Lauzun, le château Renaissance et son duc de légende

Une cité ducale de Guyenne, sur le bassin du Dropt : un château qui va de la forteresse médiévale au « Dôme » Renaissance, une église à portail roman, un vieux bourg à colombages, et le souvenir du fabuleux duc de Lauzun — à environ 1 h 35 de Bordeaux.

5,0 · 40 avis Google~125 km · 1h35 de Bordeaux24 min de lecture
Repères

Lauzun en un coup d'œil

Lauzun est un bourg de 735 habitants du nord du Lot-et-Garonne, connu pour son château médiéval et Renaissance, l'église Saint-Étienne et la mémoire du duc de Lauzun. Depuis Bordeaux, comptez environ 125 km et 1 h 35 de route, sans liaison ferroviaire directe, avec un tarif fixe dès 221 € l'aller. [INSEE 2023]

Repères pratiques

RepèreDétail
DépartementLot-et-Garonne (47), Nouvelle-Aquitaine
StatutAncienne cité ducale · chef-lieu du Pays de Lauzun
Population735 habitants (INSEE 2023) · les Lauzunais [1]
Superficie24,09 km² · en Guyenne, sur le bassin du Dropt
Distance depuis Bordeauxenviron 125 km · autour de 1 h 35 de route
Gare la plus procheMarmande ou Bergerac (~32 km) — pas de gare à Lauzun
À ne pas manquerLe château, l'église Saint-Étienne, le Carrérou, l'histoire du duc

Un mot d'honnêteté d'emblée : le fameux duc de Lauzun ne fut pas le paisible seigneur d'un château de campagne, mais l'un des aventuriers les plus romanesques du Grand Siècle — courtisan, prisonnier, général au service des rois d'Angleterre en exil. Sa légende dépasse de loin son village natal, et c'est aussi ce qui rend Lauzun attachant.

Ce guide passe en revue tout ce qu'il faut savoir avant de venir : où se situe Lauzun et ce qui la caractérise, l'histoire de son château de la forteresse au « Dôme », l'extraordinaire destin du duc de Lauzun, l'église Saint-Étienne et sa Vierge noire, le vieux bourg et ses ruelles, le rôle du village dans les guerres de Religion, les sites remarquables des environs et la façon la plus simple de s'y rendre depuis Bordeaux.


Situation

Où se situe Lauzun ?

La campagne vallonnée de Guyenne autour de Lauzun, champs, vergers et bois, un village avec château au loin
La Guyenne autour de Lauzun : un paysage de coteaux, de vergers et de bastides, sur le bassin du Dropt.

Lauzun se trouve dans le Lot-et-Garonne (47), en Nouvelle-Aquitaine, au nord du département, en Guyenne, sur le bassin du Dropt. Le bourg relève de l'arrondissement de Marmande et se trouve à la limite de la Dordogne — trois de ses huit communes voisines sont d'ailleurs périgourdines. Ses coordonnées sont 44,63° N et 0,46° E, code INSEE 47142, code postal 47410. Il s'étend sur 24,09 km² de coteaux et de vallons. Cette position de bordure, entre deux départements et deux « pays », explique son patrimoine et sa gastronomie, qui empruntent autant au Lot-et-Garonne qu'au Périgord voisin.

Une cité ducale au pays des bastides

Lauzun est le chef-lieu de la communauté de communes du Pays de Lauzun, qui réunit une vingtaine de communes et plus de 10 000 habitants. On est ici en pleine Guyenne, sur le circuit des bastides de la vallée du Dropt — cette rivière que l'on surnommait la « rivière de Guyenne ». Contrairement à ce qu'on lit parfois, Lauzun n'est pas à proprement parler du « Haut-Agenais » : le terme juste est la Guyenne, ancienne grande province du Sud-Ouest qui couvrait le Bordelais, l'Agenais et le Périgord méridional. Le bourg est né au XIIIᵉ siècle autour de son château, protégé d'un rempart et d'un fossé, et il en a gardé le tracé resserré, tout en courbes et en ruelles.

Un détail administratif pour les amateurs de précision : le canton de Lauzun a disparu lors du redécoupage de 2015, la commune relevant désormais du canton du Val du Dropt. Les sources anciennes qui parlent du « canton de Lauzun » sont donc périmées — mais le nom de Lauzun continue de désigner un « pays », celui de son intercommunalité, héritier direct de la vieille cité ducale.

