100, 101, 102).
| Mode | Durée | Coût indicatif | Détail |
|---|---|---|---|
| Chauffeur privé (VTC) | ~1 h 56 | dès 235 € · aller simple | Porte-à-porte depuis Bordeaux, arrêts libres (Verteillac, Ribérac) |
| Voiture personnelle | ~1 h 56 | ~24-30 € carburant + péage | Par les grands axes vers Ribérac, puis les départementales |
| Train + relais | 3h+ | variable | Aucune gare proche desservie voyageurs ; route indispensable |
| Car régional | — | — | Aucune ligne régulière ne dessert le village |
Il n'y a ni gare ni transport en commun régulier : la voiture ou le chauffeur privé sont indispensables. Pour venir de Bordeaux découvrir la motte et parcourir la Boucle sans contrainte, le chauffeur privé depuis Bordeaux offre le porte-à-porte le plus simple, à tarif fixe connu d'avance, dès 235 € l'aller simple.
Infos pratiques

- Durée conseillée : une demi-journée — la Boucle de randonnée (~2h30) est la meilleure façon de tout voir : motte, vestiges romans, église Saint-Étienne, moulins.
- À voir : la motte castrale (site privé, à respecter), les vestiges romans de Saint-Jean, l'église Saint-Étienne, la vallée de la Pude.
- À combiner : avec Verteillac (~6 km), Cherval et ses coupoles, La Tour-Blanche, ou le grand marché du vendredi de Ribérac.
- Commerces & services : quasi inexistants sur la commune ; les plus proches sont à Verteillac ou Ribérac.
- Transports : pas de gare ni de car. Voiture ou chauffeur privé indispensables.
- À savoir : la motte est sur une propriété privée — l'observer depuis les chemins de la Boucle, sans intrusion.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une motte castrale ?
C'est une fortification médiévale composée d'un tertre de terre artificiel, souvent en cône tronqué, surmonté d'un donjon de bois, accompagné d'une basse-cour abritant dépendances et logements. Très répandu entre le Xe et le XIIe siècle, ce type d'ouvrage précède les châteaux de pierre.
Quand la motte de Grésignac est-elle attestée pour la première fois ?
Le castrum de Grésignac apparaît dans les textes en 1243, sous le nom latin de « Greziniaco ». Cette date est la première mention écrite connue ; l'ouvrage lui-même est probablement plus ancien (XIe-XIIe siècle), période classique des mottes castrales.
Pourquoi La Chapelle-Grésignac était-elle une enclave angoumoisine ?
Parce que le territoire relevait de l'évêché d'Angoulême (et non de Périgueux) et fut rattaché en 1365 à la châtellenie de la Tour-Blanche, possession angoumoisine. Cette double appartenance, malgré une localisation clairement périgourdine, formait une véritable enclave de l'Angoumois en Périgord.
Qui étaient les sires de Lageard ?
Une famille seigneuriale angoumoisine qui tenait les seigneuries de Grésignac et de Cherval, et occupait la motte. Les Lageard furent Grands Sénéchaux héréditaires de l'Angoumois ; l'un d'eux, Hélie, fut maire d'Angoulême en 1504 et proche du futur François Ier.
La motte de Grésignac est-elle classée monument historique ?
Non. La motte est recensée à l'Inventaire général du patrimoine, mais elle n'est ni classée ni inscrite au titre des Monuments historiques — deux régimes distincts. Elle se trouve sur une propriété privée. Seul le château voisin de Clauzuroux bénéficie, lui, d'une protection MH.
Combien d'habitants compte La Chapelle-Grésignac ?
La commune comptait 103 habitants en 2023, en baisse de 4,63 % par rapport à 2017, pour une densité d'environ 15 hab/km² sur un très petit territoire de 6,95 km². C'est l'une des plus petites communes du Ribéracois.
Que sait-on des fouilles menées sur la motte ?
L'essentiel relève de l'érudition locale, à prendre avec prudence. Christian Carcauzon a repéré un puits obstrué et des encoches de descente, Serge Avrilleau une cavité à l'arrière du dôme ; des caves-silos et poteries des XIe-XIIe siècles sont évoquées au conditionnel. Le tracé des fossés reste bien visible.