Un village qui a rétréci

Avec 735 habitants (recensement 2023, contre 745 en 2017) [INSEE 2023], Lauzun est un petit bourg rural en léger déclin, comme beaucoup dans cette Guyenne intérieure éloignée des grands axes. Il ne faut pas le confondre avec l'intercommunalité qu'il dirige : la commune compte 735 âmes, mais le Pays de Lauzun en réunit plus de 10 000, répartis sur une vingtaine de villages. Les habitants s'appellent les Lauzunais. Ce contraste entre un tout petit village et un grand passé ducal — un château classé, un duc entré dans l'histoire — est précisément ce qui fait le charme, un peu inattendu, de Lauzun : un lieu où l'Histoire, avec un grand H, a laissé une empreinte disproportionnée à sa taille.


Château

Le château de Lauzun, de la forteresse au « Dôme »

La cour intérieure Renaissance du château de Lauzun, galerie à arcades et façades de pierre sculptée à fenêtres à meneaux
La cour Renaissance du château de Lauzun : une demeure élevée autour de 1539.

Le château de Lauzun est le monument phare du bourg : un ensemble qui superpose une forteresse médiévale et une élégante demeure Renaissance. Le noyau le plus ancien remonte au Moyen Âge — un donjon de la fin du XIIᵉ ou du début du XIIIᵉ siècle, un logis des XIVᵉ-XVᵉ siècles, des remparts du XVᵉ. C'est la trace de la place forte d'origine, autour de laquelle le village s'est blotti. Lire ce château, c'est lire cinq siècles d'histoire dans la pierre : d'un côté la rudesse défensive du Moyen Âge, de l'autre le raffinement d'une résidence de plaisance — deux mondes qui cohabitent sur un même site.

Du donjon médiéval au logis Renaissance

Le château conserve un donjon attesté au XIIIᵉ siècle. Le logis Renaissance est élevé autour de 1539 ; au XVIIᵉ siècle, un pavillon couvert d'une toiture en carène, le « Dôme », relie les bâtiments, avant des restaurations et un achèvement au XVIIIᵉ siècle. [POP 2026]

Le château regorge de détails précieux : un portail encadré de quatre colonnes de marbre à chapiteaux corinthiens aux armes des Lauzun, deux cheminées Renaissance en marbre, et même un autel votif romain du IIᵉ siècle — l'ensemble de ces éléments est classé au titre des monuments historiques depuis 1923, l'édifice étant par ailleurs protégé (référence Mérimée PA00084153). [POP 2026]

Le château de LauzunDonnée
Noyau médiévalDonjon (fin XIIᵉ-XIIIᵉ s.), logis (XIVᵉ-XVᵉ), remparts (XVᵉ)
Aile RenaissanceAutour de 1539
Le « Dôme »Pavillon central, vers 1685 (toit en carène renversée)
FamillesCaumont (dont le duc), puis Gontaut-Biron (XVIIIᵉ s.)
ProtectionMonument historique · éléments classés depuis 1923

Le « Dôme » et sa coque de bateau renversée

La silhouette du château est couronnée par un curieux pavillon central appelé « le Dôme », daté d'environ 1685 — une datation confirmée par la dendrochronologie (l'analyse des cernes du bois, qui situe l'abattage des poutres entre 1677 et 1689) et recoupée par une description de 1784 le disant « vieux de quatre-vingt-dix ans ». Il doit son nom à sa toiture en forme de carène de bateau renversée, prouesse de charpente qui coiffe l'ensemble et lui donne cette allure si particulière dans le paysage. Ce genre de charpente inversée, où l'on retrouve l'art des charpentiers de marine, est assez rare pour être signalé.

Question familles, attention à une confusion fréquente : le château fut d'abord aux Caumont — la famille du duc de Lauzun, qui y éleva l'aile Renaissance —, et ce n'est qu'au premier quart du XVIIIᵉ siècle, après la mort du duc sans descendance, qu'il passa aux Gontaut-Biron. L'ordre est donc bien : Caumont d'abord, Gontaut ensuite.

Les conditions de visite du château de Lauzun varient selon la saison. Les sources citées par ce guide ne suffisent pas à garantir son ouverture à une date donnée : confirmez l'accès auprès de la mairie de Lauzun ou du gestionnaire du château avant le déplacement.


Personnage

Le duc de Lauzun, « sa vie est un roman »

Aucun personnage n'incarne mieux Lauzun qu'Antonin Nompar de Caumont (1633-1723), premier duc de Lauzun, l'un des aventuriers les plus romanesques de la cour de Louis XIV. Né au château de Lauzun — les sources hésitent entre 1632 et 1633, avec une préférence pour 1633 — et mort à Paris à près de 90 ans, il connut une destinée extraordinaire. Saint-Simon résume sa trajectoire par la formule “Sa vie est un roman” (référence). C'est peu dire : entre faveur royale, disgrâce, cachot, amours interdites et campagnes militaires à l'étranger, sa biographie tient du feuilleton d'aventures.

Officier brillant et courtisan spirituel, Lauzun s'éleva très haut dans la faveur de Louis XIV — avant une chute retentissante. On la doit en partie à Madame de Montespan, la maîtresse du roi, qui voyait d'un mauvais œil ses ambitions et convoitait, dit-on, le fabuleux héritage des Montpensier pour ses propres enfants. Petit par la taille — les mémorialistes le dépeignent chétif — mais immense par l'audace, Lauzun sut se rendre à la fois indispensable et insupportable, ce qui fit tour à tour sa fortune et sa perte. On lui prête mille traits d'esprit et autant d'imprudences ; il incarne à merveille ce type de courtisan du Grand Siècle, à la fois brillant, ambitieux et joueur, prêt à tout risquer pour une faveur ou un beau mariage.

Le mariage avec la Grande Mademoiselle

L'épisode le plus fameux est son projet de mariage avec Anne Marie Louise d'Orléans, « la Grande Mademoiselle », cousine germaine du roi et l'une des plus riches héritières d'Europe. Qu'une princesse du sang, petite-fille d'Henri IV, veuille épouser un simple gentilhomme gascon fit scandale à la cour. En 1670, elle demande à l'épouser ; Louis XIV consent d'abord, puis, sous la pression de la cour, interdit le mariage public quelques jours plus tard, brisant net le rêve de la princesse (source biographique). Un mariage secret aurait bien eu lieu, mais plus tard, après la libération de Lauzun (vers 1682), et il ne fut jamais officiellement reconnu ; le couple se sépara vers 1684. Cette histoire d'amour contrariée, mêlant passion, argent et raison d'État, a fait couler beaucoup d'encre — de Madame de Sévigné à Saint-Simon.

Pignerol, d'Artagnan et la cheminée de Fouquet

La disgrâce fut brutale. Arrêté le 25 novembre 1671 — c'est le vrai d'Artagnan, capitaine des mousquetaires, qui le conduisit en prison —, Lauzun fut enfermé près de dix ans à la forteresse de Pignerol, dans les Alpes, cette même prison qui accueillit tant de grands secrets d'État (source biographique). Il y côtoya un autre grand disgracié, le surintendant Fouquet : la légende, rapportée par les mémorialistes, veut que Lauzun soit parvenu à rejoindre secrètement la cellule de Fouquet en passant par la cheminée pour bavarder avec lui. Il ne recouvra la liberté qu'en avril 1681, au prix du renoncement aux terres que la Grande Mademoiselle lui avait données. Dix années de cachot n'entamèrent pourtant ni son esprit ni son goût de l'intrigue.

Duc pour les rois d'Angleterre

Le titre de duc de Lauzun, il ne l'obtint qu'en 1692 [Ville de Lauzun 2026] — non pour ses faveurs à Versailles, jamais pleinement retrouvées, mais pour son service auprès des Stuarts, les rois catholiques d'Angleterre en exil (source biographique). En 1688, il organisa la fuite de la reine Marie de Modène et du prince de Galles jusqu'à Calais ; en 1690, il commanda l'expédition française en Irlande et combattit à la fameuse bataille de la Boyne (source biographique). Fait chevalier de la Jarretière par Jacques II, il termina en grand seigneur ce parcours de feu. Il mourut sans descendance : le titre passa, par alliance, à la famille de Gontaut.