Comment La Chapelle-Grésignac est-elle liée à Verteillac ?
Les deux communes appartiennent au même Ribéracois, distantes de seulement 6 km, et partagent une histoire de fortifications médiévales de terre à la charnière du Périgord et de l'Angoumois. La motte de Grésignac est d'ailleurs l'une des plus remarquables de ce secteur de marches féodales.
Comment visiter le site ?
À pied, par la « Boucle de La Chapelle-Grésignac », un sentier de randonnée d'environ 7,5 km (2h30, facile) qui relie la motte, les deux églises, le château de Beaumont et les moulins de la Pude. La motte étant sur une propriété privée, on l'observe depuis les chemins, sans intrusion.
Que signifie le nom de La Chapelle-Grésignac ?
« Grésignac » est un nom en -ac, du suffixe gallo-romain -acum (« domaine de ») : il remonterait, selon une hypothèse toponymique prudente, au domaine d'un certain Grisinius (ou Gracillius) — nom antique non attesté par ailleurs. « La Chapelle » renvoie à l'édifice religieux du lieu. Les formes anciennes vont de « Greziniaco » (1243) à « La Chapelle Gresinhac » (XVIe siècle), en passant par « Capella de Grazinhaco » au XIIIe.
Le château de Clauzuroux est-il sur la commune ?
Le château lui-même se trouve à Champagne-et-Fontaine, la commune voisine. Mais sa notice de protection (PA00082463) couvre un domaine réparti sur trois communes — Champagne-et-Fontaine, Cherval et La Chapelle-Grésignac : une partie du domaine inscrit en 2002 (parc, jardins, dépendances) déborde sur le territoire chapellois. Le château est, lui, inscrit depuis 1947. La commune abrite donc un fragment de Monument historique, sans posséder le château.
À combien de temps La Chapelle-Grésignac est-elle de Bordeaux ?
Environ 131 km, soit ~1 h 56 de route. En chauffeur privé, le trajet porte-à-porte est proposé dès 235 € l'aller simple. Le village n'a ni gare ni transport en commun : l'accès se fait uniquement par la route.
Pour aller plus loin
- Le village voisin, à 6 km, même pays de marches : voir le Guide de Verteillac (seigneurie partagée, les La Brousse)
- Un autre village du Ribéracois raconté avec exactitude : voir le Guide de Bertric-Burée (if millénaire, ruelle Gary Gygax)
- La capitale du Ribéracois : voir le Guide de Ribérac (Arnaut Daniel, grand marché du vendredi)
- La préfecture aux deux mille ans : voir le Guide de Périgueux (Vesunna, Saint-Front)
- Organiser le trajet : réserver un chauffeur privé Bordeaux → La Chapelle-Grésignac ou explorer toutes nos destinations
Sources et références
- Wikipédia — La Chapelle-Grésignac — géographie, motte, enclave angoumoise, églises
- Insee — dossier complet La Chapelle-Grésignac (24109) — population, densité
- Base POP / Mérimée — motte castrale de Grésignac — Inventaire général (non protégée MH), datation XIe-XIIe
- Base POP / Mérimée — vestiges de l'église Saint-Jean — arcs plein cintre, chapiteaux cubiques, chapitre d'Aubeterre
- Base POP / Mérimée — église Saint-Étienne — XVIIe s., ancienne dédicace à saint Pierre, seigneurie d'Aubeterre
- Base POP / Mérimée — château de Clauzuroux — protection MH (château 1947, domaine 2002) sur 3 communes
- Dordogne-Périgord Tourisme — Boucle de La Chapelle-Grésignac — itinéraire PDIPR ~7,5 km, moulins, château de Beaumont
Article mis à jour en juillet 2026.
En route pour les confins du Ribéracois
Trajet direct depuis Bordeaux (~1 h 56) vers le Périgord vert, arrêts libres en chemin — Ribérac, Verteillac, la vallée de la Dronne. Devis fixe par écrit sous 30 minutes, berline ou van 7 places, chauffeur anglophone.