Une longévité de légende

Ce qui frappe, chez Lauzun, c'est aussi son endurance : il vécut jusqu'à près de 90 ans, traversant tout le règne de Louis XIV et une partie de la Régence. Remarié en 1695, à plus de soixante ans, il n'eut pas d'enfant. Témoin d'un demi-siècle d'intrigues, il finit vieux courtisan désabusé, mais toujours redouté pour sa langue. C'est cette destinée improbable — de la faveur au cachot, du cachot aux champs de bataille d'Irlande, puis à une vieillesse parisienne — qui inspira à Saint-Simon sa formule définitive : « Sa vie est un roman. » Aujourd'hui encore, c'est le meilleur des guides pour visiter Lauzun : garder en tête que, derrière ces pierres tranquilles, est né l'un des personnages les plus flamboyants du Grand Siècle.

En quelques dates, une vie qui vaut bien un roman :

Antonin Nompar de Caumont, duc de LauzunÉvénement
1633Naissance au château de Lauzun
1670Projet de mariage avec la Grande Mademoiselle, interdit par Louis XIV
1671Arrêté par d'Artagnan, emprisonné à Pignerol
1681Libéré après près de dix ans de détention
1688-1690Au service des Stuarts : fuite de Marie de Modène, bataille de la Boyne
1692Créé duc de Lauzun ; chevalier de la Jarretière
1723Mort à Paris, à près de 90 ans, sans descendance

Patrimoine

L'église Saint-Étienne et sa Vierge noire

L'église Saint-Étienne de Lauzun, édifice de pierre miel à portail roman et clocher carré, sur une place de village
L'église Saint-Étienne : son portail roman à sept voussures est le vestige de l'église primitive.

À deux pas du château, l'église de Lauzun, dédiée à saint Étienne — après l'avoir été à Notre-Dame-de-l'Assomption —, conserve un beau portail roman. Ce portail, seul vestige de l'église romane primitive, présente sept voussures en arc brisé retombant sur deux colonnes à chapiteaux : un roman déjà tardif, dont la forme annonce le gothique. Le reste de l'édifice a été remanié au fil des siècles, au gré des destructions et des reconstructions qui ont marqué la région. Ce portail est un bel exemple de cet art « de transition » où le plein cintre roman cède peu à peu la place à l'arc brisé gothique — un basculement architectural que l'on peut lire, ici, dans un seul et même encadrement de porte.

Une Vierge noire née d'une légende

Le trésor de l'église est une Vierge noire du XIIIᵉ siècle, connue sous le nom occitan de « Nostro Damo de la Molo » — Notre-Dame de la Meule. Selon la tradition, la statue aurait été découverte dans une meule ; c'est une jolie légende, à prendre comme telle plutôt que comme un fait historique. Les Vierges noires, souvent médiévales, ont longtemps suscité pèlerinages et dévotions dans le Sud-Ouest, et celle de Lauzun s'inscrit dans cette histoire de piété populaire. La couleur sombre de ces statues, jadis interprétée comme un mystère, tient le plus souvent au bois vieilli, à la fumée des cierges ou aux vernis anciens ; elle n'en a pas moins nourri, pendant des siècles, une ferveur particulière.

Côté protection, il faut distinguer deux niveaux : l'édifice est inscrit au titre des monuments historiques depuis le 3 septembre 2012, tandis que le retable des Récollets qu'il abrite est, lui, classé depuis 1910. Une nuance de vocabulaire — l'inscription pour le bâtiment, le classement pour l'objet — qui rappelle que, dans une même église, tout n'est pas protégé au même titre. Le classement, plus ancien et plus fort, souligne la valeur exceptionnelle du retable ; l'inscription, plus récente, reconnaît l'intérêt de l'édifice sans lui accorder le niveau le plus élevé. Ces distinctions, un peu techniques, disent la richesse patrimoniale d'une petite église de campagne que rien ne signale de l'extérieur. [POP 2026]


Vieux bourg

Le vieux bourg : le Carrérou et la Maison à cariatides

Une place du vieux bourg de Lauzun bordée de maisons anciennes de pierre et à colombages, volets et platanes
Le vieux Lauzun : maisons à colombages, passages couverts et ruelles nées autour du château.

Le bourg ancien de Lauzun, né dans l'enceinte du château, se découvre à pied dans un lacis de ruelles. On y voit de belles maisons à colombages, aux pans de bois garnis de torchis et aux étages en encorbellement, typiques de l'habitat médiéval du Sud-Ouest — cette technique où l'on avançait chaque étage sur le précédent pour gagner de la surface. C'est un bourg à taille humaine, où l'on flâne sans hâte, entre le château qui domine et l'église qui veille sur sa place. Rien d'ostentatoire ici : un village authentique, encore habité et vivant, qui n'a pas été transformé en décor pour touristes.

Le Carrérou et la venelle de Pompéïf

Deux curiosités méritent l'attention. Le Carrérou est un passage couvert médiéval, une ruelle abritée qui se faufile entre les maisons — vestige de l'urbanisme resserré de la cité close, où l'on gagnait de la place en couvrant les passages. Non loin, la venelle de Pompéïf compte parmi ces passages étroits et charmants qui font le cachet du vieux Lauzun. Ce sont des détails, mais ce sont eux qui donnent au bourg son atmosphère de village médiéval préservé : on passe d'une rue à l'autre par des porches, on découvre une placette au détour d'un mur, on longe les vestiges du rempart. L'espace, ici, se déploie à hauteur de piéton.

On remarque aussi la Maison à cariatides, plus tardive (1830) : sa façade ornée de figures sculptées apporte une touche insolite au vieux bourg. Entre le Moyen Âge des colombages et le XIXᵉ siècle des cariatides, Lauzun offre, sur quelques centaines de mètres, un condensé d'architecture domestique — sans les foules des sites plus courus.

La force de Lauzun est là : dans son échelle. On fait le tour du vieux bourg en une demi-heure, mais chaque recoin — un passage voûté, une porte ancienne, une pierre armoriée — raconte une histoire. C'est un patrimoine « du quotidien », modeste et vrai, qui parle à qui prend le temps de lever les yeux, loin de la mise en scène touristique des grands sites. On y flâne comme on tourne les pages d'un livre d'histoire à ciel ouvert. Et l'on comprend vite que Lauzun n'a pas besoin de grandes files d'attente ni de boutiques de souvenirs pour séduire : sa beauté est celle, discrète, d'un vrai village de Guyenne resté fidèle à lui-même, où le passé affleure à chaque coin de rue.


Histoire

Lauzun dans les guerres de Religion

Une ruelle ancienne de Lauzun bordée de maisons de pierre et à colombages aux façades patinées, pavés
Les ruelles de Lauzun ont vu passer rois et princes au temps des guerres de Religion.

Petit bourg aujourd'hui paisible, Lauzun fut, au XVIᵉ siècle, un théâtre des grands remous de l'histoire de France. La puissante famille de Caumont, seigneurs des lieux, y reçut les plus hauts personnages du royaume, et se trouva, comme tant d'autres, écartelée par les guerres de Religion qui ensanglantèrent la Guyenne.

Rois et princes à Lauzun

En 1565, le jeune roi Charles IX et sa mère Catherine de Médicis furent accueillis à Lauzun, au cours du grand tour de France royal — ce voyage de deux ans à travers le royaume, destiné à montrer le roi à ses sujets et à apaiser les tensions religieuses. En 1570, la seigneurie de Lauzun fut érigée en comté, marque de la faveur royale envers les Caumont. Et en 1576 — l'année même où débutait l'aile Renaissance du château —, Henri de Navarre, le futur Henri IV, chef du parti protestant et voisin par son royaume de Navarre, séjourna à Lauzun. En une décennie, la petite cité vit ainsi défiler la famille royale et le futur souverain : preuve qu'elle comptait, alors, parmi les places qui pesaient dans le jeu politique de la Guyenne.

Une famille divisée par la foi

La famille de Caumont illustre à elle seule le déchirement religieux de l'époque : une branche, les Caumont-La Force, était protestante ; l'autre, les Caumont-Lauzun, resta catholique. On mesure là combien les guerres de Religion divisèrent jusqu'aux familles, dressant frères et cousins dans des camps opposés. Cette Guyenne du XVIᵉ siècle, mosaïque de seigneuries catholiques et protestantes, fut l'un des grands théâtres des guerres de Religion, et Lauzun y tint sa place.

Précisons enfin, pour couper court à une confusion fréquente : si Lauzun est bien une seigneurie de Guyenne, rien n'indique qu'elle ait joué un rôle dans la « Guyenne anglaise » de la guerre de Cent Ans — les Caumont étaient alors du parti français. On lit aussi parfois « Haut-Agenais » à son sujet : le terme exact est la Guyenne, l'ancienne grande province qui couvrait le Bordelais, l'Agenais et le Périgord méridional. Ces précisions n'ont rien de pédant : elles situent Lauzun dans la bonne histoire, celle des seigneuries de Guyenne et de leurs grandes familles.


Alentours

Que voir autour de Lauzun ?

Un pigeonnier traditionnel en pierre sur piliers dans la campagne de Guyenne près de Lauzun, toit de tuiles
Un pigeonnier de Guyenne : la campagne autour de Lauzun est semée de bastides et de châteaux.

Lauzun est au cœur d'un pays de bastides, de châteaux et de vignobles, à cheval sur le Lot-et-Garonne et la Dordogne. La vallée du Dropt en aligne les plus beaux villages, et l'appellation viticole des Côtes de Duras est toute proche. C'est l'un de ces coins de campagne où l'on ne roule jamais longtemps sans tomber sur une bastide, un château ou un chai — le genre de destination idéale pour un tourisme lent, à l'écart des grands sites bondés.

Bastides et villages voisins

Eymet, à environ 7 km (déjà en Dordogne, sur le Dropt), est une superbe bastide du Périgord pourpre à la place à couverts, prisée des visiteurs britanniques installés dans la région. Miramont-de-Guyenne, à une dizaine de kilomètres, est une autre bastide, animée par son marché et son plan régulier. Castillonnès, bastide de 1259 perchée au-dessus de la vallée du Dropt, complète ce circuit des villes neuves médiévales, avec sa Place des Cornières et son église au retable classé. Tous ces villages sont accessibles en quelques minutes, dans un rayon très resserré : la vallée du Dropt est l'un des plus beaux « pays de bastides » de France, et Lauzun en est un point de départ idéal.

Le château et le vin de Duras

À l'ouest, Duras mérite le détour : son imposant château médiéval et Renaissance (classé monument historique), qui appartint aux ducs de Duras, domine la vallée, et son vignoble produit les Côtes de Duras, l'une des plus anciennes appellations de France, réputée pour ses blancs secs et moelleux comme pour ses rouges. C'est l'occasion de conclure une journée de patrimoine par une dégustation, dans ce terroir confidentiel entre Bordelais et Bergeracois. On loge à Lauzun, on rayonne dans un rayon de quinze kilomètres, et chaque village apporte sa pierre à l'édifice : une bastide, un château, une cave — de quoi remplir une belle journée sans jamais rouler longtemps.

Autour de LauzunDistance / repèreIntérêt
Eymet~7 kmBastide du Périgord pourpre (Dordogne)
Miramont-de-Guyenne~10 kmBastide, marché
Duras~15 kmChâteau MH, vignoble des Côtes de Duras
Castillonnès~15 kmBastide de 1259, vallée du Dropt
Marmande~32 kmSous-préfecture, gare TER

Saisons

Quand visiter Lauzun ?

Lauzun se visite agréablement du printemps à l'automne, quand le château est ouvert et que la campagne de Guyenne se pare de ses plus belles couleurs. Chaque saison a son atmosphère, mais toutes ne se valent pas selon qu'on privilégie le patrimoine, la nature ou le vignoble. Le printemps (avril-juin) réveille les vergers et les coteaux, avec une lumière douce idéale pour flâner dans le vieux bourg et visiter le château. L'été est chaud et lumineux : c'est la pleine saison touristique, avec les marchés et les animations des bastides voisines, et les grands arbres offrent leur ombre.

L'automne est superbe dans ce pays de vignes et de pruniers : c'est la saison des vendanges à Duras et dans le Bergeracois, celle où les caves ouvrent leurs portes et où la gastronomie du Sud-Ouest (foie gras, cèpes, vins nouveaux) bat son plein. Les collines de Guyenne se colorent alors d'or et de roux, offrant de belles lumières pour la photographie. L'hiver est plus calme — le château peut être fermé, mais le bourg, l'église et les ruelles se visitent sans la foule, dans le charme feutré d'un village au repos.

Un point pratique : le château étant une propriété qui se visite selon des horaires et une saisonnalité, mieux vaut vérifier les jours d'ouverture avant de venir, surtout hors saison. En revanche, le bourg, l'église, le Carrérou et les ruelles sont accessibles librement toute l'année.

Pour une escapade d'une journée depuis Bordeaux, le printemps et le début de l'automne sont idéaux : on visite le château et l'église de Lauzun, on flâne dans le Carrérou, puis on enchaîne sur Eymet, Miramont ou une cave de Duras. Avec un chauffeur qui gère les trajets et les dégustations, la journée reste fluide et sans souci de conduite — un moyen agréable de découvrir ce coin méconnu du Sud-Ouest, entre patrimoine, campagne et vins.


Accès

Rejoindre Lauzun depuis Bordeaux

Lauzun se situe à environ 125 km de Bordeaux, soit autour de 1 h 35 de route. Depuis Bordeaux, on emprunte l'autoroute (A62, direction Toulouse) puis les départementales de la vallée du Dropt, à travers un paysage de coteaux et de bastides. C'est un petit bourg rural sans gare : les gares TER les plus proches sont celles de Marmande et de Bergerac, l'une comme l'autre à une trentaine de kilomètres, sans liaison directe pratique jusqu'à Lauzun. Autant dire que, sans voiture, rejoindre le village impose plusieurs correspondances et beaucoup de patience.

Le confort du porte-à-porte

Le chauffeur privé (VTC) prend ici tout son sens : un trajet direct depuis Bordeaux, de porte à porte, sans correspondance, avec la liberté de rayonner ensuite dans la vallée du Dropt — Eymet, Miramont, Castillonnès, une cave de Duras. Depuis Bordeaux, nous proposons ce trajet à prix fixe communiqué à l'avance : environ 254 € pour l'aller, en berline Mercedes ou van jusqu'à 8 places, chauffeur professionnel. Le devis est écrit, sans surprise au compteur.

L'intérêt du porte-à-porte se mesure surtout à plusieurs, ou dès qu'on veut goûter aux vins de Duras et du Bergeracois sans se soucier du retour. On monte à Bordeaux, on descend au pied du château, et le chauffeur peut attendre ou enchaîner les étapes — un village, une bastide, un chai —, ce qu'aucune ligne régulière ne permet dans ce coin de campagne. Le prix, fixé à l'avance, ne bouge pas, quels que soient le trafic ou les arrêts : c'est la sérénité d'un budget connu et d'un trajet sans logistique, pour une destination que les transports en commun desservent mal.

TrajetDistanceDuréeRepère
Bordeaux → Lauzun~125 kmautour de 1 h 35dès ~221 € en VTC
Lauzun → Marmande (gare)~32 km~40 mingare TER la plus proche
Lauzun → Eymet~7 km~10 minbastide du Périgord pourpre
Lauzun → Duras~15 km~20 minchâteau et Côtes de Duras

C'est aussi une formule adaptée aux transferts depuis ou vers l'aéroport de Bordeaux-Mérignac (à environ 110 km), pour des visiteurs qui découvrent la région et veulent gagner directement le Pays de Lauzun sans louer de voiture. Groupes, familles, séjours œnologiques ou week-ends patrimoine : le chauffeur privé s'adapte au programme.

Que ce soit pour une journée patrimoine et vignoble, la visite du château ou un événement dans le Pays de Lauzun, réserver un chauffeur privé garantit un trajet confortable et ponctuel — réserver un chauffeur Bordeaux → Lauzun ou explorer toutes nos destinations.


FAQ

Questions fréquentes

Où se trouve Lauzun ?

Lauzun est un bourg du Lot-et-Garonne (47), en Nouvelle-Aquitaine, au nord du département, en Guyenne, sur le bassin du Dropt et à la limite de la Dordogne. Chef-lieu du Pays de Lauzun, ce village de 735 habitants est à environ 125 km au sud-est de Bordeaux et à une trentaine de kilomètres de Marmande et de Bergerac.

Quelle distance entre Bordeaux et Lauzun ?

Environ 125 km par la route, soit autour de 1 h 35 de trajet. En chauffeur privé depuis Bordeaux, le tarif est fixe et communiqué à l'avance, à partir d'environ 254 € pour l'aller (berline ou van, prix porte-à-porte).

Qui était le duc de Lauzun ?

Antonin Nompar de Caumont (1633-1723), premier duc de Lauzun, fut l'un des courtisans les plus romanesques de Louis XIV. Favori puis disgracié, il faillit épouser la Grande Mademoiselle, fut arrêté par d'Artagnan et emprisonné près de dix ans à Pignerol, puis obtint le titre de duc en 1692 pour son service aux rois d'Angleterre en exil (il combattit à la bataille de la Boyne en 1690). Mort à près de 90 ans sans descendance, il inspira à Saint-Simon la formule : « Sa vie est un roman. »

Peut-on visiter le château de Lauzun ?

Les conditions de visite du château de Lauzun varient selon la saison. Les sources citées par ce guide ne suffisent pas à garantir son ouverture à une date donnée : confirmez l'accès auprès de la mairie de Lauzun ou du gestionnaire du château avant le déplacement.

Quel est le lien entre Lauzun et la Grande Mademoiselle ?

En 1670, Anne Marie Louise d'Orléans, « la Grande Mademoiselle », cousine de Louis XIV et immense héritière, demanda à épouser le comte de Lauzun. Le roi consentit puis interdit le mariage public quelques jours plus tard. Un mariage secret aurait eu lieu plus tard, après la libération de Lauzun, mais il ne fut jamais officiellement reconnu.

Pourquoi le duc de Lauzun a-t-il été emprisonné ?

Tombé en disgrâce en 1671 (une chute en partie attribuée à Madame de Montespan), il fut arrêté par d'Artagnan, le capitaine des mousquetaires, et enfermé près de dix ans à la forteresse de Pignerol, où était aussi détenu le surintendant Fouquet. Il fut libéré en avril 1681.

Qu'est-ce que le Carrérou à Lauzun ?

Le Carrérou est un passage couvert médiéval, une ruelle abritée qui se faufile entre les maisons du vieux bourg de Lauzun, né dans l'enceinte du château. Avec la venelle de Pompéïf et les maisons à colombages, il fait le charme du centre ancien du village.

Que voir dans l'église Saint-Étienne de Lauzun ?

Son portail roman à sept voussures en arc brisé, seul vestige de l'église primitive, et une Vierge noire du XIIIᵉ siècle, la « Nostro Damo de la Molo » (Notre-Dame de la Meule). L'édifice est inscrit monument historique depuis 2012, et le retable des Récollets qu'il abrite est classé depuis 1910.

Quels villages visiter près de Lauzun ?

Les bastides d'Eymet (~7 km, en Dordogne), de Miramont-de-Guyenne (~10 km) et de Castillonnès (~15 km), ainsi que Duras, son château classé et son vignoble des Côtes de Duras (~15 km). Un peu plus loin, Bergerac et son vignoble, ou Monbazillac et ses liquoreux, prolongent la découverte. Lauzun est au cœur d'un pays de bastides, de châteaux et de vins, à cheval sur le Lot-et-Garonne et la Dordogne : un rayon d'une vingtaine de kilomètres suffit à remplir une belle journée.

Y a-t-il une gare à Lauzun ?

Non, Lauzun n'a pas de gare. Les gares TER les plus proches sont celles de Marmande et de Bergerac, à une trentaine de kilomètres. Pour un trajet direct de porte à porte depuis Bordeaux, sans correspondance, un chauffeur privé est de loin la solution la plus pratique dans ce territoire rural.

Lauzun est-il en Agenais ou en Guyenne ?

En Guyenne. Bien qu'administrativement dans le Lot-et-Garonne (dont la préfecture est Agen), Lauzun se situe historiquement en Guyenne, sur le bassin du Dropt, la « rivière de Guyenne », au pays des bastides — et non dans le « Haut-Agenais », terme qui ne lui est pas appliqué par les sources.

Quelle est la meilleure période pour visiter Lauzun ?

Le printemps et l'automne, pour une lumière douce, la campagne de Guyenne en couleurs et le château ouvert à la visite. L'automne coïncide avec les vendanges de Duras et du Bergeracois. L'hiver est plus calme, avec un château parfois fermé mais un bourg à découvrir sans la foule.

Peut-on réserver un chauffeur privé de Bordeaux à Lauzun ?

Oui. Nous assurons le trajet Bordeaux → Lauzun (~125 km, autour de 1 h 35) à prix fixe, dès environ 254 € l'aller, en berline Mercedes ou van jusqu'à 8 places. Le trajet est direct, de porte à porte, avec arrêts libres possibles en chemin (Eymet, Miramont, une cave de Duras).

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Sources

Sources et références

Article mis à jour en juillet 2026.

Réservation 24h/24

En route pour le Pays de Lauzun

Trajet direct depuis Bordeaux (~1h35) vers Lauzun, arrêts libres en chemin — Eymet, Miramont, une cave de Duras. Devis fixe écrit, sans surprise au compteur.

Le château de Lauzun, forteresse médiévale et aile Renaissance de pierre miel coiffée du pavillon du Dôme, en Guyenne
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